27 juin 2009
Pour une fois, nous avons pu profiter d’une bonne grasse matinée, ça fait du bien! Après le petit déjeuner, nous nous relaxons dans l’hôtel avant de partir nous promener sur la plage d’Ipanema. Je déguste avec délice une noix de coco tout en admirant les vagues déferler devant moi. J’essaie de faire le plein de cette énergie venant de l’océan, je ne sais pas quand je pourrai revoir la mer par la suite. De Montréal il n’est pas aisé d’atteindre la côte…
Nous décidons ensuite d’aller admirer une autre plage qui se situe à 45 minutes d’ici à peu près, plus sauvage et moins touristique que celle-ci. Nous prenons un minibus local qui nous dépose, après un superbe trajet le long de la route côtière, à Barra, une ville urbanisée aux allures nord-américaines. Nous traversons la ville à pied jusqu’à sa plage, déserte et sauvage, plus belle en effet qu’Ipanema ou Copacabana. Nous admirons ce joyau à l’état brut, seuls au milieu de cette belle plage de sable fin, l’océan ne semblant n’exister que pour nous. Le temps semble s’est arrêté à cet instant, et, assis sur le sable, nous profitons de ce cadeau. Je décide ensuite d’aller goûter l’eau avec les doigts de pied, Max me rejoint vite et nous batifolons ensemble, les pieds dans l’eau, le pantalon relevé au-dessus des genoux. Il fait malheureusement trop froid pour s’y baigner totalement. Une prochaine fois!
Bon, il faut penser à rentrer maintenant, nous avons nos affaires à ranger à l’hôtel dans le but de prendre l’avion ce soir pour rentrer chacun chez nous. Max repart à Manaus en Amazonie et je rentre à Montréal. Notre séjour à Rio fut excellent bien qu’un peu court. Nous rentrons en bus jusqu’à notre hôtel, le chauffeur conduisant un peu comme un fou. Nous profitons une dernière fois de la plage de Copacabana puis rentrons à l’hôtel empaqueter nos valises. Vers 19h, le guide de l’excursion aux îles tropicales vient nous prendre à l’hôtel pour nous conduire à l’aéroport. Il veut en profiter pour parler business avec Max. Seuls dans son minibus, nous avons même le droit à une visite guidée personnelle de Rio by night avec commentaires en anglais. Par contre, il est bavard notre guide… Moi qui pensais profiter du trajet pour discuter un peu avec Max sur nos impressions partagées de notre séjour à Rio, c’est raté! On a droit à un beau discours sur le fait que son agence est bien meilleure que les autres, que nous aurions dû passer par lui pour notre tour de la ville de la veille, etc.… Un peu assommant ce garçon! Bien que très gentil.
Bref, nous finissons par nous en débarrasser une fois à l’aéroport. Enfin seuls et tranquilles, nous prenons un repas léger ensemble avant de partir chacun dans des directions différentes pour le passage dans la salle d’embarquement. Le temps des au-revoir est arrivé et, après plusieurs embrassades, nous nous promettons d’essayer de nous revoir aussitôt que possible. Sûrement en Amazonie! Il lui est très difficile de venir à Montréal, le Canada n’acceptant pas facilement des Brésiliens sur le territoire même en tant que touristes! Peu importe, ça me fait de belles vacances à chaque fois!
A heure dite, je pénètre dans l’avion, m’apprêtant déjà pour ma nuit à bord. Mais c’était sans compter les problèmes inattendus qui ont tendance à devenir familiers pour moi. Après une heure d’attente dans l’avion, le commandant finit par nous dire que, l’appareil ayant un problème mécanique, ils sont obligés de nous demander de retourner dans la salle d’embarquement. Bon, voilà autre chose… Je pense que le crash d’un avion partant de Rio vers la France quelques semaines auparavant rend les responsables plutôt prudents et attentifs au moindre problème. Je préfère un excès de zèle, ceci dit, à trop de laisser-aller.
Me voilà donc revenue dans la salle d’embarquement, attendant des nouvelles pour la suite de mon voyage. Résignée, je sais d’ores et déjà que je vais manquer ma correspondance à Atlanta (mais je commence à être habituée, à chaque voyage c’est ainsi). Je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience. Le seul souci, c’est que je commence à être fatiguée. Il est plus de 23h et je n’ai aucune idée de l’heure à laquelle je vais pouvoir dormir. Deux heures plus tard, on nous apprend que le vol risque d’être annulé et que dans ce cas on nous conduira dans un hôtel pour prendre un vol le lendemain. Seul hic pour moi, je reprends le travail lundi matin et, avec leur histoire, je vais arriver lundi midi à Montréal au lieu de dimanche midi comme prévu à l’origine! Bon, de toute façon, je ne peux rien y faire, je n’ai plus qu’à attendre et voir ce qui se passe.
Vers 1h du matin, les nouvelles ne sont guère encourageantes. Le commandant vient lui-même nous dire qu’il y a un problème avec une petite pièce complexe de l’appareil et qu’ils essaient de trouver une pièce de rechange sur un autre avion. Bref, ils ne savent toujours pas quand on pourra partir. Les passagers commencent à sérieusement s’impatienter, ne sachant rien de la suite des événements. Vont-ils nous laisser poireauter longtemps ici? La fatigue et le stress commencent à grimper chez tout le monde, c’est palpable. Les gens ont faim également, un repas devait normalement nous être servi dans l’avion et il n’y a plus qu’une boutique de friandises ouverte à cette heure-ci dans la salle d'embarquement. Quelle histoire ! Heureusement que j'ai mangé un morceau avant avec Max... Et dire que lui est déjà presque arrivé à Manaus à cette heure-ci alors que je n'ai toujours pas quitté l'aéroport ! Si je n’étais pas aussi fatiguée, je trouverais ça plutôt comique…
Décidée à utiliser mon kit de survie dans cette situation rocambolesque, je sors ma petite couverture de voyage que j’ai piquée dans un avion d’ailleurs, mon petit oreiller portatif, j’installe le tout à même le sol sur le carrelage et je m’étends sur mon lit de fortune de romanichelle, bien décidée à dormir une peu pour être en forme pour la suite des événements. Les sièges de l’aéroport sont tous dotés d’accoudoirs, il est donc impossible de s’allonger sur plusieurs d’entre eux. Heureusement d’ailleurs, car sinon tout le monde ne pourrait pas trouver de place pour s’asseoir. Mon idée me paraissait donc bonne à la base et les gens me regardent même avec envie , me voyant me coucher en position horizontale d‘allure confortable. Mais c’était sans compter avec la morsure du froid venant du sol. Ma mince couverture et mon fin pull ne suffisent pas à apaiser la froideur du carrelage m’empêchant ainsi de fermer l’œil. Ils auraient pu penser à mettre de la moquette tout de même pour pallier ce genre de problème! Je me relève donc avant d’attraper froid et parcours l’aéroport en quête d’une bonne idée. Plusieurs personnes viennent me voir pour me féliciter d’avoir pensé à prendre une couverture et un oreiller qui tiennent si peu de place pour des cas comme celui-ci où ça peut s’avérer utile. Je leur explique mon problème de carrelage , ce qui les fait bien rire! Comme quoi, on ne peut pas penser à tout!
Je m’installe au final sur deux sièges contigus, faisant en sorte que l’accoudoir ne me rentre pas trop dans les côtes, enveloppée dans ma couverture, mon oreiller posé sur un sac, et je réussis à dormir une bonne heure et demie au milieu du brouhaha de la foule, des lumières aveuglantes de la salle et en dépit de ma position inconfortable. Je me trouve assez flexible au niveau du sommeil en fait! Je ne pense pas que beaucoup de gens réussissent à dormir dans ces conditions. Je me réveille avec le sentiment que le niveau sonore a grimpé: en effet, une foule s’est regroupée au niveau du comptoir d’information; il doit y avoir du neuf. Je m’informe et j’apprends tant bien que mal (la moitié parlant portugais et l’autre moitié un américain fatigué) que notre vol est annulé et que nous allons être transférés pour la nuit (ou ce qu’il en reste) dans un hôtel à Rio. On nous distribue quelques sandwiches puis nous n’avons plus qu’à attendre. Je fais la connaissance de Rico, un Français vivant la moitié de son temps à Rio et parlant portugais couramment. Je pense avoir déniché la seule personne parlant français sur ces 230 passagers. Je me sens moins seule tout d’un coup. Même si bizarrement, je reste très stoïque et zen face à ce petit désagrément. Je pense aux passagers du vol Rio-Paris qui auraient certainement largement préféré être coincés dans un aéroport plutôt que de se perdre dans l’océan. En relativisant ainsi, je me dis qu’il n’y a vraiment rien de grave ni d’important dans tout ceci. Il y a toujours quelques râleurs dans le lot dont une vieille Anglaise qui engueule tout le personnel, je lui mettrais bien des claques pour calmer un peu cette ronchonne de première classe. Tout lui est dû parce qu’elle fait partie de la business class! Ici il n’y a pas de traitement de faveur. Tout le monde est logé à la même enseigne et il va être difficile d’affréter un avion pour elle toute seule. Mon nouvel ami français a également tendance à perpétuer la tradition de notre cher pays en se plaignant beaucoup auprès de tout le monde. Ah, ces Français!
Vers 3h30 du matin, nous sommes priés de sortir de la salle d’embarquement, de repasser par le contrôle de l’immigration où nous faisons la queue un bon moment à cause du manque de personnel à cette heure indue et du nombre de passagers se pointant d’un seul coup au même endroit, au même moment. Cette procédure accomplie, il faut maintenant récupérer nos valises sur le tapis roulant. Par une chance inouïe, la mienne sort dans les premières, ce qui me permet de monter dans le premier bus en direction de l’hôtel Sheraton Barra. C’est drôle, nous sommes passés devant ce complexe hôtelier cet après-midi (ou plutôt hier après-midi?) en minibus en allant sur la plage de Barra. Je l’avais trouvé très beau avec sa petite plage privée en contrebas, ses nombreuses piscines et sa vue sur Ipanema au loin. Eh bien voilà que je vais avoir l’honneur de dormir dans l’une de ses chambres et certainement de pouvoir profiter de ses infrastructures, étant donné qu’il semblerait que notre vol soit reporté à 21h demain soir! A quelle heure et dans quel état vais-je arriver au travail lundi?
Le bus arrive à l’hôtel 45 minutes plus tard, j’en profite pour discuter avec Rico de la vie au Brésil. Il est journaliste et voyage beaucoup dans le monde entier. Ayant une petite fille à Rio, son point d’ancrage est ici. Arrivés dans le hall de l’hôtel, notre espoir de pouvoir nous coucher dans un bon lit s’envole vite avec la lenteur à laquelle les check in sont enregistrés. Ils font d’abord passer les familles avec de jeunes enfants, ce qui me paraît tout à fait normal, puis les gens dans l’ordre d’arrivée du bus. Même si je suis dans le premier bus arrivé, j’attends plus d’une heure avant d’’avoir enfin la clef de ma chambre. Je ne veux même pas imaginer ceux du quatrième bus… dans lequel se trouve l’Anglaise râleuse d’ailleurs!
Ma clef dans une main, une petite collation offerte dans l’autre, je prends enfin l’ascenseur avec un bonheur infini à l’idée de m’étendre enfin sur un bon lit. La chambre est très classe, je prends un peu de temps pour inspecter cette luxueuse pièce ainsi que sa salle de bains. J’aperçois alors avec stupeur un énorme cafard qui se balade sur le carrelage de la salle de bains! Ben ça alors… Le Sheraton de Rio laisse un peu à désirer côté hygiène… Bref, personnellement, ça m’est bien égal, je veux juste dormir un peu pour pouvoir récupérer. Je ferme la lumière, emmitouflée dans un bon lit douillet, en jetant un rapide regard blasé à l’horloge: il est 5h30 du matin.
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