17/8/2014
Réveillés
encore une fois à 5h, nous nous levons pour notre dernier safari
ici. Tout a une fin malheureusement ! Même à une heure aussi
indue, je réussis à me souvenir de l’anniversaire de mon homme
(il a fallu un petit déj avant que mon esprit ne s’éclaire) que
lui-même avait oublié. Heureusement que mon journal de bord m’aide
à savoir quel jour nous sommes, on perd tout repère ici !
Nous
sautons dans la jeep de Friday avec trois Américains coopérants au
Malawi et une famille d’Hollandais. Il est temps qu’on parte, il
commence à y avoir beaucoup de monde ici ! Le patriarche
hollandais s’avérera être un vrai Bidochon durant toute la durée
du safari, ce qui me consternera tout en me faisant beaucoup rire…
Il parle fort, gêne tout le monde avec ses commentaires stupides…
C’est vrai que les voyages sportifs et un peu difficiles font un
tri par eux-mêmes parmi les gens intéressants. Cette fois-ci, notre
voyage est facilement accessible à tous ceux qui possèdent de
l’argent, et le tri ne se fait pas de la même façon. C’est
surprenant et un peu perturbant je dois dire…
Ceci
dit, cette famille aura l’avantage d’avoir de bons yeux et nous
trouvera un beau léopard caché tout en haut d’un arbre, dévorant
un impala chassé cette nuit, alors que deux hyènes attendent
patiemment en bas de l’arbre qu’un bout de chair fraîche tombe
de la branche. Le spectacle est captivant et d’autant plus
fascinants que nous sommes les seuls à en profiter. Toutefois,
d’autres voitures nous rejoignent et nous laissons le léopard aux
autres, en ayant bien profité nous-mêmes.
Nous
apercevons girafes et éléphants, singes et koudous, hippos et
crocodiles, aigles et oiseaux colorés… sans oublier les zèbres et
impalas… Puis Friday nous fait remarquer des traces dans le sable.
Il s’agit de traces de pattes de lions ! Si on pouvait
retrouver ces félins ce matin, ce serait sans nul doute un beau
safari pour l’anniversaire de Flo ! Nous entamons un vrai
travail de détectives pour savoir où nous emmènent ces traces.
Elles ont l’air d’avoir suivi le chemin de terre sableuse par
lequel peut passer la jeep. Nous les suivons pas à pas, les yeux
dardés vers la savane. Par chance, les traces restent sur la route
sableuse, il nous est facile de les suivre.
Nous
roulons un bon moment, mon excitation à l’idée de trouver ces
animaux ne retombant pas malgré les kilomètres parcourus. Ils sont
tout près, je le sens ! Soudain, j’aperçois les formes ocre
qui se détachent dans la savane. Ce sont eux ! Et c’est moi
qui les ai trouvés ! Une meute de lions fait la sieste dans
l’herbe. Ils ne sont décidément pas très actifs en journée !
Nous sommes de nouveau seuls à les admirer, ce qui rend le spectacle
encore plus magique, surtout après avoir suivi les traces depuis si
longtemps. Voici notre récompense. Je me fais mousser en disant à
Flo que c’est moi qui ai organisé l’apparition de tous ces
animaux pour son anniversaire, mais bizarrement il n’a pas l’air
de me croire… C’est vrai qu’on a quasiment vu tous les animaux
possibles de ce parc en une matinée. Ce n’est pas mal ! Nous
rentrons au lodge, enchantés par notre aventure.
Ce
n’est pas Denver qui nous attend cette fois mais un ami à lui
chargé de nous déposer à la frontière du Malawi. Nous devons
donc quitter cet endroit idyllique pour reprendre notre périple.
Ceci dit, je suis aussi contente de quitter cette bulle aseptisée
pour revenir dans le voyage. Nous n’avons fréquenté que des
touristes durant ces cinq jours, il est temps de repasser en mode
local ! Nous disons chaleureusement au-revoir à Friday, qui a
vraiment été un guide hors pair, puis partons dans la voiture de
notre chauffeur en direction du Malawi.
Deux
heures plus tard, nous arrivons à la frontière en même temps qu’un
gros bus bondé venant de Lusaka. C’est bien notre veine ! Il
n’y en a qu’un par jour et on arrive en même temps que lui !
Les formalités d’immigration prennent alors un temps fou, surtout
parce que les locaux veulent tous nous passer devant, il faut jouer
des coudes pour les en empêcher, c’est un peu pénible ça !
Toutefois, nous réussissons à passer et entrons au Malawi à pied,
portant nos gros sacs sur le dos.
Il
faut alors trouver un taxi pour nous emmener à l’arrêt de bus le
plus proche. Un gars nous propose de partager avec d’autres
personnes. Pourquoi pas ? Sauf que la voiture est déjà pleine
à nos yeux. Mais pas pour un Malawien ! Il met Flo sur le siège
conducteur, le poussant le plus possible vers la boîte de vitesse,
et me case sur l’autre siège passager avant, serrée contre une
mama bien en chair qui est déjà installée. Alors ça c’est
fort ! Tenir à quatre sur les deux sièges d’une voiture
normale (on est loin du break), je n’ai jamais vu ça. Flo est
carrément plié en quatre et moi je suis obligée de sortir la tête
par la fenêtre pour pouvoir respirer. Lorsque le chauffeur se serre
contre Flo et qu’il doit carrément passer au-dessus de ses deux
jambes pour atteindre le levier de vitesse, je suis prise d’un
fou-rire que j’ai du mal à calmer. Le chauffeur n’a pas l’air
de comprendre pourquoi je ris, ça doit être quotidien pour lui. En
plus, il roule vite le bougre ! 110 kilomètres heure avec une
voiture pleine à craquer, c’est pas mal. Heureusement, dix minutes
plus tard, il nous dépose à la gare routière. On voulait sortir de
notre bulle et vivre au rythme du pays ? On est servis…
Nous
montons dans un minibus et retrouvons des places normales, où nous
avons la possibilité de bouger les orteils. Heureusement, car il
nous reste deux heures de trajet jusqu’à Lilongwe, la capitale du
Malawi. Le trajet se passe sans encombre, le regard rivé sur la
vitre du bus. Le pays a l’air plus pauvre que la Zambie, c’est
indéniable.
A
la gare routière de Lilongwe, un chauffeur de taxi nous aborde,
sentant l’alcool à plein nez et titubant sur ses deux jambes. Nous
essayons de lui expliquer que nous ne partirons pas avec lui vu son
état mais il est du genre collant. Nous arrivons toutefois à nous
en débarrasser et montons dans un taxi au chauffeur plus alerte. La
guest house que nous avons choisie n’est pas des plus raffinées
mais il est temps pour nous de faire un peu d’économies, ça nous
coûte cher ce voyage ! Nous choisissons tout de même la
meilleure chambre de l’hôtel, les autres nous donnant un peu le
cafard. Nous sommes les seuls dans l’hôtel apparemment, c’est
plutôt étonnant mais bon…
Nous
faisons un tour dans la ville qui ne correspond en rien aux villes
plutôt modernes de la Zambie. Ici, on a du mal à croire qu’on se
trouve dans une capitale. On dirait un village oublié par le temps.
Flo est fatigué par notre grosse journée (on s’est quand même
levés à 5h ce matin !), alors nous rentrons à l’hôtel nous
reposer. Pour prendre sa douche, il faut d’abord faire chauffer
l’eau dans une grande bouilloire électrique et se la verser sur la
tête à l’aide d’un petit bol. C’est plus simple ici que tout
ce qu’on a connu jusqu’alors. Après un peu de repos bien mérité,
je traîne Flo dans un bon restaurant recommandé par notre guide,
afin de fêter son anniversaire dignement. L’établissement est
charmant, le tenancier, un Australien, est plutôt âgé, et son
personnel également. Prétextant aller aux toilettes, je glisse un
mot au propriétaire sur l’anniversaire de Flo, pour savoir s’il
peut faire quelque chose pour le dessert.
Un
peu embarrassé par ma demande qui n’a pas l’air d’être
courante ici, je le vois pourtant s’émoustiller à la recherche
d’une bonne idée. J’ai l’impression de lui avoir donné un
challenge pour sa soirée, qu’il est ravi de relever. Ça doit
changer un peu de son quotidien…
Nous
dînons divinement bien ! Ils ont même des avocats en entrée,
ce qui ravit Flo qui en est fan ! Le steak est tendre à souhait
et bien juteux, c’est un délice. Il faut dire que nous avons sauté
le repas du midi aussi… En tous cas, je suis contente d’avoir
trouvé un restaurant qui répond à nos attentes pour cette soirée
d’anniversaire ! Ma surprise tombe à l’eau lorsque le
serveur vient nous dire gentiment que le gâteau d’anniversaire
arrive… C’est comme à Madagascar l’année dernière, je me
décarcasse pour que Flo ne sache rien mais les serveurs bien
intentionnés font toujours tout pour faire éclater le secret trop
tôt. En fin on est habitués, et ça n’empêche pas Flo d’être
content.
Ils
arrivent en chantant « happy birthday Florian » avec un
gâteau aux pommes surmonté d’une bougie de fortune. C’est tout
mignon ! Le propriétaire a l’air aux anges d’avoir relevé
le défi, et Flo est ravi ! Le dessert avalé, nous remercions
chaleureusement toute la troupe et rentrons nous coucher exténués.
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