Le lac Moraine et la route des glaciers

9 aout 2016

Réveillés à 5h30 par Ambre, on se croirait presque en retard dans notre train-train habituel ! C’est quoi cette grasse matinée ma chérie ? Nous regardons par la fenêtre, il fait grand beau ! Youpi !! On aperçoit les montagnes enneigées nous entourant, c’est magnifique ! Nous nous préparons tranquillement puis quittons ce camping pas très apprécié pour le lac Moraine, très réputé dans la région également (un peu moins que le lac Louise tout de même). Nous arrivons tôt ce qui nous permet de ne pas avoir encore trop de monde pour découvrir ce beau petit lac entouré de montagnes. Il est en effet très beau ! Par contre, on est vite envahis par des hordes de Japonais qui arrivent par cars entiers ici. C’est fou, on croise plus de Japonais dans ce pays que d’autres nationalités (Canadiens compris !). On fuit vite la foule pour prendre un petit chemin de randonnée annexe où par miracle on se retrouve totalement seuls. Les Japonais n’aiment pas marcher apparemment ! Par contre, on est tellement seuls qu’on se remet à craindre de croiser un ours. Ambre s’est endormie, donc aucune aide à attendre de ce côté-là question bruit. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour chanter des chansons ou siffler afin d’effrayer les éventuels prédateurs du coin. Nous qui sommes plutôt des randonneurs silencieux d’habitude… Nous regardons tout de même tout le temps autour de nous, nous ne faisons pas les fiers. Nous sommes vraiment les seuls sur ce chemin. On aurait dû louer les services de quelques Japonais pour nous aider à faire du bruit, ils sont experts en la matière visiblement. 
 
Nous arrivons, après une heure de randonnée facile et sans croiser aucun animal, au lac de la Consolation, un très beau lac avec une montagne enneigée en toile de fond. Deux autres touristes nous rejoignent, nous sommes seulement 4 et demi à admirer ce paysage canadien extraordinaire ! Quelle chance ! Nous assisterons même à des éboulis de pierres impressionnants un peu plus loin qui résonneront en vacarme jusqu’à nous. Quelle aventure ! On laisse gambader la petite un peu dans l’herbe, puis rebroussons chemin pour retrouver une foule encore plus dense que tout à l’heure au bord du lac Moraine. La petite dira « coucou » à tout me monde, mais comme on lui répond en anglais « Hi », elle commence à le dire aussi, c’est vraiment drôle ! Revenus au lac que nous admirons malgré la foule, nous assistons au spectacle d’une japonaise en talons aiguilles en train de marcher sur des rondins de bois placés en équilibre sur le lac. Evidemment, ce qui devait arriver arriva, elle tombe à l’eau fesses les premières et sort complètement trempée de la tête au pied, jusqu’au sac Vuitton ! Mon dieu, quelle caricature ! Ils nous feront bien rire ces Japonais en tout cas ! Nous quittons cet endroit beaucoup trop bondé de touristes pour nous. Heureusement qu’on a un réveil matin fiable avec nous ! Ca nous fait apprécier les plus beaux sites sans trop de monde !
Etant donné le beau temps d’aujourd’hui, je demande à Flo de repasser par le lac Louise, juste le temps de prendre une photo du lac avec le glacier au fond. Hier, tout était dans les nuages, nous n’avons rien vu. Il acquiesce pour me faire plaisir, il sait que ça va être rude au niveau populace. Déjà qu’au lac Moraine c’était bondé, alors qu’est-ce que ça va être au lac Louise ! En effet, c’est le bazar en voiture et Flo est obligé de me laisser descendre tandis qu’il fait un tour du parking pour passer me reprendre après la prise de la photo voulue. Impossible de se garer à cette heure, c’est la cohue ! Je cours faire ma photo en essayant de trouver une petite place parmi la foule (c’est intense ici !) et retrouve Flo avec ma photo en poche (qui n’est pas à la hauteur de mes espérances en plus). Nous quittons cet endroit bondé pour une aire de pique-nique plus paisible afin de nous faire manger tous les 3. Petit pot pour Ambre, sandwich pour nous, on peut même manger sur une table de pique-nique dehors ! Ca change d’être confinés à l’intérieur de camping-car et ça fait du bien à tout le monde, Ambre en tête qui se balade sur les fesses et veut manger toutes les baies qu’elle trouve (sic) ou fait des essais de marche en s’accrochant au banc. Tout le monde est content !

Le repas fini, nous passons faire le plein d’essence à une station-service et là, c’est le cauchemar… Il y a un monde fou, la queue qu’a prise Flo ne sert pas de diesel (mais rien n’est marqué en amont). Il est obligé de faire des manœuvres pas possibles pour aller dans la bonne file pour s’apercevoir que son réservoir n’est pas du bon côté et la pompe trop courte pour l’atteindre. Re-manœuvres de dingue pour être du bon côté. Bref, Flo a sué pas mal, moi aussi car j’essayais de le guider avec Ambre dans les bras (car elle ne voulait pas rester sagement dans son siège pendant tout ce temps, ça aurait été trop simple). Bref, on finit par y arriver mais on est crevés ! Maintenant, c’est l’heure des courses. On va dans le seul supermarché du coin, un petit casino où on ne peut pas passer en poussette dans les rayons tellement c’est confiné. Flo fait demi-tour avec la petite et je gère les courses seule, c’est plus simple ainsi. Il vient me chercher avec le camping-car juste devant puis on quitte ce coin de fous, vraiment trop touristique pour nous. 
 
C’est parti en direction de Jasper ! Nous prenons la route des glaciers (Icefields Parkway) et petit à petit le monde décroit. Nous ne croisons plus beaucoup de voitures alors que le paysage devient de plus en plus féérique. Nous sommes entourés de montagnes enneigées, de glaciers plus beaux les uns que les autres… Nous apercevons le lac Bow et son glacier, nous nous arrêtons au lac Peyto que nous atteignons après 15 minutes de marche. Il est splendide et il n’y a quasiment personne avec nous ! C’est fou comme à 70 km près, c’est le jour et la nuit en matière de foule ! J’imagine que la plupart des tours organisés s’arrêtent au lac Louise et ne vont pas plus loin… D’où la foule agglutinée en même endroit. En tous cas, ça fait du bien de respirer ! Nous continuons un peu la magnifique route des glaciers mais la petite hurle pas mal à l’arrière. Elle n’est pas loin de raviver mon mal de crâne que je sens poindre non loin de là. Nous nous arrêtons au premier endroit venu afin de lui donner le biberon et de la faire marcher un peu. Et là, nous tombons sur une aire de camping absolument magnifique, entourée de montagnes, de rivières, d’étangs… On tombe sous le charme de l’endroit et décidons d’y rester pour cette nuit. Il est tôt encore, mais ça ne nous fera pas mal de nous poser au soleil et Ambre sera ravie également ! Allez c’est décidé ! On est seuls sur le camping, il s’agit d’un camping sauvage, c’est-à-dire, sans douche, ni électricité. Ce n’est pas grave, nous nous passerons de douche ce soir et nous sommes autonomes en matière d’électricité pour le basique (lumière, frigo). Le chauffage et les plaques étant au gaz, pas de souci de ce côté-là.

L’endroit est magnifique, comme on se l’imagine dans nos rêves les plus fous quand on pense aux contrées canadiennes, sans personne, et au charme incommensurable. Nous avons pour le moment le camping pour nous tout seuls ! Si ce n’est pas magnifique ça ! Je joue avec Ambre tandis que Flo se met à couper le bois pour le feu avec une hache (qu’on nous a mise d’office dans le camping-car) à la canadienne. Il transpire un peu mais réussit à couper ses buches comme il le voulait (il est fort mon homme !) et commence à préparer le feu pour ce soir. On a du poulet à faire cuire au feu de bois ! On manque cruellement de papier pour faire partir le feu, mais il réussit à en dégoter je ne sais où (j’ai arrêté Flo juste avant qu’il ne brûle notre guide de voyage). Après quelques essais, les flammes prennent et notre feu s’enflamme ! Youpi ! Par contre, Flo est occupé durant toute la soirée avec son feu pour éviter qu’il ne s’éteigne et je dois m’occuper seule d’Ambre en attendant. Eh bien c’est fatigant !! Moi qui aurais tellement aimé me poser et regarder le paysage tranquillement au son de la rivière, que nenni !! Il faut la surveiller tout le temps car elle veut tout essayer, tout toucher, aller dans le feu, mettre les plantes qu’elles croisent à sa bouche, me piquer mes lunettes de soleil, elle veut absolument le truc interdit et pleure quand on lui refuse… Bref, un vrai bonheur ! J’avoue que j’en avais marre de ma fille après 3 heures à m’occuper d’elle non stop. Quand j’ai voulu la coucher, impossible de la faire dormir, elle voulait jouer et me tapait pour me signifier qu’elle n’était pas du tout d’accord avec le fait de dormir. Du coup je m’énerve… Ce qui me fatigue encore plus. Bref, j’ai fini par péter les plombs et demandé à Flo de m’occuper du feu tandis qu’il prenait la relève, sinon je la passais par la fenêtre (on n’est pas très haut dans le camping-car, mais quand même). C’est la première fois que je trouve ça difficile en voyage avec Ambre. Avant ça se passait comme sur des roulettes, mais là entre la proximité du camping-car, elle qui est en pleine découverte de tout l’environnement, même des choses dangereuses et les journées bien remplies, je suis KO ! Flo réussit à la faire dormir (avec du mal) tandis que je peux enfin admirer les paysages qui m’entourent (on est juste arrivés depuis 4 heures !). C’est vrai que c’est beau ici !

Ambre étant couchée dans notre lit, nous ne pouvons plus manger dehors, il faut la surveiller qu’elle ne tombe pas du lit qui est vraiment en hauteur. Nous ramenons donc toutes les affaires à l’intérieur (surtout ne rien laisser dehors à cause des ours) et dégustons notre poulet braisé au chaud dans notre salon avec une vue époustouflante sur les montagnes enneigées. Je ne crois pas avoir déjà eu une aussi belle vue d’un camping-car que ce soir ! Quelques autres campeurs arrivent, mais ils se dispersent dans le campement (et une grande majorité d’entre eux entourent les toilettes de près), si bien que nous avons toujours autant l’impression d’être seuls au monde. Merci à la Terre de nous offrir cette expérience !





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