Un orteil cassé ?

Le 23 mai 2010

Je me réveille avec la sensation d’avoir dormi d’un sommeil lourd et sans rêve, propre aux lendemains de cuite… Ce n’est pas une nuit bien réparatrice ! Toutefois, je suis relativement en forme ce matin, compte tenu de mon exagération d’alcool hier soir et j’en suis ravie !

Il fait grand soleil et une chaleur terrible nous fait étouffer un peu sous la tente. Nous prenons tranquillement notre petit déjeuner puis partons en bateau au milieu de la rivière pour nous relaxer encore une fois en dérivant doucement au gré des courants. Que c’est bon de ne rien faire ! Nous ne nous en lassons pas. Surtout après cet intense voyage au Guatemala, suivi de la reprise du boulot aussi sec !

Allongés sur notre bateau, nous continuons de dériver et un lourd bruit de chute d’eau arrive jusqu’à nos oreilles. Nous cherchons d’où il peut venir et nous approchons en bateau doucement. La rivière tombe en remous sur des pierres un peu en avant de nous, rendant les courants plus forts à cet endroit. Etienne s’amuse à remonter le courant en sens inverse, aidé de son moteur, tout en esquivant les rochers qui affleurent sur l’eau. Un bon coup d’adrénaline pour le capitaine qui n’a pas droit à l’erreur, sous peine de cogner l’hélice sur une pierre, ce qui nous handicaperait pour notre retour. Mais il se débrouille à merveille, excité par le challenge. Amusée, je regarde Etienne en appréciant son adresse et sa vision de la vie qu’il prend souvent comme un jeu, ce qui m’apparaît être une belle qualité. Lorsqu’on atteint l’âge adulte, on nous inculque le sens des responsabilités, du savoir-vivre, du devoir et du travail, mais on perd souvent notre aptitude à s’amuser, à jouer, à s’émerveiller de la vie, ce que pourtant, enfant, nous faisions tous les jours. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut oublier toutes les autres aptitudes d’adultes, mais savoir de temps en temps lâcher prise et redevenir un enfant l’espace d’un instant est pour moi d’une importance capitale.

Nous revenons manger des pâtes sauce maison au camp puis repartons aussi sec en bateau, les dizaines de moustiques nous faisant fuir de la plage. Au moins, au milieu de l’eau, nous sommes tranquilles ! Et ma peau ne peut plus contenir plus de piqûres qu’elle n’en a déjà… Nous nous allongeons dans le bateau, parti chacun dans nos lectures respectives. Alors qu’on essaie de s’installer dans le fond du bateau plus confortablement, Etienne se coince le doigt de pied dans le gilet de sauvetage et un craquement sinistre retentit, suivi d’un cri de douleur… Aïe, j’ai bien peur qu’il ne se soit cassé l’orteil. On attend quelques instants que la douleur passe, on saura véritablement demain au gonflement du pied ce qu’il en est exactement. Pour le moment, à chaud, la douleur s’estompe un peu. Espérons que je me trompe et que l’os n’a rien ! Nous sommes isolés, sans grand recours sanitaire ici… Nous n’avons même plus de glace dans la glacière à lui mettre sur le pied !

Nous revenons au campement pas trop tard, afin de laisser le temps à Etienne de se reposer un peu. A l’abri des moustiques dans la tente hermétiquement fermée, nous faisons des pieds de nez aux insectes carnassiers qui vrombissent autour de nous, essayant de pénétrer notre tanière pour nous dévorer. La soirée se déroule tranquillement en compagnie d’un coucher de soleil toujours plus beau et toujours changeant. Ca fait déjà deux jours que nous sommes ici, c’est passé tellement vite ! Mais nous en avons bien profité tout de même. Jouer les Robinson Crusoë de cette façon, juste Etienne et moi, m’a ravie au plus haut point. La beauté dans la simplicité et le naturel. Un retour aux sources extrêmement apprécié. Une idylle isolée et intimiste. Autant de belles phrases pour décrire ce long week-end hors du temps où toute idée d’heure n’avait pas sa place dans nos pensées. Nous avons vécu sans montre, mangeant lorsque nous avions faim, dormant lorsque nous étions fatigués et prenant le temps de nous relaxer et de nous reposer comme bon nous semble. Un délice !

Perdue dans la contemplation du feu, je me réfère aux quatre éléments présents devant mes yeux : l’air que je respire, l’eau du lac à quelques mètres de moi, le sable sur lequel je me trouve et le feu qui crépite devant mes yeux, me réchauffant doucement. Je m’imprègne de ces quatre éléments essentiels à toute vie, essayant de faire corps avec eux, de les sentir énergétiquement parlant. Je me sens bien. Etienne tombe de fatigue, nous rentrons nous coucher dans la tente, une fois le super poulet grillé sur feu de bois et la salade terminés. Bonne nuit !

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