Le 28 novembre 2009
Je me sens nettement mieux aujourd’hui, je pense que le plus dur est passé. Il reste mes pieds qui me démangent toujours plus que de raison, mais je commence à m’habituer.
A mon réveil, Max n’est pas là, il est déjà parti gérer quelques affaires en ville. Je prends donc mon temps et me prépare tranquillement. Max m’appelle pour me dire qu’il sera là dans quelques minutes pour m’emmener prendre mon petit déjeuner. Je ne peux manger que des fruits mais me régale malgré tout de ce simple festin. Il retourne ensuite travailler alors que je me repose. Je l’aide ensuite à préparer les 30 hamacs en vue de l’expédition en bateau de ses clients, puis nous partons déjeuner en ville d’une petite salade digeste. Max souhaite se faire couper les cheveux, je l’accompagne donc dans un salon de coiffure-manucure où de nombreuses femmes soignent leurs ongles des mains et des pieds. Il semble que ce soit important pour les Brésiliennes d’avoir une belle manucure. Elles devraient prendre autant soin de leur façon de se nourrir et de leur corps, elles souffrent quand même toutes d’un début d’obésité qui ternit leur beauté pourtant naturelle, sans parler des problèmes de santé que ça peut occasionner.
J’attends patiemment que Max ait fini de se faire coiffer et couper les ongles, tout en lisant, levant parfois le nez pour apprécier cette scène de vie typiquement brésilienne. Ca y est, c’est un nouvel homme qui sort du salon de coiffure ! Pour me remercier d’avoir patienté aussi longtemps, il m’emmène dans un magasin de chaussures pour m’en offrir une paire. Je lui explique que je ne suis pas une enfant qu’il faut récompenser d’avoir été sage et que je n’ai nullement besoin de sandales, j’en ai déjà une paire. Pourquoi en acheter une deuxième ? J’accepte avec plaisir un bon verre de jus d’orange pressé à la place !
Il m’emmène ensuite prendre une noix de coco dans l’hôtel le plus réputé de Manaus. Notre cher président Sarkozy s’y trouvait lui-même il y a quelques jours apparemment ! C’est un splendide palace avec piscine, sauna, salle de massage et d’exercices, nombre de bars et restaurants et même un zoo ! C’est vraiment drôle de se trouver dans une place aussi luxueuse après ces deux jours dans la jungle sans aucun confort, ni commodité moderne ! La différence est un peu brutale en si peu de temps… Toutefois alléché par tant de luxe, Max s’arrête en chemin dans un autre hôtel de haut standing pour me faire visiter les chambres les plus belles. Etant guide et connu de la région, il a des passe-droits pour tout et on nous laisse même profiter du jacuzzi d’une des chambres pour quelques heures. La chambre est superbe avec sa douche extérieure à ciel ouvert et sa salle de bain intérieure au jacuzzi immense… On se délasse dans ce bain bouillonnant un moment ayant l’impression pour quelque temps d’être de vrais pachas millionnaires… Encore une fois, le contraste avec la profondeur de la jungle à dormir dans des hamacs et se laver dans la rivière boueuse est saisissant et un peu perturbant, mais bon… Je m’adapte vite à tout ! Et je ne vais pas cracher sur un peu de luxe et de confort fortuits qui me sont offerts gracieusement ! Max m’en fera vivre des choses décidément…
Nous rentrons ensuite chez lui afin que je prépare mes affaires, je quitte Manaus à 23h ce soir pour retourner à Montréal après ces 3 semaines en Amazonie, mes 2 semaines en France, mon mois et demi en Inde et mes 2 semaines à Vancouver. Un vrai tour du monde en 3 mois ! Ouf, il s’en est passé des choses en si peu de temps… Mais je ferai le bilan de ce voyage plus tard. Pour l’instant, je veux profiter du peu de temps qu’il me reste avec Max. Nous partons dîner dans un chic restaurant et je suis contente de voir que j’ai retrouvé mon appétit d’avant. Je pense être quasiment guérie de mon infection intestinale, ce qui est une bonne nouvelle au vu des 17 heures d’avion qui m’attendent pour rentrer au bercail.
Le temps passe malheureusement vite et il est temps de se diriger vers l’aéroport pour mon départ imminent. En chemin, il me pose alors la question que je redoutais tant : « Comment vois-tu notre relation dans le futur ? » Je lui réponds alors le plus honnêtement possible en lui expliquant que j’ai vécu d’incroyables moments avec lui et que j’ai adoré nos aventures, mais je lui fais comprendre toutefois que je ne crois pas aux relations à distance, encore moins lorsqu’il s’agit de cultures différentes. Je veux simplement vivre le moment présent avec lui sans faire de plans pour le futur car pour moi c’est impossible à envisager. Il est d’accord avec moi, même si je pense qu’il aurait aimé une autre réponse… Je sais qu’il souhaiterait que je vienne m’installer chez lui à Manaus afin de m’occuper d’une partie de son agence, mais je lui ai expliqué que je ne me sens pas prête pour tout quitter au Canada et recommencer une nouvelle vie dans un pays étranger avec une langue que je ne connais pas, un métier dont j’ai tout à apprendre, pour suivre un homme dont je ne suis pas certaine de mes sentiments… Ca fait un peu trop d’inconnu pour moi ! J’aime l’aventure et les challenges, mais j’ai mes limites. Il me comprend malgré tout, il m’avoue qu’il ne serait pas capable de tout quitter ici lui non plus pour me rejoindre en France ou au Canada… Il a travaillé trop dur pour monter son agence, il ne se voit pas tout abandonner ici. Et je le comprends fort bien ! Les adieux à l’aéroport n’en sont pas moins difficiles, ça fait tout de même 3 semaines que nous sommes ensemble et nous avons vraiment vécu ensemble des moments inoubliables qui resteront gravés dans nos mémoires à jamais. Je vois encore une fois ses yeux s’embuer de larmes alors que nous sommes à quelques minutes de l’irrémédiable séparation et je me sens un peu coupable de ne pas ressentir la même tristesse… Evidemment, il va me manquer à moi aussi mon « Jungle Boy » comme j’aime à le surnommer, mais je suis aussi contente de rentrer chez moi après ces 3 mois de voyages, j’ai besoin de me reposer pour retrouver mes esprits et assimiler tout ce que j’ai vécu en si peu de temps. Ca y est, un dernier regard puis nous nous quittons, n’ayant aucune idée de quand - ou même si – nous nous reverrons…
Assise dans la salle d’embarquement pour Atlanta, je me sens sereine à l’idée de rentrer chez moi où mes amis, mon travail, mon appartement m’attendent de pied ferme. Et quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes surprises encore… même à Montréal ! Parfois l’aventure est à la porte de chez nous… et le bonheur sous notre paillasson !
Le vol jusqu’à Atlanta se déroule sans encombre malgré le fait que je ne dors pas beaucoup. Arrivée à Atlanta, en transit pour 4 heures, j’ai le temps de laisser vagabonder mon esprit qui, même fatigué, souhaite établir un premier bilan de ces 3 mois de voyages. Je récapitule mentalement les moments forts de ce périple en me faisant parfois rire moi-même de l’incongruité des événements qui se sont succédé… Après avoir failli être dévorée par un ours en Colombie Britannique, j’ai assisté à l’attaque d’épaulards envers des dauphins qu’ils ont tués devant mes yeux. J’ai passé une journée entre les murs d’Alcatraz dans la peau d’Al Capone à San Francisco. Je suis restée 10 jours à méditer dans un ashram en Inde avec un célèbre guru. J’ai passé une semaine dans un centre bouddhiste à faire vœu de silence total. J’ai débarqué dans des villages indiens où ils n’avaient quasiment jamais vu de Blancs jusqu’alors. J’ai retrouvé la douceur d’un foyer familial et le terrain familier de mon pays d’origine durant 2 semaines tout en me sentant un peu étrangère dans ma propre patrie. J’ai retrouvé Max en Amazonie, conduit des bateaux, pêché des piranhas, plongé au milieu des caïmans, admiré les étoiles du fond d’une barque sur l’Amazone, suivi les dauphins roses dans le coucher de soleil, dormi dans des hamacs en pleine jungle sans âme qui vive à des kilomètres tout en étant bercée par les cris rauques des singes hurleurs et recevant des mygales sur la tête… sans arrêter de prendre du temps pour méditer chaque jour…
Maintenant que je fais l’inventaire de ces aventures, je me rends compte qu’il a plutôt été intense ! Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour voir vraiment ce qu’il va pouvoir m’apporter dans ma vie quotidienne, mais je pressens qu’il m’aura changée de façon significative. Je m’aperçois de plus en plus que le bonheur est à portée de main dans les simples choses de la vie courante et qu’il dépend avant tout de l’état d’esprit dans lequel on se trouve et non des biens matériels accumulés même si, je l’accorde bien volontiers, un minimum requis est souhaitable et aide à la félicité. Ce que je veux dire par là, c’est que je ne veux pas faire dépendre mon bonheur de ma prochaine voiture achetée, de ma prochaine augmentation de salaire, de mon prochain voyage ou même de mon prochain compagnon de vie ! Ca ne signifie pas que je ne veux pas tout cela, au contraire, je souhaite juste ne pas me dire : « Je serai plus heureuse quand… ». Mon idée du bonheur ne se joue pas à la loterie selon moi, parce que si jamais ces choses-là n’arrivent jamais, que va-t-il se passer ? Je ne serai jamais heureuse ? Ou bien si je perds l’un de ces désidératas, vais-je sombrer aussitôt dans le désespoir ? Je veux au contraire profiter à chaque instant, ici et maintenant, des moments de joie simples et beaux que m’offre la vie; il faut juste que j’apprenne à mieux regarder autour de moi parce que je sais qu’ils sont là, présents pour moi et pour tous ceux qui prennent le temps de s’arrêter pour apprécier ces instants de bonheur quotidiens : la lumière d’un soleil couchant sur les toits des villes, le frémissement des branches d’arbre d’un parc urbain, le bruit de nos pas sur la neige, les retrouvailles avec la famille, un dîner entre amis… J’espère que ce voyage va me permettre de rester longtemps les yeux ouverts sur ma vie de tous les jours.
Il m’aura aussi appris que je peux voyager seule et très bien m’en sortir ! C’était l’une des choses qui m’effrayaient le plus avant mon départ, mais finalement je n’ai jamais souffert de solitude ! J’ai rencontré du monde quand il fallait et suis restée seule quand j’en avais besoin également. La vie se charge souvent pour vous du meilleur des chemins possibles. Je suis persuadée que la combinaison Vancouver-Inde-France-Brésil était parfaite autant par le choix des pays que l’ordre dans lequel je les ai traversés. L’Inde a spécialement été le déclencheur de beaucoup de choses de mon point de vue et certainement le plus intense à mes yeux aussi. Je pense que ce pays me reverra un jour ! Il a encore tant à m’apprendre… On verra, chaque chose en son temps. Ma relation avec Max m’a également beaucoup apporté sur un autre niveau. Depuis ma rupture avec Michaël il y a 2 ans de cela, c’est la première fois que je vis une relation de couple avec un homme et ça m’a fait énormément de bien. Se sentir épaulée, protégée, complimentée sans cesse, traitée comme une princesse, se tenir par la main en public, être présentée aux amis en tant que compagne… J’avais oublié les sensations qu’une belle complicité agrémentée de partage pouvait offrir et j’ai été ravie de le redécouvrir, même pour une courte durée.
Un chapitre de ma vie s’est terminé avec ce voyage et je suis prête pour en entamer un nouveau, quel qu’il soit ! Et je sais qu’il sera plein de surprises et de bonheur… Je le pressens ! Je suis chargée à bloc d’énergie, prête à plonger à pieds joints dans ce vaste monde qui s’offre à moi ! Attention, une nouvelle Eve-Laure est de retour… En attendant, je m’envole vers Montréal apercevant pour la première fois la ville d’Atlanta de mon hublot alors que l’avion déploie ses ailes au dessus de cette ville futuriste aux imposants buildings. Le temps est totalement dégagé, la vue est superbe… Je ne lâche pas mon petit hublot de tout le voyage, voulant imprimer ces belles contrées vues du ciel dans ma mémoire. L’avion descend vers Montréal et se perd un instant dans les nuages cotonneux avant de découvrir le majestueux fleuve Saint Laurent. Je pensais mettre les pieds dans la neige en arrivant mais il n’en est rien. Les premiers flocons ont visiblement attendu mon arrivée. Entre le moment où je sors de l’avion, passe l’immigration et récupère mon bagage, il doit à peine s’écouler un quart d’heure, un temps record jamais égalé jusqu’ici ! Et comme l’avion a atterri avec un peu d’avance, mon amie qui est censée venir me chercher n’est évidemment pas encore arrivée. Tout excitée d’être rentrée chez moi, je l’attends avec impatience ! Ca y est, elle arrive ! Nous nous serrons dans nos bras, puis elle m’emmène déjeuner en ville où nous avons le temps de nous raconter nos vies. Je rentre ensuite chez moi pour retrouver un appartement beau et rangé, laissé comme neuf par les locataires qui l’ont habité durant ces 3 mois. Mon propriétaire m’a même gentiment mis le chauffage pour mon arrivée ! C’est vrai qu’il fait un froid de canard dehors, cette température contraste fortement avec la chaleur de l’Amazonie !
Je retrouve doucement mes repères, me sentant un peu perdue et confuse au premier abord, tout me paraissant familier et étranger à la fois. Malgré la fatigue, je m’active tout le reste de l’après midi pour ranger, faire des courses, nettoyer l’appartement… Je n’arrête pas une minute avant de tomber de fatigue vers 22h dans mon lit. Ouff, quelle arrivée !
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Salut Laure,
RépondreSupprimerJ'ai reçu ce mail depuis ton adresse elalard@yahoo.fr, ca cent le spam !! Méfies-toi.
Gros bisous
Béatrice (tour du monde 2005-2006). Sympa ton nouveau blog, je sens que tu remontes la pente après ta rupture avec Michael.
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Bonjour,
Je suis actuellement en angleterre pour affaire et je suis vraiment dans le pétrin. J'ai été agressé en revenant à l'hôtel... ils m'ont pris mon porte-monnaie contenant tous mes papiers et presque tout mon argent, ainsi que mon téléphone portable.
Le problème c'est que la direction de l'hôtel va garder mon passeport jusqu'à ce que je puisse payer la facture de la chambre qui s'élève à 1.550 €. J'ai franchement besoin d'aide pour rembourser et j'apprécierais vraiment n'importe quel montant que tu pourra envoyer pour m'aider. Je promet de rembourser dès que je suis rentré...
Essaie de me donner une réponse le plus vite possible pour que je sache si je peux compter sur toi ou pas.
Si tu peux faire quelque chose pour moi je te serai toujours infiniment reconnaissant.
merci d'avance
Eve-Laure