Le 13 septembre 2009
Je me force à me réveiller tôt ce matin, je ne reste qu’une seule journée à San Francisco et j’ai bien l’intention d’en profiter au maximum. Levée et prête à 8h, je laisse mes bagages à l’hôtel et pars découvrir la ville.
Mon hôtel se situe non loin de Union Square, une place où les magasins abondent, en plein centre des affaires. Je continue ma route dans Chinatown, un grand quartier chinois beaucoup plus vaste que celui de Montréal. Un rapide arrêt pour prendre un expresso dans un troquet puis je reprends ma route en direction du port. Je veux rapidement arriver à l’embarcadère qui permet de partir en bateau vers la prison d’Alcatraz, je tiens absolument à poser mes pieds sur ce rocher légendaire aujourd’hui et je n’ai aucune idée de la fréquentation des lieux par les touristes. Peut-être fallait-il réserver 3 jours à l’avance?
Après une bonne heure de marche dans les rues sinueuses de la ville, j’arrive à l’embarcadère et je réussis à avoir des billets pour le prochain départ! Super! Je monte dans le bateau qui m’emmène droit vers Alcatraz, ce lieu mythique qui a fait couler beaucoup d’encre et soulever beaucoup de questions. Ca y est, je pose mes pieds sur cet îlot, je suis sur Alcatraz! Je n’en reviens pas moi-même… Une visite guidée par un audio-tour en français me permet d’en apprendre plus sur l’histoire de cette prison. Nous entrons dans le bâtiment principal où des centaines de cellules minuscules de 2m sur 2 s’étalent sur 3 étages de barreaux en fer. Dire que des hommes ont été enfermés des années dans ces cages, dont le célèbre Al Capone qui y a séjourné plusieurs années. Nous visitons également les cellules où étaient incarcérés les prisonniers pour mauvaise conduite. Ces dernières, plus spacieuses que les autres, ne contenaient pas de vitres ni de grillages. Une lourde porte en acier les enfermait dans un noir complet qui pouvait faire perdre la raison…
On nous raconte la manière dont trois prisonniers ont réussi à s’échapper de leur cellule en creusant un trou dans le mur à l’aide de leur cuillère et ne essayant de rejoindre à la nage la baie de San Francisco. On pense qu’ils sont morts noyés mais leurs corps n’ont jamais été retrouvés. Peut-être s’en sont-ils sortis après tout? On nous parle aussi de la vendetta qui a eu lieu à l’intérieur de la prison, menée par des prisonniers qui ont pris en otage et tué à bout portant des gardiens. Il a fallu bombarder la prison de l’extérieur afin de rétablir l’ordre. En sortant dans la cour, je m’aperçois que la vue sur la baie de San Francisco est fabuleuse. J’imagine la frustration des prisonniers en regardant cette belle ville si proche et pourtant inaccessible pour eux, coincés sur leur rocher au milieu de la mer. Je suis surprise d’apprendre que certains gardiens vivaient sur l’île avec leur famille. Ca ne devait pas être évident pour eux non plus. La prison a finalement été abandonnée en 1963, la restauration des bâtiments coûtant trop cher, et les prisonniers ont été transférés ailleurs. La communauté indienne a voulu réquisitionner le rocher à la fermeture de la prison comme protestation de leur manque de reconnaissance identitaire et culturel mais ça ne fonctionnera pas longtemps. Ce rocher fait maintenant partie du patrimoine culturel de San Francisco. L’histoire d’Alcatraz est passionnante et je me régale d’en apprendre davantage tout en pouvant admirer les lieux moi-même. Après 2h de visite, je reprends le bateau dans l’autre sens pour revenir en ville, privilège que n’avaient pas les prisonniers de l’époque.
Revenue sur le continent, je me dirige ensuite vers les autres embarcadères. L’un d’entre eux possède des boutiques et des restaurants à la manière de Disneyland, colorés et kitsch au possible. Au détour d’un restaurant, je tombe sur une centaine de lions de mer se dorant au soleil sur les plates-formes en bois. Leur cri et leur odeur sont difficiles à rater. Ils ont élu domicile ici en 1990 et sont devenus une véritable attraction touristique depuis. Je reste à les admirer quelques instants en souriant. Dire qu’on les cherchait en mer à Telegraph Cove et on était tellement content d’en dénicher un! Ici, ils sont des centaines à s’exposer toute la journée à la vue de tous, à 2m de la berge! C’est plutôt drôle…
Je me repose un peu tout en mangeant quelques fruits que j’ai réussi à dénicher au milieu de tous les fast-food de hamburgers puis je continue mon chemin à travers la ville. Je décide de remonter la célèbre rue Lombard qui monte en pente raide et en serpentant sur une colline. La grimpette n’est pas facile, dire qu’il y a des gens qui habitent dans cette rue. Il vaut mieux avoir une voiture dans ce cas-là sinon ça doit être difficile de porter les courses. Il ne faut pas non plus avoir peur des démarrages en côte… Ceci dit, je suis la seule folle à monter cette rue à pied! Arrivée en haut, essoufflée mais heureuse de mon challenge, j’admire la vue de la ville qui s’étend à mes pieds. Un fou en skate board se lance dans cette rue pentue aux virages impressionnants et dévale la pente à toute allure. Ouf! Il faut du courage agrémenté d’un zeste d’inconscience…
Je saute ensuite dans un tramway qui passe en haut de Lombard Street, en m’accrochant à la rampe d’une main, un pied sur une marche, en équilibre précaire sur cet engin qui démarre aussitôt. Le chauffeur rectifie la vitesse du wagon grâce à deux manettes qu’il tire vers lui pour freiner dans les pentes et le contraire pour grimper dans une rue à pic. On dirait un moyen de transport ayant oublié d’évoluer avec l’époque moderne et qui a su garder son charme d’antan. A moitié dans le wagon et à moitié dehors, j’apprécie la balade, pouvant admirer les rues qui défilent, les cheveux au vent. Je m’amuse comme une folle! Je ne sais pas trop où je vais mais c’est sans importance, j’apprécie juste le moment présent dans mon wagon sans âge.
Je descends à Union Square, me voici revenue au point de départ, non loin de mon hôtel. Bon, il est 15h et un minibus ne passe ce soir qu’à 21h30 à mon hôtel pour me conduire à l’aéroport. J’ai donc encore beaucoup de temps devant moi. Par contre, je commence à être fatiguée de marcher, je crapahute dans la ville depuis 8h30 ce matin! Je tombe alors sur un bus au toit ouvert qui propose une visite guidée de la ville. Je n’aime pas trop ça d’habitude, ça fait beaucoup trop touriste à mon goût. Mais vu que je n’ai plus envie de marcher et que ce moyen de transport me permettra de visiter d’autres coins de San Francisco inaccessibles à pied, je me laisse tenter par l’expérience. Confortablement installée sur le toit du bus, je profite de la ville sans trop d’efforts, ce qui me ravit au plus haut point. On repasse par les coins que j’ai déjà faits à pied ce matin, puis nous partons vers le Golden Gate Bridge, trop éloigné pour y aller sans voiture. Je suis toute heureuse de pouvoir voir ce pont de près, lui aussi tellement célèbre. Un rapide arrêt photo plus tard, nous remontons vite dans le bus, une pluie s’abattant sur nous violemment. Et j’ai laissé mon imperméable dans mon sac à l’hôtel… peu importe, je suis à l’abri dans le bus.
Nous continuons dans différents coins de la ville, appréciant les maisons multicolores disséminées un peu partout. Le centre avec son hôtel de ville au toit orné d’or est impressionnant également. Puis nous revenons à Union Square, la visite de 2h étant terminée. Malgré mes a priori, j’ai beaucoup aimé cette façon de visiter la ville. C’est une bonne option quand on a peu de temps et pas de véhicule. Bon, il est 17h et je dois encore patienter jusqu’à 21h. Je feuillette mon guide, il y a encore un quartier que je n’ai pas visité et qui m’attire bien: le quartier japonais. Et là, mes yeux tombent sur la solution rêvée pour moi: le spa japonais. Non seulement ça va m’occuper autant de temps que je le souhaite tout en me relaxant de cette journée fatigante, mais de plus, je pourrai me laver avant de prendre l’avion ce soir pour quasiment 2 jours de voyage jusqu’en Inde! J’adopte tout de suite cette option.
Je passe à l’hôtel prendre des affaires de rechange, puis me rends à pied jusqu’au spa qui, par un heureux hasard, ne se situe pas loin de mon hôtel. Arrivée sur place, j’apprends que le dimanche est réservé aux femmes, ce qui n’est pas le cas des autres jours. Je suis bien chanceuse, dis donc! Les bains sont complets pour le moment mais on me propose d’attendre dans le corridor. Pas de problème pour moi, je ne suis pas pressée. En plus patienter dans cet endroit zen accompagnée d’une musique flûtée et de senteurs de thé au jasmin, c’est loin d’être désagréable. Mon tour arrive vite et je pars me déshabiller dans les vestiaires. Toutes les femmes sont nues sans aucun complexe de se montrer en tenue d’Eve devant les autres! L’endroit respire la sérénité, la paix et le repos, c’est exactement ce qu’il me fallait pour finir cette si belle journée en apothéose.
De petits tabourets sont alignés dans un coin de la pièce, face à un mur où se trouvent un robinet et un grand bol. Copiant les autres femmes, je m’assois sur ce tabouret, remplis le bol d’eau tiède et me le verse sur la tête en guise de douche. Quel délice de sentir cette eau chaude glisser sur ma peau après cette journée harassante. Un savon au bleuet me permet de me laver, accompagnée de cette douce odeur de fleur. Tous mes sens sont en éveil: l’odeur de ce parfum exquis, le murmure de cette musique zen semblant s’infiltrer dans tout mon être comme un onguent velouté, cette sensation délicieuse de l’eau chaude s déversant sur moi d’un seul coup… Je suis au paradis!
Après ma douche revigorante et relaxante à la fois, j’entre dans un bain d’eau chaude sur la pointe des pieds pour ne pas perturber l’atmosphère paisible des lieux. Certaines femmes méditent, d’autres se relaxent en s’endormant doucement, d’autres encore chuchotent si bas qu’on entend à peine leur murmure. Je m’essaie ensuite au hammam et cette chaleur moite qui me fait aussitôt transpirer. De la même façon que mes comparses, je me frotte le corps avec du sel tout en continuant de transpirer dans le hammam. S’ensuit une douche froide pour enlever le sel et les imperfections. Ma peau se trouve immédiatement plus douce, c’est incroyable. Je m’allonge sur une chaise longue pour me reposer, alternant thé chaud et eau froide citronnée, une serviette glacée sur le front et des concombres sur les yeux. Cette senteur de légume frais m’emplit les narines, me procurant une incroyable sensation de bien-être. Je m’assoupis doucement tout en restant tout de même alerte au temps qui passe, il n’est pas question de rater mon avion ce soir! Mais j’ai le temps d’en profiter. J’alterne ensuite entre sauna, bain d’eau froide, repos avec concombres, hammam et bain chaud. La soirée passe délicieusement bien de cette façon. Mes pieds fatigués de ma bonne marche d’aujourd’hui apprécient tout particulièrement l’attention que je leur apporte. Je ne pouvais pas avoir meilleure idée que celle d’être venue ici! Mon corps entier m’en remercie. Malgré tout, le temps passe et je me décide à prendre ma douche finale, toujours en me versant ce grand bol sur la tête. J’aime cette ambiance pure et zen typiquement japonaise, ça me donne des envies de voyage dans leur pays! Un jour, c’est certain…
Rhabillée et embaumée de senteurs florales, je sors dehors sous une pluie battante. Je rentre rapidement dans un centre commercial du quartier japonais pour me trouver un petit restaurant typique afin de rester dans le même registre. Je commande un plat au hasard mais je suis un peu déçue de l’assortiment bœuf-œuf-riz qui ne me convient pas. Tant pis, j’aurais essayé! Je retourne ensuite à l’hôtel pour récupérer mes bagages, mon bus passant me prendre 10 minutes plus tard. De retour à l’aéroport, j’enregistre rapidement mon bagage et pars effectuer un petit somme dans la salle d’embarquement. Je tombe par chance sur le seul siège à 2 places qui existe et m’allonge sentant le sommeil m’envahir aussitôt. Je réussis bien à dormir 2 bonnes heures, allongée sur les fauteuils de l’aéroport avant d’embarquer dans l’avion. Il est 1h du matin aussi, ça explique ma fatigue, sans parler de la bonne journée que j’ai effectuée aujourd’hui.
Je rentre dans l’avion, prête pour 15h de vol en direction de Hong Kong, première étape dans cette longue traversée de la moitié du globe! Ayant choisi Singapore Airline comme compagnie de vol, je sais que je serai relativement bien installée, cette compagnie aérienne s’élevant nettement au-dessus des autres. Les hôtesses habillées en tenue traditionnelle singapourienne sont déjà un plaisir à regarder… Un menu nous est proposé avec choix de mets et d’alcool à notre convenance. Chaque siège a son propre écran de télévision, ce qui me permet d’enfiler les films durant notre traversée. Je réussis également à dormir plusieurs heures, même si je suis loin d’être confortable dans ce siège trop petit pour moi. Mais bon! Les voyages forment la jeunesse, paraît-il.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire