Seuls au monde entourés de cascades

Le 23 novembre 2009

Je me réveille toujours un peu ballonnée, mon ventre gonflé n’en ayant visiblement pas encore fini avec moi mais il y a une nette amélioration par rapport à hier soir. J’ai passé une assez bonne nuit malgré la présence harcelante de moustiques téméraires. Pourquoi les trouve-t-on plus dans les milieux urbanisés qu’en pleine jungle? Max a aussi pris ma jambe pour un ballon de football en pleine nuit, ce qui m’a réveillée en sursaut, ne comprenant pas ce qui se passait. Il m’a fait mal l’animal!

Alors que Max dort encore, je sors profiter du jardin et de la quiétude de la pausada absolument déserte alors que le soleil se lève à peine. J’aime admirer les couleurs de l’aurore qui recouvrent le paysage à l’unisson avec les oiseaux semblant timidement entamer leur chant comme pour ne pas réveiller toute cette nature encore somnolente. Massant doucement mon ventre afin de m’excuser encore une fois de mon insouciance, je profite de la sérénité des lieux, faisant le plein d’énergie revitalisante.

Max réveillé et prêt, nous décidons de repasser à la belle cascade attenante à l’hôtel afin que je puisse mieux apprécier cette fois-ci. Nous sommes toujours seuls à profiter des lieux et mon corps m’autorise cette fois à me rafraîchir dans cette eau douce déferlant tel un massage sur mes épaules et mon dos. Ravie de pouvoir cette fois jouir à mon aise de ce petit coin de paradis, je ris gaiement en jouant dans les remous des chutes d’eau, Max se contentant de me regarder en souriant. Sans café le matin, il lui est impossible de faire quoi que ce soit et certainement pas de se baigner dans l’eau froide des cascades. Il me fait rire avec son rituel de café!

Ragaillardie par cette belle baignade, je me sens d’attaque pour le petit déjeuner. Nous quittons ce petit coin de paradis solitaire pour nous rendre au marché du village. Je décide d’y aller doucement et ne commande qu’un jus d’orange pressée tandis que Max avale un sandwich au fromage avec son café tant attendu. Nous nous rendons ensuite à une autre cascade recommandée par notre guide d’hier. Une longue et belle marche à travers la forêt nous permet d’apprécier la beauté des arbres et plantes de la région. Mon estomac a visiblement encore du mal avec le simple jus d’orange que je lui ai donné ce matin et c’est avec difficulté que j’arrive au bout du petit sentier menant aux cascades. Encore une fois, nous sommes les seuls sur les lieux et pouvons apprécier tout à loisir ces merveilles naturelles. Max se précipite sous les trombes d’eau qui jaillissent des rochers tandis que c’est à mon tour de le regarder. Je m’aventure timidement sous la plus fine cascade, ne souhaitant pas trop m’exposer au froid glacial de ces eaux fraîches.

Une demi-heure après notre arrivée heureusement matinale, nous voyons débarquer une famille brésilienne d’une dizaine de personnes criant et hurlant sans se soucier le moins du monde de nous, s’installant juste à côté, une bière à la main alors qu’il est à peine 10h du matin, allant même jusqu’à se placer juste devant nous, ce qui nous empêche de voir les cascades! Ca me fait rire tellement je trouve cette attitude incroyable… Max n’en revient pas non plus. Bon, il est temps pour nous de partir je pense. Nous nous arrêtons sur le chemin du retour sur une petite plage au bord de la rivière, plus calme et tranquille, afin de profiter une dernière fois des lieux puis nous reprenons la direction de Manaus. Max souhaite se reposer un peu à son tour, c’est donc moi qui conduis cette fois, sans expérience de la conduite brésilienne, ni même de permis en poche, l’ayant laissé à Montréal. Mais visiblement ce genre de « détail » n’est pas un problème ici, les policiers sont de toute façon corrompus et un billet arrange tout. Bon..;

La route jusqu’à Manaus se passe sans encombre, elle est toute droite et la belle voiture de Max est très agréable à conduire. Par contre, une fois arrivés à Manaus, ce n’est plus le même folklore… Aucune priorité n’est respectée, les dépassements à droite sont de mise ainsi que les queues de poisson. En sueur, je réussis à nous déposer vivants devant la boulangerie située à deux pas de la maison de Max afin d’y déjeuner rapidement. Je me contente de riz, pour ma part, ce qui ira très bien.

L’après-midi passe tranquillement au domicile de Max à regarder les mails pour ma part et à travailler à l’agence pour lui. Max m’a pris rendez-vous vers 16h dans un institut de beauté pour une manucure et une coiffure. Moi qui n’y vais jamais en France ou au Canada, c’est la deuxième fois que je m’y rends à Manaus! D’ailleurs, la coiffeuse me reconnait et crie de joie lorsqu’elle voit mes ongles longs cette fois-ci alors qu’elle était désolée de devoir s’occuper d’ongles rongés en février dernier! Comme quoi, il y a eu du progrès depuis! Elle me fait une manucure complète des pieds et des mains, je n’ai jamais eu les ongles aussi beaux qu’aujourd’hui. Par contre, pour les cheveux, c’est une autre histoire… D’abord, elle me les tire dans tous les sens au moment du lavage et moi qui suis sensible du cuir chevelu, j’avoue serrer les dents plus d’une fois. Ensuite, elle me fait un brushing au sèche-cheveux en laissant si longtemps l’appareil posé sur mes cheveux que je les sens cuire sous mes yeux! Mais elle me brûle carrément les cheveux! Le résultat est d’ailleurs évident, de petites mèches hirsutes se dressent sur ma tête, visiblement peu contentes d’avoir été brûlées au fer chaud. Non, je te jure… Je dois avoir les cheveux plus fins que la plupart des Brésiliennes, mais quand même…

Je reviens chez Max avec ma tête de hérisson fâché, tout en essayant de ne pas lui montrer ma colère. Max n’y est pour rien, il voulait juste me faire plaisir… Pour me changer les idées, il m’emmène au supermarché m’acheter deux mignons petits tee-shirts pour la jungle. Il est adorable ce Max!

Nous soupons rapidement dans un self service puis il m’emmène me promener dans un parc aménagé, mais mes douleurs abdominales me reprennent durement, comme après chaque repas, et je demande à rentrer, épuisée par ma journée.

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