Détente, pêche et farniente

Le 22 mai 2010

Au petit matin cependant, je me fais réveiller par des bruits de voix non loin de notre campement. Moi qui pensais que nous serions seuls au monde durant ce week-end, c’est raté. Je sors de la tente, persuadée que ces intrus ont eu l’audace de s’installer juste à côté de nous alors qu’il n’y a personne à des kilomètres à la ronde dans toute la réserve. En fait, il s’agit de pêcheurs qui ont choisi de lancer leur ligne à trois mètres de notre tente. Me voyant sortir, ils emmènent leur bateau un peu plus loin, devinant certainement à ma tête que je n’ai pas vraiment envie de faire connaissance… Je retourne me coucher en oubliant malencontreusement de bien refermer la porte de la tente. Les maringouins, voyant l’espace libre, se jettent dans l’habitacle, assoiffés de sang et intraitables. M’apercevant de mon erreur, j’entreprends de tuer un par un ces insectes vampires. Je déteste tuer les animaux mais je fais aisément une exception pour les moustiques! J’ai bien dormi cette nuit, malgré la fraîcheur nocturne. Emmitouflée dans nos sacs de couchage aux allures de couette, j’étais au chaud. Par contre, plusieurs fois j’ai été réveillée par des gros « plouf » dans l’eau, me demandant de quoi il retournait. Etienne m’apprendra plus tard qu’il devait certainement s’agir de castors qui claquent l’eau avec leur queue, le bruit pouvant résonner dans toute la baie.

Etienne dort encore, j’en profite pour faire du feu, laver la vaisselle d’hier dans la rivière en frottant avec du sable, puis je reste encore une fois en admiration devant ces flammes dansantes qui virevoltent sans cesse en un mouvement uni et gracieux. Mon cher et tendre me rejoint une heure après et nous entreprenons ensemble la préparation du petit déjeuner. Bagels fromage à la crème ou au Nutella, fraises, fromage et tomates, un vrai festin! Sans oublier le jus d’orange et le café. Etienne prépare tranquillement ses cannes à pêche (j’en ai même une à moi qu’il m’a offerte en cadeau!) puis nous lançons les hameçons dans l’eau de la plage, les laissant tranquillement le temps que ça morde. En attendant, nous nous relaxons sur la plage, le soleil se faisant un tantinet timide. Une heure après, un premier poisson mord, puis un deuxième! Youhou… Voilà notre souper pour ce soir!

Après avoir avalé quelques sandwiches, nous partons faire un tour en bateau afin de trouver un coin plus tranquille, sans pêcheurs nous tournant autour. Nous jetons l’ancre dans une petite crique isolée, lançons nos lignes puis nous étendons dans le bateau, nus comme des vers, profitant ainsi de la chaleur du soleil sur chaque parcelle de notre peau, le tangage du bateau nous berçant au gré des remous, une douce brise nous empêchant d’avoir trop chaud. La vie n’est-elle pas merveilleuse? Je n’en reviens toujours pas d’avoir la chance d’être ici, et je compte bien en profiter au maximum! Etienne attrape un autre poisson avec sa canne à pêche tandis que la mienne se prend dans le fond rocheux… Sur cette grande réussite de ma part, nous repartons à plein gaz, Etienne me laissant les commandes cette fois. Heureuse comme une enfant avec un nouveau jouet, je file sur l’eau, évitant les bancs de sable, étant maître à bord de ma direction et de ma vitesse. J’adore!

Nous nous arrêtons en plein milieu de la rivière, laissant le bateau dériver tranquillement tandis qu’un verre de rosé à la main, nous nous exerçons à profiter pleinement du moment, ouvrant tous nos sens à la nature qui nous entoure, essayant d’être présents à 100%, et c’est tellement bon!

Nous rentrons ensuite au camp, nous attelant à nos tâches respectives. Etienne, en bon Québécois, entreprend de scier des troncs d’arbre afin de faire le plein de bûches pour le feu de ce soir. Moi, j’admire mon homme en action, armé de sa scie mécanique, les copeaux de bois volant de toutes parts. En 15 minutes, il réduit un arbre mort en morceaux. Beau travail! Nous nous relaxons ensuite près du feu mais les mouches noires sont de sortie de nouveau. Agacés, nous finirons par poursuivre notre lecture sur le bateau, au milieu du lac, loin de ces satanées bestioles. Nous sommes de plus aux premières loges pour admirer le superbe coucher de soleil qui embrase le ciel. Superbe!

La nuit tombe, nous accostons à nouveau sur la plage, l’heure des moustiques étant passée. Nous discutons près du gigantesque feu qu’Etienne a allumé, faisant cuire des pommes de terre dans la braise, ainsi que des côtelettes d’agneau sur une grille, les flammes léchant la viande, la faisant cuire doucement… Il fait tellement bon près du feu! Nous ne voyons pas le temps passer, pris dans nos discussions enflammées et passionnantes. Je finis la soirée complètement saoule avec la désagréable impression d’avoir trop exagéré sur l’alcool ce soir sans m’en rendre compte, je risque de le payer demain!

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