Le 4 avril 2011
La nuit fut pour le moins agitée entre Aurélie qui est sortie de son cocon pour aller aux toilettes et Olivier qui se retrouvait trop coincé près de la toile parce qu’on se collait contre lui pour chercher un peu de chaleur et qui nous poussait à plusieurs reprises pour pouvoir respirer…C’était sportif ! Mais malgré tout, je ne m’en tire pas trop mal question sommeil et me réveille à l’aube afin de pouvoir admirer le lever de soleil sur la montagne. Il me faut rassembler tout mon courage afin de sortir de sous mes trois couvertures pour braver le froid mais la curiosité l’emporte sur mon confort.
La première levée, je m’entoure d’une couverture chaude et admire les premiers rayons pointant derrière les monts enneigés. Tout est calme et serein, j’apprécie ce moment de paix qui s’insinue dans tout mon être. J’apprécie la chance de pouvoir me trouver ici et de m’autoriser à vivre et ressentir ces incroyables moments de plénitude que m’offre la nature toujours plus belle et majestueuse à chacun de mes voyages. En fait, il suffit juste de prendre le temps de l’admirer !
Mes compagnons me rejoignent et nous allumons un feu pour faire rissoler nos croissants emportés pour l’occasion. Quel délice, ces viennoiseries grillées au feu de bois ! Un café ou chaï en plus et nous sommes au paradis. En plus, le soleil commence à nous réchauffer doucement, ce qui nous permet d’enlever une couche de couverture ou de vêtement par heure. Nous avons de la chance, le ciel est totalement dégagé ce matin et la chaîne himalayenne apparaît devant nous dans toute sa splendeur, nullement cachée par les nuages comme hier.
Après nous être totalement réchauffés au soleil, notre guide nous propose de continuer à grimper jusqu’au glacier où nous ne pourrons aller plus loin à cause de la neige. Nous acceptons avec entrain et recommençons à grimper sous un soleil clément cette fois-ci. Par contre, nous commençons à rencontrer pas mal de neige sur notre chemin et je peine un peu à avancer avec mes petites chaussures en toile. Le paysage est de plus en plus superbe, le contraste des pierres brunes, de la neige immaculée et du ciel bleu azur rendant le tableau saisissant de beauté. Aurélie s’amuse à lancer des boules de neige au guide qui le lui rend bien et je les regarde s’amuser tous les deux, comme si la beauté des lieux nous rendait notre âme d’enfant. Nous sommes arrivés à la fin du parcours, il y a encore trop de neige à cette période de l’année pour pouvoir continuer plus loin. Ce sera possible dans un mois ou deux seulement.
Nous marchons vraiment sur la neige, là, et mes chaussures commencent à prendre l’eau et à sérieusement refroidir mes pieds, même si le soleil tape fort. Olivier me propose d’essayer la paire de baskets qu’il a prise en plus pour lui au cas où ses pieds lui feraient des misères. Bien qu’un peu grandes, elles feront parfaitement l’affaire et me réchauffent les pieds instantanément. Merci Olivier, mon sauveur de pieds ! Tandis que je finis de me réchauffer avec un chaï dans une petite hutte en igloo sous la neige où un petit vendeur propose quelques produits de première nécessité, les autres s’amusent à glisser du haut des collines sur la neige, certains assis sur un plastique en guise de luge, d’autres directement sur les fesses !
Après une multitude de photos dans tous les sens, nous entamons la descente en chemin inverse de tout ce qu’on a grimpé hier et ce matin, ça nous fait une bonne marche ! Olivier qui traîne un peu la patte nous prie de ne pas l’attendre, nous descendons donc, Aurélie, le guide et moi, à une bonne cadence comme je les aime. Notre guide, un Indien de 23 ans, nous dragouille gentiment, mais avec beaucoup de respect. Ca nous amuse plus qu’autre chose au final et lui aussi visiblement. Le temps est splendide aujourd’hui et nous admirons sous un œil nouveau par rapport à hier les paysages montagnards. Les rhododendrons resplendissent au soleil et les monts enneigés s’offrent à nous partout où nous posons notre regard.
La descente s’effectue vite par rapport à notre montée d’hier et de ce matin et nous arrivons en ville pour 17h, juste à temps pour se reposer un peu, prendre une bonne douche bien méritée et redonner tous nos pulls et manteaux à nos amis de la guest house. Ce soir, nous dînons juste toutes les deux, Aurélie et moi, l’une de nos dernières soirées ensemble avant mon départ. On en profite ! Nous ne tarderons pas à nous coucher dans notre lit douillet, la randonnée et la mauvaise nuit dernière nous ayant achevées !
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