Les glaciers et Jasper

10 aout 2016

La petite nous réveille en fanfare à 4h20 pour cause de perte de sucette, mais elle se rendormira ensuite sur mon visage, puis sur les jambes de Flo jusqu’à 7h20. Quelle grasse matinée ! On n’a plus l’habitude… On est en retard sur notre programme du coup ! Nous quittons ce beau camping sauvage pour continuer notre route sur la route des glaciers. Le temps est clair ce matin, espérons que nous aurons beau temps toute la journée !

Cette route est décidemment magnifique. Nous longeons plusieurs montagnes où s’accrochent de ci-de là quelques glaciers majestueux. On est toujours quasiment seuls sur la route, c’est incroyable. Nous voici vraiment au fin fond du Canada comme on se l’imagine ! Nous arrivons au « Chainon Parker » qui est apparemment une randonnée plutôt sympathique à faire. Allez en selle ma chérie ! Et hop, nous voici partis avec la petite sur le dos de Flo pour une petite grimpette. La montée est sympa mais sans plus. Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous arrivons en haut de la montagne et que nous voyons le panorama de l’autre côté ! Un superbe glacier tend sa langue de glace jusqu’à un beau lac, entouré de montagnes aux glaciers eux-mêmes impressionnants. Waouhhh ! Nous sommes seuls sur place et pouvons profiter tout notre saoul de ce spectacle. Le ciel est nuageux par contre, le plafond de nuages baisse de plus en plus. Nous nous dépêchons de rentrer par peur de se prendre une ondée sur la figure et nous gérons bien notre coup, il commence à pleuvoir alors qu’on arrive à la voiture. Très belle randonnée, on en a pris plein les yeux !

Nous arrivons ensuite au « Icefield Centre » (centre de glace) et là, je reste de nouveau sans voix. De la route, nous apercevons 3 immenses glaciers arrivant presque sur le bitume ! Que c’est beau !! En effet, cette « route de la glace » porte bien son nom ! Nous allons à piednous approcher du glacier principal Columbia, on peut presque le toucher ! Il faut être accompagné d’un guide pour pouvoir marcher dessus par contre, il y a des crevasses partout et ça peut être très dangereux. Par contre, à notre grande stupéfaction, nous apercevons que des bus sont autorisés à se rendre au milieu du glacier ! Alors ça c’est choquant ! On parle de la fonte des glaces, on nous explique que ce même glacier faisait plusieurs kilomètres de plus il y a quelques centaines d’années et on ne trouve rien de mieux que de mettre des pots d’échappements sur le glacier pour l’aider à fondre plus vite. Franchement… 
 
En tous cas, je reste fascinée par ces monstres de glace. C’est incroyable d’en voir autant et de si près ! Il est l’heure de manger avec tout ça, je tanne Flo pour qu’on trouve une place avec le camping-car face aux glaciers et nous installons pour faire manger Pépette. Quelle n’est pas ma fureur de voir un camping-car se placer juste à notre hauteur, si bien qu’il nous bouche totalement la vue sur les glaciers ! Je l’aurais tué !!! Du coup, c’est Flo qui donne à manger à notre fille tandis que je pars prendre quelques photos. Non mais !

Nous poursuivons ensuite notre route à travers les glaciers jusqu’à 2 grosses cascades Sunwapta et Athabasca. Elles sont sympathiques, mais nous en avons déjà vu de plus impressionnantes. Nous nous arrêtons plus pour faire taire la petite qui hurle à présent à chaque fois qu’on est en voiture. Par contre, dès qu’on se balade, elle est ravie la coquine ! Elle a adoré les chutes qu’elle montrait du doigt en riant ! Elle va nous rendre fous par contre avec ses cris stridents en voiture que rien ne calme. Ma fille, si tu lis ces lignes plus tard, sache que tu as bien fait suer papa et maman en voiture au Canada ! Mais elle redevient la plus mignonne du monde dès qu’on la promène… 
 
Nous arrivons enfin à Jasper, la ville la plus nordique du parc. Nous essayons le camping attenant à la ville, mais on nous annonce qu’il est complet. On nous renvoie vers un camping sauvage plus au nord. Va pour ce camping-là ! Nous le verrons ce soir, en attendant on va faire un tour dans Jasper. C’est une petite ville plutôt mignonne qui nous accueille sur une pluie battante. Heureusement, la pluie ne dure pas (ici c’est une alternance sans cesse de soleil et de pluie, c’est fou, on a ça depuis ce matin !) et on peut aller se balader. Flo se pose dans un joli parc du centre tandis que je vais faire de la lessive dans une laverie publique. Il était temps, je n’avais plus rien à me mettre de propre ! J’ai pris beaucoup d’affaires de rechange pour la petite, mais pas beaucoup pour moi. Priorité à ma fille quand on a des restrictions de bagages !! Apparemment, elle a fait connaissance avec les passants qui s’amusaient de sa façon de se déplacer bien à elle. Elle a conquis tout le monde, comme d’habitude !
La lessive faite et séchée, Flo me propose de se faire un restau ce soir. J’en suis ravie, mais je me demande comment va se tenir Ambre. Elle n’a fait aucune sieste cet après-midi et m’a l’air plutôt excitée. Allez on tente quand même ! Evidemment, on est à peine installés dans le restaurant qu’elle se met à brailler comme un bœuf. Tout le monde nous regarde de travers. Heureusement, une serveuse lui apporte quelques jouets qu’elle adoptera tout de suite. Elle sera sage tout le reste du repas et gambadera à travers le restaurant sous les yeux plus amusés des gens qui préfèrent la voir comme ça que hurlant comme un veau. Ils s’amusent beaucoup de la vitesse à laquelle elle se déplace sur les fesses en s’aidant d’une main pour avancer. Je suis obligée de lui courir après pour la rattraper, ce qui fait évidemment rire tout le monde. Ah je te jure, elle n’est pas de tout repos ma fille ! Mais je l’aime tellement !!!!!

Nous retournons à la voiture pour découvrir notre camping pour la nuit. Ambre tombera de sommeil dans son siège auto avant d’arriver au camping. Nous découvrons une belle aire de camping sauvage entourée de montagnes. Il nous convient très bien ! Il y a plus de monde que celui de ce matin, mais rien de gênant. Je couche la petite rapidement, elle se réveille à peine puis nous prenons une bière dehors, il fait beau et plutôt chaud au son d’une guitare jouée au loin. On admire le soleil lancer ses derniers rayons sur les montagnes mais je ne reste pas longtemps dehors. Même avec toujours une vue sur le lit où dort Ambre, j’ai toujours peur qu’elle se lève en sursaut et tombe du lit qui est bien à 1 mètre du sol où l’attend une marche sur laquelle elle peut finir de se défigurer. Du coup je rentre dans l’habitable, plus à l’aise de la surveiller. Allez, bonne nuit tout le monde !







Le lac Moraine et la route des glaciers

9 aout 2016

Réveillés à 5h30 par Ambre, on se croirait presque en retard dans notre train-train habituel ! C’est quoi cette grasse matinée ma chérie ? Nous regardons par la fenêtre, il fait grand beau ! Youpi !! On aperçoit les montagnes enneigées nous entourant, c’est magnifique ! Nous nous préparons tranquillement puis quittons ce camping pas très apprécié pour le lac Moraine, très réputé dans la région également (un peu moins que le lac Louise tout de même). Nous arrivons tôt ce qui nous permet de ne pas avoir encore trop de monde pour découvrir ce beau petit lac entouré de montagnes. Il est en effet très beau ! Par contre, on est vite envahis par des hordes de Japonais qui arrivent par cars entiers ici. C’est fou, on croise plus de Japonais dans ce pays que d’autres nationalités (Canadiens compris !). On fuit vite la foule pour prendre un petit chemin de randonnée annexe où par miracle on se retrouve totalement seuls. Les Japonais n’aiment pas marcher apparemment ! Par contre, on est tellement seuls qu’on se remet à craindre de croiser un ours. Ambre s’est endormie, donc aucune aide à attendre de ce côté-là question bruit. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour chanter des chansons ou siffler afin d’effrayer les éventuels prédateurs du coin. Nous qui sommes plutôt des randonneurs silencieux d’habitude… Nous regardons tout de même tout le temps autour de nous, nous ne faisons pas les fiers. Nous sommes vraiment les seuls sur ce chemin. On aurait dû louer les services de quelques Japonais pour nous aider à faire du bruit, ils sont experts en la matière visiblement. 
 
Nous arrivons, après une heure de randonnée facile et sans croiser aucun animal, au lac de la Consolation, un très beau lac avec une montagne enneigée en toile de fond. Deux autres touristes nous rejoignent, nous sommes seulement 4 et demi à admirer ce paysage canadien extraordinaire ! Quelle chance ! Nous assisterons même à des éboulis de pierres impressionnants un peu plus loin qui résonneront en vacarme jusqu’à nous. Quelle aventure ! On laisse gambader la petite un peu dans l’herbe, puis rebroussons chemin pour retrouver une foule encore plus dense que tout à l’heure au bord du lac Moraine. La petite dira « coucou » à tout me monde, mais comme on lui répond en anglais « Hi », elle commence à le dire aussi, c’est vraiment drôle ! Revenus au lac que nous admirons malgré la foule, nous assistons au spectacle d’une japonaise en talons aiguilles en train de marcher sur des rondins de bois placés en équilibre sur le lac. Evidemment, ce qui devait arriver arriva, elle tombe à l’eau fesses les premières et sort complètement trempée de la tête au pied, jusqu’au sac Vuitton ! Mon dieu, quelle caricature ! Ils nous feront bien rire ces Japonais en tout cas ! Nous quittons cet endroit beaucoup trop bondé de touristes pour nous. Heureusement qu’on a un réveil matin fiable avec nous ! Ca nous fait apprécier les plus beaux sites sans trop de monde !
Etant donné le beau temps d’aujourd’hui, je demande à Flo de repasser par le lac Louise, juste le temps de prendre une photo du lac avec le glacier au fond. Hier, tout était dans les nuages, nous n’avons rien vu. Il acquiesce pour me faire plaisir, il sait que ça va être rude au niveau populace. Déjà qu’au lac Moraine c’était bondé, alors qu’est-ce que ça va être au lac Louise ! En effet, c’est le bazar en voiture et Flo est obligé de me laisser descendre tandis qu’il fait un tour du parking pour passer me reprendre après la prise de la photo voulue. Impossible de se garer à cette heure, c’est la cohue ! Je cours faire ma photo en essayant de trouver une petite place parmi la foule (c’est intense ici !) et retrouve Flo avec ma photo en poche (qui n’est pas à la hauteur de mes espérances en plus). Nous quittons cet endroit bondé pour une aire de pique-nique plus paisible afin de nous faire manger tous les 3. Petit pot pour Ambre, sandwich pour nous, on peut même manger sur une table de pique-nique dehors ! Ca change d’être confinés à l’intérieur de camping-car et ça fait du bien à tout le monde, Ambre en tête qui se balade sur les fesses et veut manger toutes les baies qu’elle trouve (sic) ou fait des essais de marche en s’accrochant au banc. Tout le monde est content !

Le repas fini, nous passons faire le plein d’essence à une station-service et là, c’est le cauchemar… Il y a un monde fou, la queue qu’a prise Flo ne sert pas de diesel (mais rien n’est marqué en amont). Il est obligé de faire des manœuvres pas possibles pour aller dans la bonne file pour s’apercevoir que son réservoir n’est pas du bon côté et la pompe trop courte pour l’atteindre. Re-manœuvres de dingue pour être du bon côté. Bref, Flo a sué pas mal, moi aussi car j’essayais de le guider avec Ambre dans les bras (car elle ne voulait pas rester sagement dans son siège pendant tout ce temps, ça aurait été trop simple). Bref, on finit par y arriver mais on est crevés ! Maintenant, c’est l’heure des courses. On va dans le seul supermarché du coin, un petit casino où on ne peut pas passer en poussette dans les rayons tellement c’est confiné. Flo fait demi-tour avec la petite et je gère les courses seule, c’est plus simple ainsi. Il vient me chercher avec le camping-car juste devant puis on quitte ce coin de fous, vraiment trop touristique pour nous. 
 
C’est parti en direction de Jasper ! Nous prenons la route des glaciers (Icefields Parkway) et petit à petit le monde décroit. Nous ne croisons plus beaucoup de voitures alors que le paysage devient de plus en plus féérique. Nous sommes entourés de montagnes enneigées, de glaciers plus beaux les uns que les autres… Nous apercevons le lac Bow et son glacier, nous nous arrêtons au lac Peyto que nous atteignons après 15 minutes de marche. Il est splendide et il n’y a quasiment personne avec nous ! C’est fou comme à 70 km près, c’est le jour et la nuit en matière de foule ! J’imagine que la plupart des tours organisés s’arrêtent au lac Louise et ne vont pas plus loin… D’où la foule agglutinée en même endroit. En tous cas, ça fait du bien de respirer ! Nous continuons un peu la magnifique route des glaciers mais la petite hurle pas mal à l’arrière. Elle n’est pas loin de raviver mon mal de crâne que je sens poindre non loin de là. Nous nous arrêtons au premier endroit venu afin de lui donner le biberon et de la faire marcher un peu. Et là, nous tombons sur une aire de camping absolument magnifique, entourée de montagnes, de rivières, d’étangs… On tombe sous le charme de l’endroit et décidons d’y rester pour cette nuit. Il est tôt encore, mais ça ne nous fera pas mal de nous poser au soleil et Ambre sera ravie également ! Allez c’est décidé ! On est seuls sur le camping, il s’agit d’un camping sauvage, c’est-à-dire, sans douche, ni électricité. Ce n’est pas grave, nous nous passerons de douche ce soir et nous sommes autonomes en matière d’électricité pour le basique (lumière, frigo). Le chauffage et les plaques étant au gaz, pas de souci de ce côté-là.

L’endroit est magnifique, comme on se l’imagine dans nos rêves les plus fous quand on pense aux contrées canadiennes, sans personne, et au charme incommensurable. Nous avons pour le moment le camping pour nous tout seuls ! Si ce n’est pas magnifique ça ! Je joue avec Ambre tandis que Flo se met à couper le bois pour le feu avec une hache (qu’on nous a mise d’office dans le camping-car) à la canadienne. Il transpire un peu mais réussit à couper ses buches comme il le voulait (il est fort mon homme !) et commence à préparer le feu pour ce soir. On a du poulet à faire cuire au feu de bois ! On manque cruellement de papier pour faire partir le feu, mais il réussit à en dégoter je ne sais où (j’ai arrêté Flo juste avant qu’il ne brûle notre guide de voyage). Après quelques essais, les flammes prennent et notre feu s’enflamme ! Youpi ! Par contre, Flo est occupé durant toute la soirée avec son feu pour éviter qu’il ne s’éteigne et je dois m’occuper seule d’Ambre en attendant. Eh bien c’est fatigant !! Moi qui aurais tellement aimé me poser et regarder le paysage tranquillement au son de la rivière, que nenni !! Il faut la surveiller tout le temps car elle veut tout essayer, tout toucher, aller dans le feu, mettre les plantes qu’elles croisent à sa bouche, me piquer mes lunettes de soleil, elle veut absolument le truc interdit et pleure quand on lui refuse… Bref, un vrai bonheur ! J’avoue que j’en avais marre de ma fille après 3 heures à m’occuper d’elle non stop. Quand j’ai voulu la coucher, impossible de la faire dormir, elle voulait jouer et me tapait pour me signifier qu’elle n’était pas du tout d’accord avec le fait de dormir. Du coup je m’énerve… Ce qui me fatigue encore plus. Bref, j’ai fini par péter les plombs et demandé à Flo de m’occuper du feu tandis qu’il prenait la relève, sinon je la passais par la fenêtre (on n’est pas très haut dans le camping-car, mais quand même). C’est la première fois que je trouve ça difficile en voyage avec Ambre. Avant ça se passait comme sur des roulettes, mais là entre la proximité du camping-car, elle qui est en pleine découverte de tout l’environnement, même des choses dangereuses et les journées bien remplies, je suis KO ! Flo réussit à la faire dormir (avec du mal) tandis que je peux enfin admirer les paysages qui m’entourent (on est juste arrivés depuis 4 heures !). C’est vrai que c’est beau ici !

Ambre étant couchée dans notre lit, nous ne pouvons plus manger dehors, il faut la surveiller qu’elle ne tombe pas du lit qui est vraiment en hauteur. Nous ramenons donc toutes les affaires à l’intérieur (surtout ne rien laisser dehors à cause des ours) et dégustons notre poulet braisé au chaud dans notre salon avec une vue époustouflante sur les montagnes enneigées. Je ne crois pas avoir déjà eu une aussi belle vue d’un camping-car que ce soir ! Quelques autres campeurs arrivent, mais ils se dispersent dans le campement (et une grande majorité d’entre eux entourent les toilettes de près), si bien que nous avons toujours autant l’impression d’être seuls au monde. Merci à la Terre de nous offrir cette expérience !





Le lac Louise sous le mauvais temps

8 aout 2016

Ambre nous réveille encore une fois à 5h du matin, ça a l’air d’être son heure ma foi. Ça ne nous déplait pas, on va profiter de nos matinées sans personne du coup ! Le temps de nous préparer, on arrive à partir vers les 7h de toute façon, on prend notre temps le matin. Le temps a l’air dégagé, nous filons donc vers le lac Louise, reconnu pour être l’un des plus beaux (et des plus connus) sites de la région. Nous commençons par aller au seul camping de la place afin de nous renseigner sur leur possibilité d’accueil. Après quelques recherches, il nous trouve une place (la dernière alors qu’il est à peine 8h du matin !). Bon tant mieux ! Ils ne sont pas des plus aimables, mais on est proche d’un lieu touristique et ils sont pleins quasiment à l’année, alors pourquoi se donner le mal d’être aimable ? Ils nous indiquent par contre qu’il y a un ours qui traine dans le camping en ce moment et qu’il faut que nous fassions attention à ne pas laisser de nourriture hors du camping-car… Bon, ok mais si on se trouve nez à nez avec lui alors qu’on va aux toilettes ? On lui dit qu’on n’a rien à manger pour lui ?

Bon, on a une place pour cette nuit, c’est le principal. Maintenant, direction le lac Louise pour essayer de l’apercevoir avant la foule ! Par contre, autant on avait du temps correct en partant de Banff, autant on a une purée de pois depuis notre arrivée au Lac Louise. Nous espérons que ça va se lever comme hier dans la matinée ! Nous arrivons au lac en question qui est superbe malgré les nuages qui bouchent une grande partie de la vue sur les glaciers. Peu importe, ça va se lever (nous disons-nous plein d’espoir) ! Quelques canoës commencent à voguer sur ce lac émeraude. Nous préférons le découvrir en marchant. Nous grimpons vers les lacs Mirror et Agnes mais le paysage restera brumeux. Plus j’avance, plus je me dis que le plafond nuageux descend au lieu de monter et je ne suis pas du tout sure que ça va en s’améliorant. Je bougonne un peu, je déteste marcher et ne rien voir ! Me fatiguer sans bonne raison valable, merci mais sans moi ! Florian est plutôt sportif donc ça ne le dérange pas de se fatiguer pour rien, mais moi non ! Autant nous avions plein d’amis randonneurs jusqu’aux lacs, mais arrivés au lac Agnes, tout le monde s’est arrêté dans un « salon de thé montagnard » pour se sustenter ou prendre un café chaud. Nous avons préféré continuer à marcher, le salon de thé étant plein à craquer et bien trop bruyant à notre goût. Par contre, nous sommes seuls sur le chemin de randonnées à présent et je commence à le regretter. Nous aimons bien la solitude en temps normal, mais pas dans un pays où des ours peuvent nous surprendre à chaque buisson. Du coup, Flo et moi chantons histoire de faire du bruit et de les effrayer, au plus grand bonheur de Pépette (on chante des comptines surtout) qui ne comprend pas pourquoi elle a le droit à un récital pareil. Elle s’y met en poussant des cris, qui pour une fois sont les bienvenus. Nous sommes aux aguets, ça met un peu la pression de savoir que des grizzlis rôdent dans le coin. J’ai déjà été à moitié traumatisée avec mon histoire d’ours à Vancouver, j’aimerais ne pas réitérer l’expérience. Mais nous ne croiserons pas âme qui vive (à part quelques randonneurs tout de même). Tant mieux !

Par contre, le temps ne s’arrange vraiment pas. Tellement pas en fait qu’il commence même à pleuvoir. On marche, on grimpe, on ne voit rien car tout est bouché alors qu’on est censé voir un des plus beaux sites de la région et il pleut. Le top quoi ! Du coup, je continue à bougonner. Flo aussi d’ailleurs. Il n’y a que Ambre qui est heureuse d’avoir eu ses chansons et qui s’en fiche du paysage ! Elle a bien raison, prenons exemple sur elle, elle vit le moment présent pleinement et pas dans une projection idéaliste ! Nous finissons par arriver à la plaine des Six Glaciers où un autre salon de thé nous attend alors qu’il commence vraiment à pleuvoir fort. Nous trouvons une place à l’intérieur. Heureusement, je ne me voyais pas encore faire manger la puce sous ce déluge ! Nous commandons pour nous un bon chili con carne bien chaud et nous remettons de nos émotions tandis que la pluie s’abat sur la petite hutte avec fracas. Il était temps d’arriver ! Nous avons déjà marché 3 heures, il nous reste au moins 2 heures pour rentrer. Espérons qu’il va y avoir une accalmie. La petite est bien couverte dans sa combinaison de ski, mais nous moins… Après avoir tous mangé (tant bien que mal pour Ambre) et après que Ambre a conquis les ¾ de l’assistance (c’est la randonneuse la plus jeune du massif), nous rebroussons chemin. Nous voyons très peu de randonneurs avec un bébé en porte-bébé. Nous sommes les seuls en fait, du coup ça se remarque et tout le monde nous fait des commentaires lorsqu’ils nous croisent. Ils trouvent tous Ambre très attendrissante surtout lorsqu’elle fait « coucou » aux passants en agitant sa petite main. C’est étrange, les touristes ici ne viennent visiblement pas randonner avec un bébé. Pourtant ça se fait bien !

Le temps s’est un tout petit peu dégagé et il s’est arrêté de pleuvoir. Nous apercevons le bas des glaciers et nous trouvons superbe le peu de paysage que nous voyons. Il faudrait revenir avec un meilleur temps ! Le retour se fait tranquillement, en croisant nombre de touristes et des cavaliers venus admirer le lac sur leur monture. Revenus au lac Louise, nous avons une belle vue sur le château Lake Louise que Flo trouve très moche et dénaturant les alentours. Je le trouve plutôt soft et s’intégrant bien au paysage. Les goûts et les couleurs… En tous cas, il y a nettement plus de touristes au bord du lac qu’il n’y en avait à 8h ce matin ! Comme quoi, ça a du bon de se faire réveiller par une Pépette !

Nous rentrons au camping faire un peu de lessive et délasser Ambre qui a dû se sentir un peu confinée dans le porte-bébé durant 5 heures. Malheureusement, le temps se gâte de nouveau et il se remet à pleuvoir. Nous sommes obligés de garder Ambre à l’intérieur du camping-car et ce n’est pas drôle, ni pour elle, ni pour nous. Elle a trop peu de place pour bouger et nous devenons vite fous avec ses pleurs. On va vite aller chercher un endroit plus ensoleillé pour pouvoir être dehors et pouvoir bouger un peu autant pour elle que pour nous ! On ne va pas tenir longtemps dans un endroit aussi confiné. De plus, le camping où nous nous trouvons n’est pas pratique : les douches sont à l’autre bout du camping (1/4 d’heure de marche) et il n’y a que 5 douches pour tout le camping (autant dire qu’il y a la queue), on se trouve juste à côté d’une voie ferrée (et les trains ici font du boucan !) et il y a un ours qui rôde… Je trouve que les campings ici sont moins bien qu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande où il y avait plus de confort pratique. Il y avait des machines à laver sur chaque camping par exemple, ici il n’y en a pas et il faut aller en ville chercher une « laundry ». Il y avait des barbecues en libre-service, ici chacun amène le sien et si tu n’en as pas, tant pis pour toi… Bref, pour un pays qui se veut les rois du camping, ils ont encore des améliorations à apporter de mon point de vue !
Nous ne verrons pas d’ours ce soir, nous couchons Ambre un peu plus tôt qu’hier et après un bon apéro pour nous, suivi d’un bon plat de pâtes, au lit tout le monde au son des trains qui passent (je préférais le tonnerre d’hier !)

Découverte de Banff

7 aout 2016

A notre grand bonheur, Ambre fera une nuit entière jusqu’à 5h du matin. Par contre, c’est moi qui me suis réveillée toute seule vers minuit avec une insomnie due sans doute au décalage horaire. J’ai tout de même réussi à me rendormir par la suite pour finir ma nuit. Mon mal de tête est toujours présent quoique moins fulgurant. Espérons qu’il ne s’aggrave pas de nouveau durant la journée comme hier !
Nous petit-déjeunons dans notre maisonnette mobile, puis nous rendons à Banff vers 8h pour aller à l’office du tourisme. Il n’ouvre qu’à 9h, nous faisons donc un rapide tour de la ville encore endormie mais je ne tiens pas très bien debout encore et je suis littéralement frigorifiée alors qu’il ne fait pas aussi froid que ça. On se pose donc dans un café où j’arrive peu à peu à me réchauffer. La petite est infernale et Flo est obligé d’aller la promener en poussette pour me laisser un peu tranquille. On va ensuite chercher des informations de randonnée à l’office de tourisme puis on passe à un magasin pour m’acheter des pilules un peu plus fortes pour les maux de tête. Nous partons ensuite pour le lac Minnewanka faire un petit tour. Je comptais rester à bord du camping-car tandis que Flo allait se balader avec la petite, mais les pilules faisant effet, je me sens ragaillardie et décide de les accompagner. Le temps est encore couvert et nous ne voyons pas le sommet des montagnes, mais la promenade est charmante et me fait le plus grand bien. Il y a du monde par contre et comme le chemin est asphaltée, nous partons avec la poussette plutôt qu’avec le porte-bébé. Ca nous change des randonnées à La Grave ! Mais c’est tout à fait le genre de balade qui me convient aujourd’hui étant donné ma petite forme. Par contre, on ne pourra faire qu’un bout du chemin jusqu’à un pont, la suite du sentier étant réservé à des groupes au minimum de 4 personnes et possédant du spray anti-ours ! En effet, la portion suivante est apparemment infestée d’ours ! Nous n’irons pas au-delà, nous avons déjà assez de mon mal de tête pour le moment. De toute façon, ça devient compliqué de poursuivre avec la poussette, il y a trop de cailloux sur le chemin, ce qui n’a pas l’air de déranger Ambre qui dort comme une bienheureuse malgré les secousses en tous sens (ce qui fait beaucoup rire les passants d’ailleurs).

Nous faisons manger Ambre au bord d’un très beau lac qui, à notre plus grande joie, se dégage de ses nuages et nous montre toute sa beauté canadienne. Le paysage est superbe ! Par contre, une foule de gens (surtout des japonais) commence à arriver pour pique-niquer dans ce très bel endroit. Ils amènent un matos assez ahurissant de barbecue, glacière olympique, tapis persan (??). Nous ne trainons pas ici, il y a vraiment trop de monde qui arrive. Nous rentrons à notre camping-car et essayons de trouver un endroit sympathique pour que nous puissions manger notre salade. Nous trouvons un très joli endroit au bord des lacs Vermillons, juste à côté de Banff. On stationne le camping-car au bord du lac et mangeons dans notre salon avec la vue sur une famille canard qui barbotte. Ambre se régalera beaucoup plus de notre salade que de ses petits pots de ce midi qu’elle délaisse systématiquement en ce moment. Il faut croire que les petits pots canadiens ne lui plaisent pas du tout. Autant le salé que le sucré. On est mal !

Nous repassons ensuite par Banff pour essayer d’accéder à un point de vue, mais impossible de garer notre engin, toutes les places de parking sont prises. Nous décidons donc de nous garer au centre-ville de Banff et d’y aller ensuite à pied. Mais là, ô surprise, autant il n’y avait personne ce matin à 8h, mais là, la ville sature de touristes et la plupart des parkings sont interdits aux camping-cars… Nous avons toutes les peines du monde à nous garer, mais trouvons enfin une place à l’autre bout de la ville. Au passage, nous nous arrêtons dans un magasin de randonnée afin d’acheter du répulsif anti-ours (on espère ne pas en croiser, mais on n’est jamais trop prudents). On nous explique comment ça marche et on nous spécifie que c’est considéré comme une arme ici, il faut faire attention de ne pas l’utiliser contre quelqu’un par inadvertance. En fait, c’est juste un gaz qui est envoyé dans la direction de l’ours, mais le jet est puissant et peut faire des dégâts s’il est employé contre une personne. En tous cas, c’est censé faire fuir l’ours. Bon, espérons qu’on n’ait pas à l’éprouver !
Nous continuons à pied le long d’une petite rivière -afin de fuir la foule de la ville de Banff- qui nous amène à une petite cascade, pas vraiment extraordinaire en soit, mais le site a le mérite d’être sympa. Nous rebroussons ensuite chemin, finissons quelques courses, puis retournons au camping, il est déjà 17h30 passé avec tout ça. On découvre que de belles montagnes entourent le camping, nous n’avions rien vu jusqu’alors à cause du brouillard environnant. Le temps d’une douche, de faire à manger à la petite, il est déjà 18h30. Ambre est crevée et ne tient plus debout. Nous essayons de la faire manger, mais elle pousse des hurlements à chaque cuillérée. Tout le camping nous regarde, ils doivent croire qu’on est en train de l’égorger. On n’insistera pas trop, et elle s’endort aussitôt dans mes bras. Nous la couchons dans notre lit et prenons le temps de manger. Moi ça va mieux ce soir, je pense que je serai totalement rétablie demain avec une bonne nuit de sommeil. Je m’endors au son du tonnerre qui gronde au-dessus de nos têtes, j’adore ! Sans parler de la pluie qui fait un bruit d’enfer quand elle tape sur notre toit, ce qui me berce doucement. Allez bonne nuit tout le monde !

Mal de tête fulgurant

6 aout 2016

Alors autant dire que la nuit a été rude.... Ambre s’est réveillée vers minuit, debout dans son petit lit parapluie et on a eu toutes les misères de monde à la faire dormir. Elle a enfin réussi après 2-3 heures de batailles à redormir quelques heures lovée dans les bras de Flo. Ouf, quelle nuit ! Elle nous réveille ensuite à 5h du matin mais on abandonne vite l’idée de la rendormir. Espérons que nous n’avons pas de voisin trop proche de nous !

Nous attendons impatiemment que le petit-déj ouvre à 6h30 et nous précipitons dans la salle de restaurant, affamés. Le petit-déj est pantagruélique, et nous nous goinfrons de bacon au miel, de saucisses fumées, d’œufs brouillés et de bagels au fromage (ça me rappelle tellement Montréal !). Quel festin ! Même Ambre a le droit à des fruits frais qu’elle dévore avec avidité. Il ne nous reste plus qu’à patienter dans la chambre d’hôtel que l’agence de location du camping-car passe nous prendre à 9h30. Par contre, j’ai un mal de tête lancinant depuis mon réveil qui a du mal à passer… Espérons qu’il s’arrangera !

A 9h30 précises, on vient nous chercher dans un van avec un siège bébé pour Ambre ! Impec ! On passe ensuite chercher 2 autres personnes à leur hôtel puis notre conducteur (charmant au demeurant) nous amène à l’agence de location. Ambre s’est endormie en chemin et je ne suis pas loin d’en faire autant. Je ne me sens pas en pleine forme… A l’agence de location, on nous explique tout de façon très claire et tout le personnel est charmant. On découvre notre maison mobile pour les 3 prochaines semaines et je me demande comment nous allons faire pendant 3 semaines dans un aussi petit habitacle avec Ambre ! Elle qui aime se balader partout, elle va avoir un terrain de jeux plutôt étroit… Ceci dit, tout est extrêmement fonctionnel et le fait que ce soit l’un des camping-cars les plus petits du Canada (et attention, on est quand même dans des normes plus larges qu’en Europe) nous permettra de manœuvrer plus facilement. Il y a un lit 2 places plutôt large dans le fond, une douche intérieure avec toilettes, un grand frigo, des plaques et un four, un évier et une petite table à manger qui se convertit en lit 1 place… Je ne vois pas encore où va dormir Ambre par contre, tous les lits sont plutôt surélevés et je me l’imagine déjà en train de tomber de son lit au milieu de la nuit en hurlant… Bref, on verra ça ce soir. De toute façon, je ne suis plus trop en état de penser. Mon mal de tête empire d’heures en heures malgré les cachets pris et tout effort, quel qu’il soit, devient insupportable. Je me contente donc de faire des tours de poussettes avec Ambre sur le parking afin d’éviter qu’elle ne pleure (la pauvre, elle est crevée par le décalage horaire) tandis que Flo se fait expliquer toutes les subtilités du camping-car (évacuer les eaux usées, les branchements électriques, le gaz…). En fait, le plus compliqué a été d’attacher le siège bébé. Le technicien a même dû appeler un collègue pour l’aider, Flo et lui n’y arrivant pas. Finalement, à 3 ils ont réussi à l’attacher comme il faut, la Pépette sera en sécurité !

On part ensuite avec notre engin, Florian le maniant comme un chef dès le démarrage et nous voici partis en direction d’un centre commercial pour nous ravitailler en courses. Nous finissons chez Walmart art, enseigne bien connue au Canada. Par contre, je suis vraiment au bout du rouleau, je n’arrive plus à marcher, j’ai des nausées terribles, j’ai des douleurs dans les yeux, je me sens vraiment mal en point. Je laisse donc Flo faire les courses avec la petite tandis que je m’écroule sur la banquette arrière pour essayer de dormir ou à minima me reposer les yeux et la tête. Je n’arrive pas à dormir à cause de mon mal de tête qui me fend le crâne, mais je sens que ça me fait un peu de bien d’avoir juste pu me reposer un peu. Je crois que le décalage horaire, plus cette nuit très courte, sans parler de cette dernière semaine à Marseille où la petite se réveillait souvent la nuit, conjugué à un travail très prenant (je suis passée directrice informatique tout de même !), la perspective d’une opération en septembre et d’un mariage en octobre… Eh bien je crois que tout ça a eu raison de moi (si, si) ! J’ai l’impression que toutes les tensions de ces dernières semaines se réveillent maintenant. C’est en effet le plus beau mal de tête que j’ai eu de ma vie !

A leur retour, on part tous manger dans un petit restau de viande et j’arrive à manger de bons travers de porcs (tout n’est pas perdu !) tandis que la petite se contente de petits pots (la pauvre !). Ca va un peu mieux, mais rien que le fait de me baisser pour attraper tout ce que Ambre jette par-dessus sa chaise haute, est un véritable calvaire. Nous prenons ensuite la route pour Banff et là, mon état empire de nouveau. Je ne verrai rien du paysage (de toute façon il pleut et tout est caché par les nuages) et je me cache le visage dans les mains afin de me cacher de la lumière car elle me fait vraiment souffrir. De plus, le camping-car tangue beaucoup à cause de sa hauteur et de sa prise au vent ce qui me vrille le crâne d’autant plus. On rajoute Ambre qui pleure ou hurle régulièrement car elle non plus n’est pas très en forme à cause du décalage horaire et ça donne un beau cocktail Molotov pour ma part… On arrive au camping prévu mais on nous annonce qu’il est complet. Je sens mon désespoir prendre le dessus, moi qui n’ai qu’une seule envie c’est me coucher dans le lit et sombrer dans l’inconscience. Florian prend les choses en main et appelle l’office de tourisme pour savoir quels sont les campings où il y a de place histoire de ne pas chercher durant des heures. On nous annonce que celui où nous nous trouvons en a quelques-unes « non officielles » (au bord de la route, sans électricité). Ca nous va bien ! On fait la queue derrière la file de camping-cars et là, la petite se met à hurler comme jamais, et moi j’ai l’impression que mon crâne s’est fendu en deux. Je m’enfuis de la voiture en pleurant, je n’en peux plus. Dehors, ça va mieux, Flo gère la petite comme il peut. Je reprends pieds et prends la petite sur mes genoux dans la voiture (on est à l’arrêt de toute façon) et ça la calme aussitôt. Elle doit sentir aussi que je ne suis pas bien et ça la rend stressée également. Ah, pas facile tout ça !

Ca y est, on arrive au guichet et on nous trouve finalement une vraie place avec électricité ! Super ! On se gare dans une des nombreuses allées du camping et je m’écroule dans le lit tandis que Flo s’occupe de tout : ranger nos affaires de nos sacs à dos, ranger les courses, faire la bouffe pour la petite… Je m’occupe tant bien que mal de la petite en somnolant à moitié ; elle joue tranquillement sur notre lit, heureuse d’être libérée de sa ceinture de sécurité j’imagine. Elle découvre son environnement et ma foi, ça a l’air de lui plaire ! Par contre, tandis que Flo s’occupe de faire chauffer son plat, elle s’endort sur moi d’un coup et impossible de la réveiller. On la prend dans nos bras, mais elle est toute molle et ne tient même pas sa tête droite. Elle est dans un profond sommeil et telle la Belle au Bois Dormant, il est impossible de la réveiller. Nous la recouchons, bien embêtés de ne pas lui avoir donné à manger. Nous réessaierons tout à l’heure. Nous mangeons pendant ce temps un bouillon de soupe chaud, ce qui me va parfaitement bien. Puis nous réessayons de réveiller la petite. Sans plus de succès… On décide de la mettre en pyjama et là forcément ça finit par la réveiller. Elle n’apprécie pas du tout et nous le fait bien savoir en pleurant tout son saoul. Nous lui donnons quelques cuillères de son repas, mais elle pleure trop, nous finissons par laisser tomber et la recouchons dans notre lit. Elle tombe endormie aussitôt. A nous à présent ! Flo s’est gentiment proposé de mettre la petite entre lui et le mur pour me laisser dormir sans être dérangée par elle cette nuit si jamais elle a le sommeil agité. On est un peu serrés à 3 dans le lit, mais ça va. Pourvu que mon mal de tête soit parti demain après une bonne nuit de sommeil (en espérant que la petite nous le permette) !

En route vers Calgary !

Le 5 aout 2016

Inconfortablement installée dans l’aéroport de Londres, je prends quelques instants pour écrire les débuts de nos aventures canadiennes de cet été. Contrairement à ces 2 dernières décennies pour moi, nous ne partons pas à 2 mais à 3 cette fois avec un petit bout accroché à moi tel un koala (d’où la position inconfortable pour écrire…) Ambre dort sur mon ventre, dans le porte-bébé, et j’essaie de trouver le clavier de la tablette de Florian par-dessus la tête blonde de ma fille. On fait des exploits en tant que nouvelle mère ! Je m’en étonne tous les jours… Donc, Ambre âgée de 1 an depuis quelques semaines, nous accompagne dans ce beau voyage de 3 semaines dans les Rocheuses canadiennes en camping-car ! Quelle aventure (pour elle et pour nous !)

Nous sommes partis ce matin à 3h du matin de Marseille, pour prendre un avion pour Munich, puis en prendre un autre pour Londres, puis un dernier pour Calgary. Le baptême de l’air de la petite est intense ! Tout se passe sans encombre à part notre poussette qui devait nous être rendue à la descente du premier avion et qui apparemment a suivi nos bagages en soute. Nous qui l’avions prise pour l’aéroport justement… Bon, j’avais eu la présence d’esprit de prendre au dernier moment le porte-bébé ventral ce qui nous sauve bien la vie du coup. Sinon, la porter à travers l’aéroport dans les bras avec ses 12 kgs, ça aurait été un calvaire ! Merci l’aéroport de Marseille !! On espère juste qu’on la retrouvera bien à l’arrivée à Calgary avec tout ça. Et en bon état !

La petite gère plutôt bien son baptême de l’air, elle ne pleure pas trop et on arrive vite à la calmer de ses ardeurs de promenade dans les petits coucous où il n’y a pas trop de place. Espérons que ce sera mieux dans le Boeing pour Calgary ! Je m’étonne un peu qu’on ne soit pas vraiment aussi prioritaires que je le pensais avec un bébé. On n’a pas la possibilité de monter en premier dans les avions, on ne nous laisse pas trop passer dans la queue (à part à Munich) alors que je la porte sur le ventre depuis pas mal de temps. Mes 3 heures du matin plus le portage d’Ambre vont avoir vite raison de moi ! Flo porte les sacs, ce qui n’est pas une mince affaire non plus avec les livres, les petits pots, les doudous et peluches pour la petite… Il reste à peine une place pour un livre chacun ! Ca prend de la place cette petite chose là !

En tous cas, je suis ravie et impatiente de vivre cette expérience de voyage avec Flo et ma fille. Moi qui adore voyager, je réalise mon rêve de le faire avec mon enfant. Elle ne s’en souviendra pas, évidemment, mais ça lui donnera peut-être la piqûre du voyage, qui sait ? Et puis, ce sera tout simplement un beau partage en famille.

Nous sommes à présent à bord de l’avion qui nous mène de Londres à Calgary. J’avais peur d’avoir des problèmes pour monter dans l’avion à cause d’un visa canadien qui vient de sortir et que je n’ai pu obtenir à cause de mon ancienne résidence permanente due à mon expatriation de 4 années à Montréal. Bref, ça a été tout un bazar et malgré mes efforts de paperasse, je n’ai pas réussi à l’obtenir avant de partir, alors que Florian et Ambre sont en règle. Au moins je suis montée dans l’avion, espérons que je passerai la douane à l’arrivée ! 
 
Détail étrange et choquant chez Air Canada, ils n’ont pas de ceinture de sécurité pour bébé ! On lui en avait mis une, accrochée à ma propre ceinture sur les 2 précédents vols de Lufthansa, mais ici, alors que c’est le vol le plus long, pas de ceinture ! Il faut que je m’accroche à elle au décollage et à l’atterrissage… J’hallucine un peu… C’est comme rouler sur l’autoroute avec un bébé non attaché à l’arrière ! Donc c’est pas très rassurée que je m’accroche à mon bébé pour le décollage. Tout se passe naturellement bien, mais bon… En tous cas, elle fait l’unanimité dans l’avion ! Elle se balade dans le couloir sur les fesses ou en marchant tout en me tenant les mains et fait le bonheur des passagers à qui elle sourit de toutes ses 6 dents ! Ils tombent tous sous le charme ou presque ! Même avec un grand Noir baraqué qui la regarde avec attendrissement alors qu’elle le regarde fixement, sans ciller, à croire que c’est la première fois de sa vie qu’elle en voit un - ce qui fait beaucoup rire l’assistance (et l’intéressé d’ailleurs). Notre voisine de derrière est également ravie de prendre Ambre dans ses bras qui se laisse faire bien gentiment. Elle a l’art de charmer tout le monde avec des sourires cette petite. Attendons de voir si ce sera pareil tout à l’heure alors que tout le monde dormira ! Par contre, je trouve que les hôtesses de l’air sont à contrario très peu aimables et aidantes. Entre l’une qui me roule sur le pied alors que je suis ne train d’installer Ambre sur mon siège, l’autre qui souffle comme un bœuf quand je lui apporte nos plateaux repas avalés à tout allure tout en lui expliquant qu’il est compliqué de garder des plateaux repas alors qu’on a un bébé d’1 an sur les genoux, et la dernière qui ne veut pas me laver le biberon et me propose de le faire dans les toilettes avec de l’eau non potable, ça a été le pompon !

Au plus grand bonheur de Flo et de moi, nous survolons le Groenland et apercevons de notre petit hublot des icebergs parsemer l’eau azur puis une terre couverte de montagnes enneigées où des langues de glace se jettent dans la mer tout juste dégelée. C’est superbe ! Mais ce n’est pas le tout de regarder le paysage, il faudrait peut-être faire dormir notre poupée qui s’est levée à 3h ce matin et qui n’a dormi à peu près qu’1h et demie depuis… A chaque fois qu’elle réussissait à s’endormir, on changeait d’avion et le déménagement la réveillait évidemment ! Elle est tenace la petite, car elle finira par s’endormir sur nos genoux vers 19H30 heure française, c’est-à-dire comme tous les soirs en fait ! Autant dire que les parents ne dormiront pas beaucoup par contre. Pas facile de dormir avec un poids de 12 kg sur les genoux !
Finalement, les 9 heures de trajet de Londres à Calgary se feront sans trop de problème. Flo et moi en sommes tous les deux plutôt surpris ! A mon grand soulagement, on m’a laissée rentrer au Canada sans encombre (et sans visa). C’était bien la peine que je me donne autant de mal pour ce visa, personne ne nous a demandé quoi que ce soit par rapport à ce visa électronique. De plus, nous avons même récupéré notre poussette à l’arrivée ! Que demande le peuple ? Par contre, l’accueil des agents de sécurité avec les chapeaux de cow boy est plutôt impressionnant, on se croirait à l’époque du Far West ! L’aéroport a l’air d’ailleurs de dater presque de la même époque, c’est peu dire… En tous cas, on nous accueille de façon chaleureuse, ils sont bien ces Canadiens ! 
 
A peine arrivés, nous nous précipitons dans notre hôtel juxtaposant l’aéroport pour pouvoir enfin nous poser, prendre une douche et nous délasser le reste de la soirée. L’hôtel est très beau, avec une belle piscine dans le hall d’accueil (il ne faut pas être trop pudique !). Nous ne tremperons pas Pépette qui ne semble pas être d’humeur. Elle a de nouveau été réveillée en plein milieu de sa nuit et ne semble pas apprécier la plaisanterie… Nous irons manger un morceau à l’hôtel. Bébé fera des allers et retours incessants entre le restaurant et la réception avec des envies de monter seule dans les ascenseurs qui s’ouvraient pour les clients (à ma grande trouille de devoir la chercher dans tout l’hôtel après). Nous donnons ensuite un dernier bib à la puce et au dodo à 19h30, tout le monde est ko !

8 mois d'Ambre

Le 13 mars 2016,


Notre fille a bientôt 8 mois ! Que le temps passe vite, c'est incroyable. Et j'avoue qu'entre la reprise du travail (à 80 % mais quand même) et la petite, je ne m'ennuie pas ! Elle n'est déjà plus un nouveau né et passe doucement dans la catégorie des petites filles qui commencent à avoir du caractère ! Elle est plutôt très grande pour son âge (73cm, presque la taille d'un bébé d'un an) et pèse un bon poids (9,5 kg, poids d'un bébé d'un an) et a des dents qui poussent un peu partout sur ses gencives. Elle est bien nourrie aux bonnes purées faites maison par sa maman qui passe des journées entières à faire marcher le babycook à plein régime ! Belle invention ce babycook… Mais ça n'empêche pas de devoir éplucher les légumes, faire cuire de la viande ou du poisson pour les mixer par la suite. Depuis peu, elle prend un repas consistant le soir aussi (en plus du midi qu'elle fait depuis ses 4 mois) et laisse petit à petit tomber le biberon du soir. Du coup, il faut lui mettre des féculents dans ses petits pots du soir. Je me rajoute donc la cuisson de semoule ou de tapioca (je ne savais même pas que cet ingrédient existait avant d'avoir un bébé!). De la même façon, je découvre comment éplucher une courge ou un butternut (légume que je ne connaissais pas avant…). On en apprend sur la cuisine avec l'arrivée d'un enfant (certes, je partais de loin…) !



En tout cas, Ambre est vraiment top à tous les niveaux. Elle fait ses nuits complètes depuis ses 4 mois (couchée 19h30, réveil 7h, voire 9h en week-end!). Elle mange tout ce qu'on lui donne sans rechigner (ou presque). Elle est vive, intelligente, mignonne… Certes, je ne suis pas très objective, mais quand même ! Elle nous fait des sourires charmeurs qui ont le don de nous faire fondre, son père et moi, tout en commençant à nous tester sur certains sujets… Elle rit aux éclats assez peu souvent, mais quand on arrive à la faire rire, c'est un véritable feu d'artifice dans nos cœurs à tous les deux. Elle babille beaucoup et commence à crier aussi tant dans les aiguës que dans les graves afin de nous prouver qu'elle existe! Ou bien pour se défouler, je ne sais pas... Dur de savoir ce qui se cache dans cette petite tête parfois.



Ca va enfin mieux chez la nounou, mais ça a été un peu dur. Avec une reprise à 60 % de mon travail dès ses 4 mois, elle a été très tôt mise chez Valérie, mais elle a eu du mal à s'y faire. Elle pleurait beaucoup, se mettait dans des états pas possibles, ce qui obligeait Valérie à la porter non stop dans ses bras, seule chose qui la calmait. De plus, être avec d'autres enfants (plutôt bruyants) était nouveau pour Ambre et elle qui sursautait déjà au moindre son à la maison alors que tout était calme, ça a dû lui faire drôle d'entendre les autres bébés hurler à tout bout de champ… Bref, ça va mieux maintenant, mais j'ai même eu peur que la nounou nous lâche à un moment, étant donné qu'elle avait l'air également d'assez mal vivre le fait qu'Ambre n'était pas bien chez elle. Ouf, que de tracas ! Mais bon, tout est rentré dans l'ordre maintenant et Ambre apprécie bien de retrouver ses copains chez Valérie maintenant. Même si la nounou l'a surnommée « la petite princesse enragée » étant donné qu'elle a quand même tendance à hurler dès qu'on ne s'occupe pas d'elle. En gros, il faut que tout le monde soit autour d'elle, sinon ça ne va pas et elle se met à hurler au point de devenir violette… Ah, ça promet !



Pour ma part, je rentre enfin dans mes anciens pantalons, même si je trouve que mon ventre n'a pas retrouvé le tonus d'avant (mais le retrouvera-t-il un jour?). Après quelques séances de kiné pour remuscler le ventre en douceur après la césarienne, je me suis inscrite à un cours de sport donné tous les jeudis à midi dans mon entreprise. Ca m'a permis de perdre rapidement le surpoids de grossesse et de me remuscler un peu. J'ai repris mon travail à 80 % depuis début janvier et ne travaille pas le mercredi, ce qui me permet principalement de préparer ses petits pots, faire la lessive, les courses… et m'occuper un peu d'Ambre. Mais la journée passe vite en général et j'ai beaucoup de mal à me reposer durant cette journée. Disons que je cours beaucoup, surtout quand Flo part la semaine, en me laissant plus de 3 jours d'affilée à m'occuper de la petite seule. Là, j'avoue que je trouve ça dur… Surtout qu'au travail, ça s'est intensifié depuis quelques mois à cause de la conjoncture actuelle et de la mutuelle pour tous ; j'ai l'impression de courir tout le temps du coup et suis très fatiguée. Heureusement que les parents viennent me donner un coup de main de temps en temps et qu'on a trouvé une super babysitter (une voisine de 17 ans) qui nous permet de nous changer les idées de temps en temps, Flo et moi avec un restau ou autre. Et parfois, quand je perds pied, ma fille me fait le plus beau des sourires, ce qui me redonne tout de suite de la force pour continuer ! Comment font les mamans qui ont des bébés qui ne font toujours pas leur nuit à 8 mois ? On a une chance incroyable d'avoir un bébé aussi facile ! J'espère que Georges (le bébé de ma sœur qui va arriver d'une heure à l'autre) va être aussi facile pour ses parents. Ca aide quand même bien d'avoir un bébé cool ! Ca me fait drôle d'ailleurs d'imaginer que ma petite sœur va passer par les mêmes étapes que moi. La fin de la grossesse, l'accouchement, l'arrivée de son bébé, l’allaitement… Ce sont tant de moments tellement intenses dans la vie d'une femme ! Je me souviens très clairement de toutes les émotions ressenties, de tous ces moments, même s'ils n'ont pas tous été drôles… Par contre, ils ont tous été intenses ! Et l'arrivée d'un petit être dans une famille est le plus bel événement qu'il nous est amené de vivre ! Je suis contente qu'Aude puisse le vivre également.



Côté sport, on a initié Ambre au bébé nageur depuis début janvier. On y va en général tous les 3, en famille. Après des débuts difficiles (elle pleurait non stop dans l'eau), elle commence vraiment à s'y habituer et bat des pieds maintenant comme une vraie nageuse aussi bien quand elle est sur le dos que sur le ventre. La faire plonger en lui mettant la tête sous l'eau ne lui fait plus ni chaud ni froid. Une vraie sportive ! On est contents de voir l'évolution étant donné que ça partait plutôt mal au début. C'est un investissement pour nous, étant donné qu'on doit se lever tôt tous les dimanches pour être à 9h dans le bassin. En effet, ils chauffent exprès la piscine un peu plus quand il y a une séance de bébé nageur. Elle s'amuse maintenant sur les tapis flottants, avec des jouets en mousse, des ballons… devant les regards attendris de ses parents. C'est en général Flo qui va dans le bassin avec elle, je reste sur le bord, un seul parent dans l'eau étant autorisé. Flo est moins stressé que moi et je pense qu'elle le ressent. Il vaut mieux qu'elle commence avec lui afin de ne pas avoir à gérer mon stress en plus de son apprentissage :-) De toute façon, elle n'aura pas le choix, son père veut absolument qu'elle sache nager, faire du ski et faire du vélo. Après, pour le reste, elle pourra choisir ! Mais c'est vrai que c’est important d'être à l'aise dans ces 3 disciplines plus tard. Pour ce qui est de la rando, elle n'est pas en reste non plus. Même si elle ne marche pas encore, elle a déjà fait plusieurs heures d'affilée de rando dans les calanques sur le dos de son père, dans un beau porte bébé olympique ! Bon, en général, elle dort dedans, mais ça lui arrive également de regarder un peu le paysage à travers ses petites lunettes de soleil. Elle est trop chou là-dedans ! Moi je passe d'ailleurs plus de temps à la regarder qu'à m’enivrer des paysages alentours, comme je pouvais le faire avant. Mon plus beau paysage, c'est ma fille ! Et puis, ça ralentit pas mal son père de la porter sur son dos. Il ne se voit plus trop faire 10 heures de rando comme avant, avec elle sur le dos. Chouette, on a réussi à le ralentir le Florian !



Elle arrive à s'asseoir depuis peu, même si c'est encore fragile et qu'elle tombe souvent. Elle adore se retourner en ce moment. On la met sur le dos sur son tapis d'éveil, on la retrouve sur le ventre, 3 mètres plus loin, à essayer en vain de se retourner encore une fois. Elle aime bien rouler sur elle-même, ce qui devient dangereux sur le matelas à changer. Il faut bien la surveiller! Le premier mot qu'on l'a entendu dire est « encore » quand on lui donnait à manger. L'appel du ventre a réussi à la faire parler ! On attend le « maman » ou « papa » maintenant. Mais tel que c'est parti, elle réussira à dire « butternut » avant !



Voici en quelques mots nos épopées du moment avec Ambre. Notre vie a changé, c'est certain, et ce qu'on vit est vraiment magique. J'ai hâte de voir la suite, même si je ne veux pas aller trop vite, je me doute qu'elle va déjà trop vite grandir à mon goût !