Canyon des makis dans l’Isalo

11/08/2013

  Ah, on a bien dormi encore une fois ! On dort bien ici, il y a peu de bruit dans les hôtels malgaches. Après notre petit déjeuner, notre guide vient nous retrouver et nous partons avec notre 4x4 en direction du canyon des makis, la petite demoiselle étant toujours du voyage également. Arrivés à un parking près du canyon, nous descendons, le reste se fera uniquement à pied durant ces trois prochains jours.

  Accompagnés de plusieurs autres groupes de touristes (là, c’est moins utile qu’hier !), nous marchons à travers les rizières en direction du canyon qui se dessine de plus en plus devant nous. Nous pénétrons à l’intérieur et découvrons une vraie jungle verdoyante, contrastant totalement avec le paysage aride visible partout où porte le regard en dehors du canyon. Là, une petite rivière et la protection par les parois rocheuses de la chaleur du soleil ont fait naître une véritable oasis de verdure. C’est superbe ! Il y a même de petites plages avec du sable fin bordant la rivière. Nous continuons à nous enfoncer dans le canyon, nous et les autres touristes, en escaladant les roches avec plus ou moins d’élégance. Nous arrivons à une petite piscine, c’est la fin du canyon accessible pour nous, nous n’avons plus qu’à faire demi-tour.

  Une fois sortis du canyon, nous retrouvons la chaleur aride du soleil (enfin de la chaleur, on ne s’en plaint pas !) et nous pouvons pour la première fois depuis notre arrivée enlever notre pull (qui commence à vraiment puer) et rester en tee-shirt. Youpi !! Maintenant, il faut grimper tout en haut du canyon. Etrangement, les touristes ont tous disparu et nous sommes les seuls à prendre ce chemin. En fait, la plupart des groupes organisés voient le canyon et s’en vont après pour faire d’autres sites. Nous avons l’avantage d’y rester trois jours, nous aurons vraiment le temps de profiter de cet endroit magique qui doit receler plein de trésors cachés.

  La montée est un peu raide mais mon genou ne bronche pas donc tout va bien. La vue en haut du canyon est de toute beauté ! D’un côté, on voit la plaine aride avec le village de Ranohira pour seul repère. De l’autre, un panorama digne du Grand Canyon s’offre à nous ! Les formations rocheuses ciselées par l’érosion sont de toute beauté. Nous pique-niquons tout en admirant les paysages environnants d’un sandwich aux légumes (très bon) et d’un autre à l’omelette (les œufs, ce n’est pas mon truc). Nous finissons le repas par une délicieuse papaye sucrée qui nous ravit les papilles ! On ne mange pas beaucoup de fruits depuis notre arrivée dans ce pays, ça fait du bien !

  Après une petite sieste bien méritée, nous reprenons notre marche à travers ces superbes formations rocheuses et ces oasis disséminées jusqu’à notre camp pour la nuit, que nous atteindrons après plusieurs heures de marche à travers des paysages toujours changeants, et tout aussi majestueux. La petite demoiselle et moi discuterons ensemble une bonne partie du chemin de ses études, de sa famille (elle a 10 frères et sœurs), de Majunga, ville où elle fait ses études, de Fianar, sa ville d’origine. Elle est vraiment charmante, toute douce, un peu timide mais d’une grande intelligence. J’espère qu’elle réussira ses projets de monter une agence touristique à Madagascar. En attendant, elle aimerait faire une expérience en France et elle aura peut-être une bourse pour ça si elle termine encore major de sa promo. Mais elle m’avoue que le bureau de distribution des bourses est corrompu et qu’ils se gardent tout pour eux. Ça fait mal au cœur de se dire qu’elle ne pourra certainement pas sortir de Mada à cause de la cupidité de quelques personnes immorales.

  Nous arrivons au camp, soulagés de retrouver de l’eau, nous avions épuisé toutes nos réserves. Le site est superbe et nous sommes les seuls à profiter de ce campement ce soir ! Notre guide nous apprend que les touristes restent rarement 3j ici donc nous avons ce camp pour nous tout seuls ! Entouré de montagnes ciselées, il est tout mignon notre campement. Il y a même des toilettes et des douches ! Mais notre guide nous conseille d’aller nous laver sous la cascade naturelle qui se situe en contrebas. Youpi !

  Nous descendons en contrebas du campement, en suivant un petit escalier jusqu’à une adorable petite cascade qui se jette du haut d’un rocher pour atterrir dans une petite piscine d’eau peu profonde. Génial ! Nus comme des vers, nous profitons de cette douche naturelle pour nous décrasser un peu de cette journée poussiéreuse. Par contre, elle est gelée, il n’est pas facile de se mettre dessous ! Mais ça fait un bien fou…

  Rafraîchis, nous retournons au camp et décidons de grimper sur la crête pour assister au coucher de soleil de là-haut. Notre guide nous indique brièvement le chemin mais nous laisse y aller seuls, il doit s’occuper du repas. Flo en tête et la petite demoiselle derrière moi, nous passons dans la forêt puis gravissons les parois ciselées pour arriver en haut du monde. La vue y est superbe, nous sommes entourés de toutes parts de massifs édentés, ciselés aux formes toutes distinctes. Nous nous sentons bien petits dans cette immensité silencieuse. Bon, on ne peut pas traîner non plus, il va être difficile de retrouver son chemin de nuit. Flo, comme guide, nous ramène droit au camp grâce à son sens de l’orientation aiguisé. Flo, futur guide de Madagascar !

  La nuit tombe tranquillement sur notre petit campement éclairé à la bougie. Ils sont 5 Malgaches à nous préparer la cuisine juste pour nous deux. Autant dire qu’on est choyé ! Parfois, je trouve même ça gênant un peu… La multitude de Malgaches qui servent 2 Blancs qui glandent… Il commence à faire froid et nous nous sentons un peu seuls à notre table, loin du feu. Nous demandons à nous rapprocher d’eux et nous nous installons par terre, non loin du feu et de leur présence. Ils nous servent un délicieux punch qui monte vite à la tête, tandis que nous discutons avec le guide et la petite demoiselle de techniques de guidage selon les clients et leur intérêt, les us et coutumes des différentes ethnies, des voleurs de zébu, scène courante qui finit souvent dans un bain de sang, et pas que pour le zébu… La discussion est fort agréable.


  Nous poursuivons à table avec une délicieuse soupe suivie de poulet grillé accompagné de frites. Comment réussissent-ils à faire des frites avec si peu de moyens ? On est quand même en pleine nature avec juste un petit feu de bois… Elles sont un peu trop grasses mais bonnes tout de même. Les bananes flambées terminent agréablement ce repas à la belle étoile puis nous irons nous coucher sous notre tente, appréciant le confort du matelas gonflable et nous nous endormons aussitôt au son de la petite cascade naturelle.

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