Le 08 avril 2012
A peine réveillés, nous nous installons au bord de la piscine à lézarder au soleil, tout en écoutant les oiseaux. Il fait bon de prendre le temps de vivre ! Le petit déjeuner est servi, j’en profite pour leur voler quelques fruits et yaourts pour notre repas du midi qui risque d’être léger, puis nous grimpons dans une Land Rover plus très jeune afin d’affronter la dureté du Sahara.
J’adore cette voiture bien qu’elle nous malmène un peu dans les bosses. C’est quand même la voiture d’Indiana Jones ! Notre chauffeur porte un lourd turban blanc sur la tête qui lui permet de se cacher du soleil brûlant du désert. Ça lui donne un faux air de Lawrence d’Arabie (ok, je mélange un peu les genres de films…).Bref, nous filons à travers le désert, cahotant sur chaque bosse mais passant tous les obstacles avec un sentiment d’indestructibilité rassurante. Ce n’est visiblement pas le cas pour tout le monde, un 4x4 flambant neuf est ensablé et les touristes à leur bord bien embêtés. Notre chauffeur s’arrête pour leur donner un coup de main, David se met à pousser aussi la voiture, tandis que je me contente de prendre des photos… A eux tous, ils réussissent à sortir d’affaire le 4x4, tout le monde est content. Nous grimpons dans notre boite d’aluminium bien satisfaits de notre véhicule, vieux certes, mais tout terrain lui !
Là, devant, on dirait de l’eau ! Et non, il s’agit de notre premier mirage… David et moi aurions juré voir un lac d’eau au loin, mais plus on s’approche, plus il recule jusqu’à finir par disparaître tout bonnement comme par enchantement. Incroyable ! Heureusement que nous ne mourons pas de soif ! Nous aurons aussi le droit à de petites tornades de sable s’élevant dans les airs sans raison apparente pour tournoyer et s’intensifier en quelques minutes. La nature est décidément bien joueuse ! Nous croisons aussi bien des « caravanes » de nomades à dos de dromadaires, que des motos préparant un rallye ou le Paris-Dakar. Ce pays semble être un terrain de jeux pour les Européens au mépris parfois de la population locale qui vit ici et n’apprécie sûrement pas toujours cette invasion motorisée.
Après 2 heures de route, les cailloux épars font enfin place à des dunes de sable vertigineuses où rien ne pousse : la vallée de la soif. Le spectacle est ahurissant… Du sable jaune-ocre s’étend à perte de vue sans aucune âme qui vive à l’horizon. Un bivouac a été monté au pied d’une dune avec quelques tentes pour y passer la nuit. Là, il est désert, nous avons ce beau coin pour nous tout seuls ! Quelle chance… De toute façon, depuis les débuts de notre séjour au Maroc, nous n’avons croisé quasiment aucun touriste. Nous les avons aperçus dans les dizaines de bus que nous avons croisés tout au long de la route mais par chance, nous les avons toujours évités… Les dunes sont à nous seuls et je m’en mets vraiment plein les yeux. Je touche le sable chaud, le fait glisser entre mes doigts, m’imprégnant de cette nature à l’état brut, cette aridité éblouissante et pourtant implacable. Il existe peu d’endroits sur Terre où rien ne vit. Le Sahara en fait partie. Nous retournons nous abriter du soleil sous le bivouac où notre chauffeur entame une chanson berbère à la guitare tandis qu’un jeune nomade l’accompagne au tam-tam. Une ambiance de fête s’installe et David m’entraîne dans une danse improvisée sous la tente. J’adore !
Malheureusement, le temps imparti est déjà terminé, il est temps de prendre la route du retour. Nous n’avons pas eu le temps d’organiser une nuit dans le désert, nos vacances étant trop courtes, ce sera pour la prochaine fois. Avec une petite pointe de frustration d’avoir touché du doigt le début d’une formidable aventure, nous rebroussons chemin en échafaudant nos plans pour un prochain voyage ici ! Mais d’ici là, restons dans le moment présent et apprécions l’instant. J’ouvre la fenêtre du 4x4 pour sentir cet air chaud me fouetter le visage et je laisse aller mon esprit au gré des secousses de l’habitacle.
Notre chauffeur nous arrête dans une oasis entourée de palmiers où pullulent des sangsues dans l’eau stagnante. La végétation est gigantesque, nous paraissons bien petits à côté de ces énormes palmiers. Comme s’ils se gorgeaient de la moindre petite goutte d’eau pour grandir. Ca y est, nous sommes déjà de retour à l’hôtel et il faut d’ores et déjà reprendre notre Dacia pour repartir sur Marrakech. Nous avons toute la route d’environ 10 heures à faire en sens inverse et notre avion part demain soir de Marrakech. Il fallait être motivés pour faire autant de route pour aussi peu de temps dans le désert, mais nous ne regrettons pas, les paysages étaient sublimes et le but visé au-delà de nos espérances. Par contre, la route du retour risque d’être hard. Nous avons moins l’effet de surprise vu que nous la connaissons déjà ! Enfin, il faut ce qu’il faut !
David reprend le volant et fonce sur la route du retour, doublant les touristes trop lents et les camions escargots. Je serre un peu les fesses dans certains virages, mais je dois avouer qu’il conduit très bien. Nous arrivons à Ouarzazate en soirée et décidons de ne pas pousser plus loin, ça serait dangereux de conduite la nuit et ça n’en vaut pas la peine. De plus, nous n’avons pas pris le temps de visiter cette ville à l’aller, c’est l’occasion. Nous nous perdons dans les ruelles en essayant de semer des rabatteurs d’hôtel. Cette ville fortifiée a du charme, mais ses couloirs sombres et étroits sont un peu glauques. Je ne m’y sens pas très à l’aise, je ne m’explique pas trop pourquoi. Nous trouvons un hôtel sympa, moins charmant que ceux testés jusqu’ici, mais nous n’avons pas envie de chercher plus loin. Nous amenons notre voiture derrière l’hôtel en nous demandant si nous allons la retrouver le lendemain matin.
Le soir, conseillés par la cuisinière de notre hôtel qui prend David pour un acteur de cinéma et s’extasie sur ses muscles (comme la moitié des marocains rencontrés), nous testons un restaurant qui s’avère très moyen. Elle nous a sûrement emmenés chez sa cousine pour lui donner des clients, ça nous apprendra à faire confiance aux gens ! Le couscous est sans saveur et les néons nous agressent les yeux. Nous mangeons vite et rentrons nous coucher sans tarder, guidés dans les ruelles de ce labyrinthe par une petite fille toute mignonne qui, pour une fois, ne nous demande rien en retour !
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