Le 04 avril 2012
Un nouveau départ, une nouvelle destination, un nouveau pays le temps d’un petit break de la vie Aixoise de 5 jours pour Pâques. Le plaisir de se trouver en France et de pouvoir se dépayser en seulement 2h30 de vol dans une culture totalement étrangère si proche et si éloignée de nous pourtant est un réel bonheur. C’était plus difficile de le faire au Québec, là j’en profite du coup ! Le Maghreb, un endroit qui m’a toujours fascinée dans le bon sens comme dans le mauvais. Il me fait peur tout en m’ayant toujours attirée. Enfin je vais pouvoir fouler ce sol si controversé et m’imprégner de cette culture si riche et pourtant parfois si rigide.
Je ne pars pas seule dans ce voyage, mon ami qui préfère garder l’anonymat sur la toile, m’accompagne. Je le baptise donc d’un nom factice - David au hasard - le temps de ce récit. David est donc venu me chercher à mon travail vers 15h30 (départ un peu hâtif, mais les vacances valent bien ça) pour filer à l’aéroport de Marseille. Nous avons pris une compagnie à bas prix et ça se ressent. Pas de billet d’embarquement, une file d’attente qui se bouscule avant de pénétrer dans l’avion, ce que je ne comprends pas de prime abord, me disant que tout le monde a sa place attitrée, mais en fait non… C’est la foire d’empoigne dans l’avion pour trouver deux places côte à côte, vu qu’aucun siège n’a été réservé. C’est bien la première fois que je vois ça ! Enfin, David est moi trouvons deux places côte à côte, nous sommes bien contents.
Bizarrement, les 2h30 de vol nous paraissent interminables à l’un comme à l’autre. Je me sens épuisée mais je n’arrive pas à dormir comme à chaque fois dans les avions. En ce moment, le travail me fatigue beaucoup et il faut dire que j’ai déménagé dans mon nouvel appartement sur Aix (que j’adore soit dit en passant) il y a un mois seulement et la fatigue engendrée par le rangement des meubles, cartons et emménagement divers se fait ressentir à présent. Heureusement, mes parents sont venus 5 jours m’aider dans les travaux et montages de meubles de l’appartement, ce qui m’a délestée d’un grand poids ! Mais bon, la fatigue bien qu’elle se résorbe doucement est une conséquence logique de ces derniers temps.
Arrivés à Marrakech pile à l’heure, nous sentons un air froid nous traverser l’échine, il fait plus frais ici qu’à Marseille ! Le soleil se couche tranquillement en illuminant le ciel au-dessus de l’aéroport, le vent se balançant dans les palmiers. Un Marocain nous attend avec un panneau au nom de David qui a réservé le riad où on nous attend pour la nuit. Galamment, il s’empare de la valise de mon ami et me laisse incrédule à porter moi-même mon sac à dos. David a pitié de moi et me prend mon sac, voyant bien que je peste intérieurement contre ce misogyne évident. Notre chauffeur ne s’adresse qu’à David, ce qui m’arrange bien, je suis morte de fatigue. J’apprécie le paysage à travers la vitre du taxi, les murs ocre des bâtisses maghrébines, les femmes toutes voilées, certaines d’entre elles portant même la burka intégrale, les yeux seuls dépassant des voiles, les souks où se pressent mobylettes, badauds et chevaux. La voiture se faufile sous d’incroyables arches, nous faisant passer par le palais royal, puis par de petites routes où tout le monde se bouscule en manquant de peu de nous encastrer dans des mobylettes roulant n’importe comment. La conduite me rappelle étrangement l’Inde ! Comme dit notre chauffeur : Vous savez conduire à Marrakech, vous savez conduire n’importe où ! Tu m’étonnes…
Le taxi s’arrête enfin sur une petite place puis notre guide nous emmène dans de petites ruelles sinueuses (en portant toujours seulement la valise de David…), puis nous abandonne à un autre gars qui passe en lui donnant pour consigne de nous amener jusqu’au riad… Mais où sommes-nous tombés ? Il frappe à une porte sans nom puis nous laisse là, sans autre explication qu’une main tendue pour recevoir un pourboire. Bon… Heureusement, nous n’avons pas trop le temps de nous poser 10 000 questions, un charmant majordome nous ouvre la porte pour nous faire entrer dans sa demeure. C’est tout simplement splendide ! En total contraste avec la rue sale et poussiéreuse que nous venons de quitter… Nous pénétrons dans un riad plutôt petit mais doté d’un charme fou ! Un feu de cheminée nous attend dans une des nombreuses alcôves, au son d’une musique musulmane très douce et relaxante. Le silence du riad contraste violemment avec le bruit de la rue pour mon plus grand bonheur… On peut même entendre les oiseaux ! Un jacuzzi entouré d’arbres trône au milieu de la cour ouverte sur le ciel. On nous amène un exquis thé vert accompagné de petits gâteaux que nous dégustons avec délice tout en nous réchauffant doucement auprès du feu. Moi qui étais frigorifiée depuis mon arrivée au Maroc, ça tombe à pic ! Je reprends des couleurs durant ce vrai moment de bonheur !
Un homme arrive pour nous donner quelques explications sur notre séjour à Marrakech ainsi qu’une carte pour nous orienter dans ce labyrinthe de ruelles. Quelle organisation ! On nous emmène ensuite dans notre chambre qui se trouve sur le toit du riad, tout en haut, avec une terrasse privée pour jouir de la vue sur la Medina ! Une petite suite s’offre à nous, toute mignonne, entourée d’une toile de tente berbère pour notre plus grande joie. Il fait toutefois un peu froid dans la chambre et le chauffage n’a l’air de marcher qu’une fois sur deux. Ce n’est pas grave, nous ferons avec ! Après une bonne douche, nous descendons dans la cour du riad où nous attend notre diner. Une entrée d’aubergines aux mille épices suivie d’un tajine au poulet aux olives nous régale ! Surtout que nous sommes seuls à manger en tête à tête, les autres chambres semblant vides, le riad entier nous appartient ! Et le personnel est tellement discret et respectueux qu’il se fait oublier !
Nous partons ensuite faire un tour sur la place la plus connue de Marrakech, la grande place Djemaa el Fna, où la foule se presse même à la tombée de la nuit. Des stands de nourriture se bousculent sur la place et chacun veut nous faire asseoir sur son banc de fortune pour déguster escargots, mouton, agneau… Nous avons déjà mangé et je dois avouer que l’odeur mélangée de tous ces mets ne me met pas l’eau à la bouche. La fumée nous chatouille les narines, nous préférons nous éloigner pour nous perdre dans les souks. Contrairement à l’Égypte que j’ai faite il y a quelques années, je ne trouve pas les marchands agressifs envers les touristes, ce que j’apprécie au plus haut point. Nous assistons à des chants de rue, admirons l’artisanat local, sentons les odeurs d’encens, d’épices et d’urine mélangées… Ce pays a décidément quelques ressemblances avec l’Inde ! Nous rentrons ensuite nous coucher dans la quiétude de notre riad. A demain !
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Chanceuse ! J'aimerais tellement y aller !
RépondreSupprimerBisous la miss