Le 17 septembre 2009\
Réveillée à 5h du matin, j’ai fait le tour de l’horloge cette nuit! Bon, je suis toujours un peu décalée mais ça devrait se remettre cette nuit si j’arrive à tenir jusqu’à ce soir sans sieste. Je sors sur ma terrasse, il fait nuit noire dehors. Je reste alors à écouter les bruits de la forêt qui m’entoure. Grillons, oiseaux, coqs et vent dans les feuilles des arbres sonnent comme une superbe musique à mes oreilles. J’essaie d’être présente à 100%, de vivre intensément cet instant et ça me procure une paix et une sérénité absolument incroyables. J’ai la sensation de ne faire plus qu’un avec le Tout, d’être en harmonie avec l’univers…
Le soleil commence à se lever, je pars faire un tour sur la plage. Assise sur un rocher, j’essaie de nouveau d’être dans l’acceptation totale de tout ce qui est. Le bruit de la mer et des vagues se cassant sur le sable est une véritable source d’inspiration pour moi. Un jeune Indien joue sur le sable avec son chien. Avec sa chemise et son paréo retroussé qui lui couvre la taille, il paraîtrait bizarrement habillé dans notre pays. Ici tous les hommes s’habillent ainsi. Je le regarde, il émane de lui une totale joie de vivre. Il s’amuse avec son chien comme un enfant, riant à gorge déployée, vivant juste dans l’instant présent. J’ai remarqué ça aussi hier sur la plage. Les Indiens de tous âges se poussaient dans l’eau, s’éclaboussaient, riaient comme des enfants insouciants. Les Occidentaux à côté paraissent si sérieux, se baignant rapidement, faisant une ou deux brasses puis retournant faire le homard sur le sable. Intéressant, cette différence de culture.
Il est 7h, je peux enfin aller prendre mon petit déjeuner dans le premier restaurant qui ouvre. Je pars ensuite pour une promenade digestive et je croise un Indien qui commence à m’adresser la parole. Je ne sais pourquoi, mais il a quelque chose de profond dans le regard et la discussion est loin d’être inintéressante. Nous restons un bon moment. Nous arrivons rapidement à parler spiritualité ainsi que de gourous indiens. Il n’en aime aucun mais me raconte plein d’histoires à leur propos. Il est drôle et passionnant. Nous restons un bon moment à discuter dans la rue puis il me propose d’aller boire un chai (thé épicé) ensemble. J’accepte volontiers. Il continue à me raconter des légendes de son pays, je suis aux anges, j’adore les histoires! Après plus de 2h de discussion, je le quitte en le remerciant pour ses talents de conteur.
Arrivée à mon hôtel, je rencontre mon voisin de chambre, un Italien qui est à Kovalam depuis un mois et demi! Il faut le vouloir pour rester autant de temps dans un petit village en morte saison. Il m’apprend qu’il est surtout là pour méditer. Je rencontre beaucoup de gens spirituels ce matin, dis donc! Je suis à la bonne place… Malheureusement, j’avais décidé ce matin de quitter Kovalam, que je trouve trop désert, pour Varkala, une autre plage que je soupçonne d’être plus animée. J’hésite à rester encore une journée de plus ici, vu que mes connaissances ont augmenté depuis quelques heures, mais je décide de rester sur ma première impression et je quitte la chambre, mon sac sur le dos.
Dans le bus pour Trivandrum, je retrouve le serveur de mon petit déjeuner de ce matin. Trente minutes plus tard, nous sommes à Trivandrum et mon serveur m’aide à trouver l’autre gare qui me permettra d’aller à Varkala. Tout le monde est serviable et gentil envers moi, je n’ai vraiment pas à me plaindre. Une fois à l’autre gare, je me mélange les pinceaux et demande bêtement un bus pour Kovalam (l’endroit d’où je viens) au lieu de Varkala. Avant que j’aie eu le temps de dire ouf, je me retrouve coincée dans un bus qui repart vers mon point de départ! Heureusement, je m’en aperçois assez vite et je réussis à m’extirper de ce bus bondé pour traverser la rue et en prendre un en sens inverse. Bref, je finis tout de même par monter dans le bon bus. J’ai hésité à rester dans le bus pour Kovalam, même après avoir compris mon erreur, en me demandant si ce n’était pas un signe pour moi que je devais rester plus longtemps là-bas. Mais mon envie de découvrir de nouveaux lieux a été la plus forte.
Avec tout ça, j’arrive vers les 15h30 à Varkala, tout en étant partie à 11h, et en sachant qu’il n’y a qu’une centaine de kilomètres. Vive les bus indiens! Ceci dit, j’aime ce moyen de transport. Ca me permet d’apprécier les scènes de vie des habitants dans les villages qu’on traverse. Je ne m’ennuie jamais, ayant toujours quelque chose à regarder, que ce soit les femmes en sari, les étals de vêtements ou de nourriture, la conduite sportive des rickshaws ou des bus, les temples ou les mosquées, les petites maisons de chaume à ciel ouvert… Quel pays incroyable! Et bizarrement je m’y sens bien… Beaucoup plus à l’aise que lors de ma première venue il y a 5 ans.
Arrivée à Varkala, je me dispute avec le chauffeur du rickshaw qui me dit un prix et change à mon arrivée. Puis, je me fais suivre par un racoleur d’hôtel qui veut absolument m’emmener dans une place où il aura sa commission. Il m’énerve tellement que je finis par dire oui à l’une de ses chambres, y dépose mon sac qui commence à se faire lourd sur mes épaules mais ne signe pas le registre pour le moment. Je pars seule à la recherche d’une autre chambre, allégée de mon sac. Je trouve des petits bungalows simples mais adorables au bord de la falaise qui donne sur la mer. Comme on est en basse saison, les prix sont négociables de manière drastique. Adjugé! Je reviens chercher mon sac à l’hôtel en lui disant que j’ai changé d’avis et je le plante là malgré ses protestations. Non mais! Je pars ensuite inspecter les environs. Tous les hôtels, restaurants et boutiques se disputent le haut de la falaise, en équilibre presqu’instable. La plage de sable blanc qui se situe en contrebas n’a l’air d’être fréquentée que par des Blancs et les filles sont toutes en bikini. Youhouh, je descends illico les marches qui mènent à la mer et saute dans cette eau salée, les fortes vagues agissant comme un massage sur mes jambes fatiguées par le transport. Génial! Ca fait du bien de pouvoir se baigner sans être gênée d’être en maillot de bain.
Je remonte ensuite admirer le coucher de soleil du haut de la falaise, les restaurants étant déjà presque tous bondés de routards! Ah, voilà où ils étaient cachés! Une rapide douche puis je me choisis un petit restaurant en commandant leur spécialité de poisson tandoori. Je peux même choisir mon poisson moi-même! Un délice… Je rentre me coucher à une heure normale cette fois, sous une pluie battante. La mousson n’est pas encore tout à fait finie! J’aime entendre le martèlement de la pluie sur ma frêle cahute. Je m’endors en écoutant cette musique magique.
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