Le lac Louise sous le mauvais temps

8 aout 2016

Ambre nous réveille encore une fois à 5h du matin, ça a l’air d’être son heure ma foi. Ça ne nous déplait pas, on va profiter de nos matinées sans personne du coup ! Le temps de nous préparer, on arrive à partir vers les 7h de toute façon, on prend notre temps le matin. Le temps a l’air dégagé, nous filons donc vers le lac Louise, reconnu pour être l’un des plus beaux (et des plus connus) sites de la région. Nous commençons par aller au seul camping de la place afin de nous renseigner sur leur possibilité d’accueil. Après quelques recherches, il nous trouve une place (la dernière alors qu’il est à peine 8h du matin !). Bon tant mieux ! Ils ne sont pas des plus aimables, mais on est proche d’un lieu touristique et ils sont pleins quasiment à l’année, alors pourquoi se donner le mal d’être aimable ? Ils nous indiquent par contre qu’il y a un ours qui traine dans le camping en ce moment et qu’il faut que nous fassions attention à ne pas laisser de nourriture hors du camping-car… Bon, ok mais si on se trouve nez à nez avec lui alors qu’on va aux toilettes ? On lui dit qu’on n’a rien à manger pour lui ?

Bon, on a une place pour cette nuit, c’est le principal. Maintenant, direction le lac Louise pour essayer de l’apercevoir avant la foule ! Par contre, autant on avait du temps correct en partant de Banff, autant on a une purée de pois depuis notre arrivée au Lac Louise. Nous espérons que ça va se lever comme hier dans la matinée ! Nous arrivons au lac en question qui est superbe malgré les nuages qui bouchent une grande partie de la vue sur les glaciers. Peu importe, ça va se lever (nous disons-nous plein d’espoir) ! Quelques canoës commencent à voguer sur ce lac émeraude. Nous préférons le découvrir en marchant. Nous grimpons vers les lacs Mirror et Agnes mais le paysage restera brumeux. Plus j’avance, plus je me dis que le plafond nuageux descend au lieu de monter et je ne suis pas du tout sure que ça va en s’améliorant. Je bougonne un peu, je déteste marcher et ne rien voir ! Me fatiguer sans bonne raison valable, merci mais sans moi ! Florian est plutôt sportif donc ça ne le dérange pas de se fatiguer pour rien, mais moi non ! Autant nous avions plein d’amis randonneurs jusqu’aux lacs, mais arrivés au lac Agnes, tout le monde s’est arrêté dans un « salon de thé montagnard » pour se sustenter ou prendre un café chaud. Nous avons préféré continuer à marcher, le salon de thé étant plein à craquer et bien trop bruyant à notre goût. Par contre, nous sommes seuls sur le chemin de randonnées à présent et je commence à le regretter. Nous aimons bien la solitude en temps normal, mais pas dans un pays où des ours peuvent nous surprendre à chaque buisson. Du coup, Flo et moi chantons histoire de faire du bruit et de les effrayer, au plus grand bonheur de Pépette (on chante des comptines surtout) qui ne comprend pas pourquoi elle a le droit à un récital pareil. Elle s’y met en poussant des cris, qui pour une fois sont les bienvenus. Nous sommes aux aguets, ça met un peu la pression de savoir que des grizzlis rôdent dans le coin. J’ai déjà été à moitié traumatisée avec mon histoire d’ours à Vancouver, j’aimerais ne pas réitérer l’expérience. Mais nous ne croiserons pas âme qui vive (à part quelques randonneurs tout de même). Tant mieux !

Par contre, le temps ne s’arrange vraiment pas. Tellement pas en fait qu’il commence même à pleuvoir. On marche, on grimpe, on ne voit rien car tout est bouché alors qu’on est censé voir un des plus beaux sites de la région et il pleut. Le top quoi ! Du coup, je continue à bougonner. Flo aussi d’ailleurs. Il n’y a que Ambre qui est heureuse d’avoir eu ses chansons et qui s’en fiche du paysage ! Elle a bien raison, prenons exemple sur elle, elle vit le moment présent pleinement et pas dans une projection idéaliste ! Nous finissons par arriver à la plaine des Six Glaciers où un autre salon de thé nous attend alors qu’il commence vraiment à pleuvoir fort. Nous trouvons une place à l’intérieur. Heureusement, je ne me voyais pas encore faire manger la puce sous ce déluge ! Nous commandons pour nous un bon chili con carne bien chaud et nous remettons de nos émotions tandis que la pluie s’abat sur la petite hutte avec fracas. Il était temps d’arriver ! Nous avons déjà marché 3 heures, il nous reste au moins 2 heures pour rentrer. Espérons qu’il va y avoir une accalmie. La petite est bien couverte dans sa combinaison de ski, mais nous moins… Après avoir tous mangé (tant bien que mal pour Ambre) et après que Ambre a conquis les ¾ de l’assistance (c’est la randonneuse la plus jeune du massif), nous rebroussons chemin. Nous voyons très peu de randonneurs avec un bébé en porte-bébé. Nous sommes les seuls en fait, du coup ça se remarque et tout le monde nous fait des commentaires lorsqu’ils nous croisent. Ils trouvent tous Ambre très attendrissante surtout lorsqu’elle fait « coucou » aux passants en agitant sa petite main. C’est étrange, les touristes ici ne viennent visiblement pas randonner avec un bébé. Pourtant ça se fait bien !

Le temps s’est un tout petit peu dégagé et il s’est arrêté de pleuvoir. Nous apercevons le bas des glaciers et nous trouvons superbe le peu de paysage que nous voyons. Il faudrait revenir avec un meilleur temps ! Le retour se fait tranquillement, en croisant nombre de touristes et des cavaliers venus admirer le lac sur leur monture. Revenus au lac Louise, nous avons une belle vue sur le château Lake Louise que Flo trouve très moche et dénaturant les alentours. Je le trouve plutôt soft et s’intégrant bien au paysage. Les goûts et les couleurs… En tous cas, il y a nettement plus de touristes au bord du lac qu’il n’y en avait à 8h ce matin ! Comme quoi, ça a du bon de se faire réveiller par une Pépette !

Nous rentrons au camping faire un peu de lessive et délasser Ambre qui a dû se sentir un peu confinée dans le porte-bébé durant 5 heures. Malheureusement, le temps se gâte de nouveau et il se remet à pleuvoir. Nous sommes obligés de garder Ambre à l’intérieur du camping-car et ce n’est pas drôle, ni pour elle, ni pour nous. Elle a trop peu de place pour bouger et nous devenons vite fous avec ses pleurs. On va vite aller chercher un endroit plus ensoleillé pour pouvoir être dehors et pouvoir bouger un peu autant pour elle que pour nous ! On ne va pas tenir longtemps dans un endroit aussi confiné. De plus, le camping où nous nous trouvons n’est pas pratique : les douches sont à l’autre bout du camping (1/4 d’heure de marche) et il n’y a que 5 douches pour tout le camping (autant dire qu’il y a la queue), on se trouve juste à côté d’une voie ferrée (et les trains ici font du boucan !) et il y a un ours qui rôde… Je trouve que les campings ici sont moins bien qu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande où il y avait plus de confort pratique. Il y avait des machines à laver sur chaque camping par exemple, ici il n’y en a pas et il faut aller en ville chercher une « laundry ». Il y avait des barbecues en libre-service, ici chacun amène le sien et si tu n’en as pas, tant pis pour toi… Bref, pour un pays qui se veut les rois du camping, ils ont encore des améliorations à apporter de mon point de vue !
Nous ne verrons pas d’ours ce soir, nous couchons Ambre un peu plus tôt qu’hier et après un bon apéro pour nous, suivi d’un bon plat de pâtes, au lit tout le monde au son des trains qui passent (je préférais le tonnerre d’hier !)

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