Après une semaine de brassage émotionnel…

Le 25 février 2012 :

De nouveau dans l’aéroport, de Montréal cette fois, il est temps de faire un bilan de cette semaine chargée en émotions. J’ai largement sous-estimée l’impact émotionnel que ce voyage à Montréal a eu sur moi. Je pensais juste être heureuse de revoir mes amis – ce qui a été le cas bien sûr – mais ça m’a aussi beaucoup déroutée.
D’abord, j’avais prévu un planning beaucoup trop chargé. Voir 4 personnes différentes en une journée, leur accordant 2 heures chacun, le tout minuté à l’extrême, était trop intense pour moi. Surtout vu l’état de fatigue dans lequel je me trouvais en arrivant… Je prenais les journées comme un travail à effectuer et une course contre la montre à gagner, ce qui rendait mes retrouvailles moins amusantes. De plus, se remettre dans l’énergie de chaque personne, réapprendre à se connecter les uns avec les autres, raconter sa vie pour 15ème fois, c’est vraiment fatiguant au final. Ça me pompait toute mon énergie et je finissais sur les rotules à la fin de la journée ! La prochaine fois, je ferais différemment… Soit je reste plus longtemps pour prendre le temps de voir les gens de manière plus décontractée, soit j’accepte de ne voir que certaines personnes et pas d’autres… J’ai définitivement trop d’amis au Québec ! Ce qui me ravie et en même temps me rappelle que c’est loin d’être le cas à Aix. Je sais que c’est une question de temps, mais j’ai tellement l’impression d’avoir de vrais amis ici, je n’en veux pas d’autres qu’eux ! Si je pouvais tous les prendre avec moi pour les emmener en France… C’est difficile l’expatriation et j’ai l’impression que j’aurais plus ou moins ce statut ou que j’aille ! Séparée entre deux pays, deux cultures, un océan…

J’avais besoin de ce retour à Montréal et en même temps, j’ai l’impression que ça m’a plus embrouillée la tête encore (et ce n’était déjà pas triste). Mais je reste persuadée qu’il n’y a rien qui se fait par hasard et que je ne vais pas tarder à comprendre pourquoi ce voyage difficile était obligatoire pour moi. Peut-être n’avais-je pas fait encore le deuil de Montréal ? J’ai eu en effet l’impression encore une fois de dire au-revoir à chacun avec le sentiment de perte et de tristesse qui l’accompagne. Je finissais en général la soirée en pleurant ! Sympa les vacances… Mon amie Marilyn chez qui je dormais m’a beaucoup soutenue et je l’en remercie de tout mon cœur même si parfois son franc-parler québécois est déroutant. Mais c’est tellement plus naturel et sincère ! Les amis ne sont pas là pour être toujours d’accord avec nous, bien au contraire. Et je retrouve cette amitié authentique en général plus avec les Québécois qu’avec les Français.

Heureusement, j’ai commencé mes vacances avec un week-end dans les Laurentides, à profiter du luxe d’un spa et d’un massage bien apprécié, suivi d’une journée en raquettes dans les bois sous un soleil radieux, sans croiser âme qui vive de toute la randonnée. Ça change de la France ou on a du mal à se retrouver seul en promenade ! Ce week-end m’a permis d’atterrir en douceur à Montréal avant de débuter mon marathon amical ! J’ai dû annuler toutes mes soirées dansantes prévues en semaine à cause de ma fatigue trop intense. Bah au moins, je me sens plus reposée aujourd’hui tout de même que lors de mon départ de France !

Question température, j’ai été très surprise de ne voir pratiquement pas de neige en ville et des températures avoisinant les 0 degré. D’habitude, en cette saison, il fait bien plus froid et on n’aperçoit pas les trottoirs sous la tonne de neige ! Mais heureusement, une tempête s’est levée hier qui a recouvert en quelques heures toute la ville d’un gros manteau blanc hivernal. J’ai pris un plaisir fou à me promener dans les rues ce matin, foulant cette belle neige épaisse.

Bilan donc mitigé de ce retour aux sources. En même temps ravie de retrouver les gens que j’aime et triste de les quitter encore en ayant la désagréable impression de n’avoir pas profité d’eux. Plaisirs trop fugaces et plutôt frustrants d’une autre vie. Mes repères se sont brouillés : ou est ma vie désormais ? En France avec des amis au Québec ? Je sais que le temps va arranger les choses tranquillement, je lui fais confiance. En attendant, une autre vie m’attend au retour : l’emménagement dans mon nouvel appartement, mon nouveau chez-moi, un commencement de construction de ma nouvelle vie. Je suis prête. Je sais que certaines difficultés m’attendent encore, mais je suis persuadée qu’elles m’aident continuellement à grandir et à évoluer. J’aime me confronter à moi-même, il faut assumer maintenant ! Mon voyage à Montréal est peut-être arrivé comme une transition entre un emménagement jusque-là plutôt temporaire et mitigé en France et mon installation plus durable et impliquante à partir de maintenant !

L’avion aura finalement 2 heures de retard à Montréal, ce qui m’a fait rater ma correspondance à Francfort… C’était bien ma veine, moi qui voulais rentrer tôt dimanche matin pour profiter de la journée avant de recommencer la journée de bureau lundi ! Finalement, j’ai dû attendre 8 heures en transit à Francfort avant de pouvoir reprendre un avion pour Marseille. Dur retour ! J’aurais au moins visité un peu cette ville que je ne connaissais pas, mais à part des banques et quelques belles maisons en colombages du centre-ville, on en a vite fait le tour ! Je retourne à l’aéroport exténuée pour m’endormir à moitié sur des bancs de fortune… De retour à Marseille avec 9 heures de retard sur l’heure initiale, je ne tarde pas à sombrer dans les bras de Morphée.

La suite au prochain épisode…

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