20 août 2016
Réveillée par
Ambre à 5h30, nous nous apercevons que la température a bien baissé
cette nuit. Il fait -3°C et Ambre a les mains toutes froides au
réveil. Je la réchauffe comme je peux, mais elle n’aime
visiblement pas avoir ses petites mains potelées sous une
couverture ! Nous mettons donc le chauffage et nous réveillons
doucement avec le jour qui se lève également.
De toute façon,
nous avions prévu de partir tôt ce matin réserver le camping qui
était déjà plein hier matin. Nous reprenons cette belle route de
« Lamar Valley » en espérant voir encore des animaux.
Outre le soleil qui se lève sur cette vallée, la faisant rayonner
de mille feux, nous apercevons une silhouette au loin qui avance
nonchalamment vers nous sur le bord de la route. Ce que nous prenons
tout d’abord pour une silhouette d’homme, s’avère être un
énorme bison qui se balade tranquillement. J’adore ! Nous en
voyons également tout un troupeau un peu plus loin, non loin de la
route. D’ailleurs il y en a deux(?) d’entre eux qui commencent à
souffler fort, à nous regarder de travers (nous sommes restés dans
le camping-car pour les regarder) et Flo décide de filer, il a peur
que le bison nous charge. Je charrie Flo en disant que ce n’est pas
possible alors qu’on est en camping-car, ce qui sera démenti un
peu plus tard par un ranger qui nous apprendra que les bisons sont en
période de rut en ce moment et qu’il faut s’en méfier, même en
voiture ! Flo avait bien raison de s’éloigner alors !
Nous arrivons au
camping désiré et il leur reste de la place (ouf !). Après
avoir attendu trois plombes que le gérant du parc fasse ses
explications à tout le monde, nous réservons notre emplacement pour
ce soir. Le gérant nous explique que nous sommes dans une zone où
il y a le plus de concentrations d’ours ici et qu’il faut
vraiment faire attention de ne rien laisser trainer dehors.
Apparemment, la nuit, certains ours téméraires essaient même
d’entrer dans les voitures pour aller y chercher à manger et
déclenchent les alarmes ! Charmant… Apparemment, on ne risque
rien dans notre mastodonte de camping-car. Ouf !
Nous reprenons la
voiture afin de continuer notre visite du parc par une belle
randonnée au sommet du Mont Washburn. Nous entamons donc
l’ascension, avec la petite sur le dos de Flo sur une route
caillaissée. La montée n’est pas vraiment extraordinaire, nous
passons par des forêts brûlées par des incendies, mais l’arrivée
en haut de la montagne, à plus de 3000 mètres d’altitude, nous
offre un panorama unique sur tout Yellowstone ! Le Canyon au
fond, la Lamar Valley à gauche, le lac Yellowstone à droite… La
vue sur le parc est sans égale ! La petite pleurera beaucoup
durant la montée sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Est-ce
l’altitude qui la gênait ? La fatigue (le réveil a été
matinal…) ? Je ne sais vraiment pas, mais ses pleurs étaient
de gros pleurs intenses de gros malheur et ça me fendait le cœur…
Elle s’est ensuite endormie, ce qui nous a facilité l’ascension
et une partie de la descente !
Durant la descente,
nous apercevrons un coyote qui nous passera juste devant ! Ah
quelle chance ! Je n’en avais jamais vu auparavant ! La
petite, réveillée, criera « Wouf wouf » comme pour tous
les animaux à 4 pattes qu’elle croise. Elle nous fait bien rire !
Elle sera d’une gentillesse absolument remarquable tout le reste de
la journée. Quand elle est bien lunée, je la couvrirais de bisous
du matin au soir (ce que je ne manque pas de faire d’ailleurs). De
retour au camping-car, nous déjeunons à l’intérieur, il fait
encore trop froid pour manger dehors. Le soleil brille par contre et
ne devrait pas tarder à réchauffer l’atmosphère. En effet, nous
continuons notre route vers le Grand Canyon du Yellowstone sous une
température de 21°C. Quel contraste avec ce matin !
Arrivés au Canyon,
nous commençons par le découvrir par sa berge Nord et restons
ébahis par le spectacle qui s’offre à nous. Une faille s’est
formée dans cette Terre rouge et ocre avec comme toile de fond une
superbe cascade s’élançant avec fracas dans le fond du canyon…
Je ne m’attendais pas à autant de beauté ! Nous arpentons le
bord du Canyon en le découvrant de mieux en mieux, jusqu’à
arriver juste au-dessus des chutes où l’eau se jette avec un débit
incroyable dans une rivière en contrebas au milieu d’un magnifique
arc-en-ciel qui nous montre ses plus belles couleurs. Même Ambre
adore l’endroit et n’arrête pas de montrer du doigt
l’arc-en-ciel ! Nous croisons encore une quantité assez
invraisemblable de personnes obèses qui remontent avec beaucoup de
difficulté ce sentier abrupt. C’est navrant de voir autant de
personnes prendre si peu soin d’eux.
Nous atteignons
ensuite la berge Sud en voiture, tout ene croisant des cerfs aux
longs bois et des bisons aux longs poils. C’est fou comme toute la
nature est intégrée dans ce parc. Nous sommes dans un site
hautement touristique et ça ne nous empêche pas de voir des animaux
sauvages traverser les parkings. Ils ont bien réussi l’intégration
de l’homme avec la nature sauvage ici ! En même temps, il n’y
a pas vraiment de villes, tout est basé sur le respect de la nature
dans ce parc et je trouve ça super.
Nous entamons notre
randonnée sur la berge Sud du Canyon. La vue sur les chutes est
encore plus incroyable. Par contre, le sentier n’arrête pas
de monter et de descendre, et nous commençons à en avoir plein les
bottes. Ca fait beaucoup de randonnées dans une seule journée (même
pour nous !). Pépette par contre a l’air ravie sur son trône
de princesse à agiter la main pour dire « coucou » aux
gens qui passent telle une reine devant son peuple. Elle est curieuse
de tout, regarde tout sur son passage. Ah ma fille ! Je
t’adore !
Nous quittons
ensuite le Canyon à son « Artist point » pour poursuivre
dans la forêt. Nous tombons sur plusieurs lacs plutôt sauvages,
mais recélant une odeur plutôt nauséabonde. Nous comprenons vite
pourquoi peu après, nous arrivons dans un désert de souffre avec
des volutes de fumée qui sortent de la terre en bouillonnant. Quel
contraste avec le Canyon verdoyant d’il y a un quart d’heure !
Ici, on se croirait sur la Lune avec une terre sèche, blanchâtre et
fumante… De gros bouillons se forment parfois dans des trous dans
le sol, la terre est en ébullition par ici. Je n’en reviens pas
d’un tel contraste en quelques centaines de mètres seulement !
Pépette a l’air de trouver ça plutôt drôle et je m’amuse avec
elle à lui boucher le nez à cause de l’odeur pestilentielle. Elle
n’en a pas l’air gênée en tous cas.
Nous revenons
ensuite à la voiture, fatigués, fourbus, mais ravis ! En plus,
Florian porte bébé sur son dos et ce n’est pas évident avec
toute cette marche ! Nous continuons notre route un peu encore
jusqu’à trouver un endroit où se trouvent des loups en ce moment
(dixit notre gérant de camping). Nous apercevons une foule sur une
butte : ça doit être le bon endroit. Flo ne pouvant plus
porter Ambre sur un mètre de plus, son dos étant en compote, c’est
moi qui m’y colle et je porte ma fille sur mon dos tandis que Flo a
l’impression de voler tellement il se sent léger pour une fois. En
effet, elle est lourde la petite ! Je ne sais pas comment fait
Florian pour réaliser les randonnées qu’on fait vu le poids qu’il
a sur le dos. Je m’en rends mieux compte maintenant que je la porte
moi-même (sur une courte distance !). Bref, nous arrivons à
l’endroit voulu, mais nous ne verrons pas de loups. Ils sont trop
loin pour nos petits yeux (tout le monde a des jumelles maxi format)
et de toute façon, voir des animaux à travers des jumelles ne m’a
jamais enthousiasmée. Soit je les vois avec mes yeux, soit je ne les
vois pas, un point c’est tout.
Nous rentrons donc
au camping, il est largement l’heure et Ambre commence à avoir
faim. Après lui avoir donné à manger, Florian s’occupe de la
coucher mais il s’endort avec elle. Je me retrouve toute seule à
passer la soirée du coup ! Je te jure… Heureusement, il finit
par se réveiller et m’accompagner pour le repas. Il devait juste
faire dormir Ambre, pas dormir lui-même ! Allez, tout le monde
a mérité un bon dodo maintenant !