28/12/2014
Réveillés
à l’aube afin de profiter d’une rando matinale, nous jetons un
œil par la fenêtre et nous recouchons aussitôt : il pleut à
verse et les montagnes environnantes sont à peine visibles. Pas de
bol ! Sauf que moi, je suis réveillée maintenant et que je
n’arrive pas à me rendormir ! Je secoue Flo pour qu’on se
lève quand même, quitte à aller chercher le soleil ailleurs. Il se
laisse faire bon gré mal gré et nous prenons le petit déjeuner
commandé la veille sur notre terrasse en regardant tomber la pluie.
Le café, à l’abri dans un thermos, est encore chaud de la veille.
Super ! Par contre, je manque de m’intoxiquer avec le jus de
fruits périmé au goût dégueulasse…Berk !
Allez, on
saute dans notre twingo et nous quittons ces montagnes embrumées
pour un monde meilleur. Sauf que, arrivés à St Benoît, le temps ne
s’est guère arrangé, et nous renonçons à la balade de Takamaka
également. Continuons vers le sud, nous verrons bien ! Nous
nous arrêtons à l’anse des cascades sous une pluie toujours
battante. L’endroit a l’air magnifique (nous y sommes évidemment
seuls, qui d’autre aurait l’idée saugrenue de se balader sous la
pluie un dimanche à 8h du matin ?), mais l’ambiance y est
tristounette sous ce ciel bas et gris. Les multiples cascades qui
parsèment le site sont tout de même impressionnantes ! Nous
longeons un peu la côte à pied durant une accalmie passagère. Le
chemin côtier est fait de lave asséchée et recouvert de mousse,
d’arbres et de mangrove. Elle vient sans doute de l’éruption de
1977 qui s’est écoulée dans les environs, surprenant les
habitants par sa trajectoire inhabituelle. C’est impressionnant de
voir ces blocs de lave se jeter dans la mer ! Nous faisons
rapidement demi-tour, le chemin devient difficilement praticable avec
toute cette eau qui est tombée, et marcher sur de la lave séchée
n’a rien d’aisé.
Alors que
nous ne sommes qu’à quelques mètres de la voiture, une averse
nous tombe dessus d’un coup, nous trempant instantanément de la
tête aux pieds. Heureusement qu’il fait chaud dans ce pays, ça
nous évite d’attraper le rhume ! Nous reprenons la route pour
arriver dans un véritable désert de lave que seule la route fend
tel un serpent de mer. C’est drôle, quand je suis venue à la
Réunion avec mes parents il y a vingt ans (déjà, mon Dieu !),
il n’y avait que la coulée de 1977 à voir. Depuis, le volcan a
frappé bien des fois… Voici la coulée de 1998, puis celle de
2001, de 2004, et la plus récente et impressionnante, celle de
2007 ! Nous apercevrons même des fumerolles au loin ! En
tout cas le coin est un vrai désert de lave qui se jette dans la
mer. Dommage que le volcan soit caché par les nuages ! On peut
juste apercevoir la fin des coulées sur son flanc… J’adore cette
ambiance de fin du monde !
Nous
bifurquons ensuite dans les terres à Langevin, afin d’admirer une
des plus belles cascades de l’île : la cascade de la Grande
Ravine. Elle se mérite en tout cas. La route est plutôt mauvaise,
et surtout très à pic ! Plusieurs voitures font demi-tour
devant une route à monter qui ressemble à un mur, tellement elle
est raide. Mais ça ne fait pas peur à mon homme et à sa petite
Twingo qui la grimpe sans problème. Je le gave de letchis achetés
sur la route et mon homme brave tous les dangers !
On change
de décor en grimpant à travers une forêt tropicale proche de la
jungle. Au bout de cette route sinueuse, on aperçoit enfin cette
fameuse cascade assaillie par des canyonnistes en tout genre. Elle
est belle, c’est sûr, mais pas de quoi en faire tout un plat non
plus… Par contre, je souffre un peu au retour à cause de cette
route vraiment pourrie. Je m’accroche à mon ventre pour
l’empêcher de tressauter en tous sens. Accroche-toi, Babynou, pas
de fausse couche maintenant ! Je ressors exténuée de m’être
accrochée à tout ce qui bouge. Ouf, ça y est, c’est fini !
Nous
reprenons la route principale jusqu’à Grande Anse, une superbe
plage de sable coincée entre les roches volcaniques, où d’énormes
rouleaux se fracassent avec bruit sur le rivage. De grands panneaux
mettant en garde contre les forts courants et les requins cassent un
peu ce décor de carte postale malgré tout. En effet, il n’y a pas
un chat dans l’eau. Elle est pourtant si belle, quel dommage !
Je comprends maintenant pourquoi il y a une foule de Réunionnais qui
se baignent dans chaque recoin de rivière d’eau douce dans
les terres… Ils doivent être frustrés de ne pas pouvoir tremper
un doigt de pied dans cette eau si bleue ! A force de regarder
la mer, je jurerais apercevoir un aileron non loin du bord… De
requin ou de dauphin ? Je ne sais guère… et je n’irai pas
voir par moi-même ! Ça fout un peu les jetons ces histoires de
requins mangeurs d’homme tout de même… Nous nous contenterons de
déjeuner sur la plage d’un carry de grosses crevettes tout en
admirant le paysage. On est bien ! Et ça fait du bien de se
reposer le ventre, on a une longue route de retour à faire jusqu’à
Hell Bourg !
Il est
temps de faire demi-tour à présent. La route est longue mais nous
effectuons quelques pauses sous un ciel plus dégagé. Nous visitons
Notre Dame des Laves, seul vestige épargné par l’éruption de
1977, et c’est une église ! Je me souviens l’avoir déjà
visité il y a 20 ans. Retour aux sources ! Un arrêt contraint
et forcé à cause d’un accident grave sur la seule route qui nous
ramène à la maison. Les pauvres, le choc a été rude. Ça aurait
pu être nous quelques minutes plus tôt. Ils sont tous partis sur
des civières en ambulance…
Nous
reprenons enfin la route de Salazie, dernière ligne droite jusqu’à
la maison. Cette fois, les montagnes sont dégagées, il ne pleut pas
et je ne dors pas (encore !...). Le spectacle est
époustouflant ! Des cascades se succèdent, tombant des cimes
de ces parois de jungle vertigineuses. Le paysage luxuriant et
sauvage est féerique. Et Hell Bourg, ce petit village du bout du
monde, est un petit paradis (quand il ne pleut pas). Pourvu que
demain le temps se maintienne assez pour notre rando prévue
initialement ce matin !
A l’hôtel,
je m’écroule sur le lit sans plus aucune envie de faire le moindre
geste, je n’en peux plus ! On a fait trop de voiture
aujourd’hui pour moi. Je supporte mieux les randos ! Allez,
après une bonne sieste, un dernier effort pour aller dîner en ville
d’un bon steak frites (j’ai besoin de forces moi !) et
retour dans le lit à 20h. Bonne nuit !
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