Les lacs Waterton

13 août 2016

Finalement, nous n’avons pas si mal dormi près de l’autoroute ! En fait, on était tellement fatigués qu’on s’est écroulé je crois. Il aurait pu y avoir un champ de tirs à côté de nous que nous n’aurions rien entendu ! Ambre nous réveille un peu avant 7h, puis nous plions bagage pour continuer notre voyage. Les parcs de Baff et de Jasper, c’est terminé ! Allons s’approcher des Etats-Unis maintenant. Nous avons une longue route (toute droite !) à parcourir aujourd’hui jusqu’aux lacs Waterton (environ 4 heures d’autoroute) qui se trouvent encore au Canada, mais à la frontière avec les States. Ambre commence par dormir, ce qui nous soulage un peu, mais très vite la sieste est finie et il faut l’amuser en lui donnant des cartes routières à lire (ou à déchirer, selon l’envie), des livres, en faisant des bruits bizarres avec sa bouche qu’elle essaie d’imiter… Sans parler de sa joie d’envoyer valdinguer doudou et sucette à l’autre bout du véhicule et de voir Maman qui est obligée de se plier en 4 pour aller les récupérer. Ca la fait beaucoup rire ! Bref, la route se passe correctement, même si je trouve ça fatigant de devoir occuper un bébé pendant 4 heures ! Nous traversons des villages qui auraient pu figurer dans des films de westerns. Les enseignes clignotent en rouge pour dire que c’est ouvert, quelques maisons colorées qui n’ont pas l’air bien solides se tassent en bord de route. Est-ce un vrai village ou bien un décor de cinéma ? On aperçoit presque le ballot de paille traverser la rue poussiéreuse en roulant et les cow boys se chercher la gâchette… Ambre prend son repas dans un de ces villages perdus au beau milieu de la pampa canadienne puis nous reprenons la route pour retourner aux abords des Rocheuses. Le paysage troque sa campagne monotone pour de belles montagnes et nous apercevons tout d’un coup la possibilité de voir des bisons dans un enclos. Nous faisons un écart par rapport à la route et rentrons en voiture dans l’enclos afin de dire bonjour aux bisons. L’enclos est immense et nous roulons un bon quart d’heure avant d’apercevoir quelques bisons dans un recoin éloigné de leur territoire. Nous ne les apercevrons pas bien, ils sont vraiment loin, mais peu importe, je suis ravie d’avoir pu en voir !

Nous arrivons ensuite aux abords du parc des lacs Waterton et on nous annonce que tous les campings sont pleins, il reste 4 places dans l’un deux seulement. On nous conseille vivement de ne pas tarder à sécuriser notre place là-bas. Nous ne nous le faisons pas dire 2 fois et roulons jusqu’à ce camping, ne nous arrêtant même pas pour admirer le paysage qui est à couper le souffle. Les montagnes, bien que non enneigées cette fois, se reflètent divinement bien dans les lacs transparents. La terre jaune contraste avec les montagnes rouges que les forêts de sapins viennent agrémenter de vert. C’est superbe ! Tiens un bouchon de voitures… Nous regardons et comprenons vite pourquoi : il y a un ours dans la rivière en contrebas ! Nous le regardons en passant, mais nous ne voulons pas rater notre place de camping, on sait que ça part vite. De toute façon, il est loin et pas très visible ! Nous arrivons au camping juste à temps pour prendre une des dernières places et nous installons sur notre emplacement pour déjeuner. L’endroit et superbe ! Complètement sauvage, notre parcelle est protégée des autres par des arbres, si bien qu’on se croit vraiment seuls. On est entourés de montagnes, possédons notre foyer pour faire du feu et notre petite table de pique-nique. Le must quoi ! Ca c’est du vrai camping sauvage comme on les aime ! 
 
Après déjeuner, nous partons en ville faire un peu de ravitaillement. Nous tombons de nouveau sur un bouchon de voiture sur la même route qu’à l’aller, mais apercevons des ours beaucoup plus loin, sur un terrain de golf ! Une mère grizzli et son petit se promène nonchalamment sur le terrain de golf entourés de petites voiturettes qui ne doivent pas être très à l’aise. Incroyable ! L’une des voiturettes arrivera à les chasser du golf en leur fonçant dessus, mais ça reste impressionnant. Apparemment, la concentration d’ours est surtout autour de notre camping, il va peut-être falloir faire attention à nous. En plus, il y a des cougars dans le coin qui ne sortent normalement que la nuit, mais quand on te dit de prendre les bébés dans les bras au cas où on en croise un, ça fait un peu peur ! Mon bébé !!! Dans les crocs d’un cougar ?? Bouhhhh…

Arrivés en ville, nous découvrons une petite bourgade charmante malgré son affluence de touristes. Certaines personnes se baignent dans le grand lac, tandis que d’autres y font du paddle. L’ambiance est détendue et sereine malgré le monde. Nous apercevons même une biche dans le jardin d’une maison de ville ! Quelques courses plus tard, nous revenons au camping et effectuons une petite randonnée jusqu’au lac Crandell, un beau lac perdu dans la forêt, entouré de montagnes, sans personne autour. Le chemin pour y aller n’est pas très long, mais on n’est pas très à l’aise à cause de la présence d’ours sur le territoire. Alors on chante, on demande à Ambre de crier comme elle le fait si bien en voiture… Ambre nous fait peur en criant de temps en temps « Wouf wouf » quand elle pense avoir vu un chien. Mais comme pour elle, tout animal à 4 pattes est un chien, ça pourrait tout aussi bien être un ours ! Bref, à part du caca d’ours, nous ne verrons rien d’autre, et c’est très bien comme ça. 
 
Arrivés au lac, il est très difficile de retenir Ambre pour ne pas qu’elle se jette dans l’eau. De guerre lasse, je la déshabille et la laisse en couche pour qu’elle aille faire trempette. L’eau est froide, mais pas glacée non plus. Le soleil de la journée l’a bien réchauffée (il fait une chaleur aujourd’hui !). Par contre, je n’ai pas envie de me baigner moi-même, alors je la retiens tant bien que mal par le fond de la couche afin qu’elle n’aille pas trop loin toute seule, ce qui ne lui plait guère, et elle me retire ma main en pestant, semblant me dire qu’elle n’a pas besoin de moi pour aller se baigner seule… Ben voyons ! On en reparlera quand on ne verra plus que la couche flotter ! Elle a des velléités d’indépendance cette petite (déjà !). L’endroit est sublime, nous sommes quasiment seuls à profiter de ce paysage magique. Allez, hop, on rhabille la puce et on rentre au campement, Flo a un feu à faire pour faire griller la viande. Le retour se passe sans encombre (à part Pépette qui crie, mais pour une fois ça ne nous dérange pas), puis je m’occupe de la petite tandis que Flo manie la hache pour couper le bois pour le feu. Il se débrouille de mieux en mieux et nous allume un feu digne d’un vrai Canadien ! Je couche la petite (avec bien du mal encore une fois) et nous dégustons la viande grillée sur le feu avec une potée de légumes… Miam ! Que c’est bon !

Je suis fatiguée encore ce soir. Je trouve que voyager avec un bébé est une expérience vraiment enrichissante, mais vraiment fatigante. Je suis constamment en train de me demander si elle est bien, si elle n’a pas trop chaud, trop froid, soif, faim… Est-ce que c’est l’heure du biberon ? Pourquoi pleure-t-elle ? Est-ce qu’on la laisse assez s’amuser ? Doit-on la forcer à marcher plus ? Bref… Je ne prends plus de temps pour moi, je n’ai pas de moment où je peux m’assoir près du feu à regarder les étoiles. Et je ne trouve pas ça tous les jours faciles. Je suis en vacances, mais sans réussir à décrocher vraiment. Je ne pense pas au travail, ça c’est certain, mais je ne pense pas à moi non plus. Ah, les joies d’être mère en voyage ! Je n’avais pas connu ça encore. En tous cas, pas durant une aussi longue période. Il faut que j’arrive à décrocher un peu de ma fille, mais c’est dur !

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