Le 21 octobre 2009
Réveillés à 3h30 par le gérant de l’hôtel, notre taxi nous attend déjà dehors. Jean-Roch vient avec moi au final ce matin, même si son vol pour Puna (une autre ville en Inde) n’est qu’à 9h30. Il profite ainsi de mon taxi et nous pouvons nous voir un peu plus. Trente minutes plus tard, nous sommes à l’aéroport, le taxi ayant filé à toute allure dans les rues, désertes cette fois, de Bangalore.
Après un café nécessaire à notre réveil bien matinal, nous nous disons au revoir nous serrant chaleureusement dans nos bras, ne sachant vraiment pas cette fois quand sera notre prochaine rencontre. C’était un plaisir de l’avoir comme compagnon de voyage en Inde, Jean-Roch est d’une débrouillardise et d’un naturel intact, bourré d’humour et toujours de bonne humeur, ce qui le rend adorable. Nous avons dû être frère et sœur dans une autre vie, nous chamaillant de temps en temps de la même façon. Notre amour fraternel l’un pour l’autre, à la communication sincère ouverte et franche, nous a beaucoup rapprochés lors de ce voyage.
Je monte ensuite dans mon avion en direction de Delhi, des hôtesses en sari accueillant les passagers à bord. Je rechigne un peu devant le petit déjeuner épicé servi à bord, mon ventre criant grâce. Deux heures plus tard, j’atterris à Delhi où j’ai 3 heures de transit avant de prendre mon avion pour Paris. Je n’ai même pas le temps de passer aux toilettes, me voilà dirigée dans un bus qui me conduit à l’aéroport international qui n’est visiblement pas à côté du régional. Je me place au premier rang du bus, derrière le chauffeur, comme j’ai pris l’habitude de le faire en Inde et voici qu’un garde armé jusqu’aux dents vient s’assoir à côté de moi, son long fusil posé sur ses genoux, le canon pointant juste dans ma direction. Voilà autre chose… Un trou dans la route, un moment d’inattention, une mauvaise manipulation, le coup peut partir et c’est moi qui écope. J’aurai vraiment tout eu en Inde moi ! Il s’endort à moitié, ne prêtant pas attention à son arme pointée sur une touriste aux regards inquiets. Je change prudemment de place, ne souhaitant pas tenter le diable !
Nous parcourons l’aéroport, le bus aux trois quarts vide, n’ayant aucune idée de l’endroit où il m’amène. Ca ne ressemble pas à un aéroport international tout ça et le garde armé ne me rassure pas quant à ma destination finale. Mais si, au bout de 20 minutes, nous passons une grille qui nous amène directement devant les portes d’embarquement pour les vols internationaux. Il a juste pris des raccourcis intérieurs, à l’indienne quoi ! J’ai encore psychoté toute seule sans raison valable. Ne jamais faire de suppositions (surtout négatives) quand on ne sait pas, c’est la clé de la paix d’esprit ! Enfin, je vais mettre ça sur le compte de la fatigue d’aujourd’hui. Etre réveillée à 3h30 du matin n’aide pas pour le calme d’esprit à toute épreuve.
A peine ai-je franchi la porte de l’aéroport que je suis immédiatement saisie par le nombre de Français que j’entends partout. Je suis pourtant encore à Delhi, mais j’ai un bon aperçu de mon pays natal ici déjà. Tout le monde prend le même vol pour Paris que moi. Ca fait longtemps que je n’ai pas entendu autant de Français, même à Montréal, l’accent québécois changeant tout. Je ne sais pas si je suis contente ou non, c’est étrange comme sensation. Je trouve que la langue française manque d’exotisme et en même temps je me sens de nouveau faire partie de ma tribu. Par contre, je trouve que tout le monde a l’air frais et rose; je me sens sale, poussiéreuse (n‘ayant pas eu le temps de laver mes vêtements de la poussière accumulée ces derniers jours), transpirante et fatiguée. Parmi les Indiens, je ne m’inquiète pas de mon allure corporelle, mais entourée de Français, ça me saute immédiatement aux yeux. Ah, l’apparence française ! Je retombe déjà dedans alors que je n’ai même pas mis un pied sur mon sol natal encore… Je suis sûre que l’impression ne serait pas aussi forte au Québec vu qu’ils ne prêtent pas vraiment attention à l’apparence. C’est drôle de m’en apercevoir de cette façon !
Après 3 heures de transit, raccourcies par le transport entre les deux terminaux, nous montons dans un énorme Boeing rempli à peine à la moitié de sa capacité. Du coup, j’ai 3 sièges pour moi toute seule sur lesquels je peux m’allonger, oreiller et couverture étant fournis ainsi qu’un écran de télévision personnalisé incrusté dans les sièges me faisant face. Le grand luxe quoi ! Les 8 heures de trajet passent assez vite entre les différents films, la musique et la lecture. Je n’arrive pas à dormir cependant, mais ne me force pas, espérant pouvoir me recaler sur l’horaire français assez vite de cette façon.
Nous atterrissons à Roissy sous un ciel gris et pluvieux, typiquement automnal, de quoi me faire sentir chez moi dès l’arrivée ! Je sens mon excitation monter à l’idée de retrouver ma famille et mes racines, me voilà de retour au bercail après un an ! Alors que les passagers commencent à sortir de l’avion, j’entends un Français se plaindre de l’Indien assis à côté de lui qui prenait toute la place et il ajoute à la fin de ses jérémiades : « en plus, il avait une tête de terroriste! ». Là, mon cœur bondit dans ma poitrine… Comment ose-t-il insulter de la sorte un Indien qui ne lui a même pas adressé la parole du voyage ? Je sais de qui il parle, ils étaient assis non loin de moi dans l’avion. Je préférais me trouver dans un pays étranger où je ne comprenais pas la langue plutôt que d’entendre des idioties pareilles. Bienvenue en France !
Je dépasse rapidement ce groupe de Français antipathiques et râleurs pour aller récupérer mon bagage. J’ai toujours une légère crainte qu’il se soit perdu dans le transit, en particulier entre le terminal régional et international, mais je le vois sortir en premier, à ma grande surprise. Génial, je vais pouvoir sauter dans les bras de ma famille au plus tôt ! Les connaissant, ils doivent déjà m’attendre depuis une heure dehors… Je sors du terminal, mais ne vois personne. Bon, le comité d’accueil n’est pas encore arrivé. Un peu déçue, je m’assois sur un banc et attends. Vingt minutes plus tard, commençant à trouver le temps long, je pars chercher une cabine téléphonique lorsque j’aperçois ma mère occupée à scruter ma venue dans la direction opposée à la mienne, à l’intérieur du terminal. Je lui saute dessus, toute contente de la voir enfin ! Je m’aperçois que ma grand-mère m’a fait la surprise de m’accueillir avec un bouquet de fleurs suivi de mon père derrière. Ils sont là depuis une heure en fait, mais ne m’attendaient pas où il fallait. Peu importe, je suis tellement contente de pouvoir enfin les serrer dans mes bras ! Ca fait presqu’un an que je ne les ai vus…
Je parle de mon voyage durant le trajet du retour sur Rouen en Normandie, tenant les mains de ma grand-mère ou de ma mère comme si j’avais peur qu’elles s’envolent loin de moi ce soir. Nous aurons le temps de discuter, des embouteillages monstres nous coinçant 1h30 dans Paris… J’arrive exténuée chez mes parents où je ne tarde pas à sombrer pour deux semaines de cocooning avant de repartir pour de nouvelles aventures brésiliennes !
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Quelle aventure l'Inde...il fut agréable de te lire. Tu es passé par toutes les gammes d'émotions..Profite bien de ta famille!
RépondreSupprimerProchaine destination le Brésil! Aurons-nous la chance de te lire encore..
Bisous
Stéphan
Bon séjour en France, ça doit te changer après tout ce que tu viens de vivre.
RépondreSupprimerC'est palpitant, j'attendais la suite avec impatience, comme pour un livre...
Bises
Mylène