29/12/2014
Réveillés
encore une fois à l’aube, nous jetons un œil dehors et apercevons
une vraie purée de pois qui nous entoure. Ok, il ne pleut pas, mais
randonner dans le brouillard n’a rien de drôle non plus. Du coup,
on se recouche… On n’a pas de chance avec le temps décidément !
Une heure plus tard, on rejette un œil, ça a l’air de se lever,
youpi ! Nous petit-déjeunons en hâte, rangeons nos affaires
dans la voiture, et quittons notre cahute sans bruit, tout le monde
dort encore… Au revoir petit village d’Hell Bourg, si mignon dans
cette beauté environnante !
Nous
faisons route jusqu’à Grand Ilet sous un soleil radieux qui nous
permet enfin d’apercevoir la cime du Piton des Neiges. Mais si le
temps est de nouveau avec nous, c’est moi qui bats de l’aile
aujourd’hui. Je me sens patraque, nauséeuse et de mauvaise humeur.
Je suis surtout fatiguée de ma journée de voiture d’hier, je
crois. Flo fait tout pour me donner le sourire mais rien n’y fait…
La route jusqu’à Grand Ilet est pourtant grandiose mais on dirait
que rien ne m’atteint vraiment ce matin. De toute façon, plus on
grimpe, plus on retrouve nos nuages, et arrivés au col des Bœufs
pour commencer notre balade, on nage de nouveau en plein brouillard.
Autant dire que ça arrange mon humeur…
Alors que
je suis en train de bougonner toute seule, le voile de nuages se
déchire, nous montrant toute la splendeur du cirque de Mafate que
nous surplombons. Que c’est beau ! Ce cirque n’est
accessible qu’à pied ou en hélicoptère, aucune route n’y a été
construite afin de préserver les lieux. Cette nature sauvage dominée
par le Piton des Neiges dans toute sa splendeur est spectaculaire !
La danse des hélicoptères emmenant les touristes voir ce site du
ciel profite de cette trouée pour bourdonner autour de nous. Par
contre, il y en a un qui s’approche drôlement de nous… Ouh là
là, mais il va se poser à côté de nous ? Nous avons à peine
le temps de réagir que nous sentons un vent violent dû aux pales
des hélices nous déséquilibrer. Flo tombe presque dans le ravin et
se retient à mes cheveux tout en m’octroyant un bon coup de coude
dans le bras (j’aurai un beau bleu demain) mais il s’en sort
indemne. Moi moins… Punaise ! Il pourrait prévenir cet hélico
avant de se poser sur nos genoux ! Il reste sur le parvis deux
minutes, le temps de faire monter une dame, son bébé et plusieurs
sacs, puis repart aussi sec. C’est là qu’on s’aperçoit qu’un
petit H (pour héliport) est inscrit sur le sol en rouge. Faut le
voir lui ! Flo est tout content (lui dès qu’un machin qui
vole se pose à un mètre de lui, il est en extase…), moi j’ai
mal partout… L’hélico venait sûrement chercher une habitante
d’un des villages du cirque afin de la ramener chez elle sans
qu’elle ait besoin de marcher deux heures avec son bébé et ses
sacs de course.
Une fois
remis de nos émotions, nous entamons la descente vers le petit
village de « La Nouvelle », mais le temps se couvre vite
à nouveau, tout est bouché et une
fine bruine nous tombe dessus sans discontinuer. Je ne me sens
toujours pas au top de ma forme et en plus on ne voit plus rien. Nous
décidons bien vite de faire demi-tour et remontons jusqu’au col
des Bœufs. C’est inutile de se fatiguer pour rien ! De retour
à la voiture, le temps est encore pire qu’à l’aller. Nous avons
eu une petite fenêtre de beau temps qui nous a permis d’apercevoir
le cirque, il faut déjà s’estimer heureux !
En perdant de l’altitude, le beau temps s’offre de
nouveau à nous pour notre plus grande joie. Ça fait du bien de voir
du soleil ! Nous admirons le cirque de Salazie, moins sauvage
que Mafate mais très impressionnant tout de même, puis reprenons la
route sinueuse vers le littoral. Une fois à St Benoît, nous
empruntons la route qui traverse l’île vers la Plaine des
Palmistes, une jolie route au milieu des montagnes que je ne verrai
pas beaucoup, étant donné que je m’endors à moitié sur le siège
passager, vaguement nauséeuse. Nous nous arrêtons pour manger à la
Plaine des Palmistes, ce qui me requinque un peu. Le restaurant est
très joli bien que désert, et notre côte de porc est correcte. Je
me sens un peu mieux après avoir mangé, et je peux reprendre la
route plus sereinement.
La
traversée de l’île par cette route est agréable, d’autant plus
qu’on a de belles vues sur les alentours. Une fois revenus sur le
littoral, nous avons encore de la route jusqu’à Cilaos, ce n’est
pas fini ! Le contraste entre le littoral bourré de monde, de
maisons, de voitures, et la route de Cilaos déserte et sauvage est
saisissant. On aime les routes désertes, nous ! Par contre, ça
tourne ! Il paraît qu’il y a 400 lacets jusqu’au village de
Cilaos, on ne va pas les compter mais on le croit volontiers !
Mais le paysage est splendide ! Encore plus sauvage qu’à Hell
Bourg ! Les pics vertigineux qui s’élèvent au-dessus de nous
et les précipices qu’on aperçoit à nos pieds sont incroyables.
Quel spectacle !
Nous
arrivons à Cilaos sous la pluie et dans le brouillard pour changer,
et sommes surpris d’entrer dans une ville plutôt prospère et très
touristique. Elle se trouve pourtant au bout du monde ! C’est
sûrement dû au fait que ce cirque est le plus proche des villes
balnéaires de la côte. Nous cherchons notre gîte qui, d’après
les photos, nous semblait reculé en pleine nature, mais l’apercevons
près d’un lac artificiel où des touristes s’amusent en pédalo
sous la pluie… Tu parles d’une pleine nature ! Nous avons
une chambre double dans un petit chalet en bois dont la terrasse
donne sur la ville. Ce n’est pas si mal après tout. Nous passons
le reste de l’après-midi couchés, à nous reposer et à hurler
contre des gosses turbulents qui font un boucan d’enfer. Vers 18h
il ne pleut plus et nous pouvons aller nous promener dans le village.
Même si je le trouve un peu surfait avec son lac préfabriqué, il a
tout de même un certain charme, flanqué au milieu de ces montagnes.
Nous dînons dans le seul restaurant ouvert d’un hamburger frites
pour Flo et d’un steak haché pâtes pour moi. On en a marre du riz
aux lentilles ! Il est temps que la nourriture arrive, je manque
de tomber dans l’assiette tellement je me sens vaseuse. Je dois
manquer de quelque chose ici. Je me sens revigorée après manger
mais juste assez pour retourner à l’hôtel. Demain, grasse mat’,
peu importe le temps !
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