Bilan du voyage

Un petit bilan s’impose après ces 3 semaines de voyage en Amérique du Nord. Les vacances n’ont pas été de tout repos, surtout avec la petite à gérer à tout moment. J’avais pris un livre, mais je n’ai pas pu en lire une seule page ! Par contre, les paysages traversés, les randonnées réalisées, les animaux démasqués ont été un enchantement de chaque instant. Nous avons aimé tous les parcs traversés : de Banff à Jasper, du lac Waterton au parc des Glaciers jusqu’au parc de Yellowstone. J’aurais juste passé quelques jours de plus au parc des Glaciers, qui a mon avis ne nous a pas tout dévoilé de sa beauté. J’ai vraiment eu l’impression de découvrir à fond les magnifiques parcs de Banff à Jasper ainsi que Yellowstone et j’en suis ravie !

Nous avons fait beaucoup de route, mais nous avons pu profiter à chaque fois des parcs à pied afin de découvrir vraiment leur essence. J’ai tout aimé, et j’ai vraiment été étonnée de la diversité des paysages d’un endroit à l’autre ainsi que de la préservation de la nature. Ce n’était pas bétonné comme on pouvait s’y attendre, tout est resté à l’état naturel (sauf quelques endroits particulièrement touristiques comme le lac Louise à Banff ou le Old Faithful à Yellowstone). Les gens ont tous été adorables également, que ce soit au Canada ou aux Etats-Unis. Les campings ont cette beauté sauvage qui manque à ceux de France. On a de la place, on est perdu en pleine nature, c’est absolument génial ! Seule fausse note ici, c’est la nourriture. On mange très mal dans les restaurants et c’est vraiment compliqué de se faire des bons repas même soi-même. Mais bon, on s’en est pas mal sortis, surtout grâce à de la viande grillée au barbecue !

Le camping-car était parfait. Peut-être un peu petit, mais en même temps, il nous permettait de nous garer facilement et d’accéder à des campings interdits aux trop gros véhicules. Ambre était un peu serrée pour marcher dedans, et nous aussi ! Mais bon, on a plutôt bien géré. Et heureusement, il a fait beau la majeure partie du voyage (et chaud !) ce qui lui permettait de gambader dehors plutôt que dans cet habitacle exigu. 
 
Voyager avec Ambre nous a appris à voyager autrement, à rencontrer plus de gens qui s’extasiaient devant elle ou nous félicitaient de partir en randonnée avec elle sur le dos. Pour nous, ça a été un vrai bonheur de l’avoir avec nous durant ces 3 semaines non-stop. On l’a vue évoluer, rire à nos jeux, nous imiter… Malgré ces hurlements parfois difficiles à supporter en voiture, elle est la plus adorable des petites filles et nous aura bien fait rire plus d’une fois ! Ma fille, je suis ravie d’être partie avec toi et ton père durant ces vacances, tu ne t’en souviendras pas, mais peut-être liras-tu ces écrits un jour et tu sauras. Je t’aime fort !

Retour en France

25 août 2016

Réveillés par Ambre, nous profitons de ce réveil à 3 dans le lit, le dernier à priori étant donné qu’elle devrait récupérer sa petite chambre à partir de ce soir ! Espérons qu’elle ne sera pas trop perturbée de dormir seule à partir de maintenant !

Il est temps de tout ranger et de nettoyer le camping-car à fond. Ca nous prend du temps mine de rien… Flo surveille la petite tandis que je nettoie tout de fond en comble. Ca y est, il est temps de retourner sur Calgary avec un camping-car flambant neuf (sans compter le tiroir et les 2 tasses cassés…). Flo me fait une petite frayeur en ne voulant pas prendre de l’essence avant d’arriver près de Calgary afin d’éviter de faire le plein 2 fois, mais il ne nous restera plus que 20 km d’autonomie avant d’enfin trouver une station essence qui propose du diesel. Il n’aurait plus manqué qu’on tombe en panne d’essence le jour où on doit prendre l’avion !
Le plein fait, nous nous rendons à la location de camping-car et patientons avec toutes les autres arrivées. Je m’occupe d’Ambre à l’intérieur du local étant donné qu’ils ont des jeux pour enfant tandis que Flo s’occupe de rendre le camping-car. Ils ne nous feront rien payer finalement, c’est sympa de leur part ! Ils nous conduisent ensuite à l’aéroport où nous dégustons un bon steack dans le restaurant de l’hôtel de l’aéroport où on a dormi la dernière fois. Délicieux ! Et calme… Même Pépette se tiendra bien sous l’œil attendri des serveurs…

Allez, allons attendre dans la salle d’embarquement, notre vol n’est qu’à 18h ce soir, nous avons le temps, mais rien d’autre à faire. Heureusement, la salle a des jeux pour enfant et Ambre s’éclate avec ceux-ci tandis que nous la surveillons d’un œil. Ils pensent à tout au Canada ! Elle fait connaissance avec les autres passagers qui attendent comme nous, en s’arrêtant plus spécifiquement sur ceux en train de manger en attendant presque sa pitance l’air de dire qu’on ne la nourrit pas, alors qu’elle a déjà pris tout son repas plus la moitié du notre… Ceci dit, nous réussissons à oublier son biberon de 16h avec tout ça ! Elle fera aussi la poussière de l’aéroport avec son doudou qui est plus noir que blanc et s’amusera à déchirer les pages de ses livres, nouveau jeu qu’elle a appris récemment et qui a le don de me mettre en rage étant donné les beaux livres qu’on lui a offerts ! Ah je te jure…
Ca y est, on monte dans l’avion. On a le droit de passer en premier cette fois. Air Canada s’arrange de ce côté-là ! Par contre, ils n’ont toujours pas de ceinture pour bébé et ils nous expliquent tranquillement que si on doit amerrir d’urgence, le gilet de sauvetage est tout à l’avant de l’appareil, alors qu’on est placé absolument tout au fond de l’appareil. Je trouve ça vraiment limite ! Nous sommes sur une rangée de 4 personnes, serrés les uns contre les autres. Nos places ne sont pas terribles et j’ai un mal fou à empêcher Ambre d’empiéter sur la place du voisin. Je trouve Air Canada vraiment léger quand tu voyages avec des enfants. Franchement, je ne le reprendrai plus avec Ambre…

Notre fille a du mal à rester tranquille dans l’avion et veut absolument se balader partout. On est obligé de la garder avec nous quand les chariots de nourriture passent et là, c’est la crise ! Jusqu’à ce qu’on lui donne un bout de pain pour la calmer. Ouf, c’est du sport pour les parents ! Question repas, arrivés jusqu’à nous, ils ont épuisé leur stock de plats standards, on aura le droit à un plat business du coup ! Bon, tant mieux, mais c’est un peu inquiétant dans leur manière de s’organiser. Ils n’ont pas le compte des gilets de sauvetage non plus ? Avec bien du mal, nous réussissons à endormir Ambre sur nos genoux et elle entamera un bon 5 heures de sommeil avant de se faire réveiller par l’atterrissage. Les parents ne fermeront pas l’œil, trop inconfortables avec la petite sur les genoux. En plus, quand on a envie d’aller aux toilettes, je ne vous raconte pas comment on trouve le temps long sans devoir bouger !

Ambre est encore fatiguée, mais elle aura quand même dormi pas mal. Arrivée à Londres, nous entamons ensuite notre correspondance pour Francfort. Nous retrouverons notre poussette à chaque transit, c’est top parce qu’on est bien fatigués… La porter aurait été hors de ma portée ! Une fois arrivés à Francfort, Flo et Ambre s’endorment dans la salle d’embarquement tandis que je veille afin de réveiller tout le monde pour monter dans l’avion. Ca y est, on retourne à Marseille ! Les vacances sont finies et la vie quotidienne va reprendre. Ceci-dit avec Ambre, on n’est pas trop dans la monotonie ! Un grand et beau voyage se termine, voyage effectué à 3 pour la première fois et c’était une grande réussite !

Dans l'avion pour Marseille, il y aura une autre petite fille chinoise un peu plus âgée qu'Ambre qui restera sagement dans les bras de sa maman, tandis que la mienne sera difficile à maintenir tranquille. Elle tire la langue à tout le monde, fait des grimaces qu'on lui a appris lors des longues virée en voiture à travers la pampa mais qu'on ne pensait pas qu'elle réitérerait devant d'autres... Elle éclatera de rire, marchera dans les allées, me fera de gros bisous baveux en voulant me dévorer les joues (elle ne serait un peu cannibale sur les bords ? pour elle, tant qu'il y a à manger...) et hurlera aussi de temps en temps. C'est ça d'avoir une fille active !

Ca y est, on atterrit à Marseille ! Je me serais bien passée des 2 transits mais bon. On sent l’odeur des pins et la chaleur de Marseille arriver jusqu'à nous. On retrouve la voiture de Flo qui nous semble bien basse comparativement au camion de nos 3 dernières semaines ! On se croirait dans une voiture de formule 1 ! On retrouve l'appartement nickel et il faudra un peu de temps à Ambre pour se refamiliariser avec son environnement, mais ça reviendra vite. Pourvu que tout se passe bien chez la nounou lundi ! En attendant, on profite de notre week-end pour nous reposer et ce n'est pas du luxe ! Aux prochaines aventures !

La route du retour vers le Canada !

24 août 2016

Flo nous réveille Ambre et moi vers 7h. La nuit a été un peu agitée pour nous, Ambre a dû faire un cauchemar et il a été assez compliqué de la rendormir. Nous quittons le camping après avoir petit-déjeuner afin d’entamer notre longue route de retour vers Calgary au Canada. 
 
Comme prévu, la route est longue et sans grand intérêt. On arrive vite à des champs de blé à perte de vue, et une route droite, si droite… Quand on voit sur le GPS plus de 460km avant de prendre à droite, on se dit qu’on n’est pas sorti ! Ambre gère à peu près bien le voyage. Elle pleure de temps en temps de ras-le-bol, mais dans ce cas-là on fait une pause pour lui dégourdir les jambes. On s’arrête même dans un Walmart afin de racheter les 2 chaises perdues dans le parc de Yellowstone et peut-être calcinées à l’heure qu’il est, ainsi qu’un ouvre-boite qui s’est cassé dans nos mains. On a aussi cassé 2 tasses (en roulant dans un trou un peu trop grand peut-être) et un tiroir (trop rempli de petits-pots). On n’a pas pu remplacer ces deux choses-là, on verra demain combien ils nous les facturent ! 
 
Flo a conduit tout le temps et s’est farci toute la route du retour. C’est long pour lui, surtout dans un paysage aussi monotone ! On passe la frontière sans encombre et plutôt rapidement et nous voici revenus au Canada ! Rien de vraiment changé au niveau paysage en tous cas… Nous nous arrêtons vers 16h30 dans un camping à 1h30 de route de Calagary. C’est un joli camping en bord de lac avec un petit terrain de gazon et une aire de jeux pour enfants. Ambre peut enfin se dégourdir les jambes et a l’air d’apprécier ! Nous commençons pendant ce temps-là à ranger les affaires, jeter des papiers et nourriture entamée… C’est demain le retour du camping-car et l’avion vers la France ! Déjà… Même si on en a vraiment bien profité, j’ai trouvé que le temps a passé vite…

Le Old Faithful et départ de Yellowstone sous les feux

23 août 2016

Nous avons mis le réveil à 6h ce matin afin de pouvoir avoir une journée entière pour gérer notre journée qui risque de ne pas être simple. La petite a du mal à se réveiller pour une fois et il faut vraiment la secouer.

Petit-déjeuner avalé, nous partons à l’office de tourisme de Jackson afin de savoir si la route menant à notre camping (où nos chaises nous attendent) est toujours fermée ou non. L’office de tourisme n’est pas encore ouvert, mais un panneau sur sa devanture stipule que la route n’est toujours pas praticable de la journée (et ils ne savent pas quand elle ré-ouvrira). Ok, c’est clair…

Nous disons donc au-revoir à nos chaises de camping que nous abandonnons dans le camping et commençons la longue route qui fait le tour des parcs en passant par le col Teton, afin de revenir par l’entrée Ouest de Yellowstone et découvrir l’emblème du lieu : Le Old Faithful (un énorme geyser qui crache de l’eau jusqu’à 55 mètres de haut !). Ca nous fait juste un « petit » détour de 300 km… On était stratégiquement pas très loin en étant à note camping planifié, mais là, c’est vraiment un très long détour pour y arriver. Bon, après discussion, on décide d’y aller quand même. C’est bête d’être à Yellowstone et de ne pas voir le Old Faithful ! C’est comme être à Paris et ne pas voir la Tour Eiffel ! Alors c’est parti pour une longue route pas très intéressante à travers l’Idaho. Ambre n’a pas trop l’air d’apprécier toute cette route et nous non plus étant donné qu’on s’était donné bien du mal pour s’éviter de la route aujourd’hui parce qu’on doit retourner dès demain vers Calgary, et là on aura de la route (presque 9 heures !). Nous pestons tous de cette route inutile, mais bon, la nature en a décidé autrement. Et puis je me dis que les plus malheureux dans l’histoire, ce sont les animaux qui perdent beaucoup dans des incendies de forêt de cette ampleur… Ils perdent leur territoire et parfois même la vie !

Pour nous faciliter l’existence, des panneaux nous annonçant des travaux sur la route apparaissent devant nous en chemin… Il est marqué qu’il faut s’attendre à un retard de 90 minutes… Quoi ?? On a déjà une route folle à faire et on va devoir poireauter 1h30 en plus ? Là, notre moral descend en flèche… Ambre hurle derrière, elle en a marre de la voiture et nous voilà coincés dans les bouchons de travaux. L’horreur ! Heureusement, nous n’attendrons que 20 minutes au lieu des 90 prévues, ce qui nous soulage énormément… Enfin, nous arrivons à l’entrée Ouest de Yellowstone à 11h30 (alors que nous sommes partis à 7h30… Bonjour le détour !). Nous nous apercevons qu’il y a aussi pas mal de fumée du côté de cette entrée ainsi que quelques voitures de pompiers qui surveillent les alentours. Ne me dites pas que cette entrée va être condamnée également ? Bon, pour le moment, il faut faire manger la petite, elle a faim et c’est la priorité. Nous trouvons une petite aire de pique-nique auprès d’une rivière et lui remplissons le ventre en espérant que ça lui facilite la suite du voyage.

Une fois tous rassasiés, nous nous rendons jusqu’au « Old Faithful » en espérant vraiment qu’il vaille le détour que nous avons fait pour aller le voir ! Nous sommes surpris par toute l’infrastructure autour de cette attraction… Autant dans tout le reste du parc, les merveilles de la nature étaient restées intactes et le minimum d’installation humaine état visible autour d’elles, autant pour ce geyser, ce n’est pas le cas. Il y a plein d’hôtels, un immense parking, des magasins autour… C’est la première fois qu’on se croirait à Disneyland ici ! Une troupe immense de touristes entoure ce geyser en attendant son irruption qui a lieu toutes les heures à peu près. Arrivés auprès de celui-ci, on nous annonce qu’il va cracher son eau dans 10 minutes au plus tard ! Super, nous arrivons bien ! Nous restons près de l’agglomérat de touristes, laissant Ambre jouer à terre ou s’installer sur les épaules de son père. Jusque-là, seule une fumée blanche sort de son cône de manière continue. Ca y est, il commence à bouillonner et jette une colonne d’eau sur… à peine un mètre de hauteur. Quoi, c’est tout ? Tout le monde reste coi… On ne comprend pas, on ne nous avait pas vendu ça ? Apparemment, ça doit arriver qu’il ne rejette pas autant d’eau que prévu. Bon… Ce n’est vraiment pas notre journée à nous ! Hors de question d’attendre une autre heure ici, on s’en va. En plus, on n’aime pas du tout l’endroit, trop touristique et trop surfait à notre goût.

Déçus, nous continuons notre route à travers les geysers et les bassins d’eau bouillonnante. Il y en a de très beaux, mais le monde qui se presse autour d’eux nous refroidit pas mal. Ambre est en poussette et c’est limite si ces satanés Japonais (encore eux !) ne pousseraient pas la poussette dans les bassins de soufre afin de pouvoir prendre leur photo comme ils le souhaitent. Mais quelle horreur ces Japonais ! Avant d’arriver au parc Yellowstone, nous avions peur que tout le parc ressemble à cette journée (plein de monde, pas de place, attente partout…), heureusement nous avons vécu ces 4 derniers jours totalement différemment de celui-ci et c’est tant mieux ! Durant ces 4 jours, on n’a absolument pas été gênés par le monde, et on trouvait que ce parc avait très bien réussi son adéquation avec la nature. Sur cette route ultra touristique, ce n’est pas la même chose… Bon, ça nous donne une bonne raison de quitter ce parc après tout ! Nous prenons donc la route pour sortir du parc et nous apercevons que les incendies se sont intensifiés un peu partout. Pourvu qu’ils nous laissent sortir de ce satané parc ! Nous n’avons plus qu’une envie : partir loin d’ici, de cette foule et de ces feux ! 
 
Nous réussissons à sortir du parc et à nous éloigner rapidement des colonnes de fumée mais je dois dire que je suis très impressionnée par l’ampleur de ces incendies de forêt. On voit un peu partout s’élever de grandes colonnes de fumées tantôt grises, tantôt noires et passons vraiment tout près de certaines d’entre elles. Le feu se trouve juste derrière la colline qui longe la route ! Je ne serais pas étonnée qu’ils ferment rapidement plusieurs autres accès au parc, ça devient vraiment flippant cette histoire ! Quant à nous, nous sommes contents d’en être sortis et décidons de faire un peu de route dès cet après-midi de retour vers Calgary, autant pour s’avancer de quelques kilomètres pour demain que pour s’éloigner de ces incendies. Nous n’avons vu aucun canadair survoler le parc, ils essaient de le maitriser juste avec des hommes au sol (un pompier est d’ailleurs décédé suite à cet incendie). Je pense que comme c’est une zone peu habitée, ils doivent laisser le feu se propager tout en essayant de maitriser les zones peuplées. De toute façon, le feu est tellement étendu, il est impossible de l’éteindre à ce stade. Ouf, ça fait froid dans le dos tout ça !

La route est pénible pour Ambre et pour nous. Elle en a vraiment marre de faire de la voiture et pleure tout en se débattant dès qu’on la remet dans son siège auto. Ca nous fend le cœur, surtout en sachant qu’on a 9 heures de route à faire pour rentrer à Calgary ! Nous nous arrêtons assez tôt dans un camping afin qu’elle puisse se dégourdir les jambes. Le camping est tout confort avec des douches et un petit carré d’herbe pour chaque véhicule. Ambre est ravie de pouvoir marcher et jouer sur l’herbe fraiche (elle n’a eu que de la poussière depuis des jours…). Par contre, elle est dans un état de saleté qui fait peur à voir ! On dirait qu’on l’a fait travailler dans une mine pendant nos vacances ! Un bon bain s’imposera à Marseille ! En attendant, Flo et moi prendrons une bonne douche salvatrice puis passons la soirée agréablement à nous reposer un peu de cette longue route.

Le parc de Grand Teton et ses incendies

22 août 2016

Réveillés par Ambre vers 7h, nous partons aujourd’hui faire une excursion dans un autre parc : le parc de Grand Teton (et oui, il s’appelle bien comme ça, mais en anglais, ça sonne moins drôle…). Nous laissons nos deux chaises de camping louées par l’agence à notre emplacement afin de spécifier que la place est prise étant donné que nous revenons dormir ici, puis prenons la route afin de sortir du parc de Yellowstone et de rentrer dans le parc de Grand Teton. Nous roulons jusqu’au centre du parc afin de trouver un office du tourisme qui pourrait nous indiquer une randonnée sympa à faire pour cette journée. Nous apercevons les pics montagneux se détacher au loin dans un espèce de brouillard, en effet, il y a un incendie quelque part dans le parc et la fumée recouvre une partie des montagnes, ce qui gâche un peu le paysage. Bah tant pis, on les verra mieux de plus près quand on sera en randonnée quelque part par ici. On nous renseigne brièvement et de façon pas très aimable sur les randonnées (si on n' a besoin de rien, on demande à l’office de tourisme de ce parc…) et on choisit de faire celle qui part du lac Jenny et qui permet de découvrir les montagnes sans faire trop de dénivelé.

Nous trouvons une des dernières places dans le parking pour garer notre char (autant dire qu’on n’est pas tout seuls pour cette randonnée) puis partons à l’aventure avec Pépette sur le dos (de Flo). Nous décidons de prendre le petite bateau qui nous amène directement de l’autre côté du lac plutôt que de tout faire à pied. Nous ferons le retour à pied si nous avons la forme, mais le petit tour en bateau n’est pas pour nous déplaire. De plus, nous approchons des belles montagnes qui s’offrent enfin à nous dans toute leur splendeur, dénuées de cette grisaille qui pâlissait leur beauté. Le lac se trouve à 2000 mètres, les montagnes culminent à 4000, c’est impressionnant de se savoir aussi haut ! Il y a encore des glaciers visibles en haut des cimes. Il n’y aura qu’au parc des Glaciers où nous n’en aurons pas vus finalement ! Plutôt ironique semble-t-il… La grimpette vers « l’Inspiration point » est un peu fatigante, mais surtout très encombrée. Il y a foule sur ce sentier ! Nous arrivons au point de vue sur le lac qui ne nous émeut pas vraiment. Certes le soleil est mal placé et nous blanchit un peu le paysage, mais bon… Je ne suis pas sûre que ce soit l’apothéose à une autre heure de la journée !

Nous continuons notre randonnée dans le « Cascade Canyon », qui ouvre un chemin à travers les montagnes. Il n’y a plus beaucoup de montées, on est plutôt sur du plat, ce qui me va très bien. Nous avons de belles vues par moment sur les montagnes et la vallée qui longe les cimes, mais nous sommes quand même la plupart du temps entourés de sapins. Par contre, nous aurons la chance d’apercevoir deux orignaux (élans ?) qui se prélassent à l’ombre, près d’une rivière. Quelle chance ! Nous aurons tout le loisir de les observer étant donné qu’ils ne bougent pas et semblent poser pour la photo… Je n’avais jamais vu d’orignaux de cette façon : pouvoir les admirer à ma guise. J’en avais vu au Canada très fugacement, en voiture alors qu’ils s’enfuyaient dans la forêt. Je suis ravie !

La route jusqu’à la fin du Canyon me paraitra longue… Je pense que je commence à être fatiguée de marcher. Surtout quand il n’y a pas de vue, ça finit par me lasser de marcher pour rien. Nous faisons demi-tour au bout du chemin, tout en ayant bien déjeuné pour nous redonner des forces à tous, puis rebroussons chemin. Nous avons la chance d’arriver juste au bon moment pour voir un ours déambuler sur le versant de montagne nous faisant face, avant qu’il ne se cache dans les buissons. C’est un grizzli ! Ouahhh ! Flo ne souhaite pas qu’on traine dans le secteur au cas où il se pointerait devant nous, donc nous reprenons le chemin sans tarder. Mais ça reste toujours impressionnant de voir un ours alors que nous sommes à pied ! Bon, il était vraiment loin, pas de danger qu’il nous saute dessus, mais quand même ! Il faut quand même le faire pour randonner avec un bébé d’un an sur le dos dans un endroit bourré d’ours ! Il n’y a que nous pour faire ça !

Nous reverrons nos orignaux sur le chemin du retour, il y en a un qui s’est levé pour brouter de l’herbe non loin de là. L’autre est toujours en position assise-couchée, en train de rêvasser. Ils ont la belle vie ces orignaux ! Le chemin du retour me paraitra bien long par contre. Nous décidons de ne pas prendre le bateau mais de faire le tour du lac à pied, ce qui nous fera pas mal de chemin en plus pour un panorama plutôt limité. En outre, nous n’avons plus d’eau, la fumée ambiante nous aura vraiment asséchés tout au long de la randonnée et nous aurons bu toute notre eau. Autant dire que le retour se fera difficilement en étant aussi déshydratés… Autant le matin au réveil, il peut faire -3°C, autant dans l’après-midi, ça monte à 25°C ! C’est difficile à suivre dans ce pays. Avec cet air sec que nous respirons, nous avons les lèvres complètement desséchées et avons envie de boire toutes les 5 minutes. Il n’y a que Ambre qui a l’air de ne pas souffrir de soif, elle ne finira même pas son biberon ! J’avais tellement soif que j’ai failli le finir à sa place (mais ce n’est vraiment pas bon le lait pour bébé…). Nous arrivons enfin à la voiture avant que je ne fasse un hold-up de bouteilles d’eau à des touristes qui semblaient boire devant moi juste pour me narguer et pouvons enfin nous désaltérer à notre guise. Ahhhh, ça fait du bien ! Ambre a l’air en pleine forme par contre, même si on a encore du mal à reconnaitre la petite fille toute rose sous cette poussière grise. On ne peut pas dire qu’on la mette dans une bulle d’hygiène notre fille ! Elle est toute grise de crasse des pieds à la tête, notamment parce qu’elle adore marcher sur les fesses dans la terre poussiéreuse et que ça se voit partout sur elle… Mon bébé tout crotté ! On la mettra dans un bon bain durant 4 heures une fois revenus à Marseille, ça devrait la laver…

Il n’est pas tôt avec tout ça et il est largement temps de rentrer à notre camping d’hier. Nous parcourons un bon bout de route avant qu’on soit arrêtés par des rangers : la route est coupée à cause de l’incendie, il n’est pas possible de passer… Comment ? Mais il n’y a qu’une seule route pour retourner à notre camping ! On nous explique que le feu, créé par la foudre, a atteint la route, est même passé de l’autre côté et qu’il est absolument impossible de passer. Ils sont même en train d’évacuer un camping qui se trouve non loin du nôtre. Ok, on fait demi-tour… Par contre, ça nous défait tous nos plans qui étaient de finir par l’apothéose du parc de Yellowstone : Old Faithful, le geyser le plus emblématique du parc. Bon, on avisera demain. En plus, il y a nos chaises qui nous attendent au camping et l’emplacement est déjà payé pour ce soir. Nous n’avons de toute façon pas le choix et rebroussons chemin jusqu’à Jackson, à l’autre bout du parc de Grand Teton. On verra demain si on peut reprendre cette route, auquel cas nous récupérerons nos chaises (si elles ne sont pas complètement calcinées) et continuerons dans le parc de Yellowstone ou si (plus probablement) la route sera toujours fermée et nous passerons dans ce cas par le col Teton qui nous fera contourner les Rocheuses pour retourner dans le parc de Yellowstone, mais il faudra dire adieu à nos chaises dans ce cas ! D’autant plus que demain est notre dernier jour de visite avant de reprendre notre longue route de retour vers Calgary pour rendre le camping-car et reprendre notre avion pour la France. 
 
Nous traversons le parc de Grand Teton et pouvons admirer tout à loisir cette chaine de montagnes beaucoup plus nette étant donné que nous nous éloignons des fumées de l’incendie. De plus, nous aurons la chance de voir un troupeau de plusieurs centaines de bisons brouter dans un champ. Nous n’en avions pas vu autant jusqu’alors au même endroit. C’est superbe ! Les bisons à gauche de la route, les montagnes à droite… Merveilleux ! Comme quoi, ça a du bon de changer de planning ! Nous trouvons un camping au Sud du parc qui possède encore quelques places. Le gérant se frotte les mains de cet incendie qui lui ramène plein de monde dans le même cas que nous. Nous avons de la chance d’être en camping-car, nous avons toutes nos affaires sur nous ! Ceux qui sont en tente ou en hôtel et ne peuvent pas retourner chez eux retrouver leurs affaires, c’est plus contraignant… Nous nous posons enfin, il est tard pour la petite, il est largement temps de lui faire son diner. Elle sera difficile à endormir, elle ne s’est peut-être pas assez dépensée dans la journée ou bien sera stressée par la journée passée à échapper au ours et aux incendies de forêt… En tous cas, elle passera sa soirée à me mettre des baffes, ce qui a le don de m’exaspérer au plus haut point. Il faut que je sorte de son champ de vision pour qu’elle se calme enfin. Ah je te jure ! Allez, un bon diner au feu de bois plus tard et tout est oublié. Bonne nuit !

Le Sud du parc et ses bassins bouillonnants

21 août 2016

Encore une fois réveillés à 6h du matin (avec le réveil), nous avons eu moins froid cette nuit étant donné qu’on avait mis le chauffage. Nous n’avons pas été non plus attaqués par un ours en plein milieu de la nuit, tout va bien ! La petite est grognon par contre, elle n’a pas l’air d’apprécier son réveil matinal.

Nous partons admirer la cascade Tower qui se trouve juste à l’entrée du camping. Il n’y a que nous à cette heure indue pour assister au spectacle éblouissant du soleil illuminer petit à petit cette belle cascade qui jaillit à travers les pics rocheux. Nous continuons notre route pour revenir au Canyon de Yellowstone que nous avions déjà visité hier, mais la lumière de l’après-midi ne mettait pas en valeur toute la beauté du site. Cette fois, sans personne autour, avec une lumière du soleil rasante, ce Canyon d’où jaillit cette magnifique chute d’eau est absolument superbe ! On a du mal à s’arracher à ce spectacle… Flo et moi y allons à tour de rôle étant donné qu’Ambre s’est endormie dans la voiture. On va éviter de la réveiller encore une fois si on veut avoir une chance de l’avoir de meilleure humeur pour le reste de la journée…

Nous retournons ensuite à l’endroit où on est censés voir des loups en espérant avoir plus de chance qu’hier, mais malheureusement ils resteront cachés pour nous. Ce n’est pas grave, nous voyons tellement d’animaux ici ! Nous traversons d’ailleurs la « Hayden Valley » et nous arrêtons devant un superbe spectacle d’un troupeau de bisons buvant dans une rivière. Sous cette lumière matinale, le spectacle est magique… Jusqu’à l’arrivée d’un car de Japonais qui, sans gêne, se mettent carrément devant nous pour photographier les animaux, jusqu’à me pousser alors que j’ai la petite dans les bras ! Je leur hurle dessus et là, une autre bonne femme veut me prendre Ambre des bras pour la porter ! Au secours ! Je te l’envoie balader avec un grand «Non » et demande à Flo de quitter cet endroit immédiatement. Ils sont malades ces Japonais !! Vouloir me prendre ma fille de force alors qu’elle est dans mes bras ! Non mais je rêve… J’en suis encore bouleversée une demi-heure après. On ne touche pas à ma fille !

Nous continuons notre route vers des lacs bouillonnants et des paysages surprenants aux activités géothermiques sulfureuses. Nous admirons « la bouche du dragon » un trou dans la roche de laquelle sort une fumée blanche en grondant. C’est impressionnant ! Ca porte bien son nom ! Il n’y a pas trop de monde qui visite ces sites, nous sommes agréablement surpris. D’une manière générale, on pensait qu’il y aurait foule partout où on irait, mais c’est loin d’être le cas. C’est vrai que nous partons tôt pour profiter des moments tranquilles sans personne, mais j’avais vraiment peur que ce soit bien pire côté monde ! 
 
Les paysages lunaires se succèdent, rejetant leur volute de fumée en bouillonnant. Il y a parfois de véritables marmites qui bouillent en faisant de grosses bulles noirâtres qui éclosent à la surface. On sent que le magma terrestre n’est pas loin en-dessous. On est sur un vrai volcan ! Nous reprenons la route et passons en temps infini dans les bouchons causés par deux bisons qui marchent tranquillement sur la route principale et empêchent les deux voies de passer. Ah je te jure ! Aucun respect pour les humains ces bisons ! Nous nous arrêtons ensuite à « Grant village » un pseudo village qui possède surtout un camping et des douches (oh miracle !) ainsi que des machines à laver le linge. Disons que ça fait plusieurs jours que nous n’avons pas pris de douches et étant donné les randonnées en plein soleil que nous avons effectuées depuis, autant dire qu’on pue… On profite de ces installations gigantesques : il y a une quantité incroyable de douches, est-ce que tous les touristes du parc viennent se doucher là ? Ca fait tellement du bien de se sentir propres ! Etant donné que pour donner une douche à Ambre, il faut être deux et que Flo n’a pas le droit de rentrer dans les douches des femmes (on se demande bien pourquoi), elle sera la seule à rester sale pour le moment. Nous verrons cela tout à l’heure dans le camping-car. Notre linge et nos corps propres, nous pique-niquons à côté puis reprenons la route vers le lac Yellowstone. C’est le plus grand lac à cette altitude des Etats-Unis ! Il est en effet très grand… Nous admirons des mares bouillonnantes au pied de ce lac, je trouve ça incroyable d’être à côté d’un lac et de voir ces geysers fumer sur sa rive ! Je tombe en admiration devant un trou d’eau d’un bleu saphir, à l’eau totalement transparente, rejetant des langues de soufre rouge et orangées qui s’écoulent dans le lac. Quelle beauté ! Cette couleur bleue est tellement incroyable ! Notre Terre donne d’elle-même de bien belles couleurs… J’aurais cru que la photo avait été truquée si je l’avais vue ainsi !

Nous arrivons ensuite au camping désiré qui se trouve tout au Sud du parc. J’avais peur qu’il soit déjà plein, mais nous sommes en fait les seuls ! Va comprendre comment fonctionnent les touristes de ce parc. Des fois, on arrive à 9h30 et toutes les places sont prises, d’autres on est les seuls sur le camping à 13h30 ! Nous nous installons et profitons de la quiétude des lieux. On laisse Pépette gambader dans la terre (je ne vous raconte pas l’état de ses habits après), elle l’a mérité, elle a fait beaucoup de voiture et de siège bébé ces derniers temps. On ne l’a pas trop laissé s’ébattre à sa guise la pauvre. Nous nous attelons également à lui faire prendre une douche avec la douchette extérieure du camping-car. Il fait chaud donc pas de souci à la faire se doucher dehors. Je me déshabille également afin de l’amener sous la douche (heureusement qu’on est tout seuls dans le camping) et à peine est-elle nue qu’elle braille comme un veau pour ne pas aller sous la douche. On dirait qu’on l’amène à l’abattoir ! On la douche vite fait alors qu’elle continue de hurler puis la séchons vite pour qu’elle ne prenne pas froid. Evidemment, alors que je me trouvais en petite culotte, une dame arrive en petite voiture pour relever les emplacements disponibles dans le camping. Aux Etats-Unis, ça ne se fait pas trop d’être seins nus devant les autres ! Je file dans le camping-car en m’excusant auprès d’elle de lui avoir montré ma nudité. On ne verra personne d’autre durant les prochaines heures, il fallait vraiment que ça tombe à ce moment-là !

Nous nous reposons une bonne partie de l’après-midi tout en jouant avec Pépette qui a l’air d’apprécier sa liberté, même si elle ne se réessaiera pas à la marche seule. Par contre, elle galope bien accrochée à l’une de nos mains ! Vers 16h, nous partons en petite balade autour du lac Lewis. Il est très sympathique, mais un peu comme tous les lacs du secteur : avec des sapins. Nous nous arrêtons sur une petite langue de prairie non loin du lac pour laisser marcher Ambre, mais nous nous apercevons bien vite que nous marchons à travers des petits trous fumants ! Ils ne sont pas bien visibles, mais ça fume, c’est certain. Oups, reviens là Ambre, on rebrousse chemin afin que tu ne sautes sur un geyser !

Nous revenons au camping et prenons le temps de faire notre petit train-train habituel du soir (bière, chips en apéro, suivi d’un bon diner au feu de bois…). Ambre s’endormira vite, ça l’a crevée de gambader, elle n’a plus l’habitude ! Bonne nuit à tous !

Le Grand Canyon de Yellowstone

20 août 2016

Réveillée par Ambre à 5h30, nous nous apercevons que la température a bien baissé cette nuit. Il fait -3°C et Ambre a les mains toutes froides au réveil. Je la réchauffe comme je peux, mais elle n’aime visiblement pas avoir ses petites mains potelées sous une couverture ! Nous mettons donc le chauffage et nous réveillons doucement avec le jour qui se lève également.

De toute façon, nous avions prévu de partir tôt ce matin réserver le camping qui était déjà plein hier matin. Nous reprenons cette belle route de « Lamar Valley » en espérant voir encore des animaux. Outre le soleil qui se lève sur cette vallée, la faisant rayonner de mille feux, nous apercevons une silhouette au loin qui avance nonchalamment vers nous sur le bord de la route. Ce que nous prenons tout d’abord pour une silhouette d’homme, s’avère être un énorme bison qui se balade tranquillement. J’adore ! Nous en voyons également tout un troupeau un peu plus loin, non loin de la route. D’ailleurs il y en a deux(?) d’entre eux qui commencent à souffler fort, à nous regarder de travers (nous sommes restés dans le camping-car pour les regarder) et Flo décide de filer, il a peur que le bison nous charge. Je charrie Flo en disant que ce n’est pas possible alors qu’on est en camping-car, ce qui sera démenti un peu plus tard par un ranger qui nous apprendra que les bisons sont en période de rut en ce moment et qu’il faut s’en méfier, même en voiture ! Flo avait bien raison de s’éloigner alors !

Nous arrivons au camping désiré et il leur reste de la place (ouf !). Après avoir attendu trois plombes que le gérant du parc fasse ses explications à tout le monde, nous réservons notre emplacement pour ce soir. Le gérant nous explique que nous sommes dans une zone où il y a le plus de concentrations d’ours ici et qu’il faut vraiment faire attention de ne rien laisser trainer dehors. Apparemment, la nuit, certains ours téméraires essaient même d’entrer dans les voitures pour aller y chercher à manger et déclenchent les alarmes ! Charmant… Apparemment, on ne risque rien dans notre mastodonte de camping-car. Ouf ! 
 
Nous reprenons la voiture afin de continuer notre visite du parc par une belle randonnée au sommet du Mont Washburn. Nous entamons donc l’ascension, avec la petite sur le dos de Flo sur une route caillaissée. La montée n’est pas vraiment extraordinaire, nous passons par des forêts brûlées par des incendies, mais l’arrivée en haut de la montagne, à plus de 3000 mètres d’altitude, nous offre un panorama unique sur tout Yellowstone ! Le Canyon au fond, la Lamar Valley à gauche, le lac Yellowstone à droite… La vue sur le parc est sans égale ! La petite pleurera beaucoup durant la montée sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Est-ce l’altitude qui la gênait ? La fatigue (le réveil a été matinal…) ? Je ne sais vraiment pas, mais ses pleurs étaient de gros pleurs intenses de gros malheur et ça me fendait le cœur… Elle s’est ensuite endormie, ce qui nous a facilité l’ascension et une partie de la descente !

Durant la descente, nous apercevrons un coyote qui nous passera juste devant ! Ah quelle chance ! Je n’en avais jamais vu auparavant ! La petite, réveillée, criera « Wouf wouf » comme pour tous les animaux à 4 pattes qu’elle croise. Elle nous fait bien rire ! Elle sera d’une gentillesse absolument remarquable tout le reste de la journée. Quand elle est bien lunée, je la couvrirais de bisous du matin au soir (ce que je ne manque pas de faire d’ailleurs). De retour au camping-car, nous déjeunons à l’intérieur, il fait encore trop froid pour manger dehors. Le soleil brille par contre et ne devrait pas tarder à réchauffer l’atmosphère. En effet, nous continuons notre route vers le Grand Canyon du Yellowstone sous une température de 21°C. Quel contraste avec ce matin ! 
 
Arrivés au Canyon, nous commençons par le découvrir par sa berge Nord et restons ébahis par le spectacle qui s’offre à nous. Une faille s’est formée dans cette Terre rouge et ocre avec comme toile de fond une superbe cascade s’élançant avec fracas dans le fond du canyon… Je ne m’attendais pas à autant de beauté ! Nous arpentons le bord du Canyon en le découvrant de mieux en mieux, jusqu’à arriver juste au-dessus des chutes où l’eau se jette avec un débit incroyable dans une rivière en contrebas au milieu d’un magnifique arc-en-ciel qui nous montre ses plus belles couleurs. Même Ambre adore l’endroit et n’arrête pas de montrer du doigt l’arc-en-ciel ! Nous croisons encore une quantité assez invraisemblable de personnes obèses qui remontent avec beaucoup de difficulté ce sentier abrupt. C’est navrant de voir autant de personnes prendre si peu soin d’eux.

Nous atteignons ensuite la berge Sud en voiture, tout ene croisant des cerfs aux longs bois et des bisons aux longs poils. C’est fou comme toute la nature est intégrée dans ce parc. Nous sommes dans un site hautement touristique et ça ne nous empêche pas de voir des animaux sauvages traverser les parkings. Ils ont bien réussi l’intégration de l’homme avec la nature sauvage ici ! En même temps, il n’y a pas vraiment de villes, tout est basé sur le respect de la nature dans ce parc et je trouve ça super.
Nous entamons notre randonnée sur la berge Sud du Canyon. La vue sur les chutes est encore plus incroyable. Par contre, le sentier n’arrête pas de monter et de descendre, et nous commençons à en avoir plein les bottes. Ca fait beaucoup de randonnées dans une seule journée (même pour nous !). Pépette par contre a l’air ravie sur son trône de princesse à agiter la main pour dire « coucou » aux gens qui passent telle une reine devant son peuple. Elle est curieuse de tout, regarde tout sur son passage. Ah ma fille ! Je t’adore !

Nous quittons ensuite le Canyon à son « Artist point » pour poursuivre dans la forêt. Nous tombons sur plusieurs lacs plutôt sauvages, mais recélant une odeur plutôt nauséabonde. Nous comprenons vite pourquoi peu après, nous arrivons dans un désert de souffre avec des volutes de fumée qui sortent de la terre en bouillonnant. Quel contraste avec le Canyon verdoyant d’il y a un quart d’heure ! Ici, on se croirait sur la Lune avec une terre sèche, blanchâtre et fumante… De gros bouillons se forment parfois dans des trous dans le sol, la terre est en ébullition par ici. Je n’en reviens pas d’un tel contraste en quelques centaines de mètres seulement ! Pépette a l’air de trouver ça plutôt drôle et je m’amuse avec elle à lui boucher le nez à cause de l’odeur pestilentielle. Elle n’en a pas l’air gênée en tous cas.

Nous revenons ensuite à la voiture, fatigués, fourbus, mais ravis ! En plus, Florian porte bébé sur son dos et ce n’est pas évident avec toute cette marche ! Nous continuons notre route un peu encore jusqu’à trouver un endroit où se trouvent des loups en ce moment (dixit notre gérant de camping). Nous apercevons une foule sur une butte : ça doit être le bon endroit. Flo ne pouvant plus porter Ambre sur un mètre de plus, son dos étant en compote, c’est moi qui m’y colle et je porte ma fille sur mon dos tandis que Flo a l’impression de voler tellement il se sent léger pour une fois. En effet, elle est lourde la petite ! Je ne sais pas comment fait Florian pour réaliser les randonnées qu’on fait vu le poids qu’il a sur le dos. Je m’en rends mieux compte maintenant que je la porte moi-même (sur une courte distance !). Bref, nous arrivons à l’endroit voulu, mais nous ne verrons pas de loups. Ils sont trop loin pour nos petits yeux (tout le monde a des jumelles maxi format) et de toute façon, voir des animaux à travers des jumelles ne m’a jamais enthousiasmée. Soit je les vois avec mes yeux, soit je ne les vois pas, un point c’est tout.

Nous rentrons donc au camping, il est largement l’heure et Ambre commence à avoir faim. Après lui avoir donné à manger, Florian s’occupe de la coucher mais il s’endort avec elle. Je me retrouve toute seule à passer la soirée du coup ! Je te jure… Heureusement, il finit par se réveiller et m’accompagner pour le repas. Il devait juste faire dormir Ambre, pas dormir lui-même ! Allez, tout le monde a mérité un bon dodo maintenant !

La vallée Lamar et ses bisons !

19 août 2016

Nous avons été réveillés tous les deux par un vacarme assourdissant qui s’élevait au-dessus de nos têtes : il pleuvait à verse et ça résonnait vraiment fort sur notre petit toit (surtout qu’on se trouve à 2 cm du toit du camping-car). On s’est même demandé s’il n’avait pas grêlé tellement c’était fort ! C’est possible car il fait dans les 3° ce matin au réveil. Par contre, la princesse ne s’est même pas réveillée. Ou bien si, à cause d’un cauchemar, mais pas du tout au moment de l’orage !

Elle nous réveille un peu avant 7h, puis nous nous préparons à quitter le camping. Nous souhaitons aller dans un autre camping un peu plus central étant donné que le parc est grand et que nous n’avons pas envie de faire des heures de voiture avec Ambre hurlant à l’arrière. Nous nous acheminons vers cet endroit, mais un petit chemin de randonnée nous arrête en chemin. Il est très court et peut être charmant ! Nous sortons donc dans ce froid de canard, sous un soleil bas et gris, parcourir la prairie durant un quart d’heure pour arriver au bout du chemin, sur une petite cascade minuscule qui ne valait pas le déplacement. Bon, tant pis, on ne gagne pas à tous les coups ! 
 
Nous continuons notre route pour arriver au camping désiré et apprenons qu’il est complet depuis une demi-heure ! C’est malin, nous aurions eu une place sans cette randonnée inutile ! Bon, il ne nous reste plus qu’à continuer notre chemin pour trouver un autre endroit où nous loger ce soir. Il n’est que 9h30 du matin et il faut déjà chercher frénétiquement où dormir ce soir. Je trouve ça intense ! J’ai l’impression qu’on passe notre temps à chercher un camping où dormir. Je pensais que le camping-car nous donnerait de la liberté au contraire ! Mais bon, c’est vrai qu’on peut décider la veille des environs où nous souhaitons aller alors qu’en hôtel il aurait fallu tout réserver des mois en avance ! 
 
Nous passons par la « Lamar Valley » reconnue pour ces multiples animaux, entre autres des ours (ça on connait), des bisons (on n’en a pas encore vu en liberté) et des loups (ça m’étonnerait qu’on en croise). Nous entamons donc cette belle route et tombons rapidement sur des bisons au loin. Ah !! Super ! On est chanceux ! En fait, on s’apercevra vite qu’il y a des bisons partout dans cette vallée… Un peu comme des vaches en Normandie ! On en verra même un de très près car il traversera la route devant nous ! Impressionnant comme bestiole ! On a vu une vidéo à l’office de tourisme qui nous prévenait de faire très attention aux bisons. Sous leurs airs placides, ils peuvent vite nous foncer dessus et nous faire valdinguer dans les arbres avec leurs cornes ! Ouh, on reste dans la voiture nous ! Pépette hurle déjà depuis quelque temps et la vue d’un bison ne lui fait pas changer d’octave… Elle est en forme aujourd’hui et s’exerce bien de la voix durant tout le trajet (qui est plutôt long). Les paysages sont également très beaux, mais il fait toujours un peu nuageux (même si ça s’améliore). Nous arrivons à un autre camping qui possède des places pour nous ! Youpiii ! En plus, il est charmant, dans un bois, près d’une rivière, au milieu de ces prairies luxuriantes où rôdent sûrement bisons et ours ! Ce camping est parfait pour nous !

Une fois notre emplacement réservé, nous continuons la route qui sort du parc afin de manger un bout dans un bled méconnu « Cooke City », un village plutôt désert et déprimant, mais qui a le mérite d’avoir quelques restaurants. Il était temps de s’arrêter, Ambre nous perce les tympans depuis plusieurs heures et Flo et moi sommes à deux doigts de la laisser sur le bas-côté à la merci des loups… Ce village semblant sortir tout droit de la bande dessinée de Lucky Luke ne nous émeut guère. Nous hésitons entre un saloon (si, si !) faisant casino et un restaurant plutôt traditionnel et optons pour ce dernier, nous avons envie de manger à peu près correctement ce midi. On se prend chacun un bon hamburger (ils n’ont que ça au menu) avec des frites maison puis un cheese cake pour moi et une mousse au chocolat pour Flo. Ce n’est pas très bon… Ca nous restera même sur l’estomac toute l’après-midi ! La nourriture ici, ce n’est vraiment pas ça ! La petite se calme vite le ventre plein de petits pots, mais elle reste collée à moi sans vouloir trop bouger. C’est seulement quand Flo et moi en sommes au dessert qu’elle devient plus à l’aise et file sur les fesses dans les cuisines, au grand bonheur de la serveuse qui a déjà été conquise. Ouf !!

Nous continuons ensuite notre route sur la soi-disant plus belle route des Etats-Unis. En effet, elle a l’air belle, mais elle grimpe pas mal et nous nous retrouvons vite dans les nuages étant donné le mauvais temps. Du coup, on ne voit pas grand-chose… C’est dommage, nous grimpons jusqu’à 3000 mètres, mais sans visibilité, ça ne sert pas à rien. Nous croisons de nombreux lacs et je pense que nous avons une très belle vue sur la chaine montagneuse des Rocheuses… derrière le brouillard ! Nous rebroussons chemin, un peu déçus d’avoir fait autant de kilomètres pour pas grand-chose (et avec la petite qui hurle derrière !). Nous revenons au village où nous avons mangé et laissons la petite gambader dans un parc pour enfant. Le soleil est enfin arrivé et la température remonte vite. Ca lui fait un bien fou, je crois qu’elle a subi trop de voiture ces derniers jours. Nous rentrons ensuite au camping la laisser jouer dehors, sur une couverture, avec ses jouets.

Nous entamons ensuite un petit tour à pied autour du camping pour admirer les environs. Nous croisons des jeunes qui nous disent qu’ils viennent de voir un ours et que ce serait bien que nous n’allions pas par là. Oups ! Voir des ours de trop près, non merci ! Nous prenons donc le chemin opposé mais revenons vite au campement, nous traversons trop de fourrés sans visibilité, il pourrait y avoir des ours dans chacun d’eux ! Nous prenons donc la voiture afin d’admirer en sécurité les éventuels animaux que nous croisons. Nous n’allons pas loin, c’est juste histoire de profiter des belles couleurs du soir sur les paysages de montagnes striés de rivières. Nous verrons un beau bison dans les belles couleurs cendrées du soir, ainsi que quelques gazelles, et puis c’est tout. Nous revenons ensuite au camping faire manger la petite et la coucher. Bonne nuit tout le monde !

Arrivée à Yellowstone !

18 août 2016

Réveillée par Ambre vers 7h, nous nous préparons tranquillement puis quittons ce camping sans charme pour continuer notre route vers Yellowstone. Il nous reste encore 3h30 à parcourir avant d’atteindre l’un des plus beaux parcs des Etats-Unis ! Avant cela, nous passons par un Walmart (enfin !) et faisons de grandes courses pour se ravitailler jusqu’à la fin des vacances. Enfin je trouve des petits pots dignes de ce nom ! Il était temps, elle n’avait plus rien à manger la pauvrette ! 
 
Nous reprenons ensuite la route, la petite dort une partie du chemin, ce qui nous arrange plutôt bien. Nous traversons encore une fois de grandes plaines désertiques agrémentées de quelques ranchs épars ainsi que de quelques troupeaux d’antilopes paissant dans les champs. Le paysage est vraiment monotone ici… Du coup je m’endors avec Ambre, comme hier. A l’approche de Yellowstone, les panneaux changent et nous indiquent que des bisons peuvent traverser la route et qu’il fait être vigilant. Ah, ça change des ours ! Nous déjeunons sur une aire de station-service, en plein vent, puis repartons à l’assaut de Yellowstone. Nous atteignons le parc peu de temps après et passons la porte principale sans attente. Moi qui avais peur de devoir faire la queue pendant des heures, je suis agréablement surprise !

Les campings ont l’air déjà bien pleins à cette heure, mais nous ne décourageons pas et continuons notre route tranquillement à l’intérieur du parc afin de trouver notre bonheur. Les environs sont complètement différents de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Les montagnes sont moins hautes, plus arides et il règne une atmosphère fantasmagorique avec cette fumée ambiante qui nous fait presque tousser. Flo pense que c’est un incendie, je pense que c’est la terre qui bouillonne… En tous cas, nous croisons plein de geysers et de fumerolles impressionnantes dans ce décor d’une autre planète. Nous ne nous arrêtons pas étant donné qu’on aimerait pouvoir réserver une place dans un camping du parc, nous repasserons plus tard !

Enfin, après des travaux sur la route qui nous auront fait poireauter une demi-heure et les distances plutôt longues ici à cause des petites routes où on ne roule pas vite, nous tombons sur un camping sauvage de libre. Il est dans la forêt et malgré son manque de structures fonctionnelles, il nous ravit beaucoup plus que celui d’hier soir qui avait tout le confort mais pas de charme ! En plus, nous apercevons des biches gambader dans le camping à travers les parcelles. Oh que j’aime cet endroit ! Nous réservons notre emplacement puis repartons visiter un peu les environs, il n’est pas encore très tard. Nous allons jusqu’à « Mammoth Hot Springs », des terrasses géothermiques fumantes qui sont impressionnantes à voir. Nous marchons sur un sentier élevé en bois qui nous permet d’admirer les sources chaudes brûlantes sans avoir à y mettre un pied dedans, ce qui nous brûlerait instantanément. Nous donnons le biberon à Ambre dans ce décor de science-fiction puis continuons notre balade dans ces dédales de fumées s’élevant de cette terre en fusion. Les couleurs ocres, blanches et rouges se mêlent à cette terre brûlante jusqu’à une terrasse d’un bleu saphir envahie d’une fumée blanche bouillonnante. C’est fantastique ! Ca me rappelle beaucoup la Nouvelle-Zélande où ce même phénomène avait lieu. 
 
On retient Ambre encore une fois par le fond de la culotte étant donné qu’elle veut absolument mettre la main dans l’eau bouillante, puis retournons à la voiture afin de continuer notre route vers le village en contrebas. Après un rapide tour à l’office de tourisme pour se renseigner sur les randonnées aux alentours, nous repartons en direction du camping afin de permettre à Ambre de se dégourdir un peu les jambes, elle qui a été enfermée dans la voiture durant autant d’heures aujourd’hui. Par contre, elle décide de s’endormir alors qu’il est 17h30 et que nous faisons la route du retour. C’est vrai qu’elle n’a fait aucune sieste cet après-midi ! Je tente autant que possible de la maintenir réveillée : commencer sa sieste à 17h30 nous promet de ne pas la coucher avant 22h ! C’est difficile d’empêcher un bébé de s’endormir quand il n’en peut plus. J’en suis à lui jeter Doudou à la figure, ce qui aura le mérite de la faire rire et de l’empêcher de l’endormir. Ouf, nous arrivons chez nous. On la sort pour qu’elle se balade un peu, puis ne tardons pas à lui faire à diner. Ensuite, on la met en pyjama puis dodo ! Contrairement aux autres soirs, elle ne tarde pas à s’endormir ce qui nous permet ensuite de profiter de notre soirée à tous les deux. En plus, en plaçant beaucoup de coussins au pied du lit, je suis plus tranquille de la laisser seule dans le camping-car tandis que Flo et moi trainons auprès du feu. Ah, ça fait du bien d’avoir notre soirée de libre ! Nous faisons griller une bonne pièce de bœuf au feu de bois (Flo est devenu un expert en feu, surtout depuis qu’on a acheté de l’allume-feu !) en compagnie de quelques biches qui broutent à quelques mètres de nous, puis dégustons notre délicieuse viande avec un bon vin rouge. Le pied ! Allez, au lit maintenant, Ambre risque de nous réveiller tôt demain !

Anniversaire de Flo dans le Montana !

17 aout 2016

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Florian ! Je pense à le lui souhaiter dès le réveil et c’est un exploit étant donné que le réveil sonne à 6h du matin… Nous voulons avoir le camping de « Many Glaciers » qui est apparemment pris d’assaut dès le début de matinée ! Nous donnons juste le biberon à Ambre, l’habillons ainsi que nous-mêmes, puis partons en direction de « Many Glaciers » sans prendre le petit-déjeuner. Nous le prendrons au camping quand nous aurons sécurisé notre place !

Le soleil se lève à peine et envoie ses plus belles couleurs rougeoyantes sur les montagnes environnantes. Une brume matinale apparait sur les prairies et se reflète dans les lacs qui se réveillent à peine. Ca vaut le coup de se lever tôt des fois ! Nous arrivons au camping voulu peu après 7h et voyons déjà une file d’attente impressionnante de véhicules qui font la queue pour le camping. Ouf !!! On ne va pas poireauter là durant des heures que les occupants se réveillent, prennent leur petit-déj et décident de partir ? Tant pis pour ce camping, c’est trop compliqué, on abandonne… On se gare sur le parking, devant le sentier de randonnée que nous souhaitons faire aujourd’hui, puis prenons enfin notre petit-déjeuner. Le ventre plein, nous entamons notre randonnée sous un beau soleil. Une brume fantasmagorique s’avance vers nous, telle une gigantesque vague passant par-dessus les cimes des crêtes, semblant déferler sur nous à toute allure. C’est digne d’un film de science-fiction ce phénomène ! En tous cas, je trouve ça incroyablement beau…

Nous ne sommes pas nombreux sur le chemin de randonnée et c’est tant mieux. Il faut dire qu’il est tôt aussi. Nous admirons les glaciers au loin, les fleurs disséminées un peu partout, des cascades posées à des endroits photogéniques. On se croirait dans un décor de cinéma tellement tout est parfait ! Nous avançons à une bonne cadence, sûrement bien entrainés par nos randonnées de ces dernières semaines et arrivons beaucoup plus vite que prévu au « lac aux icebergs » qui porte bien son nom car en effet, des blocs de glace flottent à la surface de ce beau lac encaissé dans un beau cirque de montagnes. Que c’est majestueux ! On fait une pause ici et sortons Ambre, qui se réveille à peine, de son siège, mais ne restons pas longtemps car il fait froid, le lac est gelé et Ambre n’a qu’une idée en tête : plonger dans le lac ! Il faut la retenir par le fond de la culotte et franchement, c’est fatigant. Nous rebrousserons donc chemin et ferons une halte pour déjeuner près d’une rivière (moins gelée) et avec plus de place pour que la petite puisse gambader sans risquer de tomber dans l’eau. Nous nous bagarrons avec des marmottes qui veulent nous piquer notre repas (elles ne sont pas farouches ici) sous les grands yeux mi-amusés, mi-inquiets d’Ambre qui regarde ces bestioles avec grand intérêt (mais sans sortir des bras de Maman non plus…)

Nous rebroussons chemin et ne croisons absolument personne sur ce sentier, ce que nous trouvons étrange. Puis, au détour d’un virage, nous croisons une Ranger, sa bombe anti-ours dégainée, et qui nous annonce qu’ils viennent de fermer ce sentier pour cause d’ours. Il faut absolument prendre le chemin du retour (ce qu’on était en train de faire de toute façon) et qu’il faut crier fort et avoir la main sur sa bombe anti-ours à tout moment. Bon… Ambre, on compte sur toi pour nous aider à faire du bruit. C'est donc en chantant et en sifflant que nous rentrons au bercail, d’un bon pas, sans trainer… Voilà pourquoi nous ne croisions plus personne depuis des lustres sur ce chemin ! Ah quelle aventure ! Nous ne verrons pas d’ours heureusement, mais nous avons fait une très belle balade ! Ce lac aux icebergs était d’une beauté magique et surprenante !

Etant donné qu’il n’est que 13h30 et que nous n’avons pas de camping pour ce soir, nous décidons de commencer la longue route qui nous amène à Yellowstone. Nous devions partir seulement demain normalement, mais bon… Etant donné qu’il y a plus de 7 heures de route, autant commencer aujourd’hui et le faire en 2 étapes ! Nous voici donc partis pour traverser le Montana, état plutôt vide et désertique, il faut bien le dire. Nous quittons vite les montagnes pour arriver dans des plaines à perte de vue où des vaches paissent dans des pâturages de blé. Tout est jaune et plat… Et la route est toute droite… Bref, je ne tarde pas à m’endormir, Ambre aussi. Il n’y a que Flo qui veille (heureusement c’est lui qui conduit), mais je trouve que la route est vraiment soporifique.

Nous cherchons à traverser une grosse ville afin de trouver un Walmart où équivalent qui nous permette de nous regarnir en petits-pots bébé qui nous font cruellement défaut, mais nous ne croisons que des villages de Far-West où je ne serais pas étonnée de voir un saloon et des cow-boys en sortir. On voit également des grands portails de ranch un peu partout, on se croirait vraiment dans un western des années 70 ! Nous traversons également un village d’Indiens « les Black Foot » qui nous apparait bien déprimant. Des petites maisons en taule sont entassées les unes sur les autres et de vieilles carcasses de voitures s’entassent dans leur jardin. On dirait un bidonville mal entretenu… Leur vie doit être bien spéciale…

Les champs font petit à petit place à des rochers, puis à des collines. Nous arrivons près d’Helena, la capitale du Montana. Si on ne trouve pas un grand magasin ici, on est définitivement perdus ! Ambre a dormi de 15h à 17h sans pause biberon, il est urgent de s’arrêter pour lui en donner un. On arrive donc dans un petit camping près d’Helena qui ne paie pas de mine, mais qui a le mérite d’être fonctionnel avec de l’électricité et des douches, ce qu’on n’a pas eu depuis longtemps. On nous annonce qu’on prend la dernière place… Mais que viennent faire les campeurs ici ? Il n’y a rien à faire dans le coin… En tous cas, on parait vraiment minus avec notre van en comparaison des bus qui se trouvent sur ce camping. Il y en a même qui s’ouvrent sur les côtés en accordéon pour gagner de la place ! Ils doivent vraiment avoir tout le confort là-dedans. Nous à côté, on fait vraiment nains…
On prend chacun et chacune une bonne douche (même Ambre qui déteste ça), on fait un peu de lessive, puis en route pour trouver un restaurant afin de fêter l’anniversaire de Flo quand même ! Sur les conseils du camping, on trouve un restaurant de viande plutôt familial (ce qui nous va très bien avec Ambre). On apporte même une chaise haute pour la puce, c’est la grande classe ! Elle sera sage comme une image avec des crayons de couleur qu’elle balancera par terre plutôt que dessiner avec, mais au moins ça l’occupe ! Notre viande est correcte, sans grande finesse, mais on ne s’y attend plus ici. On est vraiment parmi la population locale, sans touriste, mais juste avec de vrais Américains du Montana, dans l’une des régions les plus isolées et vides du pays. C’est drôle comme on se sent dépaysés dans un pays qui parait pourtant proche du nôtre. Je ferai grâce à Flo de ne pas dire au serveur que c’est son anniversaire afin qu’il n’ait pas le droit à la chanson traditionnelle qu’ils ont l’air de chanter toutes les demi-heures à des gamins différents, puis on remonte dans notre van direction le camping afin de coucher tout le monde !

Belle randonnée au col Logan

16 aout 2016

Nous émergeons tous vers 8h passées ce matin, c’est la grasse matinée pour tout le monde ! Il faut dire que ce camping est ultra calme. Du coup, nous ne sommes pas prêts très tôt pour la randonné prévue aujourd’hui ! Nous nous pointons à 10h passées à l’arrêt de bus afin qu’il nous dépose au col Logan, un très bel endroit au milieu de la « Going-to-the-Sun Road ». Le bus est quasiment vide, c’est parfait ! Une fois arrivés là-bas, nous entamons notre randonnée sur un joli sentier à flanc de montagne qui nous permet d’avoir une vue complète sur les montagnes environnantes, sur les cascades jaillissant des glaciers et sur les sapins à perte de vue. Le sentier est plutôt facile, mais assez long. En plus, il y a du monde et il faut faire attention car le sentier est étroit et vertigineux car il y a du vide à notre gauche. Nous sommes en bordure d’un ravin en fait. Sujets au vertige, s’abstenir ici !
Nous croisons également des chèvres sauvages de montagne (elles ne sont pas très belles) et arrivons vite en queue d’un troupeau de touristes qui marchent à la queue leu leu et qu’il est impossible de doubler sans tomber dans le ravin… Nous prenons donc notre mal en patience et suivons ces randonneurs (trop lents pour nous), en admirant leurs chevilles… Ca nous gâche un peu le paysage ! Heureusement, ils finissent par s’arrêter pour déjeuner et nous pouvons poursuivre un peu jusqu’à ce que notre fille (qui a dormi tout le long du trajet) se réveille pour réclamer son repas. Nous déjeunons donc tous avec vue sur les montagnes, on se croirait sur le toit du monde !

Nous continuons ce superbe chemin, toujours à flanc de montagne, ce qui nous permet d’avoir une vue panoramique sur les environs, notamment sur la cime des montagnes enneigées, ce qui nous ravit au plus haut point. Par contre, comme dit Florian, ça ressemble un peu aux Alpes tout ça. C’est superbe, mais est-ce vraiment la peine de faire un tel voyage pour retrouver la même chose que chez nous ?

Nous n’irons pas jusqu’au bout du sentier, ne sachant pas combien de temps ça nous prendrait et il faut encore faire le chemin du retour qui va être long. Nous rebroussons donc chemin et prenons le sentier dans l’autre sens pour retourner au col Logan. Nous sommes seuls maintenant sur le sentier, tout le monde est parti on-ne-sait-où… Les rares personnes que nous croisons nous félicitent d’emmener un bébé sur un chemin aussi long. Ambre est ravie en tous cas, elle babille, elle rit toute seule et sourit aux gens qu’elle croise. Ca lui plait d’être sur le dos de son père, même aussi longtemps !

Nous arrivons au col Logan plutôt fatigués et assoiffés (nous n’avions pas pris assez d’eau compte tenu de la chaleur d’aujourd’hui). Nous attendons le bus qui met un temps fou à arriver. En attendant, Ambre fait le show pour toute l’assistance qui attend le bus comme nous. Tout le monde tombe sous le charme de sa façon d’avancer sur les fesses, de sa vivacité et de sa joie de vivre. C’est ma fifille à moi ça ! Ils s’y mettent même tous pour empêcher Ambre de partir sur la route en faisant barrière de leur corps. Ca nous aide bien Flo et moi ! Merci tout le monde ! Par contre, on essaie de la faire marcher, encouragée par l’assistance, mais rien n’y fait, elle ne veut plus marcher depuis sa première fois. C’est malin ! Peut-être ne la laissons-nous pas assez libre de ses mouvements ? C’est vrai qu’entre la voiture où elle est attachée et le porte-bébé où elle est attachée aussi, ce n’est pas facile pour elle de faire des progrès en marche !

Le bus arrive enfin et là c’est plus compliqué pour Ambre qui veut absolument aller se balader dans le bus et ne comprend pas pourquoi on lui interdit. Du coup, elle hurle… Enfin, on arrive à notre camping où on peut la laisser gambader à sa guise. Après une bonne bière désaltérante, nous faisons cuire des saucisses sur le feu que nous mangerons froides car Ambre ne veut pas s’endormir. Il faut alterner notre garde auprès d’elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Pas facile de manger chaud dans ce cas-là étant donné qu’on ne sait jamais trop d’avance quand elle va finir par tomber de fatigue ! Enfin… Elle dort, nous mangeons et au lit tout le monde, le réveil sera tôt demain, nous allons essayer de prendre une place dans le camping des « Many Glaciers » très prisé !

En route vers le parc des Glaciers aux Etats-Unis !

15 aout 2016

Réveillées par Flo dès potron-minet, Ambre et moi émergeons difficilement de notre sommeil ce matin. Flo a l’air en pleine forme et prépare le petit-déjeuner de ses 2 femmes avec entrain tandis qu’on essaie d’ouvrir un œil toutes les deux. Ah je te jure, ces hommes ! 
 
Nous plions bagage rapidement afin de poursuivre notre route vers les Etats-Unis d’Amérique ! Oh yeahhh ! Sur la route qui nous fait quitter le camping, nous verrons encore avec joie 2 ours dont un vraiment à 5 mètres de nous qui mange tranquillement quelques baies en bord de route. Si tôt le matin, nous sommes les seuls à profiter de cet animal sauvage en plus ! Quel bonheur de le voir si proche de nous ! Nous en profitons comme il se doit puis, après un dernier coup d’œil au lac Waterton, nous continuons notre route vers la frontière américaine qui se trouve à quelques kilomètres du parc. Nous passons la frontière sans problème, ils vérifient nos passeport, enregistrent nos empreintes à Flo et moi (heureusement qu’ils ne le font pas pour Ambre, ça nous aurait pris la journée de lui faire accepter de mettre ses doigts sur le détecteur !), nous prennent en photo (juste Flo et moi encore une fois), puis nous laissent passer tout en nous prenant un peu d’argent au passage. 
 
Après pas mal de route, nous arrivons à l’entrée du parc des Glaciers, qui possédaient en 1860 encore quelques 250 glaciers. Il n’en reste plus que 25 aujourd’hui et on prédit qu’ils auront tous disparu en 2020… C’est dans 4 ans ! La route est en effet majestueuse entre ses lacs et ses montagnes enneigées au fond. Par contre, on nous annonce que le camping où nous souhaitions aller est déjà complet depuis 7h ce matin. Bon, heureusement qu’on s’est levés tôt exprès ! On nous conseille fortement de réserver au plus tôt notre place dans l’autre camping du parc, les places partent vite ! Ok, c’est parti… On ressort du parc pour rentrer de nouveau par une autre entrée et réservons notre place de camping juste à temps (c’est la dernière place) dans un bel endroit calme et paisible, entouré de montagnes apaisantes. En plus ce camping a des douches ! Youpiiii ! Nous qui n’en avons pas pris depuis des lustres ! Nous douchons d’abord Pépette qui, comme à son habitude, hurle de frustration (colère ? peur ?) sous la douche alors qu’elle est dans mes bras. Elle n’aime décidément vraiment pas les douches. Pourtant ça doit lui faire du bien d’être un peu propre pour une fois ! En tous cas, Flo et moi apprécions bien d’être lavés et propres !

Nous partons ensuite trouver un supermarché pour faire quelques courses. Encore une fois, ils ne possèdent rien comme nourriture pour bébé ! On commence sérieusement à être à court là ! Ce n’est pas possible, que donnent-ils à manger à leurs mômes ?? Et pour trouver à manger pour nous, c’est également la croix et la bannière… Ils ne connaissent pas les yaourts… Question viande, c’est très limité… Les légumes, il ne faut pas aimer avoir du choix. Par contre, l’étalage de chips, de barres au chocolat et de pains de mie à sandwichs font 10 fois les nôtres ! Je suis désespérée par l’absence de choix dans ce supermarché. Surtout par rapport à Ambre ! Il faut vraiment qu’on trouve de quoi lui faire à manger, je ne vais pas me mettre à lui faire des soupes dans le van, ça va être l’horreur pour moi et ça va me prendre un temps fou !

Nous retournons ensuite au camping déposer le camping-car puis on décide de prendre le shuttle bus (un bus gratuit) qui nous emmène sur la « Going-to-the-Sun Road » qui n’est pas accessible pour notre camping-car à cause des routes trop étroites. Nous nous arrêtons un arrêt plus tôt que prévu à cause d’une mésentente de l’itinéraire, mais ce n’est pas grave, nous continuerons à pied, ça nous fera une balade. Nous traversons des forêts brûlées par des feux de forêts destructeurs. C’est impressionnant de voir les ravages que peut faire un incendie dans cette région. Des hectares de forêts sont partis en fumée et il ne reste plus que des troncs calcinés… Le spectacle est un peu désolant malgré la beauté des alentours. Le chemin est malgré tout charmant et nous traversons plusieurs petites cascades avec des bassins brillants au soleil jusqu’à l’arrivée en apothéose à une magnifique cascade qui se jette de toute sa hauteur dans la forêt redevenue luxuriante. Ambre prend son biberon dans cet endroit magique (se rend-elle bien compte des endroits où on lui fait boire son biberon ?) puis retournons tranquillement sur le chemin du retour jusqu’à la route pour attendre notre bus de retour. Ce qui nous choque, c’est la proportion de grosses personnes que nous croisons sur ce chemin. Certes, la randonnée est facile et ne demande pas beaucoup d’efforts, mais ça reste une grimpette plutôt ardue pour des gens obèses… Et nous en croisons un paquet ! Si bien que ça finit par gâcher le paysage… Je trouve ça terrible de croiser autant de gens qui prennent si peu soin d’eux-mêmes. C’est devenu un vrai fléau aux Etats-Unis ! Il faut dire que vu ce qu’on trouve dans les supermarchés ici, ça n’est pas étonnant de trouver beaucoup de gens obèses dans le coin…

Arrivés à l’arrêt de bus, nous poireautons un peu en essayant d’empêcher Ambre d’aller sur la route où les voitures foncent puis grimpons dans le véhicule gratuit. Ambre sur mes genoux, j’essaie tant bien que mal de l’empêcher de crapahuter dans le bus qui est bondé de monde. Elle hurle et se débat, ce n’est vraiment pas évident de la maintenir tranquille… Enfin, on arrive au camping. Je descends avec bonheur de ce bus trop bondé pour elle et moi. 
 
Il est temps de préparer le feu pour faire griller nos côtelettes de porc ce soir. On essaie d’empêcher Ambre de se jeter dans le feu et on réussit à manger avec bonheur notre viande cuite à la perfection dans les flammes dansantes. Par contre, pour endormir notre fille, c’est une autre paire de bretelles ! Ah je te jure, elle nous prend pas mal d’énergie la puce ! Allez au dodo tout le monde !

Les premiers pas d’Ambre dans les Rocheuses !

14 aout 2016

Réveillés par la petite pas très tôt, nous ne décanillons pas à l’aube ce matin. Nous partons après le petit-déjeuner pour une randonnée à la journée, Flo a envie de marcher aujourd’hui. Ok, allons-y ! Nous allons jusqu’au bout de la route de notre camping afin d’y laisser notre véhicule, puis pique-nique de tous dans le sac, bombe anti-ours à la ceinture, nous partons sur le sentier encore emprunté par personne ce matin. Le chemin est d’abord plat sur 4 km à travers la forêt (un peu monotone pour tout dire), puis il grimpe sec à flanc de montagne. Alors là ça devient du sport ! D’autant plus que Flo porte Ambre sur son dos et avec ses 12kg plus la montée raide, il fait son sport comme espéré ! Il a l’air content en plus ! Bon, tant mieux… Moi, je peine déjà alors que je n’ai qu’un sac à dos à porter (qui pèse son poids ceci-dit avec toute l’eau et les pique-nique !). Mais c’est vrai qu’on sort de la forêt et que la vue sur les montagnes environnantes est superbe. On aperçoit même une belle cascade qui dégringole de la cime jusqu’en bas. On grimpe durant un bon moment puis nous arrivons enfin au « Goat lake » (littéralement « lac de la chèvre »), but final de notre randonnée. C’est vrai que ce lac solitaire est magnifique. Mais en moi-même je me dis que faire 5 heures de randonnée pour voir encore un lac, il faut vraiment aimer marcher ! 
 
Nous pique-niquons au bord du lac, puis redescendons avant qu’Ambre ne se jette dedans. La descente est beaucoup plus rapide que la montée par contre Ambre ne dort plus et nous fait savoir que c’est un peu long pour elle. Elle hurle à quelques centimètres de l’oreille de son père qui va finir par perdre quelques dixièmes d’audition à force. Je m’efforce de chanter ou de faire le pitre, et ça marche bien, jusqu’à ce que je m’arrête car je suis essoufflée et là, les pleurs recommencent… Enfin, nous retournons au camping-car en passant par un joli canyon où une foule de touristes se presse (les touristes adorent les canyons ici !) puis roulons jusqu’au centre-ville où on doit faire de l’essence et acheter des petits pots pour Ambre. Nous serons marron sur tous les fronts : ils n’ont pas de diesel en ville et n’ont que des purées de légumes, mais sans viande pour les bébés. Ok, on reprend alors la voiture pour sortir du parc, trouver la ville la plus proche qui puisse subvenir à nos besoins. J’ai déjà remarqué qu’il est difficile de trouver des petits pots de bébé depuis qu’on est arrivés. Ils leur font manger quoi à leur môme ici ? Des hamburgers ? Remarque, étant donné l’obésité générale que nous remarquons depuis que nous sommes arrivés, ça ne m’étonnerait qu’à moitié…

Nous roulons donc un bon trois-quarts d’heure afin d’arriver à la plus « grosse » ville proche du parc. Dès qu’on sort du parc, on se retrouve dans des champs à perte de vue avec un gros doute sur la grosseur de la ville la plus proche. Nous tombons sur un petit boui-boui qui procure les services de premières nécessités. Il y a en effet du diesel, nous ne tomberons pas en panne, nous sommes sauvés de ce côté-là. Par contre, côté nourriture pour bébé, niet… Ok, système D alors… On retourne au centre-ville du parc acheter les purées de légumes (ils ont au moins ça) et je lui donnerais du jambon ou des œufs avec. Je ne m’attendais pas à avoir autant de mal à nourrir mon bébé au Canada ! Nous retournons donc au village de Waterton pour laver notre linge dans une buanderie puis pour faire les quelques courses nécessaires. Après bien des déboires (laverie fermée, mais Flo en a trouvé une autre cachée ; oubli de monnaie pour payer les courses de petits pots, obligée de faire des aller et retour au camping-car…), nous arrivons enfin au bout de tout ce qu’on avait à faire… Ouf, ça a été dur cet après-midi ! En attendant que le linge finisse de sécher dans le séchoir, nous nous posons avec Ambre sur une pelouse à côté du lac, au soleil. Elle est pieds nus sur l’herbe fraichement coupée, et s’amuse comme une folle à faire des aller et retour sur les fesses. Je me couche à côté d’elle sur l’herbe et elle s’amuse à s’agripper à moi pour se mettre debout pour finir par lâcher les mains et se tenir droite, toute fière de tenir debout. Alors qu’on l’applaudissait d’encouragement Flo et moi, comme à notre habitude lorsqu’elle fait son show, nous la voyons soudain partir debout en trottinant et faire quelques pas bien maitrisés avant de retomber sur les fesses. Flo et moi n’en revenons pas ! Elle a fait ses premiers pas devant nous !!!! Ouahhh ! Nous lui sautons dessus pour lui faire plein de bisous et l’encourager à recommencer, mais c’est seulement elle qui décide quand elle a envie de le faire. On a beau la mettre debout, elle ne veut rien savoir. Par contre, elle recommence à le faire d’elle-même, peu de temps après quand elle l’aura décidé. Quelle tête de mule cette petite ! Elle tient de sa mère, c’est sûr !  Nous sommes heureux et fiers comme tout d’assister à ses premiers pas de petite fille. Elle quitte tranquillement son statut de bébé pour devenir une petite fille maintenant… Bouhhh ! Ca passe trop vite ! En tous cas, faire ses premiers pas dans les Rocheuses, ça en jette !

Attendris, nous la regardons essayer de se mettre debout, tomber sur les fesses, rire aux éclats, fière d’elle, avant de recommencer. Quelle petite boule d’amour ! Une petite fille de 11 ans s’approche ensuite d’Ambre afin de jouer avec elle. Ambre la regarde en chien de faïence, pas prête à se faire une copine tout de suite. La petite fille fera tout pour attirer les faveurs de notre fille qui restera de glace. Je te jure, on va en baver avec ce caractère ! Nous partons ensuite manger dans un petit restaurant du coin. Au Canada, l’avantage c’est qu’ils mangent à 18h, nous pouvons donc y aller avec Ambre, la faire manger sur place et profiter nous aussi d’un repas préparé par d’autres. Une fois rassasiée, notre fille est adorable en plus au restaurant, plus que dans le camping-car ! Il y a plein de choses à voir, à faire, à expérimenter… Elle adore et ne pleure jamais ! Il faut juste aller la chercher dans les cuisines de temps en temps car elle adore s’y balader, mais sinon, c’est top pour les parents ! Il faudrait aller au restaurant tous les soirs, elle est bien plus facile que dans le van ! En plus, elle s’endort en général sur le chemin du retour, ce qui fait qu’on a plus qu’à la coucher en arrivant. Le pied !

Alors que nous sommes à quelques minutes du camping, nous avons la chance d’apercevoir 3 ours sur le chemin dont un vraiment près de nous sur le bas-côté. Nous sommes en voiture, donc nous n’avons rien à craindre. Par contre, la file de voitures qui s’arrête au fur et à mesure autour de l’ours n’est pas agréable (ni pour nous, ni pour l’ours !). Nous laissons donc nos ours tranquilles et retournons à notre campement en espérant qu’ils ne rôdent pas trop près de nous cette nuit ! Ceci dit, dans le camping-car, nous sommes tranquilles et à l’abri. Hors de question de sortir cette nuit par contre… Heureusement qu’on a des toilettes à l’intérieur du van ! C’est fou le nombre d’ours qu’on a vus depuis qu’on est dans ce parc, alors qu’on n’en a vu aucun du côté de Banff… On a bien fait de s’arrêter ici !

Allez, bonne nuit tout le monde, on va essayer de ne pas rêver d’ours. Et ma chérie, rêve bien de tes premiers pas sur cette terre !

Les lacs Waterton

13 août 2016

Finalement, nous n’avons pas si mal dormi près de l’autoroute ! En fait, on était tellement fatigués qu’on s’est écroulé je crois. Il aurait pu y avoir un champ de tirs à côté de nous que nous n’aurions rien entendu ! Ambre nous réveille un peu avant 7h, puis nous plions bagage pour continuer notre voyage. Les parcs de Baff et de Jasper, c’est terminé ! Allons s’approcher des Etats-Unis maintenant. Nous avons une longue route (toute droite !) à parcourir aujourd’hui jusqu’aux lacs Waterton (environ 4 heures d’autoroute) qui se trouvent encore au Canada, mais à la frontière avec les States. Ambre commence par dormir, ce qui nous soulage un peu, mais très vite la sieste est finie et il faut l’amuser en lui donnant des cartes routières à lire (ou à déchirer, selon l’envie), des livres, en faisant des bruits bizarres avec sa bouche qu’elle essaie d’imiter… Sans parler de sa joie d’envoyer valdinguer doudou et sucette à l’autre bout du véhicule et de voir Maman qui est obligée de se plier en 4 pour aller les récupérer. Ca la fait beaucoup rire ! Bref, la route se passe correctement, même si je trouve ça fatigant de devoir occuper un bébé pendant 4 heures ! Nous traversons des villages qui auraient pu figurer dans des films de westerns. Les enseignes clignotent en rouge pour dire que c’est ouvert, quelques maisons colorées qui n’ont pas l’air bien solides se tassent en bord de route. Est-ce un vrai village ou bien un décor de cinéma ? On aperçoit presque le ballot de paille traverser la rue poussiéreuse en roulant et les cow boys se chercher la gâchette… Ambre prend son repas dans un de ces villages perdus au beau milieu de la pampa canadienne puis nous reprenons la route pour retourner aux abords des Rocheuses. Le paysage troque sa campagne monotone pour de belles montagnes et nous apercevons tout d’un coup la possibilité de voir des bisons dans un enclos. Nous faisons un écart par rapport à la route et rentrons en voiture dans l’enclos afin de dire bonjour aux bisons. L’enclos est immense et nous roulons un bon quart d’heure avant d’apercevoir quelques bisons dans un recoin éloigné de leur territoire. Nous ne les apercevrons pas bien, ils sont vraiment loin, mais peu importe, je suis ravie d’avoir pu en voir !

Nous arrivons ensuite aux abords du parc des lacs Waterton et on nous annonce que tous les campings sont pleins, il reste 4 places dans l’un deux seulement. On nous conseille vivement de ne pas tarder à sécuriser notre place là-bas. Nous ne nous le faisons pas dire 2 fois et roulons jusqu’à ce camping, ne nous arrêtant même pas pour admirer le paysage qui est à couper le souffle. Les montagnes, bien que non enneigées cette fois, se reflètent divinement bien dans les lacs transparents. La terre jaune contraste avec les montagnes rouges que les forêts de sapins viennent agrémenter de vert. C’est superbe ! Tiens un bouchon de voitures… Nous regardons et comprenons vite pourquoi : il y a un ours dans la rivière en contrebas ! Nous le regardons en passant, mais nous ne voulons pas rater notre place de camping, on sait que ça part vite. De toute façon, il est loin et pas très visible ! Nous arrivons au camping juste à temps pour prendre une des dernières places et nous installons sur notre emplacement pour déjeuner. L’endroit et superbe ! Complètement sauvage, notre parcelle est protégée des autres par des arbres, si bien qu’on se croit vraiment seuls. On est entourés de montagnes, possédons notre foyer pour faire du feu et notre petite table de pique-nique. Le must quoi ! Ca c’est du vrai camping sauvage comme on les aime ! 
 
Après déjeuner, nous partons en ville faire un peu de ravitaillement. Nous tombons de nouveau sur un bouchon de voiture sur la même route qu’à l’aller, mais apercevons des ours beaucoup plus loin, sur un terrain de golf ! Une mère grizzli et son petit se promène nonchalamment sur le terrain de golf entourés de petites voiturettes qui ne doivent pas être très à l’aise. Incroyable ! L’une des voiturettes arrivera à les chasser du golf en leur fonçant dessus, mais ça reste impressionnant. Apparemment, la concentration d’ours est surtout autour de notre camping, il va peut-être falloir faire attention à nous. En plus, il y a des cougars dans le coin qui ne sortent normalement que la nuit, mais quand on te dit de prendre les bébés dans les bras au cas où on en croise un, ça fait un peu peur ! Mon bébé !!! Dans les crocs d’un cougar ?? Bouhhhh…

Arrivés en ville, nous découvrons une petite bourgade charmante malgré son affluence de touristes. Certaines personnes se baignent dans le grand lac, tandis que d’autres y font du paddle. L’ambiance est détendue et sereine malgré le monde. Nous apercevons même une biche dans le jardin d’une maison de ville ! Quelques courses plus tard, nous revenons au camping et effectuons une petite randonnée jusqu’au lac Crandell, un beau lac perdu dans la forêt, entouré de montagnes, sans personne autour. Le chemin pour y aller n’est pas très long, mais on n’est pas très à l’aise à cause de la présence d’ours sur le territoire. Alors on chante, on demande à Ambre de crier comme elle le fait si bien en voiture… Ambre nous fait peur en criant de temps en temps « Wouf wouf » quand elle pense avoir vu un chien. Mais comme pour elle, tout animal à 4 pattes est un chien, ça pourrait tout aussi bien être un ours ! Bref, à part du caca d’ours, nous ne verrons rien d’autre, et c’est très bien comme ça. 
 
Arrivés au lac, il est très difficile de retenir Ambre pour ne pas qu’elle se jette dans l’eau. De guerre lasse, je la déshabille et la laisse en couche pour qu’elle aille faire trempette. L’eau est froide, mais pas glacée non plus. Le soleil de la journée l’a bien réchauffée (il fait une chaleur aujourd’hui !). Par contre, je n’ai pas envie de me baigner moi-même, alors je la retiens tant bien que mal par le fond de la couche afin qu’elle n’aille pas trop loin toute seule, ce qui ne lui plait guère, et elle me retire ma main en pestant, semblant me dire qu’elle n’a pas besoin de moi pour aller se baigner seule… Ben voyons ! On en reparlera quand on ne verra plus que la couche flotter ! Elle a des velléités d’indépendance cette petite (déjà !). L’endroit est sublime, nous sommes quasiment seuls à profiter de ce paysage magique. Allez, hop, on rhabille la puce et on rentre au campement, Flo a un feu à faire pour faire griller la viande. Le retour se passe sans encombre (à part Pépette qui crie, mais pour une fois ça ne nous dérange pas), puis je m’occupe de la petite tandis que Flo manie la hache pour couper le bois pour le feu. Il se débrouille de mieux en mieux et nous allume un feu digne d’un vrai Canadien ! Je couche la petite (avec bien du mal encore une fois) et nous dégustons la viande grillée sur le feu avec une potée de légumes… Miam ! Que c’est bon !

Je suis fatiguée encore ce soir. Je trouve que voyager avec un bébé est une expérience vraiment enrichissante, mais vraiment fatigante. Je suis constamment en train de me demander si elle est bien, si elle n’a pas trop chaud, trop froid, soif, faim… Est-ce que c’est l’heure du biberon ? Pourquoi pleure-t-elle ? Est-ce qu’on la laisse assez s’amuser ? Doit-on la forcer à marcher plus ? Bref… Je ne prends plus de temps pour moi, je n’ai pas de moment où je peux m’assoir près du feu à regarder les étoiles. Et je ne trouve pas ça tous les jours faciles. Je suis en vacances, mais sans réussir à décrocher vraiment. Je ne pense pas au travail, ça c’est certain, mais je ne pense pas à moi non plus. Ah, les joies d’être mère en voyage ! Je n’avais pas connu ça encore. En tous cas, pas durant une aussi longue période. Il faut que j’arrive à décrocher un peu de ma fille, mais c’est dur !