Ecole amazonienne

31 mars 2009

La nuit fut un peu courte et bruyante à mon goût. Les ronflements sonores de mes congénères à quelques mètres de moi étaient si forts que j’avais du mal à apprécier les bruits de la forêt. Par contre, on est bien dans un hamac, j’aime dormir de cette façon, en pleine nature de surcroît !

Max est parti à l’aube ce matin, il avait des choses à préparer pour la suite de notre voyage. C’est donc un autre guide au sourire constamment gravé sur le visage qui prend en charge notre groupe. Nous empaquetons nos affaires et reprenons le bateau pour revenir au lodge. Au revoir, campement de survie ! Une demi-heure plus tard, nous voici revenus à la maison où un bon petit déjeuner nous attend. Nous engouffrons le tout goulûment avant de repartir aussi sec pour rendre visite à des écoliers.

Le groupe de touristes qui m’accompagne s’occupe d’un très beau projet : aider les écoles amazoniennes en leur fournissant des cahiers, stylos et livres scolaires. Je leur demande si je peux les accompagner et ils me répondent qu’ils seront heureux que je les aide dans ce projet. Génial ! Nous voici donc repartis en bateau jusqu’à l’école la plus proche qui se trouve à une heure à peu près. Une fois sur place, nous nous séparons en trois groupes, puisqu’il y a trois classes, et chacun est chargé d’apprendre quelque chose aux élèves. L’un s’occupe de leur apprendre les origamis, l’autre leur donne des rudiments d’anglais, et mon groupe est chargé de leur apprendre une chanson en français ! J’apprends en vitesse « Sur le pont d’Avignon » et « Frère Jacques » à mes camarades, puis nous entrons dans une classe. C’est plutôt amusant d’essayer de leur apprendre ma langue ! Ca ne marche pas vraiment, mais, bon, tout le monde s’amuse, c’est l’essentiel. Une même classe est composée de jeunes de six à douze ans, les professeurs n’étant pas assez nombreux pour séparer les classes en tranches d’âge. Le matin, ce sont les petits qui vont à l’école, l’après midi c’est la grande section jusqu’à dix huit ans.

Après notre cours improvisé, notre groupe sort des ballons, du savon pour faire des bulles, des jeux en tout genre qui rendent les enfants amazoniens fous de joie. Tout le monde crie, s’amuse, l’atmosphère est à la joie et à la fête. Encore une fois, je me sens émue par l’intensité de ces émotions. Les adolescents touristes s’amusent avec les jeunes Amazoniens, cette belle mixité est superbe à admirer. J’ai vraiment de la chance d’être tombée sur ce groupe à part. Surtout que je me trouve en âge entre les jeunes adolescents et les professeurs, je m’entends donc bien avec tout le monde. Spécialement avec Deanna, une jeune Américaine de quatorze ans, extrêmement timide au premier abord, mais qui commence à s’ouvrir à moi tout doucement.

Nous quittons ensuite l’école avec les enfants, en suivant, non pas les bus scolaires, mais les bateaux scolaires ici. Revenus au lodge, nous avons enfin quelques heures devant nous pour nous relaxer un peu. J’en profite pour faire une sieste dans le hamac et m’endors aussitôt, le balancement de la toile et le calme environnant m’y aidant fortement. Ca fait du bien de ne rien faire, aussi ! Je prends un peu de temps pour méditer, c’est si énergisant ici !

Vers quinze heures trente, nous repartons pour une expédition en petit canot à rame à la recherche des singes, animaux fétiches de la région. Nous nous enfonçons sans bruit dans la mangrove, scrutant le haut des arbres avec attention. Ce silence, juste perturbé par le bruit de la rame s’enfonçant dans l’eau, est vraiment agréable. C’est ce que j’apprécie dans notre groupe aussi : même si on est plutôt nombreux, tout le monde est calme et respectueux, des plus jeunes aux plus âgées ! Je suis vraiment bien tombée. Je me trouve à côté de Deanna sur le bateau, et la pauvre a une phobie des araignées. Ce n’est pas très pratique en Amazonie. Apeurée, elle me demande toutes les dix minutes de jeter à l’eau les petites araignées qui viennent nous saluer dans notre bateau . Je m’en occupe vaillamment, les araignées ne me causant aucun souci, et ça a l’air de la rassurer. Je me suis fait une copine !

Soudain, la cime d’un des arbres bouge en tous sens, un groupe de singes s’amuse là-haut. Nous nous approchons suffisamment près pour voir leurs petites têtes nous regarder. Plusieurs faucons nous survolent, leurs magnifiques ailes déployées, et je me prends à rêver que je suis moi-même l’un de ces majestueux oiseaux pour pouvoir admirer l’Amazonie du ciel. Après une heure trente de cheminement dans les canaux du Rio Mamori, nous rentrons au lodge, encore une fois charmés par cette expédition. Ne cesseront-ils jamais de me surprendre par toute cette beauté à l’état pur ? Sur le chemin, nous assistons à l’un des plus beaux couchers de soleil de mon existence. Le ciel se couvre de rouge, semblant éclater de toutes parts. Puis des couleurs pastel telles que le rose et l’orangé prennent le relais. J’admire ce spectacle en écoutant les bruits de la forêt qui se réveille avec la tombée de la nuit. C’est simplement magnifique ! Je n’ai pas de mots pour décrire un tel enchantement.

Une fois rentrés au lodge, et pour parfaire cette journée déjà incroyable, j’enfile mon maillot en vitesse pour profiter de la fin du crépuscule dans la rivière. Les premières étoiles commencent à étinceler et entourent une lune brillante et majestueuse. Je glisse dans l’eau noire doucement, comme pour ne pas perturber cet environnement enchanteur. Quel bonheur de nager seule, sous ce ciel aux couleurs si changeantes, alors que l’obscurité commence doucement à nous engloutir ! Les autres membres du groupe viennent me rejoindre et je discute avec Paawee, un adolescent aux origines asiatiques. Mon anglais commence à s’améliorer avec tout ça !

Une bonne douche et un souper, et je tombe rapidement dans les bras de Morphée pour ma dernière nuit au lodge. Demain, nous partons en croisière sur un gros bateau durant quatre jours. Youhou !

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