Le 9 septembre 2009
Nous nous réveillons sous une pluie battante ce matin. Le ciel est gris et triste, ça ne donne pas envie de sortir en mer a priori. Mais quand on a affaire à de véritables drogués, peu importe le temps qu’il fait, on se retrouve tous sur le ponton à 8h en même temps!
Notre capitaine n’a aucune idée de l’endroit où aller, aucune baleine n’a été aperçue ce matin. Nous naviguons donc au hasard, espérant tomber sur des baleines à bosse qui croiseront notre chemin. En attendant, je reprends la discussion avec Jackie sur la difficulté dans la vie de choisir une autre voie que celle de tout le monde. Elle a abandonné son métier de professeur pour vivre sa passion des baleines contre l’avis de tous ses proches. Je lui parle de mon projet de partir un an en voyage il y a 5 ans, qui avait été désapprouvé par beaucoup de mes amis. Ca ne m’a pas empêchée d’aller au bout de mes rêves et ces mêmes amis m’ont jalousée par la suite. Le principal fléau de notre époque est la peur du changement, bien entretenue par notre société, d’ailleurs. Ne quittez pas votre travail, vous n’en trouverez plus jamais d’autre, achetez-vous une maison pour assurer votre retraite et endettez-vous jusqu’au cou… je ne dis pas qu’il ne faut pas suivre ce chemin si c’est vraiment notre choix et si l’on n’est pas poussé par la pression de la société. Ce que je regrette, c’est que dès qu’on choisit un autre chemin, on est souvent incompris et critiqué. Jackie l’a vécu également.
Malgré la pluie, nous scrutons la mer sur le pont à la recherche de baleines. Nous apercevons 3 beaux épaulards non loin de là qui batifolent joyeusement dans l’eau. Soudain, nous voyons des dauphins gris qui jouent non loin d’eux. C’est la première fois que je vois ce type de dauphin. Avec leur bande blanche qui leur colore le corps, ils sont superbes! Il paraîtrait qu’ils s’amusent à ennuyer les épaulards et agissent comme d’incessants moustiques en tournant sans cesse autour d’eux. Ceci dit, les dauphins ne le font qu’avec les épaulards résidents qui ne se nourrissent que de poissons. Ils n’ennuieraient pas longtemps les migrateurs qui les prendraient pour repas aussitôt. Le spectacle de ces deux magnifiques animaux marins est incroyable. De plus, un superbe arc en ciel en toile de fond ajoute la dernière touche à ce tableau divin.
Laissant les orques se débattre avec les dauphins, nous tombons ensuite sur deux baleines à bosse. L’une d’elles nous fait l’honneur de sauter hors de l’eau pour qu’on puisse l’admirer en entier. C’est incroyable, je n’en reviens pas! Quel majestueux animal! Elle passe si près de notre bateau qu’on peut la voir en transparence dans l’eau. Reto et moi sautons de joie à la vue de cet immense mammifère marin. Du long de ses 15 mètres, notre bateau étant à peine plus grand, elle est imposante notre baleine! Nous apercevons ensuite plusieurs petits marsouins, un petit rorqual, puis des lions de mer ainsi que des phoques sautant dans les vagues. Le clou du spectacle nous sera donné à la fin, lors de notre retour vers le port de Telegraph Cove. Une centaine de dauphins gris apparaissent autour du bateau, jouant avec nous avant de repartir aussi rapidement qu’ils sont arrivés. Le tout avec un soleil se montrant enfin, à travers les nuages, rendant l’atmosphère encore plus féerique. Quelle belle journée! De tout cœur merci…
Nous nous retrouvons tous vers 18h30 dans le seul et même pub de la ville fermé au public pour cause de fin de saison, où Jim nous projette le film qu’il a tourné il y a deux semaines seulement sur un groupe d’épaulards migrateurs attaquant un phoque. Les images sont impressionnantes. Malgré l’horreur de la scène, j’aurais bien aimé y assister juste pour voir les orques sauter hors de l’eau pour étourdir le jeune phoque. Loin de lui donner un coup fatal immédiatement, les épaulards jouent avec lui, le balançant dans tous les sens avant de s’en servir comme repas. Etrangement, cette vidéo n’aura en rien entamé notre propre appétit et nous soupons de bon cœur, discutant avec entrain avec Jackie sur les baleines, l’environnement et les tares de notre société. J’aime vraiment discuter de ces sujets avec des personnes ouvertes d’esprit et sensibles aux mêmes problèmes. J’ai l’impression que l’énergie augmente dans ces moments-là, et ça me conforte dans mes convictions. Je fais le parallèle avec les autres membres du groupe de ce soir. On voit qu’il s’agit en grande partie de gens issus d’une haute classe privilégiée qui n’ont jamais eu aucun souci d’argent, rien que leur accent anglais mondain les trahit, sans parler de leurs manières. Ca n’enlève en rien leur gentillesse et leur bienveillance, je tiens à le préciser, mais je vois que nous ne nous trouvons pas sur la même planète. Ils pensent et parlent écologie mais mangent de la viande matin, midi et soir sans se demander d’où elle vient ou si elle contient des hormones ou antibiotiques divers, ils se font servir comme des rois par Jackie sans jamais se demander si elle a besoin d’aide. C’est vrai qu’on paie cher cette excursion mais ça n’excuse pas tout. Jackie et Bruce, les deux biologistes ainsi que le capitaine Jim sont les seuls à me paraître natures, simples et ouverts d’esprit. J’oubliais mon nouvel ami Reto également qui est très attachant malgré son handicap. Je l’apprécie beaucoup.
Une nouvelle journée nous attend demain, il est temps d’aller se coucher pour pouvoir en profiter pleinement!
Mes premiers épaulards
Le 8 septembre 2009
Je me fais réveiller en sursaut ce matin, vers 6h, par mon iPod qui se met en route tout seul… Etrange! Mais la fatigue étant la plus forte, je me rendors aussitôt pour me réveiller une heure plus tard.
Le petit déjeuner avalé, nous repartons sur notre bateau sous un ciel nuageux et venteux cette fois. Jackie nous apprend qu’un groupe d’orques, appelées aussi épaulards, a été vu non loin d’ici dans le canal. Nous voilà donc partis dans cette direction. Il existe trois sortes d’orques: les résidents, les passagers ou migrateurs et les « offshores ». Les résidents sont les plus communs ici et ne mangent que du poisson. Les migrateurs se nourrissent de mammifères marins principalement comme des phoques, des marsouins, des dauphins et même des bébés baleines à bosse. Les offshores sont beaucoup plus rares et méconnus. On pense qu’ils ne mangent que du poisson également. On sait par contre qu’ils se déplacent par groupes de 30 et plus, contrairement aux résidents qui sont toujours entourés de leur famille constituée de 5 à 8 individus.
Le jeune autiste Reto et moi nous installons sur la poupe, scrutant la mer à la recherche de ces animaux légendaires. Jackie aperçoit leur souffle au loin et nous nous trouvons bientôt à leur niveau. Comment expliquer ce que je ressens alors… Voir ces animaux tels de gros dauphins à la dorsale émincée et pointue, plus affutée que celle d’un requin, fendre la mer, agiles et gracieux malgré leur taille, est un bonheur sans nom. Je monte sur le toit du bateau, suivie du garçon Reto qui ne me lâche plus d’une semelle depuis ce matin, ce qui ne me déplaît pas. Je l’aime bien ce petit bonhomme. D’en haut, nous pouvons tout à loisir admirer ce groupe d’une petite dizaine d’orques plongeant puis revenant à la surface chercher l’air. C’est incroyable. Une famille disparaît de notre vue, une autre surgit non loin, nous ne savons plus où regarder tellement il y en a partout autour de nous. L’intensité de ce moment est tellement forte… J’en ai les larmes aux yeux.
Je n’ai même pas la possibilité de finir ma soupe chaude le midi, étant tout le temps interrompue par l’apparition intempestive d’un épaulard passant à 10 m du bateau. Je finis donc par manger ma soupe froide, c’est le prix à payer pour pouvoir admirer d’aussi belles créatures. Un moment de répit de l’océan nous permet de placer un microphone acoustique dans l’eau, les vagues étant moins fortes. Nous entendons nettement le chant des orques sous l’eau, semblable à des cris d’oiseaux. Cette mélodie résonne comme un récital à mes oreilles et je l’écoute religieusement en remerciant la Nature de me donner l’occasion d’assister à un tel enchantement.
Ces orques, appelées « baleines tueuses » en anglais, ont été massacrées sauvagement jusque dans les années 80, ce qui paraît très récent. Elles avaient la réputation de tueuses sanguinaires massacrant tout sur leur passage pour le plaisir, ce qui est totalement erroné. Aucune attaque contre l’homme n’a été enregistrée en Colombie Britannique. Par contre, elles ont été décimées par l’homme qui les tuait à vue. Heureusement, cette pratique est terminée maintenant et on se contente de les observer pour les étudier ou bien juste pour le plaisir, mais avec respect avant tout. C’est une belle évolution de l’homme en 30 ans! Jackie nous parle des répercussions de nos produits chimiques sur ces animaux. Les orques migrateurs sont les premiers contaminés par nos produits toxiques… Ce sont les animaux les plus contaminés sur terre, étant donné qu’ils se trouvent à la fin de la chaîne alimentaire. Ils mangent des phoques qui contiennent déjà plein de toxines dans leur graisse. C’est à nous, humains, de faire attention à nos déchets. Trions nos poubelles, consommons moins, ne jetons pas n’importe quoi n’importe où, mangeons moins de viande bourrée d’antibiotiques, arrêtons d’injecter des hormones partout. Nous pouvons changer les choses, rendre le monde plus sain pour nous et pour les animaux qui nous entourent. La conscience de la terre est en train de changer, de s’améliorer, il ne tient qu’à nous d’accélérer le mouvement. Tout le bénéfice qu’en retirera la Terre nous sera retourné au quintuple.
Jackie nous parle de ces problèmes d’environnement avec conviction, tout en restant optimiste sur l’avenir. Le monde prend enfin conscience de son rôle à jouer pour le bien-être de tous. Nous discutons toutes les deux des solutions à adopter pour chacun, des chances qu’ont ces mammifères marins de s’en sortir (très minces, on doit l’avouer). Elle s’étonne de mon engagement dans ce domaine, de par mon âge et mon métier qui n’a certes rien à voir avec la sauvegarde de l’environnement et la basse consommation, bien au contraire. J’essaie de trouver un équilibre entre mon métier que j’aime d’une part et mes convictions environnementalistes d’autre part. Pour l’instant, ça marche ainsi. Je savais qu’on s’entendrait bien toutes les deux et c’est en effet le cas. Un autre biologiste, Bruce, se joint à notre conversation aussi, il est drôle et passionnant, je l’apprécie beaucoup également.
Nous rentrons au village en fin de journée sous une pluie battante mais peu importe, ce fut une incroyable percée dans ce monde féerique sous-marin. Dire que ces créatures sont si méconnues de nos jours encore! Je m’étonne toujours de l’aptitude qu’a l’être humain à vouloir conquérir l’espace alors qu’il connaît si peu la profondeur de ses propres océans. L’image de ces épaulards sautant et batifolant dans les vagues restera longtemps gravée dans ma mémoire. Une petite douche plus tard, nous retrouvons Jackie au pub pour qu’elle nous montre les photos de baleines prises lors d’une expédition sur un bateau de recherche près des îles de la Reine Charlotte. Impressionnant! Dire que j’y étais la semaine dernière… Mais ce n’était pas dédié aux baleines à ce moment-là. Je montre mes photos de baleines franches prises en Argentine. Ils sont tous assez impressionnés. Le repas se déroule sous les discussions de voyages que chacun a effectués pour apercevoir différents types de baleines. On en conclut que tous nous sommes de véritables drogués…Sur cette révélation, tout le monde au lit!
Je me fais réveiller en sursaut ce matin, vers 6h, par mon iPod qui se met en route tout seul… Etrange! Mais la fatigue étant la plus forte, je me rendors aussitôt pour me réveiller une heure plus tard.
Le petit déjeuner avalé, nous repartons sur notre bateau sous un ciel nuageux et venteux cette fois. Jackie nous apprend qu’un groupe d’orques, appelées aussi épaulards, a été vu non loin d’ici dans le canal. Nous voilà donc partis dans cette direction. Il existe trois sortes d’orques: les résidents, les passagers ou migrateurs et les « offshores ». Les résidents sont les plus communs ici et ne mangent que du poisson. Les migrateurs se nourrissent de mammifères marins principalement comme des phoques, des marsouins, des dauphins et même des bébés baleines à bosse. Les offshores sont beaucoup plus rares et méconnus. On pense qu’ils ne mangent que du poisson également. On sait par contre qu’ils se déplacent par groupes de 30 et plus, contrairement aux résidents qui sont toujours entourés de leur famille constituée de 5 à 8 individus.
Le jeune autiste Reto et moi nous installons sur la poupe, scrutant la mer à la recherche de ces animaux légendaires. Jackie aperçoit leur souffle au loin et nous nous trouvons bientôt à leur niveau. Comment expliquer ce que je ressens alors… Voir ces animaux tels de gros dauphins à la dorsale émincée et pointue, plus affutée que celle d’un requin, fendre la mer, agiles et gracieux malgré leur taille, est un bonheur sans nom. Je monte sur le toit du bateau, suivie du garçon Reto qui ne me lâche plus d’une semelle depuis ce matin, ce qui ne me déplaît pas. Je l’aime bien ce petit bonhomme. D’en haut, nous pouvons tout à loisir admirer ce groupe d’une petite dizaine d’orques plongeant puis revenant à la surface chercher l’air. C’est incroyable. Une famille disparaît de notre vue, une autre surgit non loin, nous ne savons plus où regarder tellement il y en a partout autour de nous. L’intensité de ce moment est tellement forte… J’en ai les larmes aux yeux.
Je n’ai même pas la possibilité de finir ma soupe chaude le midi, étant tout le temps interrompue par l’apparition intempestive d’un épaulard passant à 10 m du bateau. Je finis donc par manger ma soupe froide, c’est le prix à payer pour pouvoir admirer d’aussi belles créatures. Un moment de répit de l’océan nous permet de placer un microphone acoustique dans l’eau, les vagues étant moins fortes. Nous entendons nettement le chant des orques sous l’eau, semblable à des cris d’oiseaux. Cette mélodie résonne comme un récital à mes oreilles et je l’écoute religieusement en remerciant la Nature de me donner l’occasion d’assister à un tel enchantement.
Ces orques, appelées « baleines tueuses » en anglais, ont été massacrées sauvagement jusque dans les années 80, ce qui paraît très récent. Elles avaient la réputation de tueuses sanguinaires massacrant tout sur leur passage pour le plaisir, ce qui est totalement erroné. Aucune attaque contre l’homme n’a été enregistrée en Colombie Britannique. Par contre, elles ont été décimées par l’homme qui les tuait à vue. Heureusement, cette pratique est terminée maintenant et on se contente de les observer pour les étudier ou bien juste pour le plaisir, mais avec respect avant tout. C’est une belle évolution de l’homme en 30 ans! Jackie nous parle des répercussions de nos produits chimiques sur ces animaux. Les orques migrateurs sont les premiers contaminés par nos produits toxiques… Ce sont les animaux les plus contaminés sur terre, étant donné qu’ils se trouvent à la fin de la chaîne alimentaire. Ils mangent des phoques qui contiennent déjà plein de toxines dans leur graisse. C’est à nous, humains, de faire attention à nos déchets. Trions nos poubelles, consommons moins, ne jetons pas n’importe quoi n’importe où, mangeons moins de viande bourrée d’antibiotiques, arrêtons d’injecter des hormones partout. Nous pouvons changer les choses, rendre le monde plus sain pour nous et pour les animaux qui nous entourent. La conscience de la terre est en train de changer, de s’améliorer, il ne tient qu’à nous d’accélérer le mouvement. Tout le bénéfice qu’en retirera la Terre nous sera retourné au quintuple.
Jackie nous parle de ces problèmes d’environnement avec conviction, tout en restant optimiste sur l’avenir. Le monde prend enfin conscience de son rôle à jouer pour le bien-être de tous. Nous discutons toutes les deux des solutions à adopter pour chacun, des chances qu’ont ces mammifères marins de s’en sortir (très minces, on doit l’avouer). Elle s’étonne de mon engagement dans ce domaine, de par mon âge et mon métier qui n’a certes rien à voir avec la sauvegarde de l’environnement et la basse consommation, bien au contraire. J’essaie de trouver un équilibre entre mon métier que j’aime d’une part et mes convictions environnementalistes d’autre part. Pour l’instant, ça marche ainsi. Je savais qu’on s’entendrait bien toutes les deux et c’est en effet le cas. Un autre biologiste, Bruce, se joint à notre conversation aussi, il est drôle et passionnant, je l’apprécie beaucoup également.
Nous rentrons au village en fin de journée sous une pluie battante mais peu importe, ce fut une incroyable percée dans ce monde féerique sous-marin. Dire que ces créatures sont si méconnues de nos jours encore! Je m’étonne toujours de l’aptitude qu’a l’être humain à vouloir conquérir l’espace alors qu’il connaît si peu la profondeur de ses propres océans. L’image de ces épaulards sautant et batifolant dans les vagues restera longtemps gravée dans ma mémoire. Une petite douche plus tard, nous retrouvons Jackie au pub pour qu’elle nous montre les photos de baleines prises lors d’une expédition sur un bateau de recherche près des îles de la Reine Charlotte. Impressionnant! Dire que j’y étais la semaine dernière… Mais ce n’était pas dédié aux baleines à ce moment-là. Je montre mes photos de baleines franches prises en Argentine. Ils sont tous assez impressionnés. Le repas se déroule sous les discussions de voyages que chacun a effectués pour apercevoir différents types de baleines. On en conclut que tous nous sommes de véritables drogués…Sur cette révélation, tout le monde au lit!
Mes première baleines à bosse
Le 7 septembre 2009
Je me réveille vers 7h avec l’impression de ne pas tout à fait avoir récupéré de ma fatigue. Peu importe, je me lève avec entrain, je vais voir mes baleines aujourd’hui! Je rejoins mon nouveau groupe dans la salle du petit déjeuner, impatiente et en même temps un peu intimidée de découvrir mes compagnons pour la semaine. Comme je m’y attendais, la moyenne d’âge est plutôt élevée encore une fois, ce stage pour aller voir les baleines étant assez cher. Peu de jeunes sont assez motivés par ces grands cétacés pour payer une semaine entière en leur compagnie et débourser un petit pécule en plus. Seul jeune de mon âge, un garçon handicapé par cette terrible maladie qu’est l’autisme que son père a emmené ici avec lui pour lui faire découvrir les animaux marins. Malgré tout, mes nouveaux amis ont l’air bien sympathiques et la même passion pour les baleines nous apporte vite des affinités. Le mari de Mary, dénommé Jim, se présente à moi. Il est à la fois mon hôte et le capitaine du bateau pour la semaine. Dans les 70 ans, il a un visage souriant et chaleureux qui me met immédiatement à l’aise.
Je profite du fait que je suis prête un peu en avance pour découvrir un peu plus ce village de Telegraph Cove. De charmants bungalows en bois sur pilotis entourent la marina où de nombreux bateaux sommeillent encore. On fait vite le tour des environs à pied, mais ça n’en reste pas moins un adorable petit port, calme et isolé, en harmonie avec la nature. Quand je pense que le nombre officiel d’habitants s’élève à 6! Je pense que je vais beaucoup me plaire ici.
Nous grimpons tous dans le petit bateau qui sera notre maison mobile durant ces 6 jours. C’est une belle bicoque, plutôt luxueuse comparée à celle des îles de la Reine Charlotte. Il y a même des toilettes à l’intérieur, ce qui me ravit étant donné que j’ai connu quelques moments difficiles dans l’autre bateau qui n’en possédait pas. Nous faisons ensuite la connaissance de Jackie, la biologiste spécialisée dans les mammifères marins. La quarantaine, elle possède toutes les caractéristiques de la femme passionnée et passionnante. Je sens que je vais l’adorer!
Nous quittons la marina en direction de l’océan, la journée s’annonçant magnifique aujourd’hui. Qui a dit qu’il pleuvait tout le temps à Vancouver? Nous commençons nos recherches par une lagune calme où des baleines viennent de temps en temps se nourrir. Nous apercevons des tonnes d’oiseaux dont des aigles majestueux, ainsi que des lions de mer et des phoques au cri caverneux et à l’odeur puissante, mais pas de baleines. Rapidement, de petits marsouins apparaissent à toute vitesse près du bateau, mais ils sont tellement véloces que je les vois à peine.
Soudain, Jackie saute dans tous les sens en criant: « baleine en vue ! » Rien que de voir la joie et l’exaltation de notre biologiste, véritablement passionnée par son métier, j’en ai des frissons de bonheur. J’aperçois le souffle puissant d’une baleine à bosse au loin. Notre bateau se rapproche tout en gardant une distance de sécurité d’au moins 100 m pour ne pas la déranger. Quel bonheur de la voir évoluer dans l’eau avec majesté et grâce! Je ne sais pour quelle raison la vue de ces géants des mers me remplit de sérénité et d’un bonheur infini, ça devient presque addictif à force. J’ai besoin de ma dose de baleines tous les 2 ans. Je ressens encore une fois une véritable adéquation avec la nature si géante et imposante. Une autre baleine à bosse est visible non loin de là, puis une troisième… L’une d’entre elles passe non loin de nous, le moteur de notre bateau étant arrêté. Nous pouvons distinctement entendre le souffle puissant de la baleine éjecté hors de l’eau. Et hop, elle disparaît dans les profondeurs marines, montrant sa queue majestueuse avant de descendre dans les abîmes. Je ne me lasserai jamais d’un tel spectacle.
Jackie nous fait une petite conférence sur les baleines à bosse, nous expliquant leur façon de se nourrir, de chanter pour communiquer avec leurs congénères, leur façon de se défendre des orques, etc… Par photo identification, les biologistes commencent à avoir un bon catalogue de ces mammifères marins. On peut les identifier grâce à la forme de leur queue, différente pour chaque individu. Je pose plein de questions à Jackie, j’ai envie de tout savoir et de tout apprendre. Elle s’amuse de mon enthousiasme. Le jeune autiste apprécie autant que moi de voir des baleines, il fait plaisir à voir! Avec Jackie, nous sommes 3 à hurler à l’approche de l’une d’entre elles ou à entamer une danse indienne qui ne permet pas de faire venir la pluie mais plutôt ces grosses bébêtes marines… et ça marche! En tout cas, on s’amuse bien!
Nous revenons le soir au village, fatigués mais ravis de notre journée. Je fais un petit tour au centre d’interprétation des mammifères marins qui est passionnant. Ils ont même réussi à reconstituer le squelette d’un grand rorqual de plus de 20 mètres! Nous nous retrouvons tous pour dîner le soir, les petits plats étant mis dans les grands. J’avoue que j’aurais plutôt mangé rapidement pour profiter de mon lit au plus tôt, mais bon, je dois faire avec! J’attends patiemment que tout le monde ait fini de manger, mes yeux peinant à rester ouverts. Sans parler de mon anglais qui est relégué au fin fond d’un cerveau presque endormi. Enfin, vers 21h30, je peux aller me coucher et m’écroule aussitôt.
Je me réveille vers 7h avec l’impression de ne pas tout à fait avoir récupéré de ma fatigue. Peu importe, je me lève avec entrain, je vais voir mes baleines aujourd’hui! Je rejoins mon nouveau groupe dans la salle du petit déjeuner, impatiente et en même temps un peu intimidée de découvrir mes compagnons pour la semaine. Comme je m’y attendais, la moyenne d’âge est plutôt élevée encore une fois, ce stage pour aller voir les baleines étant assez cher. Peu de jeunes sont assez motivés par ces grands cétacés pour payer une semaine entière en leur compagnie et débourser un petit pécule en plus. Seul jeune de mon âge, un garçon handicapé par cette terrible maladie qu’est l’autisme que son père a emmené ici avec lui pour lui faire découvrir les animaux marins. Malgré tout, mes nouveaux amis ont l’air bien sympathiques et la même passion pour les baleines nous apporte vite des affinités. Le mari de Mary, dénommé Jim, se présente à moi. Il est à la fois mon hôte et le capitaine du bateau pour la semaine. Dans les 70 ans, il a un visage souriant et chaleureux qui me met immédiatement à l’aise.
Je profite du fait que je suis prête un peu en avance pour découvrir un peu plus ce village de Telegraph Cove. De charmants bungalows en bois sur pilotis entourent la marina où de nombreux bateaux sommeillent encore. On fait vite le tour des environs à pied, mais ça n’en reste pas moins un adorable petit port, calme et isolé, en harmonie avec la nature. Quand je pense que le nombre officiel d’habitants s’élève à 6! Je pense que je vais beaucoup me plaire ici.
Nous grimpons tous dans le petit bateau qui sera notre maison mobile durant ces 6 jours. C’est une belle bicoque, plutôt luxueuse comparée à celle des îles de la Reine Charlotte. Il y a même des toilettes à l’intérieur, ce qui me ravit étant donné que j’ai connu quelques moments difficiles dans l’autre bateau qui n’en possédait pas. Nous faisons ensuite la connaissance de Jackie, la biologiste spécialisée dans les mammifères marins. La quarantaine, elle possède toutes les caractéristiques de la femme passionnée et passionnante. Je sens que je vais l’adorer!
Nous quittons la marina en direction de l’océan, la journée s’annonçant magnifique aujourd’hui. Qui a dit qu’il pleuvait tout le temps à Vancouver? Nous commençons nos recherches par une lagune calme où des baleines viennent de temps en temps se nourrir. Nous apercevons des tonnes d’oiseaux dont des aigles majestueux, ainsi que des lions de mer et des phoques au cri caverneux et à l’odeur puissante, mais pas de baleines. Rapidement, de petits marsouins apparaissent à toute vitesse près du bateau, mais ils sont tellement véloces que je les vois à peine.
Soudain, Jackie saute dans tous les sens en criant: « baleine en vue ! » Rien que de voir la joie et l’exaltation de notre biologiste, véritablement passionnée par son métier, j’en ai des frissons de bonheur. J’aperçois le souffle puissant d’une baleine à bosse au loin. Notre bateau se rapproche tout en gardant une distance de sécurité d’au moins 100 m pour ne pas la déranger. Quel bonheur de la voir évoluer dans l’eau avec majesté et grâce! Je ne sais pour quelle raison la vue de ces géants des mers me remplit de sérénité et d’un bonheur infini, ça devient presque addictif à force. J’ai besoin de ma dose de baleines tous les 2 ans. Je ressens encore une fois une véritable adéquation avec la nature si géante et imposante. Une autre baleine à bosse est visible non loin de là, puis une troisième… L’une d’entre elles passe non loin de nous, le moteur de notre bateau étant arrêté. Nous pouvons distinctement entendre le souffle puissant de la baleine éjecté hors de l’eau. Et hop, elle disparaît dans les profondeurs marines, montrant sa queue majestueuse avant de descendre dans les abîmes. Je ne me lasserai jamais d’un tel spectacle.
Jackie nous fait une petite conférence sur les baleines à bosse, nous expliquant leur façon de se nourrir, de chanter pour communiquer avec leurs congénères, leur façon de se défendre des orques, etc… Par photo identification, les biologistes commencent à avoir un bon catalogue de ces mammifères marins. On peut les identifier grâce à la forme de leur queue, différente pour chaque individu. Je pose plein de questions à Jackie, j’ai envie de tout savoir et de tout apprendre. Elle s’amuse de mon enthousiasme. Le jeune autiste apprécie autant que moi de voir des baleines, il fait plaisir à voir! Avec Jackie, nous sommes 3 à hurler à l’approche de l’une d’entre elles ou à entamer une danse indienne qui ne permet pas de faire venir la pluie mais plutôt ces grosses bébêtes marines… et ça marche! En tout cas, on s’amuse bien!
Nous revenons le soir au village, fatigués mais ravis de notre journée. Je fais un petit tour au centre d’interprétation des mammifères marins qui est passionnant. Ils ont même réussi à reconstituer le squelette d’un grand rorqual de plus de 20 mètres! Nous nous retrouvons tous pour dîner le soir, les petits plats étant mis dans les grands. J’avoue que j’aurais plutôt mangé rapidement pour profiter de mon lit au plus tôt, mais bon, je dois faire avec! J’attends patiemment que tout le monde ait fini de manger, mes yeux peinant à rester ouverts. Sans parler de mon anglais qui est relégué au fin fond d’un cerveau presque endormi. Enfin, vers 21h30, je peux aller me coucher et m’écroule aussitôt.
Le Passage intérieur jusqu’à Port Hardy
Le 6 septembre 2009
Le réveil de ma colocataire sonne à 4h30 du matin, je fais un bond dans le lit, ne reconnaissant pas la sonnerie et étant éjectée d’un profond et court sommeil. Elle ne se réveille pas, je décide de l’y aider un peu en commençant à ranger mes affaires. Réveillée, elle m’apprend que le taxi n’arrive qu’à 6h! Ben là, ce n’était peut-être pas obligé de se réveiller à l’aube… Bon, maintenant que je suis prête, j’avale un petit déjeuner et j’en profite pour aller sur Internet durant ce moment de libre.
Nous sommes finalement plusieurs à attendre le taxi vers 6h du matin pour qu’il nous ramène au ferry. Je fais alors la connaissance de 2 Suisses Allemandes qui voyagent seules elles aussi. Je suis étonnée de ne tomber que sur des voyageuses solitaires et aucun voyageur pour l’instant. Les femmes sont-elles plus enclines à voyager seules que les hommes? En tout cas, nous partons toutes en taxi et montons sur le ferry aussitôt. Nous prenons une place de choix juste devant une large fenêtre et allons admirer le lever du soleil sur le pont. Le ferry quitte le port et nous nous installons dans nos sièges, admirant le paysage qui défile devant nous comme si nous étions au cinéma. Le bateau se faufile entre les terres sur des petits bras de mer, nous offrant des spectacles magnifiques sur les collines et montagnes environnantes couvertes de sapins. Le soleil est au rendez-vous, ce qui est une véritable aubaine vu le taux très élevé des précipitations de la région. Nous sommes chanceux! Je passe mon temps entre repos en regardant le paysage de mon siège ou sur le pont supérieur, lecture, sieste, recherche de baleines (j’en ai vu un bon nombre mais toujours d’assez loin). Ma place favorite se trouve à l’arrière du bateau, la vue sur le canal étant totale. Les cheveux au vent, le regard fixé sur l’horizon, je reste des heures perdue dans mes pensées, à profiter du moment. Je me sens bien.
Je fais connaissance avec une des Suisses Allemandes, une jeune fille de 25 ans, très mature pour son âge. Je me sens un peu vieille parmi toutes ces étudiantes routardes, moi. Et c’est toujours gênant quand elles sortent leur petit sandwich au concombre alors que je me paie le plateau repas de poisson.. En tout cas, nous discutons de la vie, des différentes sortes d’amour, des sentiments, des expériences vécues et des bénéfices reçus. Bref, la discussion est passionnante et cette jeune femme est épatante de maturité. A 25 ans, je n’étais pas aussi avancée qu’elle dans la vie. Nous finissons notre conversation sur le pont tout en admirant les baleines batifolant au loin dans le coucher de soleil qui illumine le ciel. Superbe spectacle! D’autant plus que nous en sommes à parler de spiritualité et de méditation. Le contexte s’y prête fort bien. Et le tout en anglais, ce n’est pas forcément évident pour moi de m’avancer sur ce sujet dans cette langue. Je ne m’en tire pas trop mal au final. Je suis ravie d’avoir fait sa connaissance et d’avoir échangé un peu de nos expériences. Belle rencontre!
Vers 22h30, nous débarquons finalement à Port Hardy sur l’île de Vancouver. 15 heures de traversée tout de même! Même si le paysage en vaut la peine, c’est un long voyage. Mais, pour ma part, entre les discussions avec la jeune Suisse et mes rêveries sur le pont tout en admirant les baleines, je n’ai pas trop vu le temps passer. Ceci dit, je ne suis pas encore arrivée au bout du voyage! Il faut que j’arrive à Telegraph Cove, petite bourgade se situant à 1h30 de Port Hardy, ce soir, vu que je commence mon stage de baleines demain matin. J’ai réservé un taxi, j’espère de tout cœur qu’il sera là à m’attendre, sinon je vais vraiment être ennuyée. A cette heure, aucun autre véhicule ne voudra m’emmener aussi loin. De toute façon, il n’y a aucun taxi tout court à la sortie du ferry, seul un bus permet d’emmener les passagers au centre ville de Port Hardy. A la sortie du ferry, un peu plus loin, j’aperçois un homme tenant une pancarte. Ca ne peut être que pour moi, personne d’autre n’a l’idée saugrenue de vouloir prendre un taxi pour faire 1h30 de route après 15h de ferry à 11h du soir! En effet, c’est bien mon nom qui est inscrit sur la pancarte. Soulagée, je dis au revoir à mes amies du ferry et grimpe dans le taxi en ayant hâte d’arriver à bon port pour m’étendre sur un lit quel qu’il soit. Mary, l’hôtesse qui m’accueille pour une semaine, à Telegraph Cove, a même fait parvenir un plan à la compagnie de taxi pour que je trouve l’entrée de ma chambre. Je devrais y arriver.
Je somnole un peu durant le trajet, mais le chauffeur me réveille tous les quarts d’heure en sursaut pour me donner sporadiquement des informations sur la région. En tout cas, nous ne croisons aucun village sur la route, l’endroit a l’air aussi perdu que du côté de Prince Rupert. Ce qui n’est pas pour me déplaire, loin de là! Nous finissons par arriver à destination. Je ne vois pas grand-chose, il fait nuit noire et il n’y a pas un chat dehors. Le chauffeur m’indique un ponton en bois à suivre puis s’en va. Seule en plein milieu de la nuit dans un petit village de pêcheurs en plein milieu de nulle part, je me demande un peu ce que je fais là. Je suis bien contente d’avoir le plan que Mary m’a donné, juste parce que ça me rassure sur le fait que quelqu’un m’attend quelque part. Je vais donc avoir une maison ce soir. Je suis ce ponton de bois, mes pieds se balançant au gré de l’eau. Je m’aperçois alors que ce village est constitué principalement de maisons flottantes. Au bout de 5 minutes de marche, je suis arrivée au bout du village et je monte un petit escalier qui me mène à un petit manoir dans lequel se trouve ma chambre. La lumière est allumée, un mot m’attend accroché à ma porte avec ma clé, il n’y a pas de doute, je suis bien arrivée et attendue! Je découvre une jolie petite chambre avec sa salle de bains privative. Sans m’attarder sur les détails de la décoration, je m’écroule dans ce bon lit douillet qui n’attendait plus que moi.
Le réveil de ma colocataire sonne à 4h30 du matin, je fais un bond dans le lit, ne reconnaissant pas la sonnerie et étant éjectée d’un profond et court sommeil. Elle ne se réveille pas, je décide de l’y aider un peu en commençant à ranger mes affaires. Réveillée, elle m’apprend que le taxi n’arrive qu’à 6h! Ben là, ce n’était peut-être pas obligé de se réveiller à l’aube… Bon, maintenant que je suis prête, j’avale un petit déjeuner et j’en profite pour aller sur Internet durant ce moment de libre.
Nous sommes finalement plusieurs à attendre le taxi vers 6h du matin pour qu’il nous ramène au ferry. Je fais alors la connaissance de 2 Suisses Allemandes qui voyagent seules elles aussi. Je suis étonnée de ne tomber que sur des voyageuses solitaires et aucun voyageur pour l’instant. Les femmes sont-elles plus enclines à voyager seules que les hommes? En tout cas, nous partons toutes en taxi et montons sur le ferry aussitôt. Nous prenons une place de choix juste devant une large fenêtre et allons admirer le lever du soleil sur le pont. Le ferry quitte le port et nous nous installons dans nos sièges, admirant le paysage qui défile devant nous comme si nous étions au cinéma. Le bateau se faufile entre les terres sur des petits bras de mer, nous offrant des spectacles magnifiques sur les collines et montagnes environnantes couvertes de sapins. Le soleil est au rendez-vous, ce qui est une véritable aubaine vu le taux très élevé des précipitations de la région. Nous sommes chanceux! Je passe mon temps entre repos en regardant le paysage de mon siège ou sur le pont supérieur, lecture, sieste, recherche de baleines (j’en ai vu un bon nombre mais toujours d’assez loin). Ma place favorite se trouve à l’arrière du bateau, la vue sur le canal étant totale. Les cheveux au vent, le regard fixé sur l’horizon, je reste des heures perdue dans mes pensées, à profiter du moment. Je me sens bien.
Je fais connaissance avec une des Suisses Allemandes, une jeune fille de 25 ans, très mature pour son âge. Je me sens un peu vieille parmi toutes ces étudiantes routardes, moi. Et c’est toujours gênant quand elles sortent leur petit sandwich au concombre alors que je me paie le plateau repas de poisson.. En tout cas, nous discutons de la vie, des différentes sortes d’amour, des sentiments, des expériences vécues et des bénéfices reçus. Bref, la discussion est passionnante et cette jeune femme est épatante de maturité. A 25 ans, je n’étais pas aussi avancée qu’elle dans la vie. Nous finissons notre conversation sur le pont tout en admirant les baleines batifolant au loin dans le coucher de soleil qui illumine le ciel. Superbe spectacle! D’autant plus que nous en sommes à parler de spiritualité et de méditation. Le contexte s’y prête fort bien. Et le tout en anglais, ce n’est pas forcément évident pour moi de m’avancer sur ce sujet dans cette langue. Je ne m’en tire pas trop mal au final. Je suis ravie d’avoir fait sa connaissance et d’avoir échangé un peu de nos expériences. Belle rencontre!
Vers 22h30, nous débarquons finalement à Port Hardy sur l’île de Vancouver. 15 heures de traversée tout de même! Même si le paysage en vaut la peine, c’est un long voyage. Mais, pour ma part, entre les discussions avec la jeune Suisse et mes rêveries sur le pont tout en admirant les baleines, je n’ai pas trop vu le temps passer. Ceci dit, je ne suis pas encore arrivée au bout du voyage! Il faut que j’arrive à Telegraph Cove, petite bourgade se situant à 1h30 de Port Hardy, ce soir, vu que je commence mon stage de baleines demain matin. J’ai réservé un taxi, j’espère de tout cœur qu’il sera là à m’attendre, sinon je vais vraiment être ennuyée. A cette heure, aucun autre véhicule ne voudra m’emmener aussi loin. De toute façon, il n’y a aucun taxi tout court à la sortie du ferry, seul un bus permet d’emmener les passagers au centre ville de Port Hardy. A la sortie du ferry, un peu plus loin, j’aperçois un homme tenant une pancarte. Ca ne peut être que pour moi, personne d’autre n’a l’idée saugrenue de vouloir prendre un taxi pour faire 1h30 de route après 15h de ferry à 11h du soir! En effet, c’est bien mon nom qui est inscrit sur la pancarte. Soulagée, je dis au revoir à mes amies du ferry et grimpe dans le taxi en ayant hâte d’arriver à bon port pour m’étendre sur un lit quel qu’il soit. Mary, l’hôtesse qui m’accueille pour une semaine, à Telegraph Cove, a même fait parvenir un plan à la compagnie de taxi pour que je trouve l’entrée de ma chambre. Je devrais y arriver.
Je somnole un peu durant le trajet, mais le chauffeur me réveille tous les quarts d’heure en sursaut pour me donner sporadiquement des informations sur la région. En tout cas, nous ne croisons aucun village sur la route, l’endroit a l’air aussi perdu que du côté de Prince Rupert. Ce qui n’est pas pour me déplaire, loin de là! Nous finissons par arriver à destination. Je ne vois pas grand-chose, il fait nuit noire et il n’y a pas un chat dehors. Le chauffeur m’indique un ponton en bois à suivre puis s’en va. Seule en plein milieu de la nuit dans un petit village de pêcheurs en plein milieu de nulle part, je me demande un peu ce que je fais là. Je suis bien contente d’avoir le plan que Mary m’a donné, juste parce que ça me rassure sur le fait que quelqu’un m’attend quelque part. Je vais donc avoir une maison ce soir. Je suis ce ponton de bois, mes pieds se balançant au gré de l’eau. Je m’aperçois alors que ce village est constitué principalement de maisons flottantes. Au bout de 5 minutes de marche, je suis arrivée au bout du village et je monte un petit escalier qui me mène à un petit manoir dans lequel se trouve ma chambre. La lumière est allumée, un mot m’attend accroché à ma porte avec ma clé, il n’y a pas de doute, je suis bien arrivée et attendue! Je découvre une jolie petite chambre avec sa salle de bains privative. Sans m’attarder sur les détails de la décoration, je m’écroule dans ce bon lit douillet qui n’attendait plus que moi.
Un petit tour en Alaska ?
Le 5 septembre 2009
Une voix dans la cabine retentit à 6h30 du matin pour nous dire que nous arrivons à Prince Rupert. Nous devions arriver à 5h, nous avons 1h30 de retard, ce qui nous aura permis de dormir plus longtemps. Parfait ! Mes compagnes m’apprennent que le ferry a beaucoup tangué cette nuit, ce qui a sûrement causé notre retard. Moi, j’ai dormi comme une masse et je n’ai absolument rien senti ! Visiblement, le roulis était vraiment fort. J’ai la capacité de dormir un peu n’importe où et je m’en réjouis ! En tout cas, mes deux amies me remercient encore une fois de l’opportunité que je leur ai offerte de dormir dans un lit surtout avec les vagues de cette nuit qui faisaient tanguer le ferry. Elles auraient roulé à travers le pont toute la nuit ! Au final, nous sommes plutôt en forme avec nos 7h de sommeil. Heureusement car nous avons une grosse journée devant nous encore.
Sur un coup de tête, nous avons décidé de faire un tour en Alaska aujourd’hui ! Mettre 3 Françaises voyageuses un peu folles ensemble, mélanger le tout et ça donne un cocktail explosif dans les challenges délirants compulsifs ! Un coup de taxi plus tard, nous déposons nos sacs dans la même auberge de jeunesse que la semaine dernière, nous voici revenues à notre point de départ. Les filles filent louer une voiture tandis que je lance une lessive et finis quelques bricoles à l’auberge. Elles passent me prendre et hop, nous voici parties en direction de Stewart, dernière ville canadienne avant la frontière de l’Alaska. Le projet est un peu fou, étant donné qu’il y a plus de 800 km aller et retour à effectuer dans la journée pour y accéder, mais ça ne nous fait pas peur ! Surtout que, bêtement, j’ai oublié mon permis de conduire, ne pensant pas en avoir besoin. Du coup, il n’y a que Bernadette qui peut conduire, Sylvie n’ayant pas le permis. Ca ne facilite pas les choses…
Les paysages sur la route sont grandioses. Plus nous nous enfonçons dans les terres, plus les cimes enneigées des montagnes abondent, leur reflet se mirant dans les rivières grisonnantes, couleur annonçant l’amoncellement de glaciers environnants. Malgré la beauté des sapins, des lacs et des montagnes, les routes infiniment droites, typiques du Canada, deviennent vite ennuyeuses. Du coup, nous nous racontons nos vies l’une après l’autre pour passer le temps. Un bon moyen de se connaître davantage tout en évitant à la conductrice de s’endormir. Partout des panneaux indiquant que faire du stop pour des femmes seules est un risque inutile sont visibles le long de la route. Apparemment, un meurtrier a sévi dans la région durant de nombreuses années en prenant des jeunes femmes en stop. On n’en a jamais revu une seule…Brr, ça fait froid dans le dos ! Au moins, le meurtrier a été arrêté il y a peu.
Après 5h de route, nous arrivons devant un beau glacier appelé « le glacier de l’ours », visible de la route. Telle une grande langue de glace bleutée, elle tombe dans un lac de couleur grise. Superbe ! Peu de temps après, nous arrivons dans la petite ville de Stewart. Ca y est, nous sommes à la frontière avec l’Alaska ! Il n’existe aucun poste frontalier pour passer en Alaska, voilà enfin une façon simple d’entrer aux Etats-Unis ! La petite ville de Hyder qui nous accueille en Alaska est un véritable village fantôme avec ses maisons et hôtels abandonnés. Ils ont essayé de créer une petite ville touristique mais ça n’a visiblement pas du tout marché. Même l’office de tourisme est laissé à l’abandon ! Quelle drôle d’impression de se retrouver ici dans ce village fantôme d’une dizaine de bâtisses au bout du monde, perdue au milieu de cette immensité sauvage ! J’adore !
Ravies d’avoir fait cette incursion de 30 minutes en Alaska, nous décidons de revenir au Canada maintenant. Là, par contre, il faut montrer notre passeport. C’est facile de sortir, moins de revenir ! Malgré tout, cinq minutes plus tard, nous sommes de nouveau en Colombie Britannique et nous nous arrêtons dans cette charmante ville de Stewart prendre un café et nous promener un peu. Entourée de montagnes, cette petite ville est charmante, bien que fort peu animée. Cette solitude désertique environnante me fascine. Nous sommes à deux heures de toute ville ici, vraiment perdus en pleine nature, dans un contexte climatique spécialement rude, surtout en hiver. Comment font les habitants du coin ? Ils sont tellement isolés de tout… Je suis très impressionnée par leur témérité et leur courage.
Le temps passe malheureusement vite et il faut déjà penser à prendre la route du retour. Cinq autres heures de route nous attendent avant de rejoindre Prince Rupert. Et nous voilà reparties dans l’autre sens ! Je tiens compagnie à Bernadette tandis que Sylvie effectue un petit somme. Alors qu’il faisait si beau jusque là, les nuages assombrissent d’un seul coup le ciel et une grosse pluie se déverse abondamment sur notre frêle voiture. La conduite est moins drôle pour Bernadette du coup. Mais heureusement, l’averse passe assez vite. Nous nous arrêtons pour manger d’horribles pâtes dans un troquet d’une petite ville. C’est très difficile de manger pour pas cher ici. Soit on a le droit à des hamburgers ou sandwiches, soit il s’agit de plats élaborés assez cher. Mais trouver une salade quelconque ici, ça relève du miracle !
Ballonnées, nous reprenons la route, déçues de notre repas. C’est à mon tour maintenant de somnoler, tandis que Sylvie distrait Bernadette. Demain, je dois me lever à 5h du matin pour prendre le ferry en direction de l’île de Vancouver. Les filles se lèvent 2h plus tard pour prendre un train qui les mène à Jaspes. Nos routes vont se séparer demain matin, chacune continuant son périple en solitaire. Je suis ravie de les avoir rencontrées à un moment où j’en avais besoin. Je suis aussi contente de les quitter maintenant pour continuer mon chemin. A trois, nous ne rencontrons pas de nouvelles personnes, nous sommes dans notre bulle française. J’ai envie de m’ouvrir davantage aux étrangers.
Je suis vraiment ravie de cette première semaine de voyage dans ces contrées reculées et sauvages. C’est exactement ce que je voulais et ce dont j’avais besoin. Ne pas rencontrer âme qui vive pendant plusieurs jours, admirer l’état brut des paysages, se sentir isolée de tout, face à soi-même, à la merci de la Nature, quel beau cadeau ! L’Inde risque d’être un sacré contraste après ce que je viens de vivre. Mais il me reste encore une semaine à Telegraph Cove avant de penser à quitter le Canada. J’ai encore le temps !
Nous arrivons à Prince Rupert vers 23h, le temps d’aller rendre la voiture, nous sommes à l’hôtel à quasiment minuit. Ouh, ma nuit va être courte ! Surtout que je n’ai aucune idée de l’heure à laquelle le taxi passe nous prendre demain matin pour nous emmener au ferry. Heureusement, la Japonaise, qui dort dans la même chambre que moi et que j’ai croisée par chance ce matin, prend le même ferry demain. Je vais compter sur elle pour l’heure du réveil ! Les au revoir avec mes compagnes sont vite expédiés, nous sommes éreintées. Je m’écroule sur le lit, exténuée.
Une voix dans la cabine retentit à 6h30 du matin pour nous dire que nous arrivons à Prince Rupert. Nous devions arriver à 5h, nous avons 1h30 de retard, ce qui nous aura permis de dormir plus longtemps. Parfait ! Mes compagnes m’apprennent que le ferry a beaucoup tangué cette nuit, ce qui a sûrement causé notre retard. Moi, j’ai dormi comme une masse et je n’ai absolument rien senti ! Visiblement, le roulis était vraiment fort. J’ai la capacité de dormir un peu n’importe où et je m’en réjouis ! En tout cas, mes deux amies me remercient encore une fois de l’opportunité que je leur ai offerte de dormir dans un lit surtout avec les vagues de cette nuit qui faisaient tanguer le ferry. Elles auraient roulé à travers le pont toute la nuit ! Au final, nous sommes plutôt en forme avec nos 7h de sommeil. Heureusement car nous avons une grosse journée devant nous encore.
Sur un coup de tête, nous avons décidé de faire un tour en Alaska aujourd’hui ! Mettre 3 Françaises voyageuses un peu folles ensemble, mélanger le tout et ça donne un cocktail explosif dans les challenges délirants compulsifs ! Un coup de taxi plus tard, nous déposons nos sacs dans la même auberge de jeunesse que la semaine dernière, nous voici revenues à notre point de départ. Les filles filent louer une voiture tandis que je lance une lessive et finis quelques bricoles à l’auberge. Elles passent me prendre et hop, nous voici parties en direction de Stewart, dernière ville canadienne avant la frontière de l’Alaska. Le projet est un peu fou, étant donné qu’il y a plus de 800 km aller et retour à effectuer dans la journée pour y accéder, mais ça ne nous fait pas peur ! Surtout que, bêtement, j’ai oublié mon permis de conduire, ne pensant pas en avoir besoin. Du coup, il n’y a que Bernadette qui peut conduire, Sylvie n’ayant pas le permis. Ca ne facilite pas les choses…
Les paysages sur la route sont grandioses. Plus nous nous enfonçons dans les terres, plus les cimes enneigées des montagnes abondent, leur reflet se mirant dans les rivières grisonnantes, couleur annonçant l’amoncellement de glaciers environnants. Malgré la beauté des sapins, des lacs et des montagnes, les routes infiniment droites, typiques du Canada, deviennent vite ennuyeuses. Du coup, nous nous racontons nos vies l’une après l’autre pour passer le temps. Un bon moyen de se connaître davantage tout en évitant à la conductrice de s’endormir. Partout des panneaux indiquant que faire du stop pour des femmes seules est un risque inutile sont visibles le long de la route. Apparemment, un meurtrier a sévi dans la région durant de nombreuses années en prenant des jeunes femmes en stop. On n’en a jamais revu une seule…Brr, ça fait froid dans le dos ! Au moins, le meurtrier a été arrêté il y a peu.
Après 5h de route, nous arrivons devant un beau glacier appelé « le glacier de l’ours », visible de la route. Telle une grande langue de glace bleutée, elle tombe dans un lac de couleur grise. Superbe ! Peu de temps après, nous arrivons dans la petite ville de Stewart. Ca y est, nous sommes à la frontière avec l’Alaska ! Il n’existe aucun poste frontalier pour passer en Alaska, voilà enfin une façon simple d’entrer aux Etats-Unis ! La petite ville de Hyder qui nous accueille en Alaska est un véritable village fantôme avec ses maisons et hôtels abandonnés. Ils ont essayé de créer une petite ville touristique mais ça n’a visiblement pas du tout marché. Même l’office de tourisme est laissé à l’abandon ! Quelle drôle d’impression de se retrouver ici dans ce village fantôme d’une dizaine de bâtisses au bout du monde, perdue au milieu de cette immensité sauvage ! J’adore !
Ravies d’avoir fait cette incursion de 30 minutes en Alaska, nous décidons de revenir au Canada maintenant. Là, par contre, il faut montrer notre passeport. C’est facile de sortir, moins de revenir ! Malgré tout, cinq minutes plus tard, nous sommes de nouveau en Colombie Britannique et nous nous arrêtons dans cette charmante ville de Stewart prendre un café et nous promener un peu. Entourée de montagnes, cette petite ville est charmante, bien que fort peu animée. Cette solitude désertique environnante me fascine. Nous sommes à deux heures de toute ville ici, vraiment perdus en pleine nature, dans un contexte climatique spécialement rude, surtout en hiver. Comment font les habitants du coin ? Ils sont tellement isolés de tout… Je suis très impressionnée par leur témérité et leur courage.
Le temps passe malheureusement vite et il faut déjà penser à prendre la route du retour. Cinq autres heures de route nous attendent avant de rejoindre Prince Rupert. Et nous voilà reparties dans l’autre sens ! Je tiens compagnie à Bernadette tandis que Sylvie effectue un petit somme. Alors qu’il faisait si beau jusque là, les nuages assombrissent d’un seul coup le ciel et une grosse pluie se déverse abondamment sur notre frêle voiture. La conduite est moins drôle pour Bernadette du coup. Mais heureusement, l’averse passe assez vite. Nous nous arrêtons pour manger d’horribles pâtes dans un troquet d’une petite ville. C’est très difficile de manger pour pas cher ici. Soit on a le droit à des hamburgers ou sandwiches, soit il s’agit de plats élaborés assez cher. Mais trouver une salade quelconque ici, ça relève du miracle !
Ballonnées, nous reprenons la route, déçues de notre repas. C’est à mon tour maintenant de somnoler, tandis que Sylvie distrait Bernadette. Demain, je dois me lever à 5h du matin pour prendre le ferry en direction de l’île de Vancouver. Les filles se lèvent 2h plus tard pour prendre un train qui les mène à Jaspes. Nos routes vont se séparer demain matin, chacune continuant son périple en solitaire. Je suis ravie de les avoir rencontrées à un moment où j’en avais besoin. Je suis aussi contente de les quitter maintenant pour continuer mon chemin. A trois, nous ne rencontrons pas de nouvelles personnes, nous sommes dans notre bulle française. J’ai envie de m’ouvrir davantage aux étrangers.
Je suis vraiment ravie de cette première semaine de voyage dans ces contrées reculées et sauvages. C’est exactement ce que je voulais et ce dont j’avais besoin. Ne pas rencontrer âme qui vive pendant plusieurs jours, admirer l’état brut des paysages, se sentir isolée de tout, face à soi-même, à la merci de la Nature, quel beau cadeau ! L’Inde risque d’être un sacré contraste après ce que je viens de vivre. Mais il me reste encore une semaine à Telegraph Cove avant de penser à quitter le Canada. J’ai encore le temps !
Nous arrivons à Prince Rupert vers 23h, le temps d’aller rendre la voiture, nous sommes à l’hôtel à quasiment minuit. Ouh, ma nuit va être courte ! Surtout que je n’ai aucune idée de l’heure à laquelle le taxi passe nous prendre demain matin pour nous emmener au ferry. Heureusement, la Japonaise, qui dort dans la même chambre que moi et que j’ai croisée par chance ce matin, prend le même ferry demain. Je vais compter sur elle pour l’heure du réveil ! Les au revoir avec mes compagnes sont vite expédiés, nous sommes éreintées. Je m’écroule sur le lit, exténuée.
Dernier jour sur les îles de la Reine Charlotte
Le 4 septembre 2009
Encore une fois, la nuit fut plutôt bonne et dormir sur un matelas est un luxe que j’avais presque oublié depuis deux jours. Nous ouvrons la porte de notre cabane avec appréhension pour découvrir l’état du ciel mais un temps calme et ensoleillé se présente à nous ce matin. La tempête est finie nous pourrons rentrer à bon port ce soir ! Le petit déjeuner avalé, nous partons nous promener tous ensemble dans la belle forêt. Le charme opère moins en groupe que seule mais nous avons droit à une explication de notre capitaine sur la flore de la région. Les épicéas et les cèdres se partagent le territoire, laissant cette incroyable mousse verte les recouvrir de la racine aux plus fines branches. Elle s’effiloche même au bout des branchages, telle une barbe fine de grand-père sans âge.
Nous croisons des biches et de petits écureuils en chemin. La promenade a pour but d’arriver à un immense épicéa de plusieurs milliers d’années au tronc si large qu’il faut 10 personnes se tenant les mains pour en faire le tour ! Très impressionnant ! Je me sens encore une fois tellement minuscule à côté de Dame Nature…J’aimerais tellement que l’homme réussisse à lui donner tout le respect qu’elle mérite. Peut-être un jour devrons-nous retourner à nos racines, aux choses élémentaires de la vie et réapprendre à vivre en harmonie avec notre environnement.
Nous remontons ensuite dans le bateau en direction du dernier site Haida à visiter. Nous débarquons sur une nouvelle petite île perdue au milieu d’une centaine d’autres. Un gardien nous rejoint, il a un air d’Amérindien. En effet, il descend d’une famille Haida et sa famille a vécu sur cette île. Il nous parle de sa communauté aujourd’hui quasiment disparue. Le peuple Haida était une société matriarcale qui possédait suffisamment de ressources naturelles pour ne pas avoir à travailler beaucoup pour subvenir à leurs besoins. Ils avaient donc beaucoup de temps à consacrer à l’art sous toutes ses formes : dessins, sculptures, vêtements… Leur culture était transmise par l’intermédiaire d’ « historiens » désignés ainsi dès leur naissance pour transmettre aux générations suivantes leurs histoires et légendes. Il n’y avait aucun écrit, tout était transmis oralement. De nos jours, on ne sait quasiment plus rien de leur mode de vie d’antan, lesdits historiens n’existant plus. Quel grand savoir de perdu ! Oublié dans les abîmes du temps…
Le gardien Haida nous apprend que chaque village était séparé en deux clans appelés les aigles et les corbeaux. Une personne d’un clan ne pouvait se marier qu’avec une personne de l’autre clan. Etant donné q’il n’y avait qu’une vingtaine d’individus dans chaque groupe, le choix était limité ! Le site qu’il nous fait visiter n’a plus ses totems d’autrefois, la plupart étant placés dans des musées, ce qui le désole en tant que Haida. Lorsqu’un membre important du village mourait, on plaçait son corps dans une boîte avec certains de ses effets personnels et on la plaçait dans un totem dit « mortuaire ». Le désir du peuple Haida est que le corps ainsi que le totem en bois soient rendus à la Terre, se décomposant d’eux-mêmes au fil des années. Placer ces totems dans des musées afin de les conserver et de les soustraire de leur terre originelle est le comble de l’hérésie pour ce peuple aux traditions ancestrales et aux croyances spirituelles !
Nous avons l’impression de connaître beaucoup de choses, nous Occidentaux qui prenons des décisions pour le bien de la Science et de la Découverte mais je pense que nous y perdons beaucoup également en ne respectant pas les traditions des peuples anciens, ils auraient beaucoup à nous apprendre. Ce pouvoir de conquérant maître esclave qu’ont les hommes entre eux est quand même assez surprenant, je trouve. Ne sommes-nous pas un peu plus évolués que ça de nos jours ? Il faut croire que non…
Notre guide nous parle des vestiges restant des longues maisons en bois des Haida, puis après son tour de l’île, il nous offre un café chez lui. Il est plus de 2h avec tout ça et nous n’avons pas mangé, je meurs de faim ! Nous finissons par remonter sur le bateau où un déjeuner nous attend patiemment. Je dévore ces crudités et ce fromage avidement puis nous reprenons la mer pour revenir sur l’île Moresby où un minibus nous attend pour nous conduire dans la ville de Queen Charlotte City où m’attendent mes deux amies françaises, Bernadette et Sylvie. Ils avaient prévu de raccourcir le temps en mer au cas où la mer aurait été agitée à cause de la tempête. Malgré le temps calme, nous montons dans le bus, après avoir dit au revoir au capitaine. Sur la route, nous apercevons deux beaux ours sur la berge, essayant d’attraper des poissons. C’est plus agréable de les voir derrière les vitres d’une voiture plutôt qu’exposée en pleine nature !
En chemin, nous tombons sur mes deux amies, Bernadette et Sylvie, en train de faire du stop. Nous les embarquons et les déposons à l’hôtel, tandis que je vais chercher mon gros sac à dos resté à l’agence. Je suis partie en camping pour 4 jours avec juste un petit sac à dos ridicule (la tente et le matelas étant à part), personne n’en revenait que j’aie si peu d’affaires. En même temps, je ne vois pas ce dont j’aurais pu avoir besoin de plus en 4 jours. Je n’ai manqué de rien même si j’avoue que mes vêtements sont loin d’être immaculés. Une bonne lessive et il n’y paraîtra plus ! Je dis au revoir à tout le petit groupe avec lequel j’ai effectué cette belle excursion. Ils sont tous très sympathiques et leur attention envers moi pendant tout le séjour me va droit au cœur. L’un d’entre eux me souhaite de trouver les réponses à mes questions sur la paix intérieure et l’accès au bonheur et à la sérénité. Il me souffle à l’oreille exactement la même phrase qui m’a été dite l’année dernière par une Québécoise rencontrée dans l’avion pour mon retour en France à Noël : « la paix se trouve à l’intérieur de toi, ne va pas la chercher trop loin ». Je reste interdite par la répétition de ces mêmes mots, ce même contexte de cette phrase lancée juste avant de se quitter, comme une bouteille à la mer qu’il me revient d’attraper ou non. Etrange…
Je félicite ensuite Lexie, une jeune fille de 28 ans seulement qui a été notre guide, cuisinière, mousse durant ces 4 jours. Avec la force d’un homme, ce petit bout de femme soulèverait n’importe quelle caisse, sautant comme un singe d’un bout à l’autre du bateau et toujours avec un sourire charmant. Je suis très impressionnée par cette jeune femme qui a appris ce dur métier il y a quelques années seulement. Elle a trouvé sa voie, elle a l’air d’aimer son travail en tout cas ! Je ne suis pas prête de m’engager sur un navire, moi, je ne suis pas capable de faire la moitié de ce qu’elle a fait en 4 jours ! L’important, c’est de le savoir…
Je retrouve ensuite mes deux amies françaises devant un bon verre de vin. Je suis bien contente de les retrouver, d’une part parce que je peux de nouveau parler français, d’autre part parce qu’on s’amuse bien ensemble et, je m’en aperçois maintenant, j’en avais un peu assez d’être entourée de couples uniquement ! Voilà en bonne partie la raison de mon malaise durant ces 4 jours d’excursion, je pense. Ne se trouver qu’avec des couples et être la seule célibataire, ce n’est pas évident à gérer. J’avais peur de gêner en m’imposant trop, même s’ils ne l’ont jamais sous entendu. Je préférais souvent être seule plutôt que de m’incruster avec un couple voulant profiter de leur moment d’intimité. Ce n’était donc pas évident pour moi d’être totalement à l’aise avec eux, je paraissais un peu anormale de par mon célibat. Avec les filles, c’est totalement différent. Nous sommes des voyageuses solitaires qui se sont rencontrées et ont sympathisé, ce qui a resserré nos liens. Nous ne sommes plus seules mais un groupe de trois. La perspective est totalement différente. Ceci dit, ces 4 jours seule m’ont permis de refaire le point quant à ma rupture avec Michaël d’il y a 1 an et demi maintenant. C’était nécessaire encore une fois. Et le fait de partir en voyage ravive inévitablement des souvenirs lointains de couple.
Malgré la fin de la journée qui approche, nous sommes loin d’avoir fini la nôtre. Ce soir, nous prenons le ferry qui nous ramène à Prince Rupert sur le continent. Nous arrivons au terminal vers 21h puis montons dans le bateau plutôt rapidement à mon plus grand bonheur. Malgré le prix assez élevé, j’ai réservé une cabine pour la nuit afin de récupérer un peu durant les 6h de traversée. Mes amies n’ayant pas les moyens, je les laisse sur les sièges du pont intérieur tandis que je pars découvrir ma cabine. Je me sens presque coupable de les abandonner à une nuit difficile alors que je serai confortablement installée dans un lit ! Ma cabine comprend 4 lits superposés et une douche privative. Oh joie ! J’enlève tous mes vêtements boueux et sales des 4 jours en camping sauvage et je saute sous cette douche chaude et revigorante. Je me sens une nouvelle femme ! Surtout avec des vêtements propres.
Je me couche en attendant le départ du ferry à 23h. Alors que le bateau quitte le quai, j’ouvre un œil et je vois que je suis toujours seule dans ma cabine de 4. Je saute dans mes chaussures et pars à la recherche de mes deux amies que je retrouve allongées par terre, entre des sièges, dans leur sac de couchage. Je leur demande de me suivre discrètement jusqu’à ma cabine où elles trouveront de vrais lits pour la nuit. La joie qui éclaire leur visage est le plus beau des remerciements pour moi. Nous nous couchons rapidement et nous endormons avec le roulis de plus en plus fort du ferry.
Encore une fois, la nuit fut plutôt bonne et dormir sur un matelas est un luxe que j’avais presque oublié depuis deux jours. Nous ouvrons la porte de notre cabane avec appréhension pour découvrir l’état du ciel mais un temps calme et ensoleillé se présente à nous ce matin. La tempête est finie nous pourrons rentrer à bon port ce soir ! Le petit déjeuner avalé, nous partons nous promener tous ensemble dans la belle forêt. Le charme opère moins en groupe que seule mais nous avons droit à une explication de notre capitaine sur la flore de la région. Les épicéas et les cèdres se partagent le territoire, laissant cette incroyable mousse verte les recouvrir de la racine aux plus fines branches. Elle s’effiloche même au bout des branchages, telle une barbe fine de grand-père sans âge.
Nous croisons des biches et de petits écureuils en chemin. La promenade a pour but d’arriver à un immense épicéa de plusieurs milliers d’années au tronc si large qu’il faut 10 personnes se tenant les mains pour en faire le tour ! Très impressionnant ! Je me sens encore une fois tellement minuscule à côté de Dame Nature…J’aimerais tellement que l’homme réussisse à lui donner tout le respect qu’elle mérite. Peut-être un jour devrons-nous retourner à nos racines, aux choses élémentaires de la vie et réapprendre à vivre en harmonie avec notre environnement.
Nous remontons ensuite dans le bateau en direction du dernier site Haida à visiter. Nous débarquons sur une nouvelle petite île perdue au milieu d’une centaine d’autres. Un gardien nous rejoint, il a un air d’Amérindien. En effet, il descend d’une famille Haida et sa famille a vécu sur cette île. Il nous parle de sa communauté aujourd’hui quasiment disparue. Le peuple Haida était une société matriarcale qui possédait suffisamment de ressources naturelles pour ne pas avoir à travailler beaucoup pour subvenir à leurs besoins. Ils avaient donc beaucoup de temps à consacrer à l’art sous toutes ses formes : dessins, sculptures, vêtements… Leur culture était transmise par l’intermédiaire d’ « historiens » désignés ainsi dès leur naissance pour transmettre aux générations suivantes leurs histoires et légendes. Il n’y avait aucun écrit, tout était transmis oralement. De nos jours, on ne sait quasiment plus rien de leur mode de vie d’antan, lesdits historiens n’existant plus. Quel grand savoir de perdu ! Oublié dans les abîmes du temps…
Le gardien Haida nous apprend que chaque village était séparé en deux clans appelés les aigles et les corbeaux. Une personne d’un clan ne pouvait se marier qu’avec une personne de l’autre clan. Etant donné q’il n’y avait qu’une vingtaine d’individus dans chaque groupe, le choix était limité ! Le site qu’il nous fait visiter n’a plus ses totems d’autrefois, la plupart étant placés dans des musées, ce qui le désole en tant que Haida. Lorsqu’un membre important du village mourait, on plaçait son corps dans une boîte avec certains de ses effets personnels et on la plaçait dans un totem dit « mortuaire ». Le désir du peuple Haida est que le corps ainsi que le totem en bois soient rendus à la Terre, se décomposant d’eux-mêmes au fil des années. Placer ces totems dans des musées afin de les conserver et de les soustraire de leur terre originelle est le comble de l’hérésie pour ce peuple aux traditions ancestrales et aux croyances spirituelles !
Nous avons l’impression de connaître beaucoup de choses, nous Occidentaux qui prenons des décisions pour le bien de la Science et de la Découverte mais je pense que nous y perdons beaucoup également en ne respectant pas les traditions des peuples anciens, ils auraient beaucoup à nous apprendre. Ce pouvoir de conquérant maître esclave qu’ont les hommes entre eux est quand même assez surprenant, je trouve. Ne sommes-nous pas un peu plus évolués que ça de nos jours ? Il faut croire que non…
Notre guide nous parle des vestiges restant des longues maisons en bois des Haida, puis après son tour de l’île, il nous offre un café chez lui. Il est plus de 2h avec tout ça et nous n’avons pas mangé, je meurs de faim ! Nous finissons par remonter sur le bateau où un déjeuner nous attend patiemment. Je dévore ces crudités et ce fromage avidement puis nous reprenons la mer pour revenir sur l’île Moresby où un minibus nous attend pour nous conduire dans la ville de Queen Charlotte City où m’attendent mes deux amies françaises, Bernadette et Sylvie. Ils avaient prévu de raccourcir le temps en mer au cas où la mer aurait été agitée à cause de la tempête. Malgré le temps calme, nous montons dans le bus, après avoir dit au revoir au capitaine. Sur la route, nous apercevons deux beaux ours sur la berge, essayant d’attraper des poissons. C’est plus agréable de les voir derrière les vitres d’une voiture plutôt qu’exposée en pleine nature !
En chemin, nous tombons sur mes deux amies, Bernadette et Sylvie, en train de faire du stop. Nous les embarquons et les déposons à l’hôtel, tandis que je vais chercher mon gros sac à dos resté à l’agence. Je suis partie en camping pour 4 jours avec juste un petit sac à dos ridicule (la tente et le matelas étant à part), personne n’en revenait que j’aie si peu d’affaires. En même temps, je ne vois pas ce dont j’aurais pu avoir besoin de plus en 4 jours. Je n’ai manqué de rien même si j’avoue que mes vêtements sont loin d’être immaculés. Une bonne lessive et il n’y paraîtra plus ! Je dis au revoir à tout le petit groupe avec lequel j’ai effectué cette belle excursion. Ils sont tous très sympathiques et leur attention envers moi pendant tout le séjour me va droit au cœur. L’un d’entre eux me souhaite de trouver les réponses à mes questions sur la paix intérieure et l’accès au bonheur et à la sérénité. Il me souffle à l’oreille exactement la même phrase qui m’a été dite l’année dernière par une Québécoise rencontrée dans l’avion pour mon retour en France à Noël : « la paix se trouve à l’intérieur de toi, ne va pas la chercher trop loin ». Je reste interdite par la répétition de ces mêmes mots, ce même contexte de cette phrase lancée juste avant de se quitter, comme une bouteille à la mer qu’il me revient d’attraper ou non. Etrange…
Je félicite ensuite Lexie, une jeune fille de 28 ans seulement qui a été notre guide, cuisinière, mousse durant ces 4 jours. Avec la force d’un homme, ce petit bout de femme soulèverait n’importe quelle caisse, sautant comme un singe d’un bout à l’autre du bateau et toujours avec un sourire charmant. Je suis très impressionnée par cette jeune femme qui a appris ce dur métier il y a quelques années seulement. Elle a trouvé sa voie, elle a l’air d’aimer son travail en tout cas ! Je ne suis pas prête de m’engager sur un navire, moi, je ne suis pas capable de faire la moitié de ce qu’elle a fait en 4 jours ! L’important, c’est de le savoir…
Je retrouve ensuite mes deux amies françaises devant un bon verre de vin. Je suis bien contente de les retrouver, d’une part parce que je peux de nouveau parler français, d’autre part parce qu’on s’amuse bien ensemble et, je m’en aperçois maintenant, j’en avais un peu assez d’être entourée de couples uniquement ! Voilà en bonne partie la raison de mon malaise durant ces 4 jours d’excursion, je pense. Ne se trouver qu’avec des couples et être la seule célibataire, ce n’est pas évident à gérer. J’avais peur de gêner en m’imposant trop, même s’ils ne l’ont jamais sous entendu. Je préférais souvent être seule plutôt que de m’incruster avec un couple voulant profiter de leur moment d’intimité. Ce n’était donc pas évident pour moi d’être totalement à l’aise avec eux, je paraissais un peu anormale de par mon célibat. Avec les filles, c’est totalement différent. Nous sommes des voyageuses solitaires qui se sont rencontrées et ont sympathisé, ce qui a resserré nos liens. Nous ne sommes plus seules mais un groupe de trois. La perspective est totalement différente. Ceci dit, ces 4 jours seule m’ont permis de refaire le point quant à ma rupture avec Michaël d’il y a 1 an et demi maintenant. C’était nécessaire encore une fois. Et le fait de partir en voyage ravive inévitablement des souvenirs lointains de couple.
Malgré la fin de la journée qui approche, nous sommes loin d’avoir fini la nôtre. Ce soir, nous prenons le ferry qui nous ramène à Prince Rupert sur le continent. Nous arrivons au terminal vers 21h puis montons dans le bateau plutôt rapidement à mon plus grand bonheur. Malgré le prix assez élevé, j’ai réservé une cabine pour la nuit afin de récupérer un peu durant les 6h de traversée. Mes amies n’ayant pas les moyens, je les laisse sur les sièges du pont intérieur tandis que je pars découvrir ma cabine. Je me sens presque coupable de les abandonner à une nuit difficile alors que je serai confortablement installée dans un lit ! Ma cabine comprend 4 lits superposés et une douche privative. Oh joie ! J’enlève tous mes vêtements boueux et sales des 4 jours en camping sauvage et je saute sous cette douche chaude et revigorante. Je me sens une nouvelle femme ! Surtout avec des vêtements propres.
Je me couche en attendant le départ du ferry à 23h. Alors que le bateau quitte le quai, j’ouvre un œil et je vois que je suis toujours seule dans ma cabine de 4. Je saute dans mes chaussures et pars à la recherche de mes deux amies que je retrouve allongées par terre, entre des sièges, dans leur sac de couchage. Je leur demande de me suivre discrètement jusqu’à ma cabine où elles trouveront de vrais lits pour la nuit. La joie qui éclaire leur visage est le plus beau des remerciements pour moi. Nous nous couchons rapidement et nous endormons avec le roulis de plus en plus fort du ferry.
Sources chaudes et tempête
Le 3 septembre 2009
Réveillée à l’aube ce matin, j’ai plutôt bien dormi dans ma tente cette nuit, sans impression de froid. J’ai parfaitement récupéré et je suis en pleine forme! Nous empaquetons rapidement nos affaires, nous voulons admirer les coraux à marée basse. Vers 8h, nous sommes sur le bateau à regarder les moules, palourdes, crustacés et étoiles de mer sur les rochers ou dans le fond de l’eau. J’avoue ne pas être très impressionnée par ces mollusques, j’ai les mêmes en Normandie à marée basse! Je me contente d’admirer le paysage qui, lui, me dépayse beaucoup plus. Ces grands espaces à perte de vue avec pas âme qui vive depuis 3 jours… Alors que tout le monde a le nez au fond de l’océan, je regarde en l’air, admirant cette immensité. Le contraste est plutôt drôle. Comme quoi, selon ses racines, les expériences nouvelles ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
Nous continuons ensuite notre route jusqu’à une petite île où se trouvent des sources chaudes naturelles. On nous annonce qu’il est nécessaire de prendre une douche avant d’y aller. Nous ne nous le faisons pas dire deux fois, ça fait 3 jours que notre équipe n’a pas vu une douche. Comme quoi, reconnecter avec les plaisirs simples de la vie, ça fait du bien! Cette douche très sommaire avec une valve qu’on doit maintenir ouverte avec le bras pour que l’eau puisse s’écouler me paraît pourtant le comble du luxe aujourd’hui!
Mon maillot de bain enfilé, je me dirige vers les piscines d’eau chaude naturelle. L’une d’elles, située un peu en hauteur, a une magnifique vue sur la mer et ses îles. Je tombe sous le charme de cet endroit immédiatement. Je me glisse dans cette eau délicieusement brûlante, savourant la chaleur pénétrant petit à petit dans chaque parcelle de mon corps. Quel bonheur alors qu’il fait si froid dehors! De plus, il n’y a personne d’autre que nous sur le site, nous pouvons profiter à loisir de ces trésors. Mes compagnons s’en vont dans d’autres piscines, je reste seule à profiter des lieux. Encore une fois, l’énergie du site est spéciale ici et je repars en méditation, allongée sur une pierre, le corps à demi dans l’eau pour ne pas avoir trop chaud. Je n’ai plus envie de bouger, le temps s’est arrêté pour moi. J’aimerais pourtant partager ce moment d’éternité avec quelqu’un, mais bon.. Je pense que c’est ce qui me manque le plus dans le fait de voyager seule: de ne pouvoir partager les moments forts avec personne. Je marque tout dans ma mémoire, chaque sensation, chaque ressenti, en profitant à fond du moment. Je sais que c’est un beau cadeau que je me fais à moi-même.
On vient me chercher pour me dire que le repas est prêt. Je me résigne avec difficulté à quitter ces lieux magiques. Le repas ingurgité, on nous apprend qu’une tempête va sévir cette nuit sur la région. Bon, voilà autre chose… Nous voyons en effet plusieurs gros nuages s’amonceler au loin. Nous plions bagages et remontons sur notre bateau, afin d’arriver au camp avant l’orage. La mer est agitée et notre bateau brave vaillamment les vagues qui grossissent de plus en plus. Arrivés sur l’île où l’on passera la nuit, on nous apprend que nous ne dormirons pas dans les tentes ce soir mais dans une maison de Haida reconstruite pour les visiteurs qui souhaitent passer la nuit dans les environs. Arrivés sur la terre ferme, nous admirons ce site encore une fois enchanteur. Une grande maison en bois, décorée de dessins amérindiens, trône à l’orée de la forêt juste derrière la plage. La forêt est encore plus belle que toutes celles que j’ai vues jusque-là. D’un vert indescriptible, d’immenses arbres semblent nous attirer encore plus loin dans le bois, à la façon d’une forêt enchantée. Un petit sentier nous invite d’ailleurs à y pénétrer. Je me laisse tenter par cet appel et m’y engage prudemment. Je sais que la tempête est proche, je ne vais pas m’y aventurer seule trop longtemps. Mes yeux ne savent plus où regarder tellement la beauté des lieux opère sur moi. Plus je m’enfonce dans cette forêt, plus j’ai envie d’en voir plus encore. Je retrouve Gaby et Dug qui comme moi n’ont pas su résister à ce chant de sirène. L’enchantement semble se rompre lors de notre rencontre et nous décidons de rentrer ensemble au chalet.
Un feu crépite dans le gros poêle à bois de la pièce. Dans chaque coin, un grand matelas est disposé et une grande table de bois trône au milieu de la pièce. Nous dormirons tous dans cette même grande salle ce soir. Le capitaine nous apprend que si la tempête ne se calme pas demain, nous resterons une journée de plus ici. Bon, ça ne m’arrange pas du tout cette histoire. Toujours à cause de mon planning très serré pour aller voir mes baleines sur l’île de Vancouver, je ne peux pas me permettre de prendre une journée de plus ici! De toute façon, si je n’ai pas le choix… Je ferai avec! La sécurité avant tout. Entre la panne du ferry, la rencontre nez à nez avec un ours et une tempête qui risque de nous coincer 2 jours sur une île déserte, ça fait beaucoup en une semaine. Et dire qu’il faut que je tienne 3 mois!! Heureusement que j’aime ça… Au moins, je ne m’ennuie pas.
La pluie commence à tomber, tout le monde s’enferme dans la maisonnette, certains lisent, d’autres entament une sieste. J’aime cette impression d’être seuls au monde, au milieu de nulle part, alors qu’une tempête s’apprête à faire rage, tout en me sachant protégée et en sécurité. Je m’aperçois que depuis que je suis partie, même si je suis en compagnie de monde, j’ai besoin de beaucoup de moments de solitude, des instants où je me retrouve juste avec moi-même. Mes compagnons doivent me prendre un peu pour une sauvage, mais, pour une raison que j’ignore, ce besoin de solitude est très présent depuis quelques jours. Est-ce bon signe ou non, je l’ignore.
Je pars faire un petit tour sur la plage. La marée est très basse, on peut presque se promener jusqu’au bateau à pied. Malgré le bonheur de marcher seule sur les galets, le nez au vent, les senteurs de la mer me parvenant jusqu’aux narines et le cri des mouettes me rappelant ma Normandie, je ne tarde pas à faire demi-tour assez vite, je connais les dangers de la marée montante. Un peu trop de distraction et on se retrouve entourée d’eau avec l’impossibilité de trouver une issue. Et j’ai eu assez de frayeur ces derniers jours, on va se la jouer cool pour une fois. Je repars en direction de la forêt, attirée irrésistiblement par ses bras de mousse. Le charme s’éteint à la rencontre de deux de mes camarades encore une fois et je rentre me protéger de la pluie dans la maison. Nous soupons ensemble autour d’une grande tablée, en nous racontant nos histoires de voyages. Je m’aperçois qu’à 30 ans, j’ai plus voyagé que tout le monde ici réuni alors qu’ils ont en moyenne 50 ans. Je me rends alors compte de ma chance et de l’expérience que ça m’a apportée. Nous finirons le repas à la bougie, puis tout le monde part se coucher. Je m’endors au son de la pluie qui tombe en rafales sur notre petit toit. J’aime entendre la tempête déferler dehors alors que je suis bien à l’abri et au chaud.
Réveillée à l’aube ce matin, j’ai plutôt bien dormi dans ma tente cette nuit, sans impression de froid. J’ai parfaitement récupéré et je suis en pleine forme! Nous empaquetons rapidement nos affaires, nous voulons admirer les coraux à marée basse. Vers 8h, nous sommes sur le bateau à regarder les moules, palourdes, crustacés et étoiles de mer sur les rochers ou dans le fond de l’eau. J’avoue ne pas être très impressionnée par ces mollusques, j’ai les mêmes en Normandie à marée basse! Je me contente d’admirer le paysage qui, lui, me dépayse beaucoup plus. Ces grands espaces à perte de vue avec pas âme qui vive depuis 3 jours… Alors que tout le monde a le nez au fond de l’océan, je regarde en l’air, admirant cette immensité. Le contraste est plutôt drôle. Comme quoi, selon ses racines, les expériences nouvelles ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
Nous continuons ensuite notre route jusqu’à une petite île où se trouvent des sources chaudes naturelles. On nous annonce qu’il est nécessaire de prendre une douche avant d’y aller. Nous ne nous le faisons pas dire deux fois, ça fait 3 jours que notre équipe n’a pas vu une douche. Comme quoi, reconnecter avec les plaisirs simples de la vie, ça fait du bien! Cette douche très sommaire avec une valve qu’on doit maintenir ouverte avec le bras pour que l’eau puisse s’écouler me paraît pourtant le comble du luxe aujourd’hui!
Mon maillot de bain enfilé, je me dirige vers les piscines d’eau chaude naturelle. L’une d’elles, située un peu en hauteur, a une magnifique vue sur la mer et ses îles. Je tombe sous le charme de cet endroit immédiatement. Je me glisse dans cette eau délicieusement brûlante, savourant la chaleur pénétrant petit à petit dans chaque parcelle de mon corps. Quel bonheur alors qu’il fait si froid dehors! De plus, il n’y a personne d’autre que nous sur le site, nous pouvons profiter à loisir de ces trésors. Mes compagnons s’en vont dans d’autres piscines, je reste seule à profiter des lieux. Encore une fois, l’énergie du site est spéciale ici et je repars en méditation, allongée sur une pierre, le corps à demi dans l’eau pour ne pas avoir trop chaud. Je n’ai plus envie de bouger, le temps s’est arrêté pour moi. J’aimerais pourtant partager ce moment d’éternité avec quelqu’un, mais bon.. Je pense que c’est ce qui me manque le plus dans le fait de voyager seule: de ne pouvoir partager les moments forts avec personne. Je marque tout dans ma mémoire, chaque sensation, chaque ressenti, en profitant à fond du moment. Je sais que c’est un beau cadeau que je me fais à moi-même.
On vient me chercher pour me dire que le repas est prêt. Je me résigne avec difficulté à quitter ces lieux magiques. Le repas ingurgité, on nous apprend qu’une tempête va sévir cette nuit sur la région. Bon, voilà autre chose… Nous voyons en effet plusieurs gros nuages s’amonceler au loin. Nous plions bagages et remontons sur notre bateau, afin d’arriver au camp avant l’orage. La mer est agitée et notre bateau brave vaillamment les vagues qui grossissent de plus en plus. Arrivés sur l’île où l’on passera la nuit, on nous apprend que nous ne dormirons pas dans les tentes ce soir mais dans une maison de Haida reconstruite pour les visiteurs qui souhaitent passer la nuit dans les environs. Arrivés sur la terre ferme, nous admirons ce site encore une fois enchanteur. Une grande maison en bois, décorée de dessins amérindiens, trône à l’orée de la forêt juste derrière la plage. La forêt est encore plus belle que toutes celles que j’ai vues jusque-là. D’un vert indescriptible, d’immenses arbres semblent nous attirer encore plus loin dans le bois, à la façon d’une forêt enchantée. Un petit sentier nous invite d’ailleurs à y pénétrer. Je me laisse tenter par cet appel et m’y engage prudemment. Je sais que la tempête est proche, je ne vais pas m’y aventurer seule trop longtemps. Mes yeux ne savent plus où regarder tellement la beauté des lieux opère sur moi. Plus je m’enfonce dans cette forêt, plus j’ai envie d’en voir plus encore. Je retrouve Gaby et Dug qui comme moi n’ont pas su résister à ce chant de sirène. L’enchantement semble se rompre lors de notre rencontre et nous décidons de rentrer ensemble au chalet.
Un feu crépite dans le gros poêle à bois de la pièce. Dans chaque coin, un grand matelas est disposé et une grande table de bois trône au milieu de la pièce. Nous dormirons tous dans cette même grande salle ce soir. Le capitaine nous apprend que si la tempête ne se calme pas demain, nous resterons une journée de plus ici. Bon, ça ne m’arrange pas du tout cette histoire. Toujours à cause de mon planning très serré pour aller voir mes baleines sur l’île de Vancouver, je ne peux pas me permettre de prendre une journée de plus ici! De toute façon, si je n’ai pas le choix… Je ferai avec! La sécurité avant tout. Entre la panne du ferry, la rencontre nez à nez avec un ours et une tempête qui risque de nous coincer 2 jours sur une île déserte, ça fait beaucoup en une semaine. Et dire qu’il faut que je tienne 3 mois!! Heureusement que j’aime ça… Au moins, je ne m’ennuie pas.
La pluie commence à tomber, tout le monde s’enferme dans la maisonnette, certains lisent, d’autres entament une sieste. J’aime cette impression d’être seuls au monde, au milieu de nulle part, alors qu’une tempête s’apprête à faire rage, tout en me sachant protégée et en sécurité. Je m’aperçois que depuis que je suis partie, même si je suis en compagnie de monde, j’ai besoin de beaucoup de moments de solitude, des instants où je me retrouve juste avec moi-même. Mes compagnons doivent me prendre un peu pour une sauvage, mais, pour une raison que j’ignore, ce besoin de solitude est très présent depuis quelques jours. Est-ce bon signe ou non, je l’ignore.
Je pars faire un petit tour sur la plage. La marée est très basse, on peut presque se promener jusqu’au bateau à pied. Malgré le bonheur de marcher seule sur les galets, le nez au vent, les senteurs de la mer me parvenant jusqu’aux narines et le cri des mouettes me rappelant ma Normandie, je ne tarde pas à faire demi-tour assez vite, je connais les dangers de la marée montante. Un peu trop de distraction et on se retrouve entourée d’eau avec l’impossibilité de trouver une issue. Et j’ai eu assez de frayeur ces derniers jours, on va se la jouer cool pour une fois. Je repars en direction de la forêt, attirée irrésistiblement par ses bras de mousse. Le charme s’éteint à la rencontre de deux de mes camarades encore une fois et je rentre me protéger de la pluie dans la maison. Nous soupons ensemble autour d’une grande tablée, en nous racontant nos histoires de voyages. Je m’aperçois qu’à 30 ans, j’ai plus voyagé que tout le monde ici réuni alors qu’ils ont en moyenne 50 ans. Je me rends alors compte de ma chance et de l’expérience que ça m’a apportée. Nous finirons le repas à la bougie, puis tout le monde part se coucher. Je m’endors au son de la pluie qui tombe en rafales sur notre petit toit. J’aime entendre la tempête déferler dehors alors que je suis bien à l’abri et au chaud.
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