Entre mer et volcan


3 mars

Je n'ai pas très bien dormi cette nuit, je suis un peu inquiète car je ne sens plus bébé bouger dans le ventre... Du coup, ça m'a empêchée de dormir une bonne partie de la nuit car je guettais des mouvements qui ne venaient pas... Je vous jure, les soucis d'une Maman commencent tôt ! 

Nous prenons notre petit-déjeuner accompagnés de notre petit oiseau de la veille puis empaquetons nos affaires pour la suite de nos aventures. Nous quittons cet hôtel pour dormir à St Pierre ce soir. Avant cela, nous décidons d'aller jusqu'à Grand Rivière, à l'extrême pointe Nord de l'île. Nous traversons quelques villages glauques, aux airs désœuvrés, aux maisons à moitié délabrées. Ça change de Tartane où nous trouvions toutes les bâtisses charmantes et typiquement caraïbeennes ! Là, nous traversons des villages vraiment pauvres et qui ne donnent pas du tout envie de s'arrêter. A contrario, après Macouba, nous retrouvons cette atmosphère paisible et charmante à travers de jolis villages perdus au milieu de la jungle. Ici, la végétation a bien changé également. De grandes forêts immenses, emplie de bambous, de lianes, d'arbres centenaires et certainement de multiples animaux nous ouvrent leurs portes. C'est superbe ! Nous arrivons à Grand Riviere, une bourgade au bout du bout qui amène à un cul de sac au niveau de la route. Le village est mignon quoique désert, mais la plage bordée de jungle épaisse et d'un sable noir volcanique est à couper le souffle. De plus, nous sommes seuls à l'admirer, c'est d'autant plus appréciable.

Nous revenons ensuite sur nos pas et empruntons la route jusqu'à Ajoupa-Bouillon où nous nous arrêtons pour admirer de belles gorges paraît-il sublimes... Sauf que l'entrée est interdite aux femmes enceintes ! Ah bon et pourquoi ? Je n'aurais pas trop de réponses à part que c'est interdit. Nous repartons donc bredouilles pour nous arrêter à la place dans le joli jardin du domaine d'Emeraudes qui nous montrera de très jolies fleurs et un superbe parcours à travers la jungle épaisse à s'extasier devant ses arbres et ses fleurs typiquement des îles. On n'aura pas tout perdu ! 

Petit arrêt dans un restaurant au jardin exquisement fleuri pour déguster un Colombo de porc, puis on s'arrête sur la petite plage du Carbet, à proximité de St Pierre, afin de se reposer à l'ombre des cocotiers. L'endroit est superbe, la mer est calme et le vent est quasi inexistant. La côte de la mer des Caraïbes est beaucoup plus calme que celle de l'Atlantique ! Par contre, le fait que Bébé n'ait toujours pas bougé m'empêche de profiter totalement de l'endroit. Je décide d'aller me baigner,espérant que l'eau va le faire réagir d'une manière ou d'une autre. La mer est délicieuse et il fait bon y nager avec le Mont Pelée dont la cime se perd derrière les nuages en toile de fond. Je retourne sur le sable afin d'écouter les mouvements de mon ventre, mais toujours rien... N'y tenant plus, je demande à Flo de m'emmener à l'hôpital, je veux savoir ce qu'il se passe à l'intérieur de mon ventre. Il m'emmène aussitôt à l'hôpital de St Pierre que nous trouvons désert et peu accueillant. Une dame qui sort les poubelles nous aiguille sur un gynécologue qui se trouve au-dessus du laboratoire d'analyse. Je l'ai aperçu en passant tout à l'heure, on sait où il est. Arrivés là-bas et ayant toutes les peines du monde à trouver l'entrée, on nous apprend que le gynécologue ne travaille que le matin et qu'on ne trouvera personne d'autre un vendredi après-midi à part à Fort de France... Bon, on va attendre demain. Espérons qu'elle se sera manifestée d'ici là ! 

Nous nous rendons à notre hôtel situé dans le centre-ville de St Pierre, juste en face de la mer. L'hôtel de dehors ne paie vraiment pas de mine. Par contre, la chambre est très jolie, agréablement meublée en décoration africaine. On ouvre la porte fenêtre et on donne directement sur la mer ! C'est sensationnel ! Du lit, on ne voit que la mer et n'entendons que le bruit des vagues... Quelle magie ! 

Florian me propose de me changer les idées avec un peu de snorkelling sur la plage d'en face afin d'aller découvrir les fonds marins de St Pierre qui sont bien peuplés d'épaves en tout genre. En effet, lors de l'éruption du Mt Pelée en 1902, la ville entière de St Pierre a été ensevelie en 2 minutes faisant 30 000 morts d'un seul coup. La ville a été détruite, les bateaux engloutis. Près du bord, on peut aller admirer une belle statue datant de cette époque qui a été engloutie par les flots lors de cette catastrophe. Nous voici donc partis avec masque et tuba à la rencontre de ses mondes sous-marins. En effet, quelques coups de palmes plus tard, nous apercevons les vestiges d'une tête de statue semblant toujours hurler son désespoir sous l'eau. Une queue de poisson en pierre est posée à côté du visage. Est-ce que cela représentait une sirène ? Je ne sais pas, mais le désespoir de son visage hurlant sa douleur à l'infini sous l'océan fait un drôle d'effet... Plusieurs poissons multicolores ont élu domicile dans la bouche ouverte de la statue ainsi que plusieurs poissons pierres qui nagent autour, semblant en être les gardiens éternels... Nous revenons ensuite à la plage nous faire sécher et profiter du calme environnant, nous sommes quasiment seuls. La vue sur le Mont Pelée ressemble à une carte postale, il est difficile d'imaginer qu'une telle tragédie a eu lieu ici. 

Il commence à pleuvoir, les nuages cachant la montagne commencent à venir jusqu'à nous. Nous nous réfugions dans une petite buvette de bord de plage faite de bric et de broc tout à fait charmante. Nous sirotons notre apéritif (jus de melon pour moi, planteur pour Flo) tout en admirant la pluie tomber sur la frêle cahute, en compagnie de quelques coqs qui nous tiennent compagnie. J'adore cette ambiance de bout du monde ! Tout le monde est si gentil de plus avec nous depuis notre arrivée en Martinique, c'est incroyable. Moi qui avais entendu dire que les Martiniquais n'étaient pas sympas, nous n'avons pas encore eu à en faire les frais. Peut-être est-ce aussi dû au fait qu'on fuit les zones plutôt touristiques depuis le début...

Nous retournons ensuite à l'hôtel nous doucher après avoir été trempés par une pluie battante puis ressortons courageusement emmitouflés sous les k-way afin de trouver un restaurant pour dîner. Nous en avons repéré un pas loin, en bord de mer, qui fera une excellente langouste cette fois ! Ah, c'est délicieux ! Un peu revigorée, je suis prête à affronter la nuit en espérant pouvoir dormir un peu quand même sans trop m'inquiéter. Nous nous couchons la fenêtre ouverte afin de profiter du bruit des vagues... Un enchantement !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire