03/01/2015
Levés
encore une fois à 5h, nous avons décidé d'entamer l'ascension du
piton de la Fournaise, point chaud de l'île! Pour espérer voir
quelque chose, il faut encore se lever à l'aube afin de profiter du
beau temps matinal. J'ai du mal à me réveiller ce matin, hier a été
une journée fatigante et ces réveils à l'aube commencent à avoir
raison de moi.
Nous
petit-déjeunons sur notre terrasse en regardant le jour se lever,
puis grimpons dans notre voiture en direction du volcan. A notre
grande surprise, de gros nuages voilent déjà le haut des cimes.
Déjà? Bon, ça a l'air dégagé vers le volcan, continuons... Sauf
que nous nous retrouvons vite dans le brouillard et sous la pluie dès
Bourg Murat alors qu'on n'a pas encore entamé la route qui mène au
volcan. Je le sens mal... Mon moral descend en flèche devant ce
temps pourri alors qu'on s'est réveillés à l'aube. Que faut-il
faire pour avoir du beau temps ici? J'en ai les larmes aux yeux de
frustration et surtout de fatigue. Du coup, c'est le pauvre Flo qui
prend (il faut bien que je passe mes nerfs sur quelqu'un!). Je me
demande comment il arrive à me supporter parfois, lui qui est
toujours d'humeur égale!
Malgré
mon humeur maussade, Flo continue de conduire brillamment à travers
cette purée de pois alors que moi-même j'aurais déjà fait
demi-tour depuis longtemps. Autant dire qu'on ne voit aucun des,
paraît-il, superbes points de vue annoncés. De plus, arrivés à la
Plaine des Sables, la route se transforme en un chemin de terre
caillouteux, aux nids de poule énormes... Je m'accroche à mon
ventre pour éviter qu'il ne ballotte en tous sens, même si Flo
prend toutes les précautions possibles. C'est la plus mauvaise route
que nous ayons eue sur toute l'île!
Arrivés
au bout de la route, nous nous approchons du belvédère et nous
voyons... rien! Que des nuages partout... On attend cinq minutes sans
grand espoir, et là... miracle! Le brouillard se dissipe enfin pour
nous présenter le premier cratère du Piton de la Fournaise! Ouah,
c'est superbe! Nous nous trouvons au bord d'un cratère qui contient
lui-même le cône principal du volcan du Piton, ainsi que d'autres
cratères plus petits . Ce décor désertique de roches volcaniques à
perte de vue est impressionnant! Ca a remonté mon moral d'un
demi-point mais la fatigue est toujours là et je ne me sens
globalement pas très en forme. A ma demande, nous descendons tout de
même dans le premier cratère afin d'apprécier les lieux d'en bas,
ce qui donne un autre point de vue tout aussi fascinant. Le seul
point négatif du lieu est la foule de touristes qui le parcourent!
C'est la première fois depuis notre arrivée à La Réunion qu'on
voit autant de monde d'un coup. Et ça hurle, et ça parle fort...
C'est dommage d'avoir un tel bazar et une telle bousculade dans un
lieu aussi mythique et sauvage! Nous qui sommes habitués à être
seuls partout...
Nous
continuons notre balade sur la lave séchée jusqu'au pied du cône
principal. Le chemin qui mène jusqu'au cratère principal est
indiqué à deux heures de marche. En temps normal, aucun problème,
nous y serions allés presque en courant... Mais vu mon état
aujourd'hui, le seul fait de lire la pancarte sur la durée du
parcours m'a mis les larmes aux yeux. Je pleure tout le temps
aujourd'hui, c'est pénible! Un peu déçus de ne pouvoir admirer le
clou du spectacle, nous faisons demi-tour, c'est plus sage vu mon
état. Nous aurons tout de même eu la chance d'admirer le volcan! Le
retour à la voiture se fait sans heurts, puis nous reprenons la
route en sens inverse pour rentrer. Par contre, reprendre cette
mauvaise route aux ornières béantes est un vrai supplice pour moi.
Je suis trop ballotée, j'ai peur pour Babynou... Je demande à Flo
de s'arrêter, il faut que je fasse une pause. Je sors de la voiture,
m'assois sur une pierre et me mets à pleurer comme une madeleine.
Flo me prend dans ses bras, il ne sait pas quoi faire pour m'apaiser.
Finalement, je crois que j'avais juste besoin que ça sorte. Ca va
d'ailleurs mieux après avoir pleuré tout mon saoul. Ah là là, ces
femmes enceintes! Je remonte en voiture en m'accrochant aux portières
pour que mes fesses ne touchent pas le siège afin d'absorber les
chocs dans les bras. Ouf, ça y est, on revient sur la route
goudronnée... Ce n'est pas trop tôt!
Nous
pouvons à présent admirer les points de vue le long de la route,
qui étaient bouchés à l'aller. C'est en effet très joli. Nous
admirons d'autres cratères façonnés dans la roche volcanique, puis
quittons ce monde de pierres pour de verts pâturages vallonnés qui
nous rappellent un peu l'Auvergne. Je m'endors ensuite sur la route
et ne verrai plus rien des paysages. Je n'ouvre un œil qu'à
Manapaly, où nous avions décidé de nous détendre un peu. Ce petit
village a gardé son côté authentique, un peu comme sa voisine
Grande Anse. Une piscine naturelle entourée de rochers protège les
baigneurs des prédateurs et un grand parc à l'herbe fraîche
surplombe la mer, à la grande joie des pique-niqueurs. Nous nous
allongeons sous un grand arbre (en évitant de nous trouver sous des
noix de coco) dans l'herbe, et dégustons notre pique-nique à l'abri
du soleil. Ca fait du bien de s'allonger! A tour de rôle, nous
allons nous rafraîchir dans cette eau salée, cette piscine
naturelle n'étant pas trop bondée. (Tous les touristes de l'île
sont encore sur le volcan).
Nous
rentrons ensuite à St Leu (je redors durant le trajet d'ailleurs)
nous reposer à la case. Le soir venu, j'ai repris quelques forces et
nous dînons dans un délicieux restaurant de bord de mer. Au dodo
maintenant!
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