Fin de notre épisode Robinson Crusoe !

Le 24 mai 2010

Nous nous réveillons tranquillement alors que le soleil commence à frapper sur notre tente. Le pied d’Etienne se maintient à peu près. Ca lui fait mal, mais pas au point de ne pouvoir marcher. Donc tout va bien !

Le temps de prendre un bon petit déjeuner en profitant encore une fois du calme et de la beauté des lieux, puis nous commençons à ranger nos affaires. Défaire la tente, ranger le matériel de camping, brûler les derniers déchets, tout ranger dans le bateau… On ne chôme pas ce matin ! Le tout est emballé rapidement puis nous sautons dans le bateau afin de rentrer au bercail. Dire au revoir à notre petit coin de paradis n’est pas évident, surtout qu’il fait un soleil radieux encore aujourd’hui ! Nous serions bien restés une journée de plus, tiens ! Mais d’autres responsabilités nous attendent à Montréal, dont la garde du fils d’Etienne ce soir. Il ne faut donc pas rentrer trop tard. De plus, si nous pouvions éviter le trafic en partant tôt, c’est un plus !

Nous filons donc au vent, à plein gaz, afin de retourner à Pointe David où nous avons laissé la voiture. Le temps de remettre le bateau sur la remorque et nous voilà partis vers Montréal en auto. Nous nous arrêtons quelque temps pour avaler une poutine et un hamburger puis arrivons 3 heures de temps plus tard en ville, à temps pour aller ranger les affaires de camping dans l’entrepôt d’Etienne puis aller chercher Gaël. C’est un peu la course, mais la planification est bonne et tout s’enchaîne parfaitement. On profite avec joie du petit bout de chou, puis je rentre chez moi me reposer un peu. Quel beau week-end nous avons passé !! Ces moments resteront longtemps gravés dans ma mémoire… Maintenant, il est temps de repenser un peu au travail, on reprend demain ! A la prochaine aventure…

Un orteil cassé ?

Le 23 mai 2010

Je me réveille avec la sensation d’avoir dormi d’un sommeil lourd et sans rêve, propre aux lendemains de cuite… Ce n’est pas une nuit bien réparatrice ! Toutefois, je suis relativement en forme ce matin, compte tenu de mon exagération d’alcool hier soir et j’en suis ravie !

Il fait grand soleil et une chaleur terrible nous fait étouffer un peu sous la tente. Nous prenons tranquillement notre petit déjeuner puis partons en bateau au milieu de la rivière pour nous relaxer encore une fois en dérivant doucement au gré des courants. Que c’est bon de ne rien faire ! Nous ne nous en lassons pas. Surtout après cet intense voyage au Guatemala, suivi de la reprise du boulot aussi sec !

Allongés sur notre bateau, nous continuons de dériver et un lourd bruit de chute d’eau arrive jusqu’à nos oreilles. Nous cherchons d’où il peut venir et nous approchons en bateau doucement. La rivière tombe en remous sur des pierres un peu en avant de nous, rendant les courants plus forts à cet endroit. Etienne s’amuse à remonter le courant en sens inverse, aidé de son moteur, tout en esquivant les rochers qui affleurent sur l’eau. Un bon coup d’adrénaline pour le capitaine qui n’a pas droit à l’erreur, sous peine de cogner l’hélice sur une pierre, ce qui nous handicaperait pour notre retour. Mais il se débrouille à merveille, excité par le challenge. Amusée, je regarde Etienne en appréciant son adresse et sa vision de la vie qu’il prend souvent comme un jeu, ce qui m’apparaît être une belle qualité. Lorsqu’on atteint l’âge adulte, on nous inculque le sens des responsabilités, du savoir-vivre, du devoir et du travail, mais on perd souvent notre aptitude à s’amuser, à jouer, à s’émerveiller de la vie, ce que pourtant, enfant, nous faisions tous les jours. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut oublier toutes les autres aptitudes d’adultes, mais savoir de temps en temps lâcher prise et redevenir un enfant l’espace d’un instant est pour moi d’une importance capitale.

Nous revenons manger des pâtes sauce maison au camp puis repartons aussi sec en bateau, les dizaines de moustiques nous faisant fuir de la plage. Au moins, au milieu de l’eau, nous sommes tranquilles ! Et ma peau ne peut plus contenir plus de piqûres qu’elle n’en a déjà… Nous nous allongeons dans le bateau, parti chacun dans nos lectures respectives. Alors qu’on essaie de s’installer dans le fond du bateau plus confortablement, Etienne se coince le doigt de pied dans le gilet de sauvetage et un craquement sinistre retentit, suivi d’un cri de douleur… Aïe, j’ai bien peur qu’il ne se soit cassé l’orteil. On attend quelques instants que la douleur passe, on saura véritablement demain au gonflement du pied ce qu’il en est exactement. Pour le moment, à chaud, la douleur s’estompe un peu. Espérons que je me trompe et que l’os n’a rien ! Nous sommes isolés, sans grand recours sanitaire ici… Nous n’avons même plus de glace dans la glacière à lui mettre sur le pied !

Nous revenons au campement pas trop tard, afin de laisser le temps à Etienne de se reposer un peu. A l’abri des moustiques dans la tente hermétiquement fermée, nous faisons des pieds de nez aux insectes carnassiers qui vrombissent autour de nous, essayant de pénétrer notre tanière pour nous dévorer. La soirée se déroule tranquillement en compagnie d’un coucher de soleil toujours plus beau et toujours changeant. Ca fait déjà deux jours que nous sommes ici, c’est passé tellement vite ! Mais nous en avons bien profité tout de même. Jouer les Robinson Crusoë de cette façon, juste Etienne et moi, m’a ravie au plus haut point. La beauté dans la simplicité et le naturel. Un retour aux sources extrêmement apprécié. Une idylle isolée et intimiste. Autant de belles phrases pour décrire ce long week-end hors du temps où toute idée d’heure n’avait pas sa place dans nos pensées. Nous avons vécu sans montre, mangeant lorsque nous avions faim, dormant lorsque nous étions fatigués et prenant le temps de nous relaxer et de nous reposer comme bon nous semble. Un délice !

Perdue dans la contemplation du feu, je me réfère aux quatre éléments présents devant mes yeux : l’air que je respire, l’eau du lac à quelques mètres de moi, le sable sur lequel je me trouve et le feu qui crépite devant mes yeux, me réchauffant doucement. Je m’imprègne de ces quatre éléments essentiels à toute vie, essayant de faire corps avec eux, de les sentir énergétiquement parlant. Je me sens bien. Etienne tombe de fatigue, nous rentrons nous coucher dans la tente, une fois le super poulet grillé sur feu de bois et la salade terminés. Bonne nuit !

Détente, pêche et farniente

Le 22 mai 2010

Au petit matin cependant, je me fais réveiller par des bruits de voix non loin de notre campement. Moi qui pensais que nous serions seuls au monde durant ce week-end, c’est raté. Je sors de la tente, persuadée que ces intrus ont eu l’audace de s’installer juste à côté de nous alors qu’il n’y a personne à des kilomètres à la ronde dans toute la réserve. En fait, il s’agit de pêcheurs qui ont choisi de lancer leur ligne à trois mètres de notre tente. Me voyant sortir, ils emmènent leur bateau un peu plus loin, devinant certainement à ma tête que je n’ai pas vraiment envie de faire connaissance… Je retourne me coucher en oubliant malencontreusement de bien refermer la porte de la tente. Les maringouins, voyant l’espace libre, se jettent dans l’habitacle, assoiffés de sang et intraitables. M’apercevant de mon erreur, j’entreprends de tuer un par un ces insectes vampires. Je déteste tuer les animaux mais je fais aisément une exception pour les moustiques! J’ai bien dormi cette nuit, malgré la fraîcheur nocturne. Emmitouflée dans nos sacs de couchage aux allures de couette, j’étais au chaud. Par contre, plusieurs fois j’ai été réveillée par des gros « plouf » dans l’eau, me demandant de quoi il retournait. Etienne m’apprendra plus tard qu’il devait certainement s’agir de castors qui claquent l’eau avec leur queue, le bruit pouvant résonner dans toute la baie.

Etienne dort encore, j’en profite pour faire du feu, laver la vaisselle d’hier dans la rivière en frottant avec du sable, puis je reste encore une fois en admiration devant ces flammes dansantes qui virevoltent sans cesse en un mouvement uni et gracieux. Mon cher et tendre me rejoint une heure après et nous entreprenons ensemble la préparation du petit déjeuner. Bagels fromage à la crème ou au Nutella, fraises, fromage et tomates, un vrai festin! Sans oublier le jus d’orange et le café. Etienne prépare tranquillement ses cannes à pêche (j’en ai même une à moi qu’il m’a offerte en cadeau!) puis nous lançons les hameçons dans l’eau de la plage, les laissant tranquillement le temps que ça morde. En attendant, nous nous relaxons sur la plage, le soleil se faisant un tantinet timide. Une heure après, un premier poisson mord, puis un deuxième! Youhou… Voilà notre souper pour ce soir!

Après avoir avalé quelques sandwiches, nous partons faire un tour en bateau afin de trouver un coin plus tranquille, sans pêcheurs nous tournant autour. Nous jetons l’ancre dans une petite crique isolée, lançons nos lignes puis nous étendons dans le bateau, nus comme des vers, profitant ainsi de la chaleur du soleil sur chaque parcelle de notre peau, le tangage du bateau nous berçant au gré des remous, une douce brise nous empêchant d’avoir trop chaud. La vie n’est-elle pas merveilleuse? Je n’en reviens toujours pas d’avoir la chance d’être ici, et je compte bien en profiter au maximum! Etienne attrape un autre poisson avec sa canne à pêche tandis que la mienne se prend dans le fond rocheux… Sur cette grande réussite de ma part, nous repartons à plein gaz, Etienne me laissant les commandes cette fois. Heureuse comme une enfant avec un nouveau jouet, je file sur l’eau, évitant les bancs de sable, étant maître à bord de ma direction et de ma vitesse. J’adore!

Nous nous arrêtons en plein milieu de la rivière, laissant le bateau dériver tranquillement tandis qu’un verre de rosé à la main, nous nous exerçons à profiter pleinement du moment, ouvrant tous nos sens à la nature qui nous entoure, essayant d’être présents à 100%, et c’est tellement bon!

Nous rentrons ensuite au camp, nous attelant à nos tâches respectives. Etienne, en bon Québécois, entreprend de scier des troncs d’arbre afin de faire le plein de bûches pour le feu de ce soir. Moi, j’admire mon homme en action, armé de sa scie mécanique, les copeaux de bois volant de toutes parts. En 15 minutes, il réduit un arbre mort en morceaux. Beau travail! Nous nous relaxons ensuite près du feu mais les mouches noires sont de sortie de nouveau. Agacés, nous finirons par poursuivre notre lecture sur le bateau, au milieu du lac, loin de ces satanées bestioles. Nous sommes de plus aux premières loges pour admirer le superbe coucher de soleil qui embrase le ciel. Superbe!

La nuit tombe, nous accostons à nouveau sur la plage, l’heure des moustiques étant passée. Nous discutons près du gigantesque feu qu’Etienne a allumé, faisant cuire des pommes de terre dans la braise, ainsi que des côtelettes d’agneau sur une grille, les flammes léchant la viande, la faisant cuire doucement… Il fait tellement bon près du feu! Nous ne voyons pas le temps passer, pris dans nos discussions enflammées et passionnantes. Je finis la soirée complètement saoule avec la désagréable impression d’avoir trop exagéré sur l’alcool ce soir sans m’en rendre compte, je risque de le payer demain!

Camping sauvage au Baskatong

Le 21 mai 2010

Nous sommes vendredi matin, je suis au bureau en train de travailler devant mon ordinateur et je n’attends qu’une chose: que l’heure de midi sonne pour pouvoir m’échapper avec Etienne pour un long week-end de trois jours, lundi prochain étant férié. Nous avons décidé de partir tous les deux, seuls, en camping sauvage dans le nord des Laurentides et nous la jouer Robinson durant trois jours sur une île déserte. C’est la beauté du Québec: avoir la possibilité de s’éclipser durant un long week-end en pleine nature sans âme qui vive autour!

Midi sonne! Etienne et moi rangeons nos affaires, éteignons notre PC et filons discrètement vers sa voiture, en proie à une vive excitation. A nous la liberté! Etienne a travaillé dur ces derniers jours pour préparer cette expédition… Entre le matériel de camping à récupérer, le truck à emprunter, le bateau à attacher à la voiture… Surtout que toutes ses affaires étaient disséminées partout. La semaine a été plutôt chargée de son côté tandis que moi, je l’avoue humblement, je me suis plutôt reposée, j’en avais besoin après notre voyage épique au Guatemala.

Nous passons rapidement chez moi prendre mes affaires, passons à la SAQ chercher du vin, à l’épicerie faire le plein de bouffe pour ces trois jours, puis filons, tirant le bateau à l’arrière, en direction de Mont Laurier, à trois heures de Montréal environ. Le trafic est plutôt dense, beaucoup de Québécois ont visiblement pris eux aussi leur après-midi pour jouir du début de l’été tant attendu après ce long week-end d’hiver. Le soleil et la chaleur sont au rendez-vous et tout le monde veut en profiter! Je les comprends bien, la neige tombait encore la semaine dernière à Montréal!

Arrivés vers 18h au Mont Laurier, nous avons encore un bout de chemin à faire jusqu’au Baskatong, un réservoir créé par un barrage où il est possible de camper sur de petites îles isolées. Ca y est, nous voici à la pointe David où la terre s’arrête pour faire place à l’eau des rivières poissonneuses. Nous embarquons tout notre matériel dans le bateau puis descendons la voiture à reculons, poussant le bateau dans la pente étroite servant à la mise à l’eau. Etienne aux commandes de l’auto, je suis chargée de retenir le bateau avec la corde lorsqu’il sera largué dans l’eau. Tout se passe sans problème et je tire le bateau jusqu’à la rive tandis qu’Etienne va garer la voiture au parking. Il revient cinq minutes plus tard, saute dans le bateau et tente de faire démarrer ce pauvre moteur qui n’a pas servi depuis deux ans. Il tousse un peu, crachote, puis vrombit au bout de quelques essais qui finissent par porter leurs fruits. Le capitaine n’oublie pas d’enregistrer notre position sur son GPS, puis nous voici filant à toute allure, le bateau chargé à bloc, Etienne aux commandes et moi devant, heureuse de me trouver ici, les cheveux au vent, dans cette superbe réserve naturelle quasi déserte. Il est 19h30 à peu près, le soir se prépare à tomber mais nous avons encore quelques heures de clarté devant nous. Nous ne croisons pas âme qui vive alors que nous nous enfonçons plus loin dans la réserve, filant sur l’eau et déambulant au milieu d’îles désertes peuplées de sapins. Je n’en reviens pas de me trouver ici ce soir alors que j’étais au bureau ce matin même. Il reste maintenant à choisir où monter notre campement. Les plages sont vides, nous avons l’embarras du choix! Nous regardons si le coin n’est pas trop propice au passage de bateaux, si la plage n’est pas trop en pente, nous étudions l’orientation du soleil… Finalement, nous trouvons un petit coin reculé, derrière un îlot au banc de sable fin attrayant et relativement plat. C’est décidé, nous camperons ici! Nous déchargeons le stock du bateau sur la plage puis entreprenons de monter la tente. Rapidement, plusieurs dizaines de mouches noires nous entourent de leur vrombissement pénible. Ah, nous avions oublié ce léger détail: les insectes en camping au Québec! Nous nous éloignons de quelques mètres, là où les insectes ont l’air moins voraces et commençons à installer notre campement.

La tente est vite montée, la table et les chaises installées, un bon feu de bois crépitant sur le sable, nous nous octroyons un temps de repos bien mérité, accompagné d’un verre de vin rouge, tout en admirant le ciel qui s’enflamme en un magnifique coucher de soleil. Seuls au monde dans ce coin reculé de toute civilisation, faisant corps avec Mère Nature, nous savourons ce moment d’éternité qui nous est offert. La fatigue et l’alcool nous rendant un peu saouls, nous décidons de préparer rapidement à manger sur le petit réchaud à gaz. Au menu ce soir: hamburgers maison! Nous faisons cuire la viande et réchauffer les pains puis enfournons le tout agrémenté de tomates, oignons, fromage et moutarde, comme deux ogres affamés. La nuit est tombée à présent et nous savourons la douce chaleur que nous procure le feu, la fraîcheur vivifiante du soir nous ayant rattrapés. Je me perds dans la contemplation des flammes crépitant dans l’obscurité, de minces tisons s’envolant dans le ciel d’encre, éclairant pour quelques secondes l’espace qui les entoure. Je me sens tellement chanceuse et privilégiée d’être ici, avec Etienne qui s’est galamment occupé de tout, dans un si bel endroit perdu au milieu du Québec. Je vis ce qui fait l’essence même du Québec, les grands espaces reculés où la nature prédomine alors que l’homme s’éclipse en toute humilité. Ces îles, accessibles seulement en bateau, constituent pour moi un havre de paix unique et privilégié. Un grand merci à Etienne de m’en faire profiter à ses côtés, c’est pour moi un grand bonheur!

Etienne est vraiment fatigué après sa dure semaine, et nous partons nous coucher en jetant un dernier regard aux premières étoiles qui viennent tranquillement tenir compagnie à la lune le temps d’une nuit. Il fait froid ce soir et nous nous emmitouflons dans de chauds sacs de couchage zippés ensemble, en y ajoutant deux couvertures pour être sûrs d’être bien. Nous nous endormons ensemble en écoutant les bruits de la nature qui, elle, se réveille.

Retour sur Montréal

Le 11 mai 2010

Réveillés à 4h du matin, nous partons pour l’aéroport qui se trouve à 5 minutes de l’hôtel. Nous enregistrons nos bagages et patientons devant un maigre petit-déjeuner que nos derniers quetzals (monnaie locale) nous permettent en attendant notre vol pour Mexico.

Deux heures plus tard, nous sommes en transit au Mexique où nous devons attendre 5 heures avant notre vol pour Toronto. Il est temps d’un petit bilan sur notre voyage. Au départ, je ne tenais pas particulièrement à visiter le Guatemala, disons que ce pays ne faisait pas partie de mes rêves, mais j’avoue avoir été agréablement surprise. Ce pays méconnu, encore préservé du tourisme, recèle bien des trésors que j’ai été ravie de découvrir. Les habitants sont adorables, toujours souriants à nous saluer au passage. Les lagons de Semuc Champey et les laves du volcan Pacaya resteront longtemps gravés dans ma mémoire comme faisant partie des plus belles merveilles naturelles que j’ai pu voir. Mais surtout, je vais retenir de ce voyage la compagnie d'Etienne avec lequel je découvre des contrées éloignées pour la première fois et qui m’a supportée durant toute cette semaine intense. C’est avant tout grâce à lui que j’ai pu visiter le Guatemala m’étant en fait jointe à son voyage prévu initialement seul. J’ai été particulièrement heureuse qu’il soit là à mes côtés pouvant partager ensemble de si beaux moments, ce qui a renforcé notre complicité. Ce voyage nous a permis de mieux nous connaître et c’est enchantée que je reviens de ces belles vacances, peut-être juste un peu trop actives et fatigantes. Tout aurait été parfait sans mon mal de ventre un peu trop long à mon goût !

Nous montons dans l’avion pour Toronto où nous atterrissons après un vol sans histoire à part un beau fou rire d’Etienne qui mettra 15 minutes à s’en remettre. Et moi évidemment qui ris de le voir rire… On ne s’en sort pas ! Après 2 heures d’attente, nous nous envolons ensuite pour Montréal où nous atterrissons vers minuit passablement fatigués. Les bagages nous ont suivi encore une fois sans problème et nous pouvons revenir dans nos chez-nous, avec l’impression d’être partis un mois, même si ça ne fait qu’une semaine… Ca fait une bonne coupure, mais je ne reviens pas forcément plus reposée que lorsque je suis partie ! Surtout que nous recommençons à travailler dès demain matin. Tout est un peu serré en temps dans ce voyage ! Mais quel beau voyage tout de même, nous revenons avec plein de belles images en tête. Il ne reste plus qu’à plonger de nouveau dans notre vie trépidante de cadres dynamiques en essayant de survivre au milieu de la frénésie du hockey qui bat son plein à Montréal ! La suite au prochain numéro…

Le beau lac volcanique Atitlan

Le 10 mai 2010

Réveillés tranquillement vers 7h, j’ai encore très bien dormi, ce qui fait un bien fou. Je me lève avant Etienne afin de réserver notre bus pour 8h en direction de Panajachel, nous étions rentrés trop tard hier pour pouvoir le faire. A mon grand désarroi, on m’apprend que le bus est plein pour 8h et qu’il faut attendre celui de 12h30. Impossible, nous quittons le Guatemala demain à l’aube, nous souhaitons faire l’aller et le retour au lac Atitlan dans la journée!

Ennuyés, Etienne et moi cherchons une solution. La seule option si nous souhaitons vraiment y aller est le taxi. Mais il y a 2h30 de route, ça risque de coûter cher! Nous nous renseignons et on apprend avec stupeur que seul un minibus pour nous deux serait possible, mais pour la modique somme de 180$. Ouille, ce n’est pas prévu dans notre budget ça. Nous commençons par refuser puis, en y réfléchissant bien, on se dit que nous avons vraiment envie de voir ce lac. On travaille dur toute l’année, on peut se permettre cet extra! Nous acceptons donc et un minibus de 8 places arrive quelques minutes plus tard. Nous nous y installons confortablement ayant toute la place nécessaire requise et plus, puis nous partons en direction de Panajachel. Dire que nous avons commencé notre voyage serrés comme des sardines dans un bus local et que nous le finissons dans un minibus pour touristes en le louant pour nous tout seuls! Bravo…

Après 2h30 de route et un arrêt pour que notre chauffeur puisse boire son café, nous arrivons en vue d’un superbe lac entouré de volcans majestueux. Magnifique panorama! Etienne a du mal à en profiter: il a, à son tour, des problèmes gastriques. Je ne sais pas ce qu’ils mettent dans la nourriture mais il y a quelque chose qui ne nous convient pas! Nous arrivons peu après à Panajachel, petite ville ultra touristique où marchands d’artisanat se pressent dans la rue principale en proposant tous les mêmes articles. Humm, nous préférions les coins reculés de Florès ou de Semuc Champey qui restent, pour le moment, préservés du tourisme de masse.

Nous mangeons un morceau dans la rue principale puis nous nous rendons à l’embarcadère où un petit bateau à moteur nous propose de nous emmener à San Pedro, un petit village de l’autre côté du lac. Nous grimpons dans le bateau et nous voici, filant à bonne vitesse sur ce superbe lac semblant former un immense cratère flanqué de pics volcaniques. Les embruns nous mouillent le visage et nous ne sommes ravis.

Une bonne demi-heure plus tard (le lac fait plus de 10 km de large), nous débarquons à San Pedro. Ce charmant village nous charme aussitôt et nous nous baladons nonchalamment dans ses mignonnes petites rues. Nous trouvons un sentier menant au lac et décidons d’y piquer une tête. L’eau est fraîche, c’est agréable en comparaison de la chaleur ambiante. Toutefois, je reste sur mes gardes, de drôles de gars passent et repassent dans le coin. Un vol de sac est si vite arrivé et là nos deux passeports sont à l’intérieur! Mais je m’inquiète sûrement pour rien, personne ne s’en approche. On nous avait recommandé de faire attention aux vols au Guatemala mais jamais je ne me suis sentie menacée ou inquiète à ce sujet, contrairement au Pérou et en Bolivie où je sentais cette ambiance lourde d’insécurité peser sur nous. Mais les magasins ici sont tous aussi fermés avec des barreaux que leurs pays voisins et les portes de sécurité des hôtels sont si blindées qu’elles ressemblent à des portes de prison. Il doit y avoir une raison pour que les habitants eux-mêmes se protègent de leurs concitoyens! En tout cas, jamais je ne me suis sentie en danger de vol jusqu’à maintenant et j’ai trouvé globalement les gens adorables, souriants et serviables! Un très beau pays…

Nous trouvons ensuite un petit café rasta avec vue sur le lac, et restons l’après-midi ici à écouter de la musique d’ambiance devant un cocktail absolument infâme. Malgré la boisson ratée, nous passons ces quelques heures uniques à regarder le soleil scintiller sur le lac, n’entendant d’autres bruits que les enfants jouant dans l’eau, nous relaxant ensemble dans cette ambiance détendue. Ne rien faire, ça fait du bien aussi!

Nous reprenons ensuite le bateau pour revenir sur Panajachel, profitant de l’eau qui nous éclabousse au passage. Etienne et moi profitons du paysage et de la poussée du bateau à pleins gaz, debout à l’arrière, les cheveux au vent. Revenus sur Pana, nous arrivons à l’heure dite au minibus alors que le soleil commence à tomber. Mais il est déjà 17h30 et nous devons rentrer sur Guatemala City ce soir. Nous reprenons donc la route en sens inverse, disant en même temps déjà un peu au revoir à ce pays surprenant et magnifique. Nous entrons dans la capitale vers 20 h et demandons à notre chauffeur de nous trouver un hôtel près de l’aéroport. Il nous en dégote un correct et pas trop cher, parfait! Nous commandons une pizza, que nous mangeons dans la chambre d’hôtel, les restaurants étant inexistants dans le quartier, puis ne tardons pas à dormir, le lever sera tôt demain!

La lave du volcan Pacaya

Le 9 mai 2010

Comme ça fait du bien une bonne nuit réparatrice! Nous n’avons nullement été dérangés par le bruit (à part notre montre que nous avions oublié d’éteindre et qui a sonné à 3h du matin) et ce réveil tardif à 9h du matin nous remet d’aplomb. Cette journée, je le sens, va être superbe! D’autant plus que mes problèmes d’estomac ont l’air de s’être estompés.

Nous flânons tranquillement sur la terrasse de l’hôtel en admirant les impressionnants volcans qui entourent la ville. Ceux-ci sont éteints mais nous réservons une excursion pour cet après-midi afin d’aller en voir un en activité. En attendant, nous prenons notre petit déjeuner en ville, nous nous baladons tranquillement jusqu’à la charmante place centrale de cette jolie ville d’Antigua, nous nous relaxons sur un banc face à la fontaine ou écoutons un groupe de musiciens au tempo entraînant et typiquement sud-américain avec ses flûtes de Pan et autres instruments locaux.

Antigua est vraiment une charmante bourgade où nombre d’étudiants étrangers s’installent quelques mois pour apprendre l’espagnol. Je les comprends, il doit faire bon y vivre quelque temps. Les bâtiments colorés autour de cette verdoyante place centrale d’où l’on peut admirer les majestueux volcans entourant la ville donnent une belle touche de peinture à ce tableau guatémaltèque. Etrangers et locaux cohabitent à Antigua sans ce concept particulier de tourisme et c’est bien agréable. Nous visitons les ruines de l’immense cathédrale à moitié restaurée ainsi que ses catacombes, puis assistons à des baptêmes d’enfants guatémaltèques. Assister à des scènes de vie locale en tant que spectateur discret est toujours un plaisir pour moi et je m’adonne à ce passe-temps avec joie.

Nous arrivons à un marché local où fruits et légumes se disputent les couleurs les plus vives. Nous déjeunons de riz, saucisses et fruits dans un coin d’un étal, assis par terre en écoutant les marchands scander le nom de leurs fruits à vendre, tout en humant leur odeur sucrée et incitatrice.

En revenant vers notre hôtel, nous croisons Agathe et Paul, le couple de Français avec lequel nous avons sympathisé à Semuc Champey. Quel hasard incroyable de les croiser ici en pleine rue! De plus, eux aussi font l’excursion au volcan Pacaya dans 10 minutes, nous la ferons ensemble. Génial! Nous nous changeons rapidement dans la chambre, enfilons nos chaussures de marche puis rejoignons l’équipée pour partir en bus en direction du volcan. Nous passons l’heure et demie de route à discuter avec nos amis français de nos vies et de voyages. Puis le bus prend une montée de cailloux, nous commençons l’ascension du volcan. Nous apercevons même son cratère fumer. C’est vraiment impressionnant! Je ne m’attends pas à pouvoir m’approcher très près de la lave, étant donné son caractère dangereux, d’autant plus que deux touristes et leur guide ont été surpris par la lave la semaine dernière et sont morts, brûlés vifs. Peu importe, marcher sur un volcan en activité est déjà toute une activité en soi.

Le bus s’arrête et on nous encourage à continuer à pied. Une horde d’enfants nous encercle pour nous vendre des bâtons de marche ou des chamallows à faire griller sur la lave. Nous la verrons si près que ça? Des loueurs de chevaux nous entourent également pour nous proposer de monter sur le dos de ces animaux. Nous essayons d’éviter tout ce beau monde puis entreprenons notre grimpette derrière notre guide. La montée est assez raide, surtout en pleine chaleur, mais nous grimpons à bonne allure tout de même. Les chevaux et leurs cavaliers nous suivent pour que nous les utilisions au moindre signe de fatigue. Nous sommes presque plus dérangés par la poussière soulevée par les canassons que par la montée elle-même. Nous les laissons passer devant afin qu’ils arrêtent de nous importuner. Une heure de grimpette plus tard, nous nous trouvons en face d’un paysage de désolation impressionnant. Le cratère du volcan d’où sort une épaisse fumée blanche semble avoir rejeté de l’antre de la terre une partie du monde d’Hadès à la surface, brûlant tout sur son passage. Une grande étendue rocheuse noirâtre où rien ne peut pousser est visible à perte de vue, de la fumée sort des roches volcaniques encore chaudes qui se trouvent sur le flanc de la montagne, ce qui rend l’atmosphère fantasmagorique. Puis, en regardant bien, je vois au loin le sol bouger. Mais oui, je ne rêve pas, sous les apparentes roches statiques, de la lave incandescente est visible par endroits et fait descendre le sol tout doucement dans le sens de la pente. Si on est attentif, on peut même entendre le craquement de la lave qui coule et emmène avec elle des roches en fusion. Incroyable!

Nous suivons notre guide à travers un semblant de chemin tracé sur la roche volcanique froide, approchant de plus en plus des coulées de lave. 15 minutes plus tard, nous nous trouvons à moins d’un mètre de cet enfer, la chaleur nous brûlant le visage parfois. Je n’arrive pas à croire que je me trouve aussi près de ce phénomène naturel qui m’a toujours fascinée. Tout le monde devient fou de joie et un peu hystérique d’assister à pareil spectacle. Nous mitraillons de photos ce volcan d’où semblent couler des langues de feu, nous courons dans tous les sens, voulant profiter au maximum du spectacle, totalement inconscients du danger de cette expédition. Les guides nous rappellent à l’ordre de temps en temps, mais ils s’amusent plus de notre enthousiasme qu’autre chose. Je suis ébahie, épatée, enchantée de pouvoir être là, sentir la chaleur de la lave incandescente qui se fraie un chemin à travers les roches sans que rien ne puisse l’arrêter. Sa rapidité de descente n’est pas grande mais elle a l’air invincible. Et si elle changeait de trajectoire? Si le volcan régurgitait de ses entrailles une nouvelle traînée de lave plus rapide? Nous serions dans de beaux draps… Mais, totalement inconscients de tout cela, nous continuons à nous délecter du spectacle aussi bien visuel que sonore et sensoriel.

Etienne réussit à dénicher des chamallows et un long bâton sur lequel il les pique, et il se penche sur la lave pour les faire griller avant de les déguster avec délice. Autant dire que l’exercice est très dangereux et passablement stupide, ce que je m’empresse d’imiter à mon tour. S’approcher de la lave assez près pour faire griller ses guimauves n’a rien d’aisé, la chaleur de la lave me brûle le visage à la limite du supportable. Mais je réussis également à les faire cuire quelques secondes et les enfouir avec un plaisir infini dans ma bouche, goûtant ainsi mes premières guimauves cuites à la lave de volcan. C’est facile à replacer dans une discussion mondaine par la suite! En tout cas, si on me demande un jour la chose la plus absurde que j’aie pu faire dans ma vie, « faire cuire des chamallows sur la lave d’un volcan » arriverait dans les premières positions!

Le temps passe malheureusement vite et le soleil commence à disparaître tranquillement derrière les autres volcans environnants. Là, le clou du spectacle s’offre à nous devant nos yeux ébahis. Plus la lumière du soleil baisse, plus le rouge incandescent de la lave en fusion contraste avec le noir des roches volcaniques. La Terre est véritablement en train de saigner! Comment décrire alors ce spectacle ahurissant… En face de nous respire un volcan en train de souffler de la fumée blanche tandis que de grosses veines rouge vermeil coulent de ses flancs en un grondement guttural de douleur, le soleil s’est caché derrière les nuages, rendant le ciel éclatant de rose pastel seul témoin de la colère d’Hadès.

J’aimerais rester encore pour profiter de la vision incroyable de cette blessure terrestre semblant ramener à la surface les tourments des Enfers du centre de la Terre, mais le guide nous presse de partir avant qu’il ne fasse nuit noire et je comprends aisément pourquoi. Je laisse le groupe partir et ferme délibérément la marche, désirant jusqu’à la dernière minute profiter du spectacle, tentant, dans ces quelques minutes restantes, de m’imprégner de toutes les sensations qui me traversent. Les gens étant partis, les craquements sonores des roches glissant sur le sol, emportées par la lave, sont plus flagrants, et l’image de désolation plus percutante.

Je m’aperçois alors que je n’ai peut-être pas assez contemplé le paysage comme il aurait fallu. J’aurais aimé qu’on s’arrête, Etienne et moi, quelques instants, assis quelque part, en silence mais connectés, ensemble, pour profiter pleinement de la majesté des lieux, ressentir plutôt que juste regarder… Au lieu de cela, nous courions partout avec notre appareil photo, passant presque plus de temps à observer la lave derrière l’objectif qu’à l’œil nu, ou en train de discuter avec nos amis de la chance que nous avions d’assister à pareil spectacle. Mais en avons-nous si bien profité que cela? Le temps est passé trop vite, je me suis laissée emporter par l’euphorie de tous, oubliant de prendre juste le temps d’apprécier pleinement. Bon, j’ai tout de même pu me faire plaisir et vivre intensément cette expérience aussi, c’est juste un petit regret que je garde en mémoire pour faire plus attention la prochaine fois. L’appareil photo numérique tue la magie du moment, comme l’a si bien souligné Etienne. Tout le monde est à la recherche de la meilleure photo à ramener en souvenir ou à montrer aux amis, mais on oublie de profiter pour nous-mêmes! C’est sur ces belles réflexions que je redescends dans la nuit noire, tout le monde se suivant en file indienne, certains n’ayant pas de lampe frontale collant ceux qui ont pensé à en prendre une. Etienne et moi avons plein de nouveaux amis du coup! Sans la lumière, c’est un coup à se tordre la cheville sur ces chemins de cailloux, surtout qu’il fait une nuit d’encre!

Après une bonne heure de descente, nous atterrissons comme par magie devant un pub où on nous encourage à aller nous désaltérer avec une bière. Nous en prenons chacun une afin de célébrer cette superbe après-midi puis montons dans le bus qui repart vers Antigua. Nous débarquons vers 21h en ville et suivons Agathe et Paul qui nous emmènent dans un restaurant de leur cru avec musique live et ambiance relaxante. On se raconte la façon dont nos romances ont commencé, devant un bon plat de pâtes aux crevettes agrémenté de vin, puis chacun retourne à son hôtel, le temps des adieux est arrivé. Ils finissent leur voyage de 5 mois et nous partons demain pour le lac Atitlan. Après cette incroyable journée, nous sombrons dans un sommeil réparateur.

La cité Maya de Tikal

Le 8 mai 2010

Réveillés à 4h du matin par notre petit réveil, nous sautons du lit groggy finir nos sacs et les descendre au vestiaire de l’hôtel. Plusieurs touristes se retrouvent comme nous, sur les marches du perron, à attendre les bus qui passent nous prendre pour nous emmener sur le site de Tikal. Plusieurs bus passent mais ce n’est jamais le nôtre. Enfin, vers 4h 45, un bus plus gros que les autres (nous avions aussi payé moins cher) nous embarque et nous filons, à moitié endormis encore, dans la noirceur de la nuit qui s’achève.

Les brumes matinales se déploient sur les campagnes, rendant l’atmosphère fantasmagorique devant nos yeux à demi clos. Une heure et demie plus tard, nous arrivons au site à la fin d’une route bien cahoteuse. Mon ventre fait de nouveau des siennes aujourd’hui, j’espère tenir le coup durant la visite… Un guide anglophone nous parle brièvement de cette énorme cité Maya qui s’étend sur plus de 550 km² dont le centre à lui tout seul contenait 4000 édifices. Seules certaines pyramides ont été restaurées, la plupart se cachant encore sous la mousse et les arbres, démolis et usés avec le temps.

Nous partons ensuite avec tout un groupe de touristes, à travers le jungle, en suivant le guide afin de découvrir cette cité oubliée. En route, nous admirons les immenses arbres de la forêt et de petits singes nous font la surprise de nous montrer le bout de leur nez curieux. Ils sautent de branche en branche tout en nous regardant, étonnés de notre présence. Le guide réussit aussi à apprivoiser une énorme mygale qui se balade tranquillement sur son dos. Il encourage les téméraires à la prendre dans leurs mains. Evidemment, je cours me proposer et voilà que cette belle bestiole se promène nonchalamment sur mon bras, ses pattes poilues se posant délicatement sur ma peau. Quelle drôle de sensation!

Nous arrivons au premier temple Maya sur lequel on nous propose de monter. Après une belle suée, nous arrivons en haut, surplombant ainsi la canopée de la jungle d’où émerge au loin le haut de plusieurs pyramides, telles des cités perdues. Le paysage est vraiment superbe! Quel mystère que la construction de pareils temples par les Mayas. De vrais chefs-d’œuvre architecturaux! Alors qu’ils ont été construits vers 700 avant Jésus Christ… Je redescends rapidement de mon édifice, une urgence intestinale m’obligeant à courir… Sympa de visiter Tikal dans ces conditions!

Le guide nous parle ensuite du calendrier Maya se finissant le 21 décembre 2012 sans parler de la fin du monde, mais seulement de la fin d’un cycle correspondant à la position de la Terre, alignée avec un certain angle par rapport à la Voie Lactée provoquant une éclipse sur notre globe terrestre. Bref, il s’agirait juste de la fin d’un cycle de leur calendrier avant d’en débuter un autre. On verra, de toute façon c’est dans 2 ans maintenant!

Nous rejoignons une autre belle construction Maya à la montée vraiment ardue car presque verticale. Une échelle nous fait grimper ces 40m de hauteur pour nous permettre d’avoir encore une fois une vue étonnante sur la jungle et les édifices émergeants. En haut du temple, il y a peu de place, la dalle de béton sur laquelle on peut marcher est restreinte et aucune rampe ou barrière ne pourrait nous retenir de tomber et de dévaler ces 40m… Etienne a un peu le vertige et se tient loin du vide. Quant à moi, je fais surtout attention au monde qui pourrait nous bousculer par mégarde. Quelle aventure! D’autant plus que deux touristes sont morts en tombant d’en haut il y a quelques années, mais on n’a en rien renforcé la sécurité des lieux.

Nous arrivons enfin au clou du spectacle: le « centre ville » de Tikal. Entièrement défrichés de la forêt, les bâtiments se hissent fièrement dans les quatre directions, laissant une grande place centrale vide amplifiant la majesté des ruines mayas l’entourant. Superbe! Nous grimpons sur les temples pour profiter à loisir de ces merveilles. L’homme est capable des plus belles choses comme des pires. Tikal continue d’être restauré petit à petit, le manque de fonds dédiés à ce site ralentissant les travaux. De nombreux édifices sont à peine visibles sous la mousse et ressemblent à de simples montagnes. Si les efforts fournis sont conséquents, Tikal aura une autre allure dans 20 ans! Avec certainement beaucoup plus de touristes. Toutes proportions gardées, nous sommes peu nombreux à visiter cette cité, alors qu’elle équivaut largement à Chitchen Itza au Mexique. Mais Tikal est encore méconnue ainsi que le Guatemala qui n’est pas encore une destination touristique très prisée. Nous visitons ce pays à temps!

Après nous en être mis plein la vue durant ces 6 heures de visite, nous revenons au parking de l’entrée prendre notre bus de midi et demi pour revenir à Flores. Nous ne pouvons pas nous attarder plus ici, nous avons notre vol pour Guatemala City à 16h30. Dans le bus, Etienne s’assoit encore une fois à côté du chauffeur, me laissant plus de place sur le siège. Mon estomac a bien tenu au final durant la visite de Tikal, j’en suis ravie. Une heure et demie de trajet en sens inverse et nous voici revenus à Flores où nous nous posons dans un restaurant en bord de lac pour déguster une grosse pizza accompagnée d’un succulent jus d’ananas. Etienne pique une tête dans le lac avec les jeunes guatémaltèques qui s’amusent à sauter du ponton. La vie est belle ici!

Nous revenons à l’hôtel chercher les sacs et hélons un tuk-tuk qui nous emmène en dix minutes à l’aéroport. Mon ventre commence à fatiguer depuis 4h ce matin et il me le fait savoir. Les soubresauts du tuk-tuk sont difficiles à supporter. D’autant plus que nous ne sommes pas arrivés! Après ¾ d’heure d’avion qui nous déposera à Guatemala City, il nous restera à prendre un taxi pour nous rendre à Antigua! C’est la course lorsqu’on n’a qu’une semaine de vacances… Espérons que je tiendrai le coup. Je suis toutefois ravie de prendre l’avion plutôt qu’une nuit de bus! On s’évite beaucoup de fatigue ainsi. Arrivés à l’aéroport bien en avance, on nous apprend que notre vol est retardé de 2h et ne part qu’à 18h30! Il ne manquait plus que ça… Déjà qu’on était juste en temps! A quelle heure allons-nous arriver à Antigua? Et en quel état pour ma part? Résignés, nous nous demandons si nous retournons à Flores ou si nous restons à attendre dans l’aéroport. Mon mal de ventre empirant de plus en plus, je ne me vois pas reprendre un tuk-tuk, même pour 10 minutes. Je m’allonge sur les sièges et patiente en compagnie d’Etienne.

Toutefois, au bout d’un moment, un doute m’assaille. Je vois plein de monde arriver et passer gaiement dans la salle d’embarquement comme si leur vol partait bientôt alors qu’on nous a dit qu’il aurait 2h de retard. Nous nous renseignons et apprenons avec stupéfaction qu’il y a bien un vol à 16h30 pour Guatemala City et qu’on nous a tout simplement changés de vol et mis sur celui d’après! Je rêve… Nous nous énervons, supplions de nous mettre sur le vol de 16h30 comme nous avions réservé, mentons en disant que nous avons une correspondance importante d’avion à prendre à Guatemala City mais rien n’y fait. Le vol de 16h30 est plein et certainement des gens plus importants et influents que nous ont pris notre place sur ce vol. Le Guatémaltèque à qui nous avons affaire prend son air imperturbable pour nous dire « non » un nombre incalculable de fois. Nous l’aurions frappé! De nouveau résignés, nous retournons nous asseoir, fâchés et énervés de nous être fait avoir de cette façon. Je me sens toujours aussi malade et trouve ça plutôt injuste que ce soit nous qui soyons évincés pour je ne sais quelle obscure raison.

Pour pallier mes maux de ventre, Etienne me concocte encore une fois sa potion magique d’eau, de sucre et de sel tandis qu’il s’enfile 2 bières afin de faire retomber la frustration de ces histoires d’avion. Je l’aurais bien suivi si mon estomac me l’avait permis! Nous patientons sur une terrasse de l’aéroport avec une incroyable vue sur l’autoroute. A 18h, nous nous rendons docilement à la salle d’embarquement, évitant de croiser le regard de notre Guatémaltèque de tout à l’heure, de peur de lui sauter à la gorge. Nous grimpons dans un tout petit avion à hélices d’une vingtaine de places à peine, aux sièges serrés, collés aux hublots. Nous finissons par décoller vers 18H30 dans un superbe coucher de soleil illuminant le ciel et nous montons au-dessus des nuages dans un vrombissement d’hélices qui fait trembler l’avion en tous sens. Le panorama est superbe dehors avec ce ciel rosé et ces nuages cotonneux dans lesquels j’aperçois quelques éclairs lumineux. Toutefois, je ne profite pas du spectacle autant que je le souhaiterais, ma conscience étant altérée par mes problèmes digestifs ainsi que par ma pensée qui tourne en rond dans ma tête comme pour chercher le côté négatif de chaque chose, histoire de me gâcher l’existence. C’est fou comme on peut partir vite dans sa tête et voir tout en noir rapidement en réussissant à se convaincre qu’on n’est pas bien.

La fatigue et mes problèmes de santé n’aidant sûrement pas, je me surprends à remettre tout en cause: ce voyage trop intense et fatigant, la séparation entre ma tête qui veut tout voir et tout visiter et mon corps qui ne suit pas. Je me reproche de ne pas assez m’écouter, de vouloir toujours tout faire alors que je pensais que mes précédents voyages m’avaient guérie de cette frénésie de vouloir tout découvrir… J’avais fait la même erreur il y a 5 ans lors de mon tour du monde et m’étais foulé la cheville avec pour résultat 2 semaines de plâtre et 4 semaines de béquilles! J’essaie de me comprendre, de savoir pourquoi je suis retombée dans cet ancien travers pour ce voyage-ci. Peut-être est-ce la durée vraiment limitée des vacances: une semaine, c’est vraiment court. Peut-être nous entraînons-nous, Etienne et moi, dans cette voie-là. Bref, je me perds totalement dans ma tête et ai vraiment du mal à revenir sur terre au grand dam d’Etienne qui ne sait plus quoi faire pour me redonner le sourire. Sans parler de mon ventre qui fait le yoyo en harmonie avec les secousses de l’avion, jusqu’à repousser mes limites de tolérance.

Enfin, au bout de ¾ d’heure, nous atterrissons sur une petite piste d’aéroport national de Guatemala City. On récupère nos bagages aussitôt, vu le nombre de passagers puis nous partons à la recherche d’un taxi. Seulement voilà, il est 20h passées et plus aucun taxi n’attend à l’aéroport. Je reste dehors avec les sacs, tandis qu’Etienne part demander à une hôtesse d’en appeler un pour nous. L’endroit se vide et je commence à ne pas me sentir rassurée d’attendre seule dehors, au milieu d’entrepôts vides, dans la nuit noire. De plus, j’ai urgemment besoin d’aller aux toilettes. J’abandonne les sacs là, ne me sentant pas la force de porter les deux gros avec moi et je fonce à l’intérieur. Heureusement je croise Etienne et lui indique que les sacs sont sans surveillance dehors. Il va alors monter la garde tandis que notre hôtesse passe un coup de fil pour nous trouver un taxi, ce qui a l’air d’être vraiment difficile!

Enfin, elle nous indique qu’un taxi arrive dans 15 minutes puis elle quitte son bureau, nous laissant vraiment seuls dans cet endroit désaffecté. Mais je me sens en sécurité avec Etienne. Je ne me verrais pas seule à attendre ici par contre! Le taxi arrive et nous grimpons dedans avec reconnaissance. C’était avant de découvrir sa conduite sportive! Je me sens de nouveau ballottée en tous sens, le cœur au bord des lèvres, l’estomac criant grâce, durant cette bonne demi-heure de trajet. Il conduit son véhicule comme une voiture de course… ou un char d’assaut! Bref, nous arrivons à Antigua au bout de nos forces, ne souhaitant que trouver un hôtel et ne plus bouger. Il est plus de 21h et toutes les portes des guest house sont fermées et barricadées comme si elles craignaient de se faire agresser. Incroyable! Heureusement, l’une d’entre elles répond à notre sollicitation à la porte, et un charmant monsieur nous montre une jolie chambre dans un hôtel douillet. Nous prenons! Enfin posés quelque part, je reprends quelques forces après une bonne douche puis accompagne Etienne qui va manger un morceau tandis que je me contente d’un bol de riz. Peu après, nous nous écroulons sur le lit, exténués.

Plage et farniente

Le 7 mai 2010

Je me réveille après avoir passé une nuit complète sans interruption urgente de santé. Ca fait du bien! Je me sens bien plus en forme qu’hier soir et j’en suis ravie.

Tranquillement, nous flânons dans les rues de Flores à la recherche d’un restaurant en bord du lac pour prendre notre petit déjeuner. Nous en trouvons un avec une belle vue mais à la nourriture médiocre et trop américanisée à mon goût. On ne peut pas tout avoir! Nous partons ensuite nous renseigner sur les moyens de revenir à Guatemala City pour pouvoir continuer notre parcours dans l’ouest du pays. Un bus de nuit de 10 heures? Non merci… Vu notre état de fatigue, ce serait du suicide. Un avion de 45 minutes? Ah, c’est déjà bien mieux. Même si c’est 10 fois le prix du bus… Tant pis, la santé avant tout! Nous réservons aussi notre excursion à Tikal pour le lendemain, la journée d’aujourd’hui étant réservée à la détente!

Nous nous promenons un peu dans les rues puis, après le déjeuner de midi, nous nous laissons tenter par l’appel d’une barque à moteur qui veut nous emmener à une petite plage avoisinante. Seuls sur le petit bateau à moteur, nous nous laissons porter au rythme de petites vaguelettes sur le beau lac bordé d’une dense forêt me rappelant toujours l’Amazonie. Nous débarquons sur une petite plage quasi idyllique, à part l’absence de sable. Les galets jonchent le sol à la place. Mais l’eau claire du lac, la solitude et le calme de l’endroit ainsi que les petits parasols aménagés juste pour nous nous rendent la place paradisiaque. Nous posons notre serviette dans un petit coin ombragé à l’écart des éventuels visiteurs et restons à discuter en regardant le ciel et les nuages passer. Je prends un peu de temps pour écrire tandis qu’Etienne se perd dans la contemplation d’une colonie de fourmis à l’ouvrage.

Nous entrons ensuite dans l’eau délicieusement chaude du lac, en sentant un peu de vase sous nos pieds, sans en prendre ombrage. Seuls au milieu de l’eau, nous profitons à loisir, dans les bras l’un de l’autre, de la magie des lieux. Il fait presque plus chaud dans l’eau qu’à l’extérieur! C’est délicieusement bon… aucun bruit de moteur ne parvient à nos oreilles, seulement le souffle du vent dans les arbres, le chant des oiseaux et le clapotis de l’eau sur les galets. Si la vie pouvait toujours être aussi belle et simple qu’en cet instant! Ceci dit, on s’ennuierait peut-être ou bien on trouverait cette situation trop banale. En tout cas, en ce qui nous concerne, nous n’en perdons pas une miette! Et un peu de repos nous est vraiment salutaire… Mon corps et mon esprit ont l’air de vraiment l’apprécier. Je me suis vraiment poussée à bout ces derniers temps… Ca m’apprendra!

Après trois bonnes heures de sieste dans ce coin de carte postale, nous revenons en bateau, Etienne et moi, assis l’un derrière l’autre, collés ensemble sur la poupe du canot, les cheveux dans le vent et les pieds dans l’eau, au soleil tombant. Revenus à Flores, nous prenons un excellent jus d’ananas à la terrasse d’un restaurant tout en nous rafraîchissant dans l’eau du lac, sautant du ponton en bois qui nous fait face. Nous rentrons ensuite nous changer à l’hôtel puis arrivons juste à temps pour l’happy hour de 18h. Nous regardons le coucher de soleil sur le lac tout en dégustant de délicieux capirinhas, l’alcool préféré des Amazoniens! Etienne s’essaie au mojito mais ça ressemble plus à de l’eau du marécage d’où sortiraient d’éventuelles grenouilles qu’autre chose.

A moitié saouls, nous partons manger dans un succulent restaurant un peu chic où trône un arbre factice au milieu de la pièce. Rassasiés, nous rentrons nous coucher assez tôt, le réveil va être matinal demain matin pour partir voir les ruines de Tikal!

Quand le corps dit stop…

Le 6 mai 2010

Réveillés à 6h du matin, nous préparons nos affaires en vitesse, avalons notre petit déjeuner puis grimpons dans un minibus qui va nous emmener à Flores en 7h approximativement. Nous avons décidé de laisser les transports locaux pour prendre un minibus pour touristes qui ne s’arrêtera pas partout pour laisser monter ou descendre du monde et sera, espérons-le, un tantinet plus confortable.

Nous voici donc partis, à deux dans un minibus de six places, en direction de Coban. Trois heures plus tard, nous y sommes et prenons deux touristes de plus avant de partir en direction de Flores. Un autre minibus nous suit, rempli à craquer d’Israéliens. Nous avons de la chance d’avoir autant de place sur les banquettes du véhicule pour notre part. Je peux même m’allonger entièrement, Etienne me laissant la place pour s’asseoir près du chauffeur. J’apprécie d’autant plus l’attention que je ne me sens pas très en forme. Il fait chaud, le chauffeur n’arrête pas d’accélérer et de freiner brusquement sur les dos d’âne qui se succèdent toutes les dix minutes, sans parler des virages serrés de montagne où le ravin que l’on frôle commence à me donner le vertige. Au moins, je passe le temps en regardant les paysages verdoyants de montagne ou les Guatémaltèques déambulant dans les rues de leur village, les femmes toutes habillées de la même manière avec leur grande jupe longue colorée et leur chemisier en dentelle.

Le chauffeur nous arrête vers une heure pour manger dans un petit boui-boui local. Je me force à avaler mon poulet aux légumes, l’appétit n’étant pas vraiment présent. Nous embarquons dans le bus et repartons pour encore au moins trois heures de route. Au bout de dix minutes, je me relève en sursaut de ma banquette-lit, je n’ai plus le souvenir d’avoir repris mon appareil photo au restaurant! Je cherche partout et ne le trouve pas. Le chauffeur accepte de faire demi-tour et nous voilà revenus au restaurant en priant que personne ne soit parti avec. Mais non, il m’attend toujours là! Ouf! Soulagée d’avoir retrouvé mon bien, je me rallonge sur la banquette du minibus, mon ventre commençant à me jouer des tours…

Plus le temps passe, plus je me sens mal. Tout mon corps me crie qu’il en a marre d’être balloté dans tous les sens depuis quelques jours… Il n’en peut plus! C’est vrai qu’on a un peu abusé entre la fatigue du travail avant de partir, l’avion, les bus et les courtes nuits depuis notre arrivée au Guatemala, sans parler des excursions à droite et à gauche. Mon corps dit stop, tout simplement. Par contre, me le faire savoir dans un bus cahotant à 3h de route de la destination, ça n’a rien de drôle. Je me cramponne au siège, cherchant des positions meilleures pour soulager mes crampes d’estomac, mais rien n’y fait. J’ai le cœur au bord des lèvres quand nous arrivons à Flores après ces 3 douloureuses heures pour moi, ne souhaitant qu’une chose: des toilettes et un bon lit. Etienne, se rendant compte de mon état, s’occupe de trouver la chambre avec une salle de bains privée dans laquelle je fonce pour aller vomir… Je m’allonge, fiévreuse et désespérée par cet état de mal-être général qui risque, j’en ai peur, de me coûter cher par la suite. Si c’est juste une turista, ça va. Mais s’il s’agit d’une infection intestinale (j’avais mis une semaine à m’en remettre en Inde), ou pire de la malaria…

Comme je me vide littéralement de tous côtés, Etienne me concocte une mixture à base d’eau agrémentée de sel et de sucre. Ca permet d’arrêter la diarrhée et de fixer les minéraux. Je somnole pendant qu’Etienne part manger un peu et se balader en ville. A son retour et après avoir vomi deux fois encore, je me sens un peu mieux . Assez pour grimper sur le toit de l’hôtel et m’allonger dans un hamac à regarder le coucher de soleil sur le lac qui entoure la péninsule de Flores. Enlacés tous les deux dans le même hamac, nous regardons la nuit tomber, balancés par le vent, une légère couverture protégeant mon ventre de la fraîcheur de la soirée. Une première étoile apparaît, puis une deuxième… Dans les bras d’Etienne, encore fiévreuse, je me sens pourtant bien et sereine, je sens que je vais guérir vite. C’était juste un avertissement de mon corps de ralentir un peu. Bien compris! Je pars me coucher peu après, n’en pouvant plus. On verra demain comment je me sens!

Les lagons de Semuc Champey

Le 5 mai 2010

Réveillée à l’aube encore une fois, je profite des heures calmes et matinales devant un café au lait. Etienne me retrouve une heure plus tard et nous dégustons notre petit déjeuner ensemble, rejoints par les deux Français.

Nous ne tardons pas à enfiler notre maillot de bain et à partir en direction du parc national de Semuc Champey situé à 15 minutes de marche de l’hôtel. Il n’est que 8h du matin lorsque nous arrivons sur le site, il n’y a personne encore, les touristes n’afflueront que plus tard. Après une courte marche dans la forêt, un superbe spectacle s’ouvre à nos yeux ébahis… des lagons turquoise dans lesquels se reflètent les rayons dorés du soleil. Plusieurs bassins se succèdent en paliers reliés les uns aux autres par de petites cascades. Quel spectacle grandiose! Surtout que nous sommes seuls sur le site à en profiter. Ces lagons sont à nous! On se rend au bout du chemin où un guide nous encourage à nous approcher de l’eau qui jaillit en furie des rochers. Avec force, elle s’écoule sous terre sûrement pour rejoindre notre grotte d’hier. Les torrents d’eau qui déferlent font un bruit assourdissant. Ebahis, nous ne perdons pas une miette du spectacle.

Nous décidons ensuite de monter au mirador pour apprécier la vue des environs. Nous n’avions pas prévu une ascension si difficile par contre. La montée est ardue mais nos efforts sont bigrement récompensés par le superbe panorama qui s’offre à nous. Au milieu de montagnes verdoyantes entourées de jungle épaisse apparaissent les lagons turquoise et dorés disséminés en cascades en contrebas. Les couleurs bleutées des piscines naturelles, orangées des roches sableuses et vertes de la dense végétation se mêlent en formant un chef d’œuvre naturel dont le regard ne peut se lasser. De plus, nous sommes seuls à admirer cette merveille qui n’a l’air d’exister que pour nous à cet instant.

Après avoir abusé tout notre saoul de cette vision magique, nous redescendons profiter des lagons avant que les touristes n’arrivent. Nous plongeons dans cette eau fraîche et transparente, passons sous les petites cascades qui nous massent le dos, nous relaxons sur des roches à moitié immergées, profitons au maximum de ce que Dame Nature nous offre. Etienne se prend pour Tarzan et s’amuse avec des Guatémaltèques à sauter dans l’eau, accroché à une branche. J’aime le voir jouer comme un enfant… Après quelques heures de baignade, nous rentrons à l’hôtel nous reposer et manger de bons nachos tout en savourant les bonnes mangues régionales. Un délice! Je regarde ensuite Etienne se balancer au trapèze pour finir par plonger dans l’eau. Un vrai athlète infatigable! Nous nous reposons ensuite tranquillement dans l’herbe au soleil près de la rivière. Pour moi, être dans la nature, c’est le meilleur repos qui soit.

Nous retournons ensuite aux lagons vers la fin de l’après-midi, pour profiter encore une fois de ce coin de paradis. Il y a plus de monde que ce matin mais l’endroit se vide doucement, la plupart des gens ayant pris une excursion depuis Coban qui se trouve à 3h d’ici. Nous changeons de bassin par rapport à ce matin et nous glissons sous une petite cascade, enlacés dans les bras l’un de l’autre. De douces phrases sont murmurées, nos lèvres s’effleurent avec beaucoup de tendresse; le temps semble s’arrêter, nous sommes au paradis.

Le site se vide au fur et à mesure et nous nous retrouvons encore une fois seuls au milieu de tant de beauté. Assis en haut d’une cascade, l’eau nous chatouillant le bas du dos, nous discutons de choses et d’autres. Seuls au milieu de la jungle épaisse qui nous entoure, pataugeant dans cette eau divinement claire et douce, écoutant le son des cascades qui chutent dans un bassin d’eau turquoise en contrebas, je me rends de nouveau compte de la chance que nous avons d’être ici et d’être témoins de tant de beauté naturelle. A regret, nous décidons de quitter cet endroit enchanteur pour rentrer à l’auberge, la nuit commençant doucement à tomber. Revenus à l’hôtel, nous dînons avec les autres convives, l’ambiance étant toujours à la danse. Cette fois, je ne suis pourtant pas trop d’humeur, la fatigue et le vin n’aidant pas. Nous finissons, Etienne et moi, sur le ponton, à nous vider le cœur de nos soucis et attentes. Un bon sommeil réparateur va calmer tout ça. Au dodo!

Les grottes aventureuses

Le 4 mai 2010

Le bruit ambiant des voitures et l’odeur des gaz d’échappement qui arrivent jusqu’à mes narines me réveillent vers 6h du matin. Ouf, il est tôt et je n’ai pas encore bien récupéré. Mais bon… Etienne se réveille peu après puis nous partons déambuler dans la ville à la recherche d’un petit déjeuner. Nous trouvons un excellent café qui nous sert un véritable festin que nous dévorons avec avidité.

Nos affaires empaquetées, nous nous rendons à la station de bus à pied, Coban restant une petite ville. Les sacs attachés sur le toit du minibus, nous avons une heure à tuer avant le départ pour Semuc Champey. Nous en profitons pour flâner dans le marché du village où mangues, ananas se mêlent aux carcasses de poulet, aux CD de musique et aux chandails d’allure péruvienne. Nous grimpons ensuite dans le minibus qui nous monte encore plus vers le nord, nous enfonçant toujours plus dans la campagne et la forêt. Les routes deviennent étroites et sinueuses, l’asphalte se transformant petit à petit en chemin rocailleux. Les derniers kilomètres nous menant à Semuc Champey sur une route de plus en plus sinueuse et impraticable nous paraissent encore une fois interminables. Le minibus nous dépose devant un hôtel perdu en pleine jungle, éloigné de toute autre habitation. L’hôte est charmant et nous nous installons dans une petite cabane sommaire au jardin paisible bordant une charmante rivière d’eau turquoise.

On nous propose de partir dans une heure visiter une grotte environnante. Nous sommes fatigués par la route mais nous acceptons la proposition, contents de pouvoir profiter de la région. Nous avons l’impression de n’avoir fait que du bus depuis notre arrivée. A nous de profiter de notre voyage à présent! Nous avalons quelques bons nachos faits maison puis, notre maillot de bain enfilé, nous suivons notre guide à travers la forêt. Devant l’entrée de la grotte, on nous donne une chandelle chacun puis nous nous enfonçons dans l’antre de la terre, éclairés seulement par notre petite flamme chancelante. L’aventure commence! Il nous faut un certain temps pour habituer nos yeux à cette faible lumière, voyant à peine où nous posons les pieds. Les roches font place à du sable puis à de l’eau. Mouillés jusqu’aux mollets, nous nous enfonçons dans cette grotte obscure dont les stalactites semblent vouloir nous embrocher;

Nous suivons notre guide, l’un derrière l’autre, comme si nous étions à la recherche d’un trésor caché, enfoui dans l’antre du diable. L’eau nous arrive à présent jusqu’à la taille et nous avançons toujours. Notre guide nous avertit qu’il va falloir nager à présent. Accrochés à notre petite chandelle dépassant de l’eau, nous essayons de nager tout en sauvegardant cette lueur qui ne nous a jamais paru aussi précieuse qu’en cet instant. Une minute d’inattention et on laisse échapper la chandelle, l’obscurité totale nous saisit, nous laissant aveugles, impuissants et perdus. Cette frêle chandelle n’a jamais eu autant de valeur qu’en ce moment. Essayant d’éviter les rochers escarpés et les stalactites pointues, nous nageons dans ce dédale de rochers aux formes mystérieuses et enchanteresses. Je ne les ai jamais vus d’aussi près et dans des conditions aussi extrêmes!

Notre guide nous fait monter à des échelles de fortune glissantes, grimper sur des escarpements rocheux où de petites cascades ont rendu les roches trop lisses, marcher sur de petits chemins escarpés surmontant la rivière et les stalagmites aiguisées. Le moindre faux pas, la moindre erreur d’inattention peuvent vraiment nous être fatals. Le niveau de sécurité est tout sauf présent! Mais nous ne pensons pas à ça lors de notre avancée. Nous essayons juste de maintenir la chandelle en vie et de profiter des belles sculptures naturelles que l’eau a façonnées dans la roche au fil des années. C’est magnifique! Nous avons l’impression d’être de véritables explorateurs en recherche d’adrénaline. Et ça, nous en avons! Et je dois avouer que j’adore ça.

Arrivé au bout de la grotte, le guide nous demande si nous voulons plonger. Après un bref moment d’hésitation, j’acquiesce avec joie. Il me fait grimper sur une roche escarpée à laquelle je m’accroche de façon très précaire, puis m’indique avec sa lumière où sauter exactement dans l’eau. Il ne faut pas se tromper, il y a des roches partout! Poussant un cri qui retentit dans toute la grotte, je plonge dans cette noirceur sans trop savoir où je vais atterrir… Je me sens m’enfoncer tout d’un coup dans cette eau fraîche qui m’enveloppe entièrement, me donnant la satisfaction d’avoir bien calculé mon saut! Etienne me suit aussitôt après, son cri sonnant un peu plus rauque que le mien. Dans la bataille, il a d’ailleurs cassé une chaussure, c’est nu-pieds qu’il devra faire le chemin inverse, ce qui n’est guère plaisant sur ces roches escarpées.

Nous nous reposons quelque temps afin d’admirer ce tunnel souterrain dans lequel nous nous enfonçons depuis plus d’une heure. Cette grotte est, paraît-il, tellement longue qu’on n’en connaît pas la fin! Se retrouver seuls dans cette cave sans âge est un grand privilège, surtout vu son accessibilité plutôt hasardeuse! J’essaie d’emmagasiner toute l’énergie que cet endroit peut me donner afin de pouvoir faire le chemin inverse plus aisément. Nous sommes fatigués et ne pouvons nous permettre le moindre relâchement d’attention! Pff, quelle aventure! Si nous avions su, nous aurions peut-être attendu demain afin d’être un peu plus reposés! Enfin… Avec précaution, nous rebroussons chemin, toujours accrochés à notre chandelle salvatrice. A un moment, notre guide nous fait bifurquer pour nous proposer un raccourci: se laisser glisser entre deux roches dans un trou d’eau. Là, pour la première fois depuis le début de notre escapade souterraine, je ne suis pas rassurée. Me laisser tomber entre des rochers escarpés dans un trou d’eau, ne voyant rien à un mètre de moi? Bon, je n’ai pas le choix de toute façon. Je me laisse glisser en râpant la roche au passage, sans grand mal heureusement. Etienne me suit toujours avec plus de dextérité que moi.

Enfin, nous apercevons un trou de lumière au loin: la sortie au grand jour! Nous avions oublié qu’il faisait grand soleil dehors étant enfermés depuis 2 heures dans le noir. Nous apercevons ce trou lumineux comme une bénédiction, remerciant le ciel d’être sortis d’ici sans blessure. Soulagés, heureux et grisés par l’adrénaline, Etienne et moi rions ensemble de notre aventure rocambolesque. Mais ce n’est pas fini! Notre guide nous donne une grosse bouée à chacun dans laquelle nous nous asseyons pour pouvoir descendre tranquillement la rivière jusqu’à notre hôtel. A l’air libre cette fois, dirigés par le courant, nous nous laissons porter au gré de l’eau, n’ayant qu’à profiter du paysage. La dense forêt qui nous entoure me rappelle l’Amazonie ainsi que les bruits d’insectes et d’oiseaux divers assourdissants. Malgré la fatigue, je profite de ce moment unique de relaxation intense en m’adonnant entièrement à cette nature qui m’entoure. Etienne et moi, accrochés à la bouée de l’autre, descendons tranquillement cette rivière paradisiaque, en profitant au maximum de cet instant d’éternité qui nous est offert. Je discute ensuite un peu avec le guide dans mon espagnol précaire sur sa vie. Malgré mes louanges sur sa région, il m’apprend qu’il n’aime pas vivre ici et faire toujours la même chose, faire visiter la même grotte, descendre la même rivière… Le pauvre a l’air vraiment blasé! Ceci dit, je ne sais pas s’il préférerait se retrouver enfermé toute la journée derrière un écran d’ordinateur…

Nous rentrons à l’hôtel et, Etienne et moi, nous reposons sur le ponton, les pieds dans le vide, à admirer la rivière et le soir tomber doucement sur la forêt en élucubrant sur notre vie matérialiste, une bière à la main! A 19h la nuit nous a recouverts et le souper est servi. Nous rejoignons les autres convives dans la salle à manger. Nous faisons connaissance avec un couple de Français charmants de notre âge et un couple d’Indiens d’une soixantaine d’années. La musique résonne, les corps commencent à bouger, et nous voici tous sur la piste de danse à prendre des cours de salsa! Tout le monde rit et s’amuse en se laissant aller, les barrières culturelles et sociales tombent, je suis aux anges! J’entraîne Etienne sous la pluie qui s’est mise à tomber et nous dansons dehors sous ces gouttes rafraîchissantes comme s’il n’existait plus que nous deux au monde! Quel délice!

L’Indien nous tient ensuite tout un discours sur l’importance d’entrer en contact avec les autres, ce qui passe beaucoup par le toucher et en particulier la réflexologie. Il nous encourage à nous toucher les pieds ce soir! Nous lui promettons de faire un effort puis finissons la soirée en nous serrant tous dans nos bras, la soirée étant un délice pour tous! Quelle journée! Nous finissons par une petite dispute, Etienne et moi, mais rien de bien méchant. Tout finit par s’arranger après un petit tour de détente dans la nuit noire, l’électricité étant coupée à 21h30! Bonne nuit!

Good morning Guatemala!

Le 3 mai 2010

Et voilà, l’aventure recommence une nouvelle fois pour ma plus grande joie. La destination cette fois-ci? Le Guatemala le temps d’une semaine. C’est court mais ça me permettra de faire une bonne coupure tout de même. Et la grande nouveauté par rapport à mes anciens voyages: je ne suis pas seule! Un beau Québécois m’accompagne dans cette nouvelle aventure…

L’histoire a commencé au retour de mon dernier voyage de trois mois. Ou plutôt non… Tout commença peut-être lors de mon transit de deux heures il y a quelques mois alors que je quittais la France pour m’en aller au Brésil retrouver Max. J’ai fait une escale de deux heures à Montréal où Etienne m’attendait à l’aéroport. Ces quelques heures de retrouvailles intenses, les cœurs qui battent à tout rompre, le sentiment frustrant de manquer de temps… Des mots sont échangés, les émotions s’envolent, le temps se fige… Nous étions amis et confidents depuis longtemps, des sentiments avaient commencé à naître envers ce beau Québécois ténébreux mais je me suis toujours forcée à réfréner mes envies, sa situation maritale m’en empêchant. A mon grand étonnement, il m’annonça alors que sa situation de couple était en plein changement. Je me suis donc octroyé un soupçon d’espoir. C’est dans cet état d’esprit que j’avais retrouvé Max au Brésil…

Au vu de cette toute nouvelle déclaration à mon retour de voyage, j’ai foncé tête baissée dans cette nouvelle relation inattendue pour moi, et même si les soucis de ce nouveau changement de vie en cours ne sont pas faciles à gérer pour nous deux, nous vivons une belle histoire et essayons de profiter ensemble du moment présent au maximum.

Nous voilà donc tous deux à l’aéroport Trudeau de Montréal à 7h du matin, en attendant notre vol pour le Mexique où nous avons 1h et demie de transit avant notre vol pour le Guatemala. Après la confiscation d’une huile de massage et d’une bouteille de crème solaire oubliées dans nos sacs à main, nous embarquons dans un petit avion aux sièges exigus. Le vol se passe sans encombre, nous passons notre temps à essayer de planifier nos 8 jours de voyage, n’ayant pas eu le temps jusqu’à présent de vraiment nous y intéresser. Le travail et les soucis quotidiens nous ont vraiment pris tout notre temps et notre énergie. Les vacances tombent à point nommé! Le guide Lonely Planet à la main (ma bible!), nous essayons de trouver le meilleur itinéraire pour si peu de jours. Ca risque d’être un peu la course si on maintient tous nos désirs de sites à voir!

A l’arrivée à Mexico City, nous apprenons que nous avons une heure de retard sur l’horaire prévu. N’ayant de montre ni l’un ni l’autre, nous ne nous en étions même pas aperçus… Pas d’inquiétude de ce fait! En tout cas, en sortant de l’avion, nous ne nous faisions aucune illusion sur notre capacité à avoir notre vol pour Guatemala City, il était bien trop tard… A l’immigration, je tente quand même de nous faire passer en priorité en expliquant notre cas et ça marche! Nous passons devant tout le monde, contents de ne pas faire la queue, tout en étant persuadés que nous n’aurons pas notre vol pour autant. Toutefois, à notre grande surprise, après 15 minutes de dédales de couloirs d’aéroport, nous arrivons devant notre porte d’embarquement. Ils n’attendaient plus que nous pour fermer les portes de l’avion. Ouf, nous avons eu chaud! Il reste à savoir si nos bagages ont suivi! Nous verrons cela à l’arrivée. Contents d’avoir attrapé notre correspondance, nous nous reposons durant ces deux heures de trajet.

Arrivés à Guatemala City, nous sortons de l’avion en humant l’air chaud et moite typique des pays tropicaux. L’aéroport est plutôt petit pour une capitale d’un pays, mais fonctionnel. A notre grand étonnement encore une fois, nous voyons nos bagages sortir tranquillement sur le tapis roulant. Ils nous ont suivis malgré tout! Nous avions décidé de deux choix suivant la récupération de nos bagages aujourd’hui ou non. Si nous ne les avions pas eus, nous nous serions posés à Antigua, petite ville à une heure de route, pour escalader un volcan le lendemain. Mais là, nos affaires retrouvées, nous décidons de filer au nord jusqu’à Coban, petite bourgade perdue en pleine nature et, paraît-il, très attrayante. C’est un peu téméraire, étant donné que nous avons déjà 8h d’avion dans les pattes et un réveil à l’aube vers 4h du matin. Mais rien ne nous fait peur!

Nous sautons dans un taxi qui nous emmène en 20 minutes à la station de bus indiquée, tout en ayant demandé son chemin 15 fois avant de trouver l’autobus désiré. Guatemala City ressemble beaucoup à Manaus de mon point de vue: une grosse ville un peu sale et moderne à la fois tout en restant à l’image d’un pays en voie de développement. Les habitants au teint mat typiquement indien, aux traits mayas, ont l’air sympathique (de mon point de vue, plus qu’au Pérou ou qu’en Bolivie). Etrangement, les klaxons se font rares et la ville est plutôt tranquille et calme. Pour une capitale, je la trouve plutôt à taille humaine, ce qui n’est pas pour me déplaire. De toute façon, nous n’y restons pas. A peine arrivés à la station d’autobus, nous sommes poussés dans l’un d’entre eux qui part immédiatement pour Coban. Le temps d’acheter de l’eau, des pommes et une montre bradée à un vendeur ambulant, nous voici partis sur des sièges défoncés sans suspension à travers la ville poussiéreuse. Il est 15h30, on nous annonce une arrivée à Coban à 19h. Sur nos sièges datant de la seconde guerre mondiale, nous risquons de trouver le trajet un peu long! Malgré tout, j’aime les voyages en bus dans les pays étrangers. Me trouver au milieu de gens du pays, assister à des scènes de vie authentique, voir défiler les paysages, entendre la musique locale, le chant des oiseaux, sentir les odeurs des rues, de la poussière, de l’humidité ambiante, des fleurs exotiques… J’aime sortir ma main par la fenêtre du bus pour sentir le vent chaud fouetter ma peau et les rayons de soleil chauffer mes doigts. Je me sens alors libre et heureuse, et ne souhaite me trouver nulle part ailleurs qu’assise dans ce bus brinquebalant à côté d’Etienne, en plein milieu de ce pays inconnu. La vie est incroyable et merveilleuse…

Toutefois, 3h30 de voyage plus tard, et malgré tout mon enthousiasme de départ, mes forces et mon dos commencent à faiblir. De plus, il est 19h, heure à laquelle nous étions censés arriver, et nous sommes visiblement loin de notre but. Etienne et moi combattons la fatigue ainsi que nos courbatures en nous encourageant mutuellement par de petits massages du dos. Peut-être avons-nous été un peu téméraires sur ce coup-ci… Ce matin, nous étions encore à Montréal, il y a 12 heures exactement, et là nous voici au bout de nos forces, repoussant nos limites physiques en plein milieu du Guatemala.

Au bout de deux heures incroyablement longues, nous débarquons enfin à Coban vers 21h. Ca y est, nous sommes enfin arrivés! Nous dégotons un hôtel correct mais bruyant, sans avoir le courage de chercher ailleurs de toute façon. Une bonne douche chaude plus tard, nous nous sentons déjà revigorés. Allons manger à présent! Avec mes rudiments d’espagnol, je comprends qu’il se fait tard pour souper, tout est fermé à 21h30. Heureusement, nous trouvons sur la place centrale des vendeurs ambulants de saucisses, viande agrémentée de sauce et burritos. Délicieux et pas cher! Nous avalons notre festin sur un banc de la place publique, sous le regard alléché des chiens errants. Exténués, nous rentrons vite nous coucher à l’hôtel, et nous nous endormons, les boules Quies enfoncées jusqu’au fond des oreilles.