Les lagons de Semuc Champey

Le 5 mai 2010

Réveillée à l’aube encore une fois, je profite des heures calmes et matinales devant un café au lait. Etienne me retrouve une heure plus tard et nous dégustons notre petit déjeuner ensemble, rejoints par les deux Français.

Nous ne tardons pas à enfiler notre maillot de bain et à partir en direction du parc national de Semuc Champey situé à 15 minutes de marche de l’hôtel. Il n’est que 8h du matin lorsque nous arrivons sur le site, il n’y a personne encore, les touristes n’afflueront que plus tard. Après une courte marche dans la forêt, un superbe spectacle s’ouvre à nos yeux ébahis… des lagons turquoise dans lesquels se reflètent les rayons dorés du soleil. Plusieurs bassins se succèdent en paliers reliés les uns aux autres par de petites cascades. Quel spectacle grandiose! Surtout que nous sommes seuls sur le site à en profiter. Ces lagons sont à nous! On se rend au bout du chemin où un guide nous encourage à nous approcher de l’eau qui jaillit en furie des rochers. Avec force, elle s’écoule sous terre sûrement pour rejoindre notre grotte d’hier. Les torrents d’eau qui déferlent font un bruit assourdissant. Ebahis, nous ne perdons pas une miette du spectacle.

Nous décidons ensuite de monter au mirador pour apprécier la vue des environs. Nous n’avions pas prévu une ascension si difficile par contre. La montée est ardue mais nos efforts sont bigrement récompensés par le superbe panorama qui s’offre à nous. Au milieu de montagnes verdoyantes entourées de jungle épaisse apparaissent les lagons turquoise et dorés disséminés en cascades en contrebas. Les couleurs bleutées des piscines naturelles, orangées des roches sableuses et vertes de la dense végétation se mêlent en formant un chef d’œuvre naturel dont le regard ne peut se lasser. De plus, nous sommes seuls à admirer cette merveille qui n’a l’air d’exister que pour nous à cet instant.

Après avoir abusé tout notre saoul de cette vision magique, nous redescendons profiter des lagons avant que les touristes n’arrivent. Nous plongeons dans cette eau fraîche et transparente, passons sous les petites cascades qui nous massent le dos, nous relaxons sur des roches à moitié immergées, profitons au maximum de ce que Dame Nature nous offre. Etienne se prend pour Tarzan et s’amuse avec des Guatémaltèques à sauter dans l’eau, accroché à une branche. J’aime le voir jouer comme un enfant… Après quelques heures de baignade, nous rentrons à l’hôtel nous reposer et manger de bons nachos tout en savourant les bonnes mangues régionales. Un délice! Je regarde ensuite Etienne se balancer au trapèze pour finir par plonger dans l’eau. Un vrai athlète infatigable! Nous nous reposons ensuite tranquillement dans l’herbe au soleil près de la rivière. Pour moi, être dans la nature, c’est le meilleur repos qui soit.

Nous retournons ensuite aux lagons vers la fin de l’après-midi, pour profiter encore une fois de ce coin de paradis. Il y a plus de monde que ce matin mais l’endroit se vide doucement, la plupart des gens ayant pris une excursion depuis Coban qui se trouve à 3h d’ici. Nous changeons de bassin par rapport à ce matin et nous glissons sous une petite cascade, enlacés dans les bras l’un de l’autre. De douces phrases sont murmurées, nos lèvres s’effleurent avec beaucoup de tendresse; le temps semble s’arrêter, nous sommes au paradis.

Le site se vide au fur et à mesure et nous nous retrouvons encore une fois seuls au milieu de tant de beauté. Assis en haut d’une cascade, l’eau nous chatouillant le bas du dos, nous discutons de choses et d’autres. Seuls au milieu de la jungle épaisse qui nous entoure, pataugeant dans cette eau divinement claire et douce, écoutant le son des cascades qui chutent dans un bassin d’eau turquoise en contrebas, je me rends de nouveau compte de la chance que nous avons d’être ici et d’être témoins de tant de beauté naturelle. A regret, nous décidons de quitter cet endroit enchanteur pour rentrer à l’auberge, la nuit commençant doucement à tomber. Revenus à l’hôtel, nous dînons avec les autres convives, l’ambiance étant toujours à la danse. Cette fois, je ne suis pourtant pas trop d’humeur, la fatigue et le vin n’aidant pas. Nous finissons, Etienne et moi, sur le ponton, à nous vider le cœur de nos soucis et attentes. Un bon sommeil réparateur va calmer tout ça. Au dodo!

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