Petit tour guidé dans Manaus

Le 16 novembre 2009

Je me réveille en ayant peu dormi cette nuit, je ne sais pour quelle raison. Je dormais mieux dans la jungle, la ville ne me réussit pas.

Nous prenons un bon petit déjeuner, Max et moi, dans une boulangerie locale où fruits et gâteaux de toute sorte proposés à profusion réveillent nos papilles gustatives par leur étalage de couleurs et leurs senteurs exotiques. Nous retournons ensuite chez Max, il doit travailler toute la journée. J’en profite pour regarder mes mails ainsi que mes photos.

Après un déjeuner éclair dans une petite cantine locale où la viande est disponible à profusion, à faire fuir le végétarien le plus tolérant, Max me conduit en ville où il me laisse en compagnie de José, le guide francophone que j’ai rencontré au Dolphin Lodge. Ne souhaitant pas que je m’ennuie durant son temps de travail, il m’a trouvé une occupation pour l’après-midi: crapahuter dans Manaus avec un guide privé parlant français de surcroît. Je suis ravie et en même temps mal à l’aise d’être traitée comme une princesse que l’on ne doit pas laisser seule de peur qu’elle ne s’ennuie, allant même jusqu’à engager du personnel qu’il paie pour me tenir compagnie. J’avoue ne pas être habituée à ça. Et cette attention me touche tout en m’exaspérant à la fois. Je suis quand même capable de me débrouiller seule! Même si j’avoue que c’est plus agréable de se faire balader dans une ville étrangère par un habitant de la région…

Je retrouve donc José que je suis contente de revoir, je l’apprécie ce vieil Indien un peu édenté; Max m’abandonne en sa compagnie et José me fait visiter toute la ville en commençant par le bel opéra du centre dont les matériaux viennent des 4 coins d’Europe, poursuivant avec la cathédrale, les marchés de poissons et de fruits à l’odeur forte et aux couleurs variées. Nous buvons un coup au port, admirant les bateaux-bus au départ pour Belém ou Santarem, d’autres villes situées sur la côte et accessibles uniquement par voie maritime ou aérienne, les routes étant inexistantes à travers la forêt. Je teste également une soupe régionale faite d’algues, de gélatine et de crevettes non décortiquées au goût atroce alors que les locaux ont l’air pourtant de l’apprécier. José me raconte l’histoire de la ville et son invasion portugaise, mais j’avoue être bien plus intéressée par son histoire personnelle qu’il me confie de bon cœur. Il est né dans un village amazonien dans la forêt et son père est mort alors qu’il avait 3 ans. Sa mère l’a abandonné durant un moment, essayant elle-même de trouver du travail ailleurs. Il a été recueilli par une population d’Indiens qui l’a emmené dans la jungle profonde et lui a appris à pêcher au harpon, chasser à l’arc, grimper dans les arbres. Quand il a eu 8 ans, sa mère est revenue le chercher pour l’emmener avec elle à Cayenne en Guyane, où il a appris le français. C’est ainsi qu’il a mis le pied pour la première fois dans une grande ville. Il habite Manaus à présent mais ne se sent revivre qu’au milieu de la jungle, son véritable foyer.

Après cette longue marche à travers la ville, nous nous décidons à rentrer, il se fait tard. Max va venir nous chercher en dehors de la ville, nous devons prendre un bus pour aller le retrouver. Le trafic est absolument bouché à cette heure de fin de bureau et nous mettons plus d’une heure pour effectuer les quelques kilomètres nous séparant du point de rendez-vous. C’est pire que Paris ici! Il faut dire qu’ils n’ont aucun métro et leur système de bus a l’air aléatoire… Du coup, tout le monde se déplace en voiture! Nous finissons par retrouver Max puis reconduisons José chez lui. J’ai beaucoup aimé notre petit tour de cet après-midi et ça fait un bien fou de parler français!

Nous passons ensuite à l’aéroport vu que je souhaite avancer mon retour de quelques jours histoire d’avoir plus de temps à Montréal pour me reposer avant de recommencer à travailler le 1er décembre, date qui m’a été confirmée par mes clients! Youhou… Mais personne à l’aéroport n’est capable de m’aider à ce sujet. Je le ferai donc moi-même par Internet. Nous allons dîner dans un charmant restaurant d’un succulent morceau de viande tendre à souhait puis Max me laisse chez lui tandis qu’il doit descendre en ville s’occuper de je ne sais quelle affaire encore une fois. Il ne s’arrête donc jamais? Je ne me sens pas le droit de lui faire la moindre remarque, mais je trouve qu’il accorde bien trop d’importance à son travail et pas assez à ses proches. De mon point de vue, il oublie un peu de vivre! Je ne suis là que pour peu de jours et malgré le temps qu’on passe ensemble il n’est jamais -ou rarement- totalement présent avec moi. Le téléphone sonne sans cesse, il doit gérer de multiples choses en même temps, il est tellement pris dans ses pensées qu’il m’écoute à peine quelquefois… Ce n’est pas ma vision du couple.

Je profite de l’absence de Max pour gérer mes histoires de changement d’avion par Internet mais je m’aperçois avec stupéfaction que Delta Airline n’effectue plus que 2 vols par semaine au départ de Manaus, le samedi et le dimanche. C’est nouveau ça, l’avion partait tous les soirs auparavant. Bon, ça ne m’arrange pas du tout cette histoire. Soit je laisse mes billets d’avion tels quels mais j’arrive la veille de ma reprise au travail, soit j’avance mon vol carrément d’une semaine! Ce qui, somme toute, me laisserait du temps à Montréal pour vaquer à mes occupations… Je dois y réfléchir. Demain, nous partons en bateau pour une virée de 4 jours, je verrai à mon retour.

Vers 23h, lassée d’attendre le retour de Max, je pars me coucher, éreintée. Alors que j’étais déjà partie dans le royaume des songes, Max me réveille, un énorme bouquet de roses rouges à la main. Perplexe, je balbutie un remerciement à moitié endormie. M’offrir des fleurs à minuit alors que je pars le lendemain à l’aube pour une croisière de 4 jours manque un peu de logique pour moi. Je n’ai même pas le temps d’en profiter, ne serait-ce que quelques minutes. Son attention me touche mais encore une fois m’exaspère un peu. J’aurais largement préféré qu’il rentre plus tôt sans fleurs! J’ai l’impression qu’il compense le temps où il n’est pas là par des cadeaux mais il est tombé sur la mauvaise personne pour ça. Jamais aucun présent ne vaudra la compagnie d’un être cher pour moi! D’autant plus que je ne le vois pas demain non plus, il me laisse seule aller sur le bateau, ne me rejoignant que le soir. Le travail avant tout!

J’essaie de retrouver le sommeil mais un satané moustique a décidé de me pourrir ma nuit. Je n’en ai eu aucun au milieu de la jungle et c’est ici, à Manaus, qu’il va me rendre folle à force de me vrombir dans les oreilles! Je me réfugie sous les draps, préférant encore avoir trop chaud que de supporter ce bruit infernal.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire