1er janvier
2015
Alors la
nuit fut difficile, comme prévu, même avec une oreille bouchée.
Au fur et à mesure que la soirée avançait, la musique devenait de
plus en plus forte et on avait même le droit au karaoké en prime...
C'est vite devenu insupportable, même pour un 31 décembre. On est
en vacances, zut! N'écoutant que mon courage, je sors les trouver
afin de leur demander gentiment de baisser un peu la musique, nous
sommes leurs plus proches voisins et on a l'impression d'avoir une
discothèque dans notre chambre. les Réunionnais me répondent
alors très gentiment que non, ils ne baisseront pas la musique, et
qu'ils ont bien l'intention d'en profiter toute la nuit. Ils
m'invitent même à rester boire du champagne avec eux! Le fait
d'être enceinte ne les émeut pas et ils me proposent du jus
d'orange à la place! C'est gentil mais bon... J'aurai essayé... Je
rentre à la case, penaude, me maudissant de ne pas avoir pensé aux
boules Quiès. Entre les pétards et la musique, les temps morts pour
réussir à s'endormir sont minces et je ne saurais dire combien de
temps j'ai dormi cette nuit lorsque le réveil sonne à 5h du
matin...
Flo arrête
le réveil et propose de se rendormir un peu. Ah non! Je vais mettre
une heure à me rendormir pour me réveiller de nouveau cinq minutes
après! On est réveillés, on y va! Non mais... Hagards, nous
préparons notre petit déjeuner, le café étant le bienvenu. Une
fois le ventre plein de fruits frais et biscottes à la confiture de
goyave, ça va un peu mieux. Nous sautons dans notre Twingo direction
"La plaine des Palmistes", au centre de l'île, afin
d'essayer d'aller au Trou de Fer avant les nuages. Evidemment, il n'y
a pas un chat sur la route à cette heure indue, un lendemain de
réveillon, et nous filons sur les routes désertes. Seuls quelques
policiers contrôlent quelques voitures mais nous laissent passer
sans nous arrêter. On a plutôt une tête de randonneurs que de
fêtards, je pense...
Le ciel
est dégagé et clair, les paysages de montagne que l'on retrouve
avec bonheur nous enchantent toujours autant! Nous nous enfonçons
dans la forêt tropicale, notre petite Twingo semblant minuscule
parmi ces décors dignes de Jurassic Park! Nous la garons dans le
grand parking vide du début du sentier de rando, je saisis mes
bâtons et nous voilà partis! Le sentier est plat, ce qui me
convient très bien, mais extrêmement boueux. Etant les premiers à
emprunter ce sentier ce matin, nous ouvrons la voie en nous prenant
plein de toiles d'araignée dans le visage. On dirait de vrais
aventuriers... qui marchent sur un chemin aménagé... Les fougères
qui nous entourent sont immenses, nous avançons en pleine jungle!
Un jeune
homme nous double en ayant l'air tout surpris de trouver des fous
comme lui qui se promènent à cette heure-ci un 1er janvier! Après
une heure et demie de marche facile, nous le retrouvons au belvédère
du Trou de Fer, le clou du spectacle. Pour notre plus grande joie,
nous le découvrons sous le soleil, les nuages ne l'ayant pas rendu
invisible. Le spectacle est grandiose! Devant nous, les montagnes
tombent à pic dans un ravin vertigineux, dans lequel se jette une
immense cascade. Sans parler de cette jungle qui nous entoure de
toutes parts. C'est superbe!
Nous
restons un moment à contempler ce point de vue tout en discutant
avec le jeune homme qui habite La Réunion depuis une année et nous
donne quelques conseils sur des sites à voir. Une fois nos yeux
fatigués à force de regarder cette merveille, nous rebroussons
chemin tranquillement, heureux d'avoir vaincu le temps sur la
montre... Il vaut mieux être du matin sur cette île! Alors que nous
arrivons tout juste à la voiture, une véritable mousson nous tombe
dessus sans crier gare. Ouf, il était temps! Nous nous retrouvons
alors sous un bel orage tropical qui zèbre le ciel et gronde
furieusement au-dessus de nos têtes. La route est vite détrempée
et la visibilité vraiment mauvaise. Allez, direction la côte vers
St Benoit! Nous y trouvons un peu de soleil et nous arrêtons dans un
parc, sous un arbre (on n'est jamais trop prudent, il peut
pleuvoir...) afin d'avaler notre pique-nique. Miam, c'est bon ce
jambon, ces tomates et ces mangues! (Notons que les femmes enceintes
ne pensent qu'à bouffer...). Nous admirons la tempête qui gronde
dans les terres tandis que nous sommes encore dans le soleil, mais
plus pour longtemps. La pluie nous rattrape, vite dans la voiture
direction St Leu....
Nous
passons pour la première fois par St Denis sans nous y arrêter. Les
grandes villes ne nous plaisent guère en général! Arrivés à St
Leu, nous nous arrêtons chez le médecin de garde pour voir s'il n'y
a pas trop de monde. J'ai de plus en plus l'oreille bouchée et
j'aimerais mieux régler ça avant de prendre l'avion du retour. Il y
a trois personnes avant nous, nous décidons d'attendre. Une heure
plus tard, c'est mon tour, et le médecin m'enlève un énorme
bouchon tout en délicatesse. Ca y est, les bruits qui m'entourent me
parviennent de nouveau normalement! Je me sens libérée! Nous
rentrons nous reposer à la case, nous l'avons bien mérité. Les
rigolos d'hier sont toujours là à parler fort, mais au moins il n'y
a pas de musique. S'ils recommencent cette nuit, je crois que je les
tue...
Nous nous
reposons dans notre case le reste de l'après midi en regardant la
pluie diluvienne qui s'abat sur nos têtes. Quand il pleut ici, ce
n'est pas à moitié et ça dure un moment! Au moins, ça couvre les
bruits de voix de nos voisins... Bon, c'est toujours le déluge mais
il faut qu'on sorte quand même pour aller dîner quelque part. Nous
prenons notre courage à deux mains, courons à la voiture pour nous
asseoir dans nos sièges trempés... Flo avait oublié de fermer sa
fenêtre! Vu ce qui tombe, ça a bien pénétré à l'intérieur et
il fait "floc, floc" entre les pédales: bah, ça devrait
vite sécher par ici!
Nous
errons à travers St Leu à la recherche d'un restaurant ouvert le
1er janvier, passant tout juste sur les routes déjà bien inondées,
nos roues s'enfonçant à moitié dans l'eau qui stagne. Quel déluge!
Nous tombons sur un restaurant ouvert qui est en train d'éponger sa
terrasse. Par contre, leur menu est le même qu'hier, avec les mêmes
tarifs délirants de réveillon! On ne l'a pas fait hier, ce n'est
pas pour se plumer ce soir. On s'en retourne donc sous le déluge
devant la serveuse compréhensive qui nous lance un "nouvel an
pluvieux, année heureuse!" C'est ben vrai ça! Finalement, le
restaurant de bord de mer que l'on connaît déjà est ouvert
également. Allez, hop, le serveur nous dégote une table à peu près
sèche dans un endroit à peu près au sec et nous dévorons un
canard au miel saveur vanille plutôt pas mal. Nous ne tardons pas à
rentrer chez nous par la suite, nous sommes claqués!
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