Good morning Guatemala!

Le 3 mai 2010

Et voilà, l’aventure recommence une nouvelle fois pour ma plus grande joie. La destination cette fois-ci? Le Guatemala le temps d’une semaine. C’est court mais ça me permettra de faire une bonne coupure tout de même. Et la grande nouveauté par rapport à mes anciens voyages: je ne suis pas seule! Un beau Québécois m’accompagne dans cette nouvelle aventure…

L’histoire a commencé au retour de mon dernier voyage de trois mois. Ou plutôt non… Tout commença peut-être lors de mon transit de deux heures il y a quelques mois alors que je quittais la France pour m’en aller au Brésil retrouver Max. J’ai fait une escale de deux heures à Montréal où Etienne m’attendait à l’aéroport. Ces quelques heures de retrouvailles intenses, les cœurs qui battent à tout rompre, le sentiment frustrant de manquer de temps… Des mots sont échangés, les émotions s’envolent, le temps se fige… Nous étions amis et confidents depuis longtemps, des sentiments avaient commencé à naître envers ce beau Québécois ténébreux mais je me suis toujours forcée à réfréner mes envies, sa situation maritale m’en empêchant. A mon grand étonnement, il m’annonça alors que sa situation de couple était en plein changement. Je me suis donc octroyé un soupçon d’espoir. C’est dans cet état d’esprit que j’avais retrouvé Max au Brésil…

Au vu de cette toute nouvelle déclaration à mon retour de voyage, j’ai foncé tête baissée dans cette nouvelle relation inattendue pour moi, et même si les soucis de ce nouveau changement de vie en cours ne sont pas faciles à gérer pour nous deux, nous vivons une belle histoire et essayons de profiter ensemble du moment présent au maximum.

Nous voilà donc tous deux à l’aéroport Trudeau de Montréal à 7h du matin, en attendant notre vol pour le Mexique où nous avons 1h et demie de transit avant notre vol pour le Guatemala. Après la confiscation d’une huile de massage et d’une bouteille de crème solaire oubliées dans nos sacs à main, nous embarquons dans un petit avion aux sièges exigus. Le vol se passe sans encombre, nous passons notre temps à essayer de planifier nos 8 jours de voyage, n’ayant pas eu le temps jusqu’à présent de vraiment nous y intéresser. Le travail et les soucis quotidiens nous ont vraiment pris tout notre temps et notre énergie. Les vacances tombent à point nommé! Le guide Lonely Planet à la main (ma bible!), nous essayons de trouver le meilleur itinéraire pour si peu de jours. Ca risque d’être un peu la course si on maintient tous nos désirs de sites à voir!

A l’arrivée à Mexico City, nous apprenons que nous avons une heure de retard sur l’horaire prévu. N’ayant de montre ni l’un ni l’autre, nous ne nous en étions même pas aperçus… Pas d’inquiétude de ce fait! En tout cas, en sortant de l’avion, nous ne nous faisions aucune illusion sur notre capacité à avoir notre vol pour Guatemala City, il était bien trop tard… A l’immigration, je tente quand même de nous faire passer en priorité en expliquant notre cas et ça marche! Nous passons devant tout le monde, contents de ne pas faire la queue, tout en étant persuadés que nous n’aurons pas notre vol pour autant. Toutefois, à notre grande surprise, après 15 minutes de dédales de couloirs d’aéroport, nous arrivons devant notre porte d’embarquement. Ils n’attendaient plus que nous pour fermer les portes de l’avion. Ouf, nous avons eu chaud! Il reste à savoir si nos bagages ont suivi! Nous verrons cela à l’arrivée. Contents d’avoir attrapé notre correspondance, nous nous reposons durant ces deux heures de trajet.

Arrivés à Guatemala City, nous sortons de l’avion en humant l’air chaud et moite typique des pays tropicaux. L’aéroport est plutôt petit pour une capitale d’un pays, mais fonctionnel. A notre grand étonnement encore une fois, nous voyons nos bagages sortir tranquillement sur le tapis roulant. Ils nous ont suivis malgré tout! Nous avions décidé de deux choix suivant la récupération de nos bagages aujourd’hui ou non. Si nous ne les avions pas eus, nous nous serions posés à Antigua, petite ville à une heure de route, pour escalader un volcan le lendemain. Mais là, nos affaires retrouvées, nous décidons de filer au nord jusqu’à Coban, petite bourgade perdue en pleine nature et, paraît-il, très attrayante. C’est un peu téméraire, étant donné que nous avons déjà 8h d’avion dans les pattes et un réveil à l’aube vers 4h du matin. Mais rien ne nous fait peur!

Nous sautons dans un taxi qui nous emmène en 20 minutes à la station de bus indiquée, tout en ayant demandé son chemin 15 fois avant de trouver l’autobus désiré. Guatemala City ressemble beaucoup à Manaus de mon point de vue: une grosse ville un peu sale et moderne à la fois tout en restant à l’image d’un pays en voie de développement. Les habitants au teint mat typiquement indien, aux traits mayas, ont l’air sympathique (de mon point de vue, plus qu’au Pérou ou qu’en Bolivie). Etrangement, les klaxons se font rares et la ville est plutôt tranquille et calme. Pour une capitale, je la trouve plutôt à taille humaine, ce qui n’est pas pour me déplaire. De toute façon, nous n’y restons pas. A peine arrivés à la station d’autobus, nous sommes poussés dans l’un d’entre eux qui part immédiatement pour Coban. Le temps d’acheter de l’eau, des pommes et une montre bradée à un vendeur ambulant, nous voici partis sur des sièges défoncés sans suspension à travers la ville poussiéreuse. Il est 15h30, on nous annonce une arrivée à Coban à 19h. Sur nos sièges datant de la seconde guerre mondiale, nous risquons de trouver le trajet un peu long! Malgré tout, j’aime les voyages en bus dans les pays étrangers. Me trouver au milieu de gens du pays, assister à des scènes de vie authentique, voir défiler les paysages, entendre la musique locale, le chant des oiseaux, sentir les odeurs des rues, de la poussière, de l’humidité ambiante, des fleurs exotiques… J’aime sortir ma main par la fenêtre du bus pour sentir le vent chaud fouetter ma peau et les rayons de soleil chauffer mes doigts. Je me sens alors libre et heureuse, et ne souhaite me trouver nulle part ailleurs qu’assise dans ce bus brinquebalant à côté d’Etienne, en plein milieu de ce pays inconnu. La vie est incroyable et merveilleuse…

Toutefois, 3h30 de voyage plus tard, et malgré tout mon enthousiasme de départ, mes forces et mon dos commencent à faiblir. De plus, il est 19h, heure à laquelle nous étions censés arriver, et nous sommes visiblement loin de notre but. Etienne et moi combattons la fatigue ainsi que nos courbatures en nous encourageant mutuellement par de petits massages du dos. Peut-être avons-nous été un peu téméraires sur ce coup-ci… Ce matin, nous étions encore à Montréal, il y a 12 heures exactement, et là nous voici au bout de nos forces, repoussant nos limites physiques en plein milieu du Guatemala.

Au bout de deux heures incroyablement longues, nous débarquons enfin à Coban vers 21h. Ca y est, nous sommes enfin arrivés! Nous dégotons un hôtel correct mais bruyant, sans avoir le courage de chercher ailleurs de toute façon. Une bonne douche chaude plus tard, nous nous sentons déjà revigorés. Allons manger à présent! Avec mes rudiments d’espagnol, je comprends qu’il se fait tard pour souper, tout est fermé à 21h30. Heureusement, nous trouvons sur la place centrale des vendeurs ambulants de saucisses, viande agrémentée de sauce et burritos. Délicieux et pas cher! Nous avalons notre festin sur un banc de la place publique, sous le regard alléché des chiens errants. Exténués, nous rentrons vite nous coucher à l’hôtel, et nous nous endormons, les boules Quies enfoncées jusqu’au fond des oreilles.

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