Les rhinocéros blancs

06/08/2014 

Levés encore une fois à l’aube, nous nous préparons pour notre « walking safari » matinal. Nous allons marcher parmi les animaux cette fois, l’aventure commence vraiment ! Bon, on commence doucement avec un parc sans lions… Nous verrons ce volet-là plus tard !

Nous prenons un rapide café chaud à notre tente, histoire de nous réchauffer un peu, il fait un froid de canard ! Notre jeep nous attend avec deux touristes tanzaniens dedans. Ça aussi ça me surprend ici : des Africains sont touristes dans leur propre continent. En Asie, je n’ai jamais vu de Cambodgien touriste au Vietnam par exemple. Ici, c’est monnaie courante. Et pourtant la Zambie est un pays cher pour le touriste surtout à cause des safaris. Je pense que ça signifie que ce pays est sur la bonne pente pour s’en sortir, c’est super !

C’est donc déjà frigorifiés que nous grimpons dans la jeep, mais c’est congelés que nous en ressortirons après vingt minutes de route, la jeep n’étant pas fermée et le vent glacial s’engouffrant par les ouvertures. Heureusement, ils avaient prévu les couvertures sinon nous n’aurions pas survécu… Bon, j’exagère, mais pas loin !

Une fois dans le parc, nous continuons un peu à jeep, (on commence à se demander s’il est vraiment prévu qu’on marche, en fin de compte…) et croisons un superbe hippopotame dans la lueur des premiers rayons du soleil. Il se balade sur ses courtes pattes, indifférent à notre présence. Je suis tout de même contente de ne pas le croiser à pied celui-ci, il paraît que c’est l’animal le plus dangereux pour l’homme ! Quelques impalas et phacochères plus tard, nous nous arrêtons à une guérite de gardiens et l’un d’eux, armé d’une kalachnikov (on se croirait à Marseille…) monte avec nous. Ce sera notre gardien privé, à Flo et à moi, étant donné que les Tanzaniens font le reste en jeep. Ils trouvent ça étrange d’aller voir les animaux à pied, ça ne se fait pas dans leur pays alors qu’ils ont aussi de beaux parcs animaliers. Ils nous prennent un peu pour des fous il faut croire. Que nenni, nous sommes prêts à affronter le danger (et à courir vite !...)

Précédés du garde armé et de notre guide, nous entamons notre promenade à pied à travers la savane à la recherche d’animaux sauvages. Le paysage, à cette heure matinale, est superbe. La savane brille de mille feux et s’illumine d’or, c’est splendide !

Notre guide commente chaque étron d’animal trouvé, mais à part leurs déchets naturels, nous ne voyons rien de bien vivant. Nous sommes particulièrement à la recherche de rhinocéros, qui règnent en maîtres dans ce parc. Nous pistons leurs traces de pied et leurs étrons et je finis par apercevoir au loin une imposante masse mouvante. Ouais, j’ai vu la première le rhinocéros, même avant les pisteurs ! Je suis bien contente et fière de moi… Nous nous approchons prudemment et tombons sur une maman et son bébé en train de brouter l’herbe. Ils sont impressionnants, d’autant plus que nous sommes à pied cette fois ! La dimension n’est pas la même… Aucune jeep, aucun bateau ne nous sépare des animaux, nous n’avons que nos jambes pour courir en cas de danger ! Ce que le guide nous a fortement déconseillé. En cas de danger réel, trouver un arbre et se coucher derrière. Ok, bien compris ! On compte aussi un peu sur le fusil du garde…

En tout cas, les rhinos nous jettent un coup d’œil de temps en temps, mais rien n’indique qu’ils vont nous charger bientôt. Nous restons donc à les admirer, le respect, l’admiration et la peur se mêlant insidieusement en moi. C’est fou ce qu’on est en train de vivre ! Puis, alors que je fais un mouvement un peu plus brusque pour les prendre en photo, les rhinos se figent, en arrêt, nous regardant fixement, la corne pointée vers nous. Notre guide et le garde sont aux aguets, il y a de la tension dans l’air ! Un groupe de zèbres détale derrière les rhinocéros, ce qui les effraie encore plus. Le garde crie pour leur rappeler que nous sommes des humains et met la main sur son fusil, prêt à tirer en l’air en cas de besoin. Puis, tout le monde se calme, et la tension redescend aussi vite qu’elle est montée. Sauf pour Flo et moi qui avons encore le cœur qui bat à cent à l’heure ! Ouf, quelle aventure ! Le guide nous explique qu’il ne reste plus que neuf rhinos dans ce parc à cause de leur chasse intensive. Même de nos jours, le braconnage est fréquent et ils sont presque obligés de faire garder chaque rhino afin d’en assurer la sécurité. Dans quel monde vivons-nous ? Il serait temps de se rendre compte de cette richesse incroyable que nous offrent ces animaux en voie de disparition… Protégeons-les !

Nous les laissons tranquilles juste avant qu’un groupe de touristes ne rapplique, alerté par notre gardien (il faut bien faire profiter de ma trouvaille aux autres touristes !) Ils sont bien nombreux dans leur groupe ! Dire que nous ne sommes que deux avec deux guides s’occupant de nous. Nous avons décidément beaucoup de chance ! Nous croisons ensuite une multitude de zèbres et de gnous, et découvrons de nombreuses plantes médicinales. Nous avons adoré notre aventure !

Nous rejoignons la jeep et on nous emmène en bord de rivière pour prendre une petite collation (non sans avoir inspecté les alentours auparavant pour s’assurer qu’il n’y a pas de crocodile ni d’hippopotame). Ensuite, les guides nous proposent un parcours en jeep pour finir la matinée (non compris dans l’excursion originale). Nous acceptons avec plaisir et avons l’opportunité d’apercevoir des buffles et des girafes, et, ô surprise, un énorme python juste à côté du chemin. Il mesure au moins cinq mètres, il est gigantesque ! Je n’en ai jamais vu de pareil ! Sa peau est luisante dans le soleil et il semble être en train de digérer quelque chose. Estomaqués, (même si nous n’avons rien dans le nôtre depuis hier…) nous admirons cet animal hors normes avec fascination. Même les guides n’en reviennent pas d’en apercevoir un aussi gros. Je suis contente de ne pas être à pied, moi, tiens ! A notre passage, il finit par s’en aller, rampant doucement et fonçant sur un tronc d’arbre qu’il n’a apparemment pas vu (pas doué le python ! Nous l’avons dérangé visiblement. Désolée le serpent !
Nous rentrons ensuite à l’hôtel, remerciant chaleureusement nos guides qui ont fait de cette matinée une aventure hors du commun. Merci !

Nous avons un peu de temps devant nous avant notre prochaine sortie de la journée en croisière sur le Zambèze. En attendant, nous flânons, prenons une bonne douche à ciel ouvert, nous étendons près de la piscine, déjeunons avec vue sur deux gros crocodiles. C’est sympa aussi de ne rien faire ! Mais ça passe vite…

Il est déjà 16h et le bus pour nous emmener au bateau nous attend. Le bus est déjà bien rempli de touristes, j’ai peur que nous ne partions pour l’attraction touristique par excellence. Nous grimpons à l’intérieur malgré tout, puis après peu de temps de trajet tout le monde descend sur le front de rivière afin d’embarquer sur un bateau d’antan que l’on voit dans tous les films sur l’Afrique. Quel beau bateau ! Un bar s’étale en son centre, et, bien installés dans des fauteuils confortables, nous apprenons par le barman que nous pouvons boire à volonté. Ah bon ? Flo carbure donc à la bière tandis que je suis au vin blanc… tout en admirant les rives du Zambèze qui défilent sous nos yeux. Alors là, ça fait un peu pachas… mais j’aime ça !

Nous apercevons des hippos qui jouent dans l’eau, des éléphants qui déambulent dans la forêt. Le tout installés sur le pont en sirotant tranquillement notre breuvage. C’est officiel, ce voyage en Zambie est exquis ! La cerise sur le gâteau : le spectacle du coucher de soleil sur le Zambèze ! Ce soleil rouge, si gros et si intense, tombant sur ces terres sauvages, obscurcissant le ciel petit tout en le teintant de couleurs pastel, m’éblouit toujours plus. Je ne m’en lasserai jamais !

Une fois le soleil caché, le bateau nous ramène à la rive, et nous remontons dans le bus pour rentrer à l’hôtel. Finalement, ce n’était pas aussi touristique que prévu. Il y avait un peu de monde sur le bateau, mais il était suffisamment grand pour que chacun ait son coin et ne soit pas dérangé par les voisins. 
 
Sur la route du retour, un énorme éléphant s’est retrouvé tout bonnement en plein sur la route, devant nous, éclairé par les phares. Ça fait vraiment un drôle d’effet ! Ce n’est pas simple pour un éléphant de traverser une route passante ! Il a fini par bouger et nous avons pu continuer notre route. Que d’aventures en Zambie ! Ouf ! On va bien dormir encore cette nuit !

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